Une double victoire pour IDI

L’élection présidentielle 2021 s’est déroulée dans les règles. Un constat limpide, aux antipodes des vues de l’esprit d’une opposition ne sachant plus où donner de la voix et qui se gargarise d’un taux de participations prétendument ‘’faible’’. Ce dimanche a marqué une double victoire pour Idriss Déby Itno, en attendant une troisième dans les urnes.

Les photos de bureaux de vote, prises à un instant T, sans contexte, sans légende…sans histoire en somme, ont suffi aux détracteurs d’Idriss Déby Itno à dire que l’élection présidentielle a été un flop quant au taux de participation. Ni Kebzabo, ni un autre partisan du « boycotte actif » pour faire en sorte que cette élection n’ait pas lieu n’ont avancé le moindre chiffre. Ils se sont contentés de clichés amateurs, de photo anti-légendées d’urnes brûlées et de supputations nés de leur esprit. Un flash d’une journaliste de RFI dont le contenu allait dans leur sens les a quelque peu conforté dans leurs positions. Mais rien de ce qu’ils avaient planifié ne s’est passé : les Tchadiens ne sont pas descendus dans la rue pour contrarier le vote de la majorité de leurs concitoyens, ce même vote qui a bel est bien eu lieu avec des observateurs du monde entier (Cen-Sad, Ceeac, Union européenne, Onu, etc.) qui ont signalé sa bonne tenue et aucun incident majeur à déplorer.

Le scrutin de dimanche marque par conséquent une double victoire pour Idriss Déby Itno… qui pourrait se muer en triple victoire après la proclamation des résultats de ce premier tour le 25 avril prochain.

La première victoire est que la rhétorique de l’opposition a changé. Elle passe du ‘’non au sixième mandat’’ via le slogan ‘’Wakit tama’’ à une communication sur le taux de participation prétendument ‘’faible’’ d’une élection qu’elle a combattu de toutes ses forces depuis plus d’un mois et qu’elle ne reconnaît pas de facto car elle s’est éliminée elle-même. Une posture qui n’est rien d’autre qu’un repli de circonstance, un cheval de bataille par défaut, une sorte de baroude d’honneur pour éviter de perdre la face (ou du moins ce qu’il en reste). Se gargariser d’un taux de participation dont on ne connaît pas l’ampleur chiffrée est une aberration de plus que nous offre les opposants d’Idriss Déby Itno. Un pas en avant, deux pas en arrière… voilà en résumée l’attitude de l’UNDR, de l’Alliance victoire et du FAR. La victoire du candidat du consensus sur ce terrain est implacable. S’en relèveront-ils ?

Les Tchadiens ne sont pas naïfs

Le respect de l’ordre constitutionnel  enregistré contre ces personnes qui ont appelé nos compatriotes à une quasi insurrection pour empêcher la tenue du scrutin est la seconde victoire des partisans d’un Tchad apaisé. Saleh Kebzabo et consort imaginaient les grandes villes du pays à feu et à sang et des forces de l’ordre débordées par une vague humaine. Rien n’y fit… nos compatriotes ne sont pas si naïfs au point de suivre aveuglément les consignes de ces chefs de partis politiques qui ont expatrié leurs familles depuis belle lurette.

Dans 13 jours, avec les résultats provisoire et enfin le 15 mai avec les résultats définitifs, Idriss Déby Itno entamera un sextennat marqué dans la continuité constitutionnelle. Et nous nous rappellerons, l’histoire se rappellera, que quelques hurluberlus en manque de reconnaissance ont voulu entraver cette continuité.

Chérif Adoudou Artine

Au tour des bureaux de soutien

Les derniers jours de campagne, se clôturant ce vendredi 9 avril à 23 heures 59,  du candidat Idriss Déby Itno ont été consacrés à la ville N’Djaména. Le Président sortant en a profité pour marquer sa reconnaissance aux bureaux de soutien, la force populaire du mouvement. Ces structures sont-elles une singularité tchadienne ?

Depuis ce lundi 5 avril, le candidat Idriss Déby Itno a rendu visite aux bureaux de soutien à sa réélection. Une semaine qui se terminera par un grand meeting ce vendredi au stade Idriss Mahamat Ouya d’Ardep Djoumal. Ces haltes auprès de ces structures privées qui constituent la principale force populaire du MPS et de ses partis alliés, étaient, certes des obligations, mais aussi une forme de reconnaissance vis-à-vis de celles et ceux qui ont assuré la mobilisation de population depuis le 11 mars dernier.

Ces bureaux sont-ils une singularité tchadienne ?

En soi, je pense que cela n’existe nulle part ailleurs et à ce niveau d’investissement. Jean-Bernard Padaré, responsable de la cellule communication de la Direction nationale de campagne d’Idriss Déby Itno a fait le constat suivant : « Au début de cette campagne électorale, en ma qualité de responsable des actions de communication, lorsque j’allais visiter les installations de ces différents bureaux, que ce soit à N’Djaména ou ailleurs dans le pays, j’ai été frappé par une chose : l’engouement des personnes que nous avons rencontrées. Cette implication dans la campagne est unique en son genre. »

Ces femmes, ces hommes, ces groupements professionnels, ces associations de jeunes sont tous des bénévoles du Mouvement Patriotique du Salut et de la centaine de partis alliés qui forment l’Alliance du consensus. Ils puisent dans leurs fonds personnels pour communiquer sur l’image de notre candidat. « Ces initiatives sont des exemples d’altruisme. Des exemples de militantisme qui feraient pâlir d’envie plus d’un. Nous pouvons nous estimer fiers et chanceux d’avoir une base populaire aussi importante, aussi active et sur laquelle nous pouvons nous appuyer pour relayer nos messages. » poursuit-il.

Pour mieux comprendre ce phénomène tchadien, il faut remonter aux sources de ce qu’est le militantisme. Une définition lexicale nous explique que c’est « L’ensemble des engagements collectifs à une cause de nature morale, religieuse, sociale, politique, associative ou syndicale (…) mais son usage au vingtième siècle dérive pour décrire l’expression organisée d’une protestation d’un groupe social. » François Maurillac nous apprend également que « L’origine du mot militant dans un sens moral et religieux se trouvait dans l’expression « Église militante », qui désignait les fidèles sur terre, par opposition à l’Église triomphante (au ciel), et à l’Église souffrante (au purgatoire). Le mot désigne ainsi en premier lieu les membres de la milice du Christ. »

Idéaux politiques et esprit de corps

Si on devait se trouver des sources d’inspiration (des sortes de miroirs en terme de militantisme) de ce que sont les bureaux de soutien actuels au Tchad, on se réfèrerait à la notion d’engagement et de sacrifice comme le prônait la formation politique au pouvoir en Tanzanie, le Chama Cha Mapinduzi (‘’Parti de la révolution’’ en langue Swahili) qui lui aussi a été un parti revendicatif (depuis 1952) avant de devenir un parti de pouvoir en 1977 lors de l’indépendance du pays.

Le militantisme de nos sympathisants est donc un dosage entre la défense des idéaux et l’esprit festif des retrouvailles entre militants. Un côté festif que nous retrouvons également dans nos bureaux de soutien. Ces ambiances au son des rythmes soudanais me font penser forcément (proximité culturelle oblige) au Motamar Al Watani (ancien parti politique soudanais).

Que ce soit le dogmatisme idéologique tanzanien ou la ferveur populaire/festive toute soudanaise, ils symbolisent tout deux notre pays, une sorte de trait d’union entre les différentes culture d’Afrique. Et ce, même en politique.

Chérif Adoudou Artine

 

 

Soldats tchadiens au Niger : « Les auteurs déjà arrêtés »

Des soldats tchadiens stationnés au Niger dans une base de la Force conjointe G5 Sahel sont accusés d’avoir « violé une fillette et deux femmes» de la localité de Téra (à 178 kilomètres à l’ouest de Niamey). Les autorités tchadiennes se sont rangées derrière les conclusions provisoires des autorités locales et ont « déjà arrêtés » ces éléments détachés de l’ANT.

Nous avons appris ce jeudi 1er avril 2021 via des sources concordantes auprès des autorités tchadiennes que les faits reprochés aux militaires tchadiens en poste à la base de la force conjointe du G5 Sahel, sont avérés.

Que s’est-il passé exactement ?

Des habitants de la localité nigérienne de Tera (située à 178 kilomètres à l’ouest de la capitale Niamey) et à quelques encablures de la base de la Force conjointe du G5 Sahel installée dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, ont fait part aux autorités locales de la terreur perpétrée par des militaires du 8ème bataillons du contingent tchadien dans leur village du 27 au 30 mars 2021. Ces éléments détachés de l’ANT (Armée nationale tchadienne) étaient postés dans la base militaire en question.

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe, d’abord via les réseaux sociaux et ensuite sur les ondes hertziennes et radiophoniques. L’émoi a très vite laissé place aux questionnements.

Une fillette de 11 ans violée

Dans un reportage de plus de six minutes circulant sur Twitter et sur lequel nous nous sommes basés en partie pour recouper certaines informations reçues, on découvre les témoignages des villageois décrivant des viols et des violences sur des civiles perpétrées durant trois jours par nos compatriotes. Le récit des villageois donne froid au dos et la précision des faits relatés est ahurissante. Testimoniaux qui donc ont été confirmés par les autorités locales. Seydou Issakha Moctar, Secrétaire général de la structure départementale de Téra, au micro de la chaîne de télévision Canal3 Niger, rapporte ce que lui ont raconté les habitants du village : « Il y a eu des femmes qui ont été violées, il y a eu des tirs d’armes. On a appris aussi que les militaires tchadiens lorsqu’ils partent vers les bars après avoir eu à se souler la gueule peuvent avoir des querelles qui les amène même à parfois tirer. » Et de décrire plus loin l’horreur absolue : « Une femme enceinte a été victimes d’une agression sexuelles, chose qui a été confirmée par son mari. Elle se trouve elle-même actuellement sous traitement. »

Mahamadou Zakari, témoin d’une des violences perpétrées, raconte (toujours au micro de la chaine de télévision nigérienne) : « Ils m’ont braqué une arme en voulant entrer dans mon hangar, j’ai refusé. Ils étaient ivres. Après ils ont continué vers d’autres cases où ils ont agressé les femmes. Une autre nuit, nous en avons croisés trois au niveau de l’école. Nous avons pu en attraper deux. Le troisième a fui. » Et les témoignages se succèdent ainsi durant plus sieurs minutes.

Un rapport de la CNDH (Commission nationale des droits humains du Niger) affirme « Il ressort des entretiens (menées les mercredi 31 mars et jeudi 1er avril 2021) et des premières analyses médico-légales qu’il y a effectivement des viols sur une fille mineure de 11 ans en classe de CE2 et de deux femmes mariées (dont une enceinte âgées de 23 ans et 32 ans toutes deux mères de plusieurs enfants. Il faut souligner que pour ces deux femmes, ces actes odieux ont été commis en présence de leurs maris sous menace d’armes à feux par les agresseurs.» Ce même rapport explique d’autres femmes ont été victimes de tentatives de viols au sein de leur domicile mais ont réussi à fuir et « certaine victimes de viols n’ont pas souhaité témoigner de peur d’être stigmatisée dans un contexte de pression socioculturelle. »

La CNDH conclut son rapport en condamnant et insiste pour que les auteurs présumés de ces viols soit traduits devant les juridictions compétentes.

« Les auteurs déjà arrêtés »

Un soldat devant la base du G5 Sahel à Sévaré (Mali). Crédit photo : Sebastien Rieussec/AFP

L’État-major tchadien a, au vu des témoignages et des rapprochements effectués par les autorités locales et la hiérarchie militaire de la base de Tera, acquiescé ces accusations et pris ses responsabilités en admettant très tôt l’implication des éléments détachés de l’ANT afin de tenter d’éteindre ce début de scandale. Attitude somme toute logique eu égard à la gravités des actes, mais aussi guidée par une question d’image. Cet épisode n’est pas fait pour faciliter à Idriss Déby Itno son début de mandat annuel de Président en exercice du G5 Sahel entamé à la mi-février et garder intacte l’image d’une armée respectée et encensée depuis une dizaine d’année.

« Les auteurs sont déjà arrêtés et subiront les sanctions qui s’imposent en la circonstance » assure un communiqué du ministère tchadien des Affaires étrangères rendu public ce samedi 03 avril.

Les autorités tchadiennes tiennes à préciser « qu’il s’agit d’un cas isolé qui ne doit pas être exploité pour ternir l’image du contingent tchadien et d’une manière générale celle de l’armée tchadienne qui a montré à suffisance sa discipline sur les différents terrains d’opération.»

Pour rappel, le 14 février dernier, lors du sommet extraordinaire des chef d’Etat du G5 Sahel qui s’est tenue à N’Djaména, le Président de la République du Tchad, Idriss Déby Itno avait décidé d’envoyer 1 200 hommes supplémentaires dans la zone des trois frontières entre le Burkina-Faso, le Mali et le Niger.

Chérif Adoudou Artine

Idriss Déby, entre fer et velours

A Bongor ce jeudi 1er avril 2021, le candidat Idriss Déby Itno a prévenu ceux qui scandent « non à la tenue de l’election présidentielle » qu’il ne leur ferait aucune concession. IDI montre une fois de plus ses muscles après avoir fait preuve de magnanimité. La campagne électorale du candidat-président se poursuit… entre autorité et ouverture.

« Tous ceux qui tentent de perturber les élections le 11 avril me trouveront devant eux » Le message est limpide. Sans ambages. Depuis Bongor, ou il tenait un nouveau meeting de campagne ce jeudi 1er avril, c’est en Président de la République garant du processus électoral que s’est présenté Idriss Déby Itno. Une nouvelle fois très offensif dans sa prise de parole, il a rappelé à ses opposants que c’est un dirigeant avec une main de fer dans un gant de velours. Cette expression joue sur deux symboles, le fer et le velours, qui s’opposent totalement. Le fer caractérise la dureté, la froideur et le velours symbolise la douceur et la chaleur. Une comparaison qui se prête à merveille au candidat du consensus, à sa dualité lorsqu’il s’agit de gouverner le Tchad. L’autorité et la bonté.

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Il n’est pas besoin de remonter à très loin pour constater cette coexistence de caractère chez Idriss Déby Itno. Souvenez-vous, le 13 avril dernier lors du lancement de sa campagne électorale dans le stade omnisports Idriss Mahamat Ouya de N’Djaména, l’homme avait choqué en houspillant ces Tchadiens qui pactisent avec les étrangers pour tenter de déstabiliser le pays en lançant ce fameux « damboula » qui en aura fait sursauter plus d’un. Il s’est voulu autoritaire, froid, limite menaçant pour marquer sa position de chef et de garant de la paix au Tchad. Quelques jours plus tard à Mongo, toujours lors d’un meeting électoral, le 22 mars, il tendait la main à ces mêmes Tchadiens. « J’invite tous nos compatriotes de Libye, du Soudan, des États-Unis…  de partout ailleurs à venir pour nous aider à construire ce pays. Que faites-vous là-bas alors que votre pays a besoin de vous ? » avait-il lancé à leur attention.

Déby X Cromwell

Dur quand il le faut, souple quand cela s’y prête. Tel est Idriss Déby Itno. En grand stratège politique, il manie cet art comme une sorte de métaphysique afin de mieux cerner ses compatriotes, cerner leurs velléités, cerner leurs positions respectives vis-à vis de lui et vis-à-vis du Tchad. Une manière d’obtenir toutes les informations en amont pour composer son échiquier politique et militaire.

Certains ont comparé Idriss Déby Itno à Nicolas Machiavel. Ce rapprochement est trop basique pour un homme aussi complexe. Je le comparerais plutôt à Oliver Cromwell, cet autre fin militaire qui embrassa une carrière politique au XVIIème siècle en Grande Bretagne jusqu’à en devenir le Lord Protecteur, titre qu’il se donna après avoir renversé le roi Charles 1er et instauré une République en 1649. L’épopée d’Oliver Cromwell vers les sommets de l’Etat peut être apprise et appréciée dans le roman Woodstock ou le cavalier. Cet ouvrage relate la conquête du pouvoir de Cromwell et détaille comment il a su éviter les différents pièges qui se présentaient à lui. Vous y trouverez une multitude de similitudes entre l’enfant de Berdoba devenu Président de la république du Tchad et celui qui instaura durant une dizaine d’année une République dans le royaume des Stuart.

Les pratiques du pouvoir des deux hommes sont au contraire à l’opposée l’une de l’autre. Là où le Lord protecteur imposa un despotisme sans discernement, Idriss Déby Itno a su, de manière très subtile, jouer du fer et du velours pour gouverner.

Chérif Adoudou Artine

Le Mandoul a accueilli IDI

Entre campagnes politiques, opérations citoyennes et propositions institutionnelles, voici le journal de campagne du 31 mars 2021.

Même cadre. Mêmes slogans. Même ferveur. Même mobilisation. Le meeting d’Idriss Déby Itno, candidat du consensus, tenu ce mercredi 31 mars 2021 n’a pas dérogé aux restes des rencontres de campagne depuis ce fameux samedi 13 mars, date du lancement des activités de mobilisation et de sensibilisation pour IDI. Sous les vivats de la population de la province du Mandoul, à Koumra, les aficionados du Président de la République ont rappelé à ceux qui en doutaient que le MPS et ses partis alliés iraient remporter cette victoire sans coup férir.

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et Pendant ce temps…

Un lettre de mauvais aloi

Les débats sur les réseaux portaient (en parallèle à la campagne électorale) sur ce fameux (et fumeux ?) courrier de mauvais aloi envoyé par Succès Masra au Président de la République en début de semaine. Cette missive était accompagnée de cinq propositions pour ouvrir un dialogue inclusif et mettant ainsi fin au processus électoral en cours. Au-delà de la teneur et du ton, qui ont fait jaser bon nombre d’observateurs, c’est le calendrier proposé par Succès Masra et ses amis qui a posé question. Figurez-vous que ces derniers souhaitent « entamer un dialogue inclusif, modifier la constitution (ou du moins revenir à celle de 1996), écrire un nouveau code électoral et organiser une nouvelle élection présidentielle… » tout ça pour le mois de juin 2021. Le momentum de ces propositions en a fait sourire plus d’un, tout simplement car elle ne sont pas réalistes et réalisables en un laps de temps si court.

Voici une des explications apportées par un utilisateur de Facebook

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Le taux de participation, encore et toujours.

La veille, Mahamat-Zene Bada, Directeur national de la campagne du candidat Idriss Déby Itno (et Secrétaire Général du MPS), a fait sa part du job à Doba (province du Logone oriental). Comme une chanson lancinante, mais utile dans le présent cas de figure, aidé de son spécimen format A0 il a rappelé aux personnes présentes dans le stade du chef-lieu de la province  »comment voter ».

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PPA dans le Bahr el-Ghazal

Pahimi Padacket Albert (RNDT – Le Réveil), qui à l’exception d’Idriss Déby Itno, semble être le seul candidat avec du coffre, a tenu meeting à Moussoro (province du Bahr el-Ghazal) ce mercredi 31 mars 2021. L’ancien Premier ministre a promis entre autres le bitumage de la route Massakory – Moussoro.

Le droit de vote

Des actions citoyennes ont été initiées pour appeler les Tchadiens à exercer leur droit civique, à l’instar de celle de la FESET (Fédération syndicale des employés du Tchad). Aremadji Nangadoum Tamar, secrétaire général de la FESET a tenu à rappeler ce mardi 30 mars : « Chaque Tchadien qui aime son pays doit aller voter. Voyons ensemble la nation mais non pas les individus et les partis (…) Ce qui est important, cherchons la paix dans l’harmonie et le vivre-ensemble“

La plateforme ’Le Tchad d’Abord’, dirigée par Mahamat Saleh Moussa (ancien maire du 5ème arrondissement de N’Djaména) a aussi lancé une opération de communication citoyenne « Je suis citoyen, j’ai retiré ma carte pour voter. Et toi? ». « L’objectif est l’éveil de conscience des citoyens tchadiens à retirer les cartes d’électeur et voter pour le candidat de leur choix à la présidentielle du 11 avril prochain » explique la plateforme.

Il reste neuf jours avant la clôture de la campagne électorale, une campagne qui n’aura jamais démarré pour les cinq autres candidats engagés dans cette compétition.

Chérif Adoudou Artine

 

L’ovni de la vie politique tchadienne

Portraits de campagne 4/10
Ils étaient 10 sur la ligne de départ. Ils ne sont plus que 7 officiellement encore en lice pour l’élection présidentielle 2021.

Au-delà de l’image de légèreté qui lui associée, Balthazar Alladoum Djarma, est un acteur bien connu de la scène politique tchadienne. Il a notamment été rapporteur adjoint du CNDP (Cadre national de dialogue politique) entre 2015 et 2017.

Tchadinfos.com a titré « Un candidat qui enflamme la toile », un article qui lui était consacré . Mais au delà de cette image de légèreté, Balthazar Alladoum Djarma est un homme engagé, et ce, bien avant de se lancer en politique. Il a œuvré dans le cercle associatif : animateur de conférences-débats sur les questions de préventions des conflits intercommunautaires et de violence en milieux jeunes. L’homme est également un homme d’affaires avisé. Il a créé en 2013 une société de gardiennage mais aussi une entreprise d’adduction d’eau, de constructions et d’installation de panneaux solaires.

Enseignant de son état, Balthazar Alladoum Djarma est également un mordu des études. Sa biographie dans un journal en ligne nous apprend que :  » Balthazar Alladoum Djarma fait son entrée à la Faculté de Sciences Exactes et Appliquées de Farcha, sanctionnée par un Diplôme universitaire de l’enseignement scientifique (DUES). » Et il ne s’arrête pas là : « Il s’est inscrit à l’Institut Polytechnique Industriel de N’Djaména où il obtient en 2002 son diplôme d’ingénieur de travaux: option Électronique. Il décrocha sa licence en 2019 et son Master en 2020 en droit privé à l’Université Internationale de Tunis (formation en ligne). »

Ses débuts en politique remontent à 2007. Il est alors membre-fondateur de l’ASRI (Alliance socialiste pour le renouveau intégral), formation au sein de laquelle il dirigea durant deux ans la fonction de Coordonnateur national aux relations extérieures. En brouille avec l’ASRI en 2009, il la quitte pour fonder l’ASTRE (Action tchadienne pour le renouveau), formation qui le désigne comme son candidat à l’élection présidentielle. De 2015 à 2107 il a été membre du CNDP (Cadre national de dialogue politique) dont il sera le rapporteur général adjoint.

Ce quadragénaire, natif de N’Djaména, a été investi par son parti politique en avril dernier.

Abdallah Adami (stagiaire)

 

L’ancien député brigue le Palais rose

Portraits de campagne 3/10
Ils étaient 10 sur la ligne de départ. Ils ne sont plus que 7 officiellement encore en lice pour l’élection présidentielle 2021.

Le parti de Yombombé Madjitoloum Théophile, l’UTPC (Union des travailleurs progressistes pour la cohésion), vient de voir le jour. C’est sous les couleurs de cette jeune formation que l’ancien député du RNDT-Le Réveil est candidat à la présidentielle d’avril 2021.

Yombombé Madjitoloum Théophile est né le 12 avril 1969 à Bongor, de père infirmier. Il grandit à N’Djamena et Moundou. Son parcours scolaire est sanctionné par des diplômes d’ingénieur de conception en génie civil obtenu au Mali en 1996, un DEA en sciences de l’ingénierie en 2007 à l’université de Yaoundé 1 et en 2019 un diplôme d’analyse en stratégie internationale, parcours défense, sécurité et gestion de crise à l’Institut de relations internationales et stratégiques de Paris en France.

Son expérience professionnelle

Il a commencé à travailler au sein de l’ancienne Société tchadienne des eaux et d’électricité (STEE). Yombombé Madjitoloum Théophile a occupé durant plusieurs années le poste de chargé des Etudes et Contrôle des nouveaux projets avant d’êtr affecté à la station de la STEE de Biltine, oû il a été chargé de contrôle des travaux d’alimentation en eau potable. Il a fait aussi la contre-expertise du dossier de BOK Sarl sur le projet alimentation en eau potable des villes de Kyabé, Koumra et Ati, financé par Taïwan.

Après quatre ans dans les Etudes et Contrôle des nouveaux projets (de 1996 à 2000), il devient Chef de Département Etudes et Travaux neufs hydrauliques pour le compte de Groupement VIVENDI-DIESTMAN et STEE. En 2004, il quitte la STEE pour d’autres aventures. Il occupe le poste de directeur général de la CIAT INGENIEURS CONSEILS Sarl, puis directeur de projet associé, d’abord avec l’EGIS BCEOM INTERNATIONAL-ANTEA-CIAT de 2008 à 2012 et avec C. LOTTI-EGIS Eau CIAT.

De 1999 jusqu’à 2011, Yombombé Madjitoloum Théophile était Consultant pour le Programme des Nations-Unies pour le Développement et Consultant pour la Banque mondiale en 2003. Il fut Expert Associé avec l’entreprise WYS International Limited en 2010.

Yombombé Madjitoloum Théophile, par ailleurs ancien député des Monts-de-Lam (un département de la province du Logone oriental, son chef-lieu est Baïbokoum) officiellement lancé sa campagne électorale ce vendredi 26 mars à Moundou (proncince du Logone occidental).

Abdallah Adami (stagiaire)

 

 

 

 

76,11 % de taux participation

Comme détaillé dans le journal de campagne vidéo posté ce dimanche sur la page Facebook du blog, c’est une nouvelle campagne électorale qui commence. Une campagne avec un enjeu capital, le taux de participation.

Sans vouloir minimiser le travail abattu par le candidat Idriss Déby Itno, son épouse et toutes les équipes de la Direction nationale de campagne, les régions visitées jusqu’à ce samedi 27 mars  dans le cadre de la présente campagne électorale étaient des tours de chauffe. Des ‘’practice’’ pour ce qui sera la victoire par le taux de participation.

Les deux Mayo-Kebi : deux de ces provinces, si ce n’est les provinces liges, à remporter pour le MPS et ses partis alliés. Depuis plus de 10 jours Jean-Bernard Padaré, chef de mission provincial, mobilise et sensibilise toutes les villes, tous les villages et recoins du ‘’fief politique de Saleh Kebzabo’’ pour assurer à l’Alliance du consensus un succès sans contestation. Un travail de fond à l’instar de ce qui se fait dans les autres provinces méridionales du Tchad. Amina Priscille Longoh dans le Mandoul, Ramatou Mahamat Outouin dans le Mayo-Kebi Ouest, Djimasbaye Nahogna dans le Moyen-Chari, Madi Kassouré dans la Tandjilé, etc.

Hinda Déby Itno. Ce lundi 29 mars 2021 en meeting à Pala province du Mayo-Kebi Ouest). Crédit photo : Al Wