Infographie : regard sur 5 des secteurs prioritaires

Pour opérationnaliser la Vision 2030 du chef de l’État Tchadien, douze secteurs prioritaires ont été identifiés. Regard sur cinq d’entre-eux…

Les investissements dans ces domaines prioritaires sont envisagés dans une logique de diversification et d’industrialisation des filières porteuses par un positionnement sur toutes les chaines de valeurs. Pour stimuler les investissements structurants, le gouvernement entreprend de nouer des Partenariats Publics et Privés (PPP) et de multiplier les sources de financements du pays.

Les 12 secteurs d’investissement prioritaires.

Des projets sont conçus et sont présentés aux différents partenaires lors des différentes rencontres d’affaires pour permettre la signature d’accords permettant leur réalisation effective.

Infographie

Chérif Adoudou Artine

Fake news : à quoi joue le Réseau des citoyens ?

Auteur d’une Fake News ce dimanche soir sur ‘’la vente par le Tchad de ses doses de vaccins à l’Afrique du sud’’, le Réseau des citoyens s’adonne à une désinformation des plus vils dans le but unique de saper les efforts du gouvernement.. tout en sachant que c’est la population tchadienne qu’il punit de la sorte.

« Le nationalisme c’est la haine des autres. Le patriotisme c’est l’amour des siens » disait Romain Gary, militaire, résistant et diplomate français. Le Réseau des citoyens ne peut se targuer ni de l’un, ni de l’autre. Car dans sa sortie sur Facebook ce dimanche 17 janvier dans la soirée, il affirme (sans citer de source) que le Tchad a vendu les doses de vaccins qui lui étaient destinées via le programme COVAX, initiative internationale créée ‘’pour garantir un accès équitable à tous les pays’’. Même si ce message est rédigé au conditionnel, ce n’était nullement le moment d’instiller des informations qui pourraient créer des doutes supplémentaires.

Égoïsme et irresponsabilité

Mais à quoi jouent les responsables ( ???) de cette web-radio en voulant semer le trouble au sein d’une population tchadienne déjà fragilisée, assommée par 10 mois de difficultés liées au coronavirus ? Surfer sur le malheur de leur concitoyens ? Accabler le gouvernement sur base de mensonges en ce qui concerne sa gestion de la riposte ?

Si tel est le cas, le Réseau des citoyens fait preuve d’un égoïsme mesquin et d’une irresponsabilité qui frise l’instabilité mentale. A l’heure où nous luttons tous contre les Fake News de manière générale et plus particulièrement dans le cadre de la lutte contre le Covid, Migo Natolban et ses acolytes se permettent de tirer sur une corde déjà raidie par l’incertitude. Les fausses informations ont déjà causé plus de 800 décès et conduit 100 fois plus de personnes dans les centres de santé à travers le monde. Au-delà du fait de saper le moral des citoyens,  les Fake news créent chez ces derniers une déficience vis à vis des messages officiels et creusent un fossé entre les populations et les politiques de riposte. Sciemment, le Réseau des citoyens souhaite installer une psychose et mettre en branle des mois de travail de la part du gouvernement. Cette attitude est inconsciente et doit être sanctionnée, ou du moins signalée afin que ses auteurs comprennent le mal qu’ils perpétuent…chez les leurs.

En agissant de la sorte, le réseau des citoyens ne peut se targuer d’être citoyen. Il n’est pas nationaliste non plus car il déteste les siens. Et encore moins patriote car il n’a aucun amour pour le Tchad et les Tchadiens.

Chérif Adoudou Artine

Économie : les secteurs d’investissement prioritaires

Pour opérationnaliser la Vision 2030 du chef de l’Etat Tchadien, douze secteurs prioritaires ont été identifiés. Le pays s’inscrit dans une dynamique de modernisation.

Les investissements dans ces domaines prioritaires sont envisagés dans une logique de diversification et d’industrialisation des filières porteuses par un positionnement sur toutes les chaines de valeurs. Pour stimuler les investissements structurants, le gouvernement entreprend de nouer des Partenariats Publics et Privés (PPP) et de multiplier les sources de financements du pays.

Des projets sont conçus et sont présentés aux différents partenaires lors des différentes rencontres d’affaires pour permettre la signature d’accords permettant leur réalisation effective.

1 L’agriculture

L’agriculture représente un peu plus de 23% du PIB, dont 20% proviennent de la production vivrière et 3% des cultures de rente. Le sous-secteur agricole est un grand pourvoyeur d’emplois ; il occupe les deux tiers (2/3) de la population active du pays dont plus de la moitié est composée de femmes. La production agricole, essentiellement dépendante de la pluviométrie est réalisée par des exploitations familiales. Une variété de produits est fournie par les diverses exploitations sur l’ensemble du territoire :

Les principales cultures vivrières :
  • Les céréales : sorgho, mil, maïs, blé et riz
  • Les oléagineux : arachide, sésame, niébé, pois chiche, soja
  • La culture maraichère : tomate, poivron, ail, oignon, etc.
  • Les fruits : mangue, citron, papaye, goyave, banane, etc.
Les principales cultures de rente :
  • Coton : 4ème producteur africain avec 152 000 tonnes de cotons graines produites en 2016 ;
  • Gomme arabique : 2ème producteur mondial pour la variété KITIR, quantité annuelle de production estimée à 25 000 tonnes ;
  • Karité productivité estimée à 1 390 247 tonnes de noix par an ;
  • Sésame : 17éme producteur au monde et 3ème en Afrique (90 000 tonnes) ;
  • Canne à sucre et tabac ;
  • Oignon et Ail : 24 500 tonnes ;
  • Spiruline : entre 150 à 200 tonnes de poudre de spiruline (« l’algue bleue ») annuellement.

L’analyse de la structure actuelle de l’économie du pays en termes de contribution au PIB, d’emplois et de potentiel de productivité, permet de déduire que l’agriculture peut et doit clairement jouer un rôle crucial pour la promotion de la croissance durable et inclusive.

C’est pourquoi le pays s’inscrit dans une dynamique de modernisation de ce secteur.

2 L’élevage

Le Tchad est le plus grand pays d’élevage de la Communauté Économique et Monétaire d’Afrique Centrale (CEMAC). Son cheptel est évalué à 113 562 111 de têtes, dont :

  • 29,1 millions de bovins,
  • 33,2 millions d’ovins,
  • 36,5 millions de caprins,
  • 7,7 millions de camelins ;
  • 1,2 millions d’équins,
  • 3,4 millions d’arsins ;
  • 35,6 millions de volailles.

Avec ses 84 millions d’hectares de pâturages, 23,3 millions d’hectares de formations arboricoles naturelles et d’écosystèmes d’une diversité biologique exceptionnellement riche, le Tchad dispose d’un potentiel qui ne demande qu’à être exploitée. Son savoir-faire traditionnel dans le domaine de l’élevage est reconnu et la qualité de la viande produite est la plus recherchée dans l’ensemble de la sous-région.

Les Flux monétaires annuels de l’élevage tournent autour de 155 milliards de FCFA, soit 54% des exportations hors pétrole.

Les exportations moyennes sont de 66 805 têtes/an entre 2013 et 2017. Elles se composent de :

  • Bœufs
  • Dromadaires
  • Moutons et chèvres
  • Peaux
  • Cuirs
  • Il y a aussi des exportations occasionnelles de viande fraîche et séchée.

3 La pêche

Notre pays est le premier producteur de poissons d’eau douce de la CEMAC avec          plus de 150 000 tonnes par an. 44% de la production est exportée vers le Cameroun, la République Centrafricaine et le Nigéria. Cette production est issue des divers cours d’eaux de surfaces, fleuves et lacs que compte le pays :

  • Les lacs Tchad, Fitri, Iro ;
  • Les fleuves Logone et Chari ;

Au vu de ces données, la valorisation du potentiel de la pêche représente une réelle opportunité d’investissement et une source de croissance potentielle.

4 L’énergie

La croissance démographique, l’urbanisation croissante des villes, la diversification et l’ambition d’industrialisation économique du pays entrainent une évolution de la demande d’électricité. Cette dynamique constitue une aubaine pour les investissements en matière énergétique.

Le développement d’un mix énergétique avec le solaire, l’éolien, la biomasse sont des alternatives envisagées pour atteindre l’indépendance énergétique.

5 Les infrastructures

Développer les infrastructures, c’est garantir une croissance intégrée qui profite à tous. Les besoins en infrastructures de transport (aérien, chemin de fer, route, fluvial) et d’irrigation sont importants.

6 L’urbanisation et l’assainissement

La forte croissance démographique couplée à l’exode rural augmentent la pression sur les centres urbains. Les principaux centres se retrouvent ainsi face à un déficit important de services de base. Les difficultés liées à l’assainissement, l’hygiène et la salubrité publique sont perceptibles. Environ 12% seulement de la population de N’Djamena a accès au réseau public de distribution d’eau potable.

Pour faire face à ces défis, le gouvernement, dans le cadre du Plan National 2017-2021, s’est fixé plusieurs objectifs. Il envisage d’organiser et d’aménager les espaces urbains, en vue d’assurer le bien-être des populations. Cela passera par la maitrise du foncier urbain, l’assainissement, la collecte et le traitement des déchets, l’adduction d’eau potable et l’accès au logement ainsi que le développement des services urbains (transport, loisirs, espaces verts…).

Les besoins actuels de logements au niveau national sont estimés à plus de 350 000 unités. Ceci représente en moyenne un besoin annuel de 21 000 unités et le chiffre est en progression.

La réponse à ces énormes besoins constitue une mine d’opportunités d’investissements.

7 Les mines et les carrières

Secteur embryonnaire à productions artisanales, les récentes découvertes de réserves prouvées d’or et leur exploitation ont accéléré la mise en place d’une Société Nationale des Mines et Géologie (SONAMIG) en charge de la structuration et du développement du secteur. Avec l’adoption du code minier, la mise en valeur industrielle de la filière va fortement contribuer à la diversification de l’économie et à la création de la richesse nationale.

8 Les pétrole et les hydrocarbures

L’économie tchadienne dépend fortement du pétrole, qui représentait à peu près 89% des exportations en 2018. Il est essentiellement exploité dans la zone méridionale du pays. Des réserves pétrolières sur d’autres sites restent à confirmer et certaines n’attendent que leur exploitation.

Le Tchad s’organise pour renforcer ce secteur stratégique en intégrant sa chaîne de valeur.

9 Le tourisme

Le Tchad ambitionne de devenir une destination touristique continentale de choix. A cet effet, il a mis en place des infrastructures pour le tourisme des affaires avec la construction de complexes hôteliers haut de gamme.

Des évènements qui permettent de valoriser la diversité culturelle et le patrimoine artistique national (Festival Dary, le Festival International des Cultures Sahariennes, etc.) ont été institutionnalisés.

Le pays entend augmenter la contribution du tourisme à la formation du PIB en renforçant ses infrastructures, son capital humain ; en mettant en place des mécanismes et structures/institutions de valorisation de son patrimoine culturel ; en valorisant ses sites touristiques par un aménagement des parcours.

Cette démarche constitue une opportunité pour les investisseurs et tous les acteurs de la chaîne de valeur de l’industrie touristique.

10 Les technologies de l’information et de la communication

En raison de leurs liens directs avec presque tous les segments de l’économie, les technologies de l’information et de la communication sont un intrant clé de la croissance. Décidé à faire de l’économie numérique un véritable catalyseur des autres secteurs d’activité, le gouvernement s’engage à améliorer l’accès de ce secteur. Des projets de raccord à la fibre optique sont en cours de réalisation (Soudan et Cameroun). La très prochaine mise en service de cette fibre optique va ouvrir des possibilités de développement d’activités dans le domaine des technologies de l’information et dans toute l’économie nationale.

11 Les banques et la microfinance

La diversification et la formalisation des activités productrices au Tchad doivent nécessairement s’accompagner d’un développement de l’écosystème financier. De nouvelles structures devront s’implanter pour financer l’économie : cela est d’autant plus opportun que les améliorations du climat des affaires apportent une

sécurité aux investissements et le taux de bancarisation encore faible du pays laisse une marge de croissance pour les acteurs.

12 L’éducation et la santé

Au Tchad, l’accroissement de la population va s’accompagner d’une augmentation des besoins en termes de services éducatifs, de services de santé et d’un agrandissement du marché en lien avec ces derniers.

Toute cette nouvelle dynamique présage une augmentation du poids des services dans l’économie et constitue de ce fait une aubaine pour les investisseurs en quête de nouveaux débouchés.

Chérif Adoudou Artine

 

 

 

 

 

Le potentiel de diversification économique du Tchad

Fortement dépendante des exportations de brut, le choc pétrolier externe de 2014 à fortement affecté la croissance économique du Tchad. Recettes publiques en baisse et dette intérieure en augmentation ont obligé le gouvernement à agir dans les sens de la diversification économique.

Au cours de ces 5 dernières années, des concertations avec l’ensemble des parties prenantes ont été organisées. Il y a eu notamment la Semaine nationale de réflexion pour la relance économique tenue sous l’égide de la Chambre de Commerce, de l’industrie, de l’Agriculture et de l’Artisanat (CCIAMA) et dont les recommandations ont permis de fortes avancées en matière d’ingénierie institutionnelle et d’ingénierie juridique pour amélioration du climat des affaires.

Dr Issa Doubragne, ministre de l’Economie, de la Planification du développement et de la Coopération internationale.
Dr Issa Doubragne, ministre de l’Économie, de la Planification du développement et de la Coopération internationale. Il mène un travail de fond auprès des partenaires du Tchad afin d’installer un climat de confiance. Photo : Tchadinfos

La stratégie de diversification du pays, s’appuie sur les potentialités sectorielles et filières dont dispose le pays. C’est à partir de l’existant et des marges de croissance de cet existant que se mettent en place les nouvelles pistes d’activités économiques du pays. Cette démarche est d’autant plus pertinente que le pays dispose d’immenses potentialités. La mise en valeur de ces potentialités permettra de façon certaine d’assurer l’essor de son économie et conduira le pays à poursuivre sa dynamique de développement.

Un marché à conquérir

Le Tchad est pourvu d’un potentiel naturel quasi unique : population jeune et situation géographique conjuguées à la marge de progression d’un tissu économique à industrialiser font de notre pays une des destination les plus priées pour les investisseurs – publics comme privés.

Une situation géographique unique

De part cette situation géographique unique, le Tchad est le véritable cœur du continent africain. Une position hautement stratégique pour les investissements. Pour quiconque souhaite créer des liens et développer des affaires, s’implanter à l’épicentre du continent est la meilleure option pour se rapprocher des différents marchés continentaux et conquérir une clientèle en forte croissance avec un pouvoir d’achat en augmentation.

Le Tchad fait partie de la Communauté Économique des États d’Afrique Centrale (CEEAC). Ce grand espace économique sous régional avec sa population de plus de 130 millions d’habitants, constitue un marché à conquérir.

En outre, le pays vient d’adhérer à la nouvelle Zone de Libre Échange Continental (ZLEC) d’Afrique, un espace commercial qui va représenter le troisième marché mondial de consommation derrière la Chine et l’Inde mais devant les 28 Pays de l’UE.

Enfin, le pays appartient à une zone monétaire régionale unique, la zone Franc CFA. Cette appartenance est un facteur de stabilité économique et financière.

Une population jeune et dynamique

Le gouvernement fait de l’investissement dans la jeunesse une de ses priorités afin de tirer profit à terme du dividende démographique. En outre, la population du Tchad est extrêmement jeune, plus de 45% des tchadiens ont moins de 15 ans. Cette jeunesse constitue un réservoir de main d’œuvre et un marché de consommation.

Un pays à bâtir

La Vision 2030 dénommée « le Tchad que nous voulons » impose la mise en œuvre d’importantes infrastructures socio-économiques dans les domaines de l’énergie, des transports, de l’assainissement, de l’urbanisme, de l’habitat, des technologies de l’information, des communications, etc. Ce sont autant d’opportunités à saisir.

Un réservoir de ressources à exploiter

Le Tchad est, en plus des atouts cités en infra, un énorme ‘’silo’’ de richesses, allant du pétrole, aux minerais en passant par un cheptel qualifié de plus important au monde.

Pétrole

L’exploitation du pétrole a permis au Tchad d’amorcer son développement. D’importantes réserves restent encore non exploitées. Aussi, il importe pour le pays de poursuivre le développement de cette filière stratégique en s’inscrivant dans les chaines de valeur.

Énergie renouvelable

Avec un ensoleillement de 12 mois sur 12 (Nombre d’heures d’ensoleillement/an variant de 2 850 heures au sud à 3 750 heures au nord), traversé par des vents à forte puissance (Vitesse moyenne des vents variant de 2,5 m/s à 5 m/s du sud au nord) ; le photovoltaïque et l’éolien représentent des opportunités pour le développement de l’énergie verte. Réaliser des investissements sur ces sources d’énergie va permettre au pays de répondre à ses besoins énergétiques et accélérer à son développement industriel.

Minerais

Les minerais comme l’or, l’argent, le natron etc. sont exploités de manière artisanale. La mise en valeur de ces gisements constitue une aubaine pour les investisseurs et contribuera à accroitre la richesse.

Terres arables et ressources hydrauliques

Malgré une inégalité de répartition de la pluviométrie sur l’ensemble du territoire, le Tchad est un pays doté d’un réel potentiel de développement agricole en friche.

Le pays dispose de :

  • Plus de 39 hectares de terres arables, sous exploitées

  • 5,6 millions hectares de plaines aménageables

  • 5,6 millions de terres irrigables, dont 335 000 ha sont facilement irrigables ;

  • 263 à 455 milliards de m3 de ressources en eaux souterraines exploitables par an ;

  • Le « bassin du Lac Tchad », deux fleuves, le Logone et le Chari alimentant le Lac Tchad ;

  • 23,3 millions hectares de formations arboricoles naturelles et un écosystème naturel diversifié ;

Histoire, culture et biodiversité

De par sa position de carrefour continental, le Tchad connecte différents pôles géographiques de l’Afrique. Ce positionnement inédit est à l’origine de sa diversité culturelle. Le pays dispose d’un riche environnement naturel (relief, climat, faune, flore) qui bénéficie d’une bonne politique de protection. L’ensemble de ces facteurs fait du pays une niche touristique à très fort potentiel. On peut y développer de l’écotourisme et procéder à l’exploitation durable des ressources environnementales …

Les découvertes archéologiques de Toumaï, le plus ancien hominidé, les récentes exhumations de vestiges de SAO, le lac Tchad, les lacs d’Ounianga classés patrimoine mondial de l’UNESCO, Les oasis du Tibesti, les parcs de Zakouma et de Manda, le Guelta d’Archei et bien d’autres merveilles historiques et sites naturels du pays sont autant d’atouts permettant de bâtir et de faire croître une véritable industrie touristique dans cet îlot de paix régionale.

Chérif Adoudou Artine

RCA : le Tchad dément toutes implications

Suite à une mise en scène accusatrice du ministre centrafricain de l’Intérieur en charge de la Sécurité publique tendant à accuser le Tchad, notre gouvernement a réagi en rejetant ces allusions tout en mettant en garde ses ressortissants « contre tous comportements répréhensibles ».

Suite aux affrontements du mercredi 13 janvier à une dizaine de kilomètres de Bangui (capitale centrafricaine) entre les forces régulières et les rebelles de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), les autorités centrafricaines se sont livrés à une mise en scène accusatrice orchestrée par Henri Wanze Linguissara, ministre de l’Intérieur chargé de la sécurité publique de la RCA. Elles ont diffusé « à la télévision et sur leurs sites web officiels des informations alléguant la présence de combattants tchadiens parmi les assaillants laissant penser à l’implication de fait du Tchad. » annonce le gouvernement Tchadien par le biais d’un communiqué rendu public ce jeudi 14 janvier dans la soirée.

Dans cet extrait de la chaîne de télévision Afrique Média, on y voit Henri Wanzet Linguissara et un prétendu rebelle arrêté et présenté à la population centrafricaine (la séquence se déroule entre 26 minutes 12 et 28 minutes 32).

Mise en garde au Tchadiens de RCA

Le Tchad dément toutes implications dans ces évènements et « dénonce avec force ces accusations ». Les autorités de N’Djaména rappellent qu’aucun élément de l’armée tchadienne n’a foulé le sol centrafricain depuis le retrait, en 2014, de l’ANT du contingent de la MISCA (Mission internationale de soutien à la Centrafrique).

Des ressortissants tchadiens ont en effet été enrôlés dans les différentes forces rebelles qui agissent au sud de la frontière tchadienne afin de déstabiliser le pouvoir du président Faustin-Archange Touadéra (réélu le 4 janvier dernier). Le gouvernement « met en garde les Tchadiens vivant en RCA contre toute activités illicites ou comportements répréhensibles susceptibles de mettre en danger leur vie, leurs biens ainsi que les relations entre les deux pays. »

Fidèle à la position du Maréchal du Tchad, Président de la République, Chef de l’État Idriss Déby Itno, qui avait condamné, pas plus tard que le 26 décembre dernier en sa qualité de Président en exercice de la CEN-SAD, « toutes les formes de violences et de déstabilisation » de la RCA, notre gouvernement appelle tous les partenaires de la Centrafrique à œuvrer pour rétablissement du dialogue entre les parties prenantes pour une sortie de crise.

Chérif Adoudou Artine

Etat des lieux des lieux de l’économie numérique (2/2)

Le renforcement de l’écosystème numérique

En maître d’ouvrage du développement numérique, le ministère des Postes et de l’Économie numérique a mis en place une organisation censée mener le Tchad vers sa transformation digitale. Cet agencement repose sur 3 composantes : réglementation, infrastructures et capital humain.

Le Ministère des Postes et de l’Économie Numérique est le maître d’orchestre de la stratégie de développement de l’économie numérique au Tchad. Il est en charge de matérialiser la vision du Maréchal Idriss Déby Itno à travers la mise en œuvre par toutes ses composantes d’actions pour l’atteinte des objectifs de la vision 2030. Ainsi, sur ces cinq dernières années, le département dirigé par le Dr Idriss Saleh Bachar a œuvré au développement de l’écosystème du secteur. Ses actions ont porté de manière incrémentale sur trois composantes majeures de l’écosystème du numérique à savoir la réglementation, les infrastructures et le capital humain.

La réglementation

Le développement du numérique doit s’accompagner de la nécessaire mise en place d’une réglementation adaptée. Facilitant les investissements, mais aussi permettant de protéger les usagers et de contrôler les acteurs du secteur. Depuis 2016, il y’a de grandes avancées dans le secteur.

  • La régulation du secteur

Il a été mis sur pied une autorité de régulation du secteur, l’ARCEP, (née des cendres de l’OTRT en 2014) qui est chargée de s’assurer du respect des normes par les acteurs du numérique au Tchad. Le contrôle des tarifications, l’audit qualité des opérateurs, l’ingénierie juridique du secteur, l’attribution des droits d’exploitation, et toutes autres actions favorisant de développement de l’économie numérique sont l’apanage de cette agence tutélaire du ministère des postes et de l’économie numérique.

  • La sécurité et protection des usagers

Cependant bien qu’offrant de nouvelles possibilités en termes d’accès et de diffusion d’information, les citoyens sont exposés à la cybercriminalité et aux dérives de tout genre sur les réseaux sociaux qui nécessitent une législation et un contrôle des activités afin de garantir leur sécurité et la cohésion sociale.  La mise en place par la Loi N°006/PR/2015 du 10 février 2015 de l’Agence de Nationale de Sécurité Informatique et de Certification Électronique (ANSICE) ; répond à cet impératif.

A cette institution s’ajoute la création d’un Centre Unique de Contrôle des Trafics des Communications électroniques du Tchad (CUCTRACOM) par le décret N°1712/PR/MPNTIC/2018, du 27 octobre 2018.

Cette dernière institution est d’autant plus importante que la « viralité » des communications sur les réseaux sociaux est croissante.

Les infrastructures

D’importantes réalisations ont été faites en matière d’infrastructure numérique. Portées par la volonté et l’investissement publique autant que par les investissements des acteurs privés en présence.

  • Les Centres de Multimédias Communautaires (CMC)

Le gouvernement a entrepris la démocratisation de l’accès aux services numériques en les apportant au plus près des populations. Avec un projet de 23 CMC a implanter dans les 23 Provinces, 6 sont achevés et opérationnels, 2 sont en chantier, représentant 35% de réalisation.

Ces structures sont plus que pertinentes. Elles permettent aux populations n’ayant pas les moyens de s’offrir des équipements personnels d’avoir accès aux services numériques, augmentant ainsi l’inclusion numérique. Elles auront un impact réel sur la dynamique socioéconomique des localités où elles sont implantées.

  • L’augmentation de l’offre d’accès à internet

De fait de la faiblesse de l’infrastructure, l’offre d’accès à internet était très limitée et fort onéreuse. D’importants investissements ont été réalisés pour pallier cela.

  • Augmentation du kilomètre de fibre optique : Le Tronçon de fibre optique N’Djamena-Adré

Jusqu’en fin 2016, le Tchad disposait de 870 km de fibre optique (N’Djaména – Mbéré), traversant les grandes villes du sud. Ce réseau est géré par le groupe Sotel. Par la suite, le Gouvernement, à travers l’Autorité́ de Régulation des Communications Électroniques et des Postes (ARCEP), a déployé́ 1 217 km de fibre entre N’Djamena et Adré, permettant de desservir 13 nouvelles localités jusque-là vierge, réduisant la fracture numérique entre la capital et l’arrière-pays.

Cette réalisation a permis de porter à environ 2100 km, le nombre de kilomètres de fibre optique déployés au Tchad soit une augmentation de substantielle de 166,7%.

  • L’amélioration de la qualité et les ajustements de coûts

Les différents investissements réalisés ont eu une incidence positive sur l’offre tant en termes de coûts, que de quantité et de qualité disponible.

En 2019, les acteurs du mobile ont amélioré la couverture 3G désormais de 43% (doublement de la couverture de la population) et 4 G désormais de 19% (doublement de la couverture). Grâce à cela, près de la moitié́ de la population tchadienne est en mesure d’accéder à Internet à partir d’une téléphonie mobile compatible.

Le prix de connexion Internet au Tchad est parmi les plus élevés de la sous-région. En 2017, la mise en place de droits d’accises a entraîné une augmentation de 20% du prix du giga. Il est passé de 10 000 à 12 000 francs. A partir de de l’année 2018, ces tarifs ont baissé, passant de 12 000 à 1 500 francs. Soit une recule de plus de 80%.

En 2020 la suppression du droit d’accises sur les communications internet, a permis une nouvelle baisse des coûts de connexion internet. Le prix du giga est donc passé désormais de 1500 FCFA à 1200 FCFA, soit une baisse supplémentaire de 20%.

Pour satisfaire la demande croissante des utilisateurs et pallier au problème de la qualité́ de service, les opérateurs de téléphonie mobile et fournisseurs d’accès internet (FAI) ont augmenté́ leur bande passante internet de 1,2 à 18,9 Gbps. La capacité́ de transmission internationale d’internet a donc été multipliée par 15 alors que le prix du giga a été divisé par 7.

L’évolution dynamique de ces variables ont impacté positivement le chiffre d’affaire du secteur. Il a ainsi fortement progressé en passant de 17,3 milliards de FCFA à 27,1 milliards de FCFA, soit une progression de plus de 55%.

  • La digitalisation des institutions et services publics

Ces 5 dernières années, des réalisations appréciables sont observées. Il s’agit de :

  • L’interconnexion des Gouvernorats d’Abéché́ et de Mongo à leur Ministère de tutelle ;

  • L’interconnexion des hôpitaux de référence régionale d’Abèché et de Mongo à l’Hôpital de la mère et de l’Enfant de N’Djaména ;

  • L’interconnexion des régies financières et des bureaux des services de Douanes d’Adré, d’Abéché et de Mongo au Ministère des Finances et du Budget ;

  • L’interconnexion des Universités et Instituts supérieurs d’Abèché et de Mongo à l’Université́ de N’Djaména et à l’Université́ Virtuelle.

  • Un réseau métropolitain à fibre optique dédié à l’Administration publique a été construit à N’Djamena, connectant ainsi plus de 42 Institutions ;

  • 76 sites de Service Universel ont été construits dont 66 par les opérateurs qui ont bénéficié́ des allègements fiscaux et 8 sur le fonds de service universel ;

  • Un centre d’appel d’urgence (1313) a été mis en place pour renforcer la lutte contre la COVID-19 ;

  • Des sites-web des départements ministériels et institutions de l’Etat ont été créés,

  • Une plateforme « www.edutchad.td » dédiée aux contenus pédagogiques a elle aussi été déployée

  • L’interconnexion de 10 bureaux de Postes au siège de la STPE à N’Djamena a été réalisée;

  • Et enfin le siège et 3 bureaux de postes ont été réhabilités

 

Le capital humain

  • L’Enastic

Les autorités publiques, conscientes du fait que développement de l’économie numérique au Tchad ne peut se poursuivre durablement que si il y’a du capital humain pour répondre à la demande de travail du secteur ; que si le pays dispose du main d’œuvre en capacité de concevoir, développer et manager des produits et services numériques adaptés aux besoins de développement du pays. C’est pourquoi, il a été créé en 2017 l’école Nationale Supérieure des Technologies de l’Information et de la Communication (ENASTIC) pour atteindre cet objectif.

L’ENASTIC renferme les cycles Licence, Master et Doctorat.  Les cycles Licence et Master étant déjà opérationnels. Le cycle licence comprend 2 pools :

Le cycle de licence est constitué́ de deux pools : Ingénierie et Management.

Le pool ingénierie comprend les Licences :

  • Informatique en Génie logiciel et Cyber-sécurité ;
  • Télécommunications en Radiocommunications, Réseaux & Télécoms et Électronique & Système Embarqué ;
  • MultiMedia en Infographie, Prise de Vue et Prise de Son.

Le pool management est composé de la Licence en :

  • E-marketing et économie du numérique ;
  • Management et gestion des projets ;
  • Technico-commerciale. Le pool ingénierie est constitués des Licences.

Conformément à l’impératif de décentralisation de l’éducation conduite par le gouvernement, l’ENASTIC a ouvert des campus dans les provinces du pays pour certaines de ses formations notamment le DTS à Sarh dans le Sud et la licence pro à Amdjarass dans le Nord.

Les investissements à venir

  • La dorsale transsaharienne

Financé par l’union européenne sous forme d’un don d’une valeur de 30 millions d’euro, le projet de la Dorsale transsaharienne (composante Tchad) a pour objectif de réaliser l’interconnexion de la fibre optique du Tchad avec celle du Niger dans le but ultime d’atteindre, via l’Algérie, les câbles sous–marins situés sous la Méditerranée.

Il vise la sécurisation de la connectivité́ internationale tout en assurant la desserte de toute la partie ouest du Tchad.

Les activités de ce projet comprennent les volets suivants :

  • Extension de la dorsale nationale à fibre optique sur une longueur de 503 km comprenant le tracé : Massaguet – Massakori – Ngouri – Mao – Rig Rig – Daboua ;
  • Construction d’une boucle locale urbaine à fibre optique à N’Djamena ;
  • Construction d’un mini-centre de données (Data center) ;
  • Installation de plateformes d’administration électronique et de la mise en œuvre des Systèmes Intégrés de Gestion de l’Identification Électronique des Personnes (SIGIEP) ;
  • Appui institutionnel à plusieurs institutions étatiques.
  • Le campus de l’Enastic

D’une valeur de 12 milliards de francs CFA, l’Etat envisage de renforcer les capacités opérationnelles de l’ENASTIC par la construction et l’équipement d’une infrastructure de pointe ; pouvant accueillir 500 étudiants au sein duquel des innovations pourraient émerger.

  • Le développement des sites internet et applications mobiles

Au Tchad, l’on compte très peu de sites web fonctionnels. L’Etat à travers l’ADETIC a créé le nom de domaine « .td ».  A ce jour on n’enregistre très peu de …. (de 300 en 2016, nous sommes aujourd’hui à environ 600 sites avec extension « .td »)

Cette situation traduit une faible communication sur le produit, mais surtout la non maturité du marché.  Cependant, l’augmentation de l’offre, le développement du capital humain, le développement des incubateurs et autres initiatives stimulants l’entrepreneuriat numérique permet d’envisager le développement de l’e-commerce, des applications dans les services (transports, livraison, santé, etc.).

Chérif Adoudou Artine

Etat des lieux de l’économie numérique (1/2)

L’économie numérique (et plus largement des métiers liés au numérique) a connu un véritable bond durant le quinquennat en cours du Président Idriss Déby Itno. Au-delà des progrès que l’on aperçoit dans notre quotidien, il y a les chiffres…qui sont étayés dans le Bilan d’étape 2016-2020 publié par le ministère des Postes et de l’Économie numérique. En plus des données macros que nous analysons dans ce dossier, ce document présente la stratégie 2020-2030 de développement du secteur.

Dans ce premier volet nous parlons de l’environnement tchadien du numérique, de ses capacités à un être un catalyseur pour l’économie et des opportunités qu’il ouvre à la jeunesse.

Dr Idriss Saleh Bachar, ministre des Postes et de l’Économie numérique. Photo : Tchadinfos

A la tête du département depuis 2019, ce diplômé de l’Université de Limoges sait que la transformation numérique du Tchad n’est pas un sprint. Il avance avec calme et assurance pour l’atteinte des objectifs fixés par sa feuille de route Bilan d’étape 2016-2020.

 

 

Regard à rebours

La révolution numérique, composée du trident téléphonie mobile, informatique et internet a été, avec l’exploitation du pétrole, l’un des facteurs du changement majeur de la structure de l’économie du Tchad. Introduite il y’ a aujourd’hui une vingtaine d’années, dans le sillage des autres économies africaines, elle a connu une évolution significative qui a profondément modifié la façon de travailler et dans une certaine proportion le mode de vie des populations. Infrastructures, nouveaux usages, emplois créés, richesses générées, réglementation, institutions d’appui au développement de contrôle, nous permettent d’affirmer qu’il existe une économie numérique au Tchad.

Le secteur impacté par la crise a connu une récession mais est demeuré résilient. Les autorités locales l’ont positionné comme étant une des 5 grandes priorités en matière de développement pour réussir à mettre le pays sur la voie de la croissance inclusive et durable à l’horizon 2030. Sur ces cinq dernières années, l’économie numérique au Tchad s’est montrée plus que dynamique ; ces années ont été marquées par d’importantes réformes, innovations et investissements.

  1. Le paysage des TIC au Tchad de 2016 à 2020

Leapfrog

La cartographie de l’économie numérique au Tchad est dominée par la présence de deux majors de la téléphonie mobile (Airtel du groupe Indien Bahariti et Tigo de Millicom, aujourd’hui Moov détenu par Maroc Télécom) qui génère l’essentiel du chiffre d’affaire sectoriel. A ces deux grands se greffent sept fournisseurs d’accès à Internet (FAI) et l’opérateur public, la SOTEL Tchad.

Ces acteurs offrent les services de messagerie (SMS), de voix (appels), d’accès à l’internet fixe/mobile, d’intranet, d’hébergement de données et enfin de portefeuilles numériques (phone banking).

Le Tchad a en matière d’adoption du numérique réalisé un « saut de grenouille » ou Leapfrog. Ce qui signifie qu’il a brûlé certaines étapes de développement d’un secteur d’activités en adoptant et en vulgarisant les outils et usages des nouvelles technologiques comme jamais auparavant.

Une baisse des lignes fixes

Alors que le pays comptait très peu de lignes téléphoniques, le taux de pénétration de téléphone portable n’a cessé de croître à « grande vitesse » depuis son introduction aux débuts des années 2000.  Entre 2016 et 2019 Le nombre d’abonnés est passé de 5,6 millions à 7,7 millions, ce qui représente une progression de 40%.

Parallèlement, le nombre d’abonnés du fixe a régressé, passant de 18 092 à 6 524, entraînant une baisse globale du chiffre d’affaire de 5,8 milliards de FCFA à 3,4 milliards de FCFA. Cette situation traduit une migration des consommateurs vers les nouvelles technologies.  Le taux de pénétration du réseau fixe est durant cette période passée de 0,13% à 0,04% de la population.

2) Un secteur porteur de croissance

 Le secteur des TIC au Tchad malgré une croissance économique atone depuis 2014, du fait de la chute du cours du brut, présente une des situations les plus satisfaisantes. Il est le premier contributeur direct aux recettes intérieures de l’état avec une part de PIB passée de 3 à 4% entre 2018 et 2019.

2.1) Les ventes d’équipements numériques

La dynamique du secteur avec l’apparition continue de nouveaux produits entraîne un rythme accéléré du renouvellement des équipements numériques (ordinateurs, téléphone, tablettes, logiciels), tant pour les entreprises que les ménages; générant ainsi des chiffres d’affaires pour les commerçants et par la même occasion des ressources pour les finances publiques (TVA, des impôts, taxes diverses).

2.2) L’inclusion financière

Le taux de bancarisation au Tchad est très faible, impactant les possibilités de transferts de fonds. Le développement de nouveaux services numériques par les acteurs de la téléphonie (Tigo cash et Airtel Money) et les transferts bancaires mobiles et électroniques ont généré de nouvelles ressources pour le secteur et offert la possibilité d’inclure des personnes qui étaient jusqu’à la exclues des circuits financiers. Cette innovation a eu un fort impact social, les citadins ont ainsi pu assister leurs familles dans le monde rural plus rapidement par de biais des porte monnaies téléphoniques. Par ailleurs, ces évolutions ont aussi permis de sécuriser les transferts des structures d’aides (ONGS et autres) vers les populations cibles en permettant une traçabilité des fonds.

2.3) L’emploi

Les activités liées au numérique génèrent des emplois directs et indirects. Cependant, il apparaît une dynamique contraire de l’évolution des effectifs. En 2016, le secteur comptait 966 emplois directs et 215 000 emplois indirects. En 2019 Le nombre d’emplois directs du secteur des communications électroniques est passé de 966 en 2016 à 653 en 2019, soit une baisse de 32,4%. Le nombre d’emplois indirects par contre a augmenté de 16,3% en passant de 215 000 à 250 000.

La baisse du nombre d’emplois directs est le résultat de l’externalisation de certains services des opérateurs de téléphonie mobile d’une part, et à la mise en œuvre du plan social du Groupe Sotel Tchad qui s’est traduit par un nombre assez important de départs volontaires d’employés (70%), d’autre part. Il faudra aussi ajouter les départs volontaires encouragés par Airtel entre fin 2015-2016 et de ceux de Tigo pendant la transaction avec Maroc Télécoms.

Bien que le secteur génère de la richesse, il apparaît qu’il est très peu pourvoyeur d’emplois directs. Néanmoins son utilisation augmente les performances des autres secteurs d’activités entraînent ainsi une augmentation des effectifs dans ces autres secteurs.

3) Innovation et entrepreneuriat numérique

Au-delà des usages traditionnels des technologies du numérique, le gouvernement a entrepris de stimuler l’émergence d’une industrie locale du numérique.

A travers la loi N°012/PR/2014 du 14 mars 2014, portant création de l’Agence de Développement des Technologies de l’Information et de la Communication (ADETIC), le gouvernement a matérialisé sa volonté de développer l’économie numérique dans le pays.

Libérer le potentiel de la jeunesse tchadienne

L’agence organise des compétitions de projets innovants et finance les lauréats de ces concours.

En plus de cette initiative étatique, des acteurs privés et organisations non gouvernementales encouragent les démarches numériques locales en organisant de nombreux challenges portant sur différents thèmes.

Ce sont entre autres :

Tigo Tchad (Moov Africa) avec Kellou Digital Challenge

Total Marketing Tchad avec Challenge Startupper de l’année

Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) : à travers le lancement de son Innovation Lab fait la part belle à la promotion de projets digitaux apportant des réponses aux défis du développement.

D’autres structures, des initiatives privées, s’installent et prennent de l’ampleur. Il s’agit des incubateurs WenakLabs et Chad’s Innvovation qui doivent leur présence et leur développement rapide aux conditions mises en place par les politiques gouvernementales.

Toutes ces initiatives ont contribué à installer une culture du numérique dans le pays. Dans les médias, pas une semaine ne passe sans que l’on entende ou lise des expressions de l’univers du numérique telles que « incubateurs », « start up », « applications ».

Aujourd’hui, on peut affirmer qu’il y a l’amorce de la construction d’un écosystème à même de libérer le potentiel latent de cette jeunesse.

Mardi nous analyserons les actions gouvernementales pour renforcer le secteur de manière institutionnelle, par la formation de ressources humaines et par l’optimisation des infrastructures.

Chérif Adoudou Artine

 

COVID19 : 90% de contaminations en plus

Eu égard à la situation sanitaire qui se complexifie, le Comité de gestion de crise sanitaire (CGCS) réfléchie à la reconduction des mesures prises le 31 décembre via le décret 2585 et rappelle la population au respect des mesures barrières.

Chérif Mahamat Zène
Le porte parole du gouvernement, Chérif Mahamat Zène, s’est fendu d’un communiqué dans la foulée de la réunion du Comité de gestion de crise sanitaire    ce mercredi 6 janvier / Photo : compte Twitter

Réunis ce mercredi 06 janvier à la Présidence de la République, les membres du Comité de gestion de crise sanitaire (CGCS) ont procédé à une évaluation de la situation « épidémiologique liée à la COVID-19 ». Il en ressort une situation plus grave que celle décrite par Abdoulaye Sabre Fadoul, ministre de la Santé publique et de la Solidarité nationale, et Choua Ochémi, Coordonnateur national du CGCS) ce lundi 04 janvier.

Augmentation de 90% de cas

Dans le communiqué publié à la suite de cette réunion extraordinaire, le CGCS exprime son inquiétude :  » Il ressort de cette évaluation une situation sanitaire extrêmement préoccupante dans la ville de N’Djaména. » Entre le 30 décembre 2020 et le 05 janvier 2021, 241 personnes ont été testées positives au Coronavirus, soit une augmentation de 90% sur la période.

Compte tenu de la gravité de la situation, le CGCS a décidé « d’examiner les mesures susmentionnées (sic) à l’effet de leur adaptation et de leur amélioration pour compter du 08 janvier 2021″.

Cela porte à croire que les décisions qui ont fait grincer des dents depuis le veille du Nouvel An seront pour la plupart maintenues.

Rappel en infographie de la situation actuelle :

Le Communiqué de la Coordination insiste également sur « l’impérieuse nécessité «  du respect des mesures barrières et en appelle à une prise de conscience collective de la population tchadienne pour « protéger notre société contre le Coronavirus ».

Chérif Adoudou Artine

 

COVID-19 : des mesures salutaires

A la cacophonie de ces derniers jours, le ministre de la Santé publique a répondu ce lundi matin en apportant des précisions qui pourtant figuraient sur le décret du 31 décembre 2020. Le gouvernement, en instaurant un confinement de la ville de N’Djaména (et non celui de ses habitants) en autres décisions, s’est montré proactif face à la recrudescence du virus et sa mutation, le tout afin de limiter une propagation de la maladie et de sauver des vies.

« Il vaut mieux une semaine de confinement que des mois de regret » ai-je pu lire sur un post Facebook ce samedi après-midi. Certainement une des rares réactions posées et distanciées par rapport à la décision du gouvernement tchadien de ramener l’heure du couvre-feu de 21 heures à 18 heures, de fermer les frontières terrestres à partir du 1er janvier 2021 et de boucler les frontières aériennes à compter du 4 janvier. Une certaine confusion a fait suite à la publication de ce décret, créant bon nombre de palabres dans les chaumières. Certains se demandaient si les mesures étaient effectives dès le vendredi 1er ou le jour suivant. Même cas de figure pour la fermeture de l’aéroport.

Le document officiel précise que les décisions en question sont limitées dans le temps et dans l’espace afin de limiter la propagation de la maladie et sauver des vies. En sus, il dit aussi que la ville de N’Djaména est confinée et non sa population –  les délimitations de la capitale sont également reprises dans ‘’l’édit’’ du 31 décembre. Abdoulaye Sabre Fadoul, ministre de la Santé publique et de la Solidarité nationale, n’a pas manqué de le rappeler ce lundi 4 janvier lors d’une conférence de presse très attendue après les approximations du week-end.

Le défaut du cycle de l’information au Tchad est que le citoyen lambda a pris l’habitude de s’informer par voie de décrets et plus rarement via les organes d’information ad hoc. Ces derniers sont (devront être) le relais logique entre les autorités et la population afin de vulgariser, expliquer, voir décrypter ces textes purement administratifs tournés parfois dans un Français…pas abordable pour la majorité. Mais rien n’y fait, chacun y va de son poste de décret et de son explication (de sa compréhension des textes…).

Vous savez, si à la Maison Blanche il y a un point presse quotidien pour les journalistes accrédités, ce n’est pas pour rien… C’est pour éviter au maximum les interprétations et leurs pendants : les spéculations, les récupérations, etc.

Information transmise vs Information comprise

Le gouvernement est proactif

Quant aux raisons du durcissement des mesures de riposte sanitaire décidées la veille du Nouvel An par le Maréchal du Tchad, elles répondent à une anticipation afin d’éviter le pire. En mars dernier, lorsque le premier cas de coronavirus avait été enregistré au Tchad, la réaction quasi immédiate du Président de la république et de son gouvernement a permis de répondre de la meilleure des manières à la propagation de cette maladie que certains de nos compatriotes négligeaient, minimisant ainsi les pertes humaines.

La mutation du COVID19 étant encore une grande inconnue, il ne s’agissait pas de tergiverser, d’attendre ou d’observer ailleurs…mais plutôt d’être proactif car personne ne sait ce qu’il en sera dans une semaine, dans un mois, dans trois mois…

Le variant anglais du COVID 19 (que l’on désigne par Variant VOC) a été enregistré depuis le mois de septembre 2020 en Grande Bretagne et depuis début décembre 2020 en Afrique du sud. Pour éviter tous risques, notre pays a décidé ce 29 décembre 2020 d’interdire l’entrée sur son territoire aux voyageurs en provenance de ces deux pays.

Le variant a été isolé majoritairement chez des personnes jeunes

Ce variant est-il plus dangereux ? Le site futura-sciences.com répond à cette question en restant très prudent : « Avant toute chose, il faut garder à l’esprit que les virus mutent à chaque fois qu’ils se répliquent. (…) La mutation est un processus biologique normal. Néanmoins, certaines mutations confèrent des avantages au virus. Dans le cas de VUI 202012/01 (le nouveau coronavirus ndlr), les informations sont encore limitées et de l’ordre de l’hypothèse, mais il est possible que les mutations aient augmenté la transmissibilité du virus. (Sa dangerosité) serait 0,4 fois supérieure, selon les modélisations d’un groupe de scientifiques, le Nervtag (New and Emerging Respiratory Virus Threats). À noter que ce variant a été isolé majoritairement chez des personnes jeunes, âgées de moins de 60 ans, qui sont moins à risque de faire des formes graves. »

Il est donc préférable de prévenir que de guérir…

Bonne année à tous.

Chérif Adoudou Artine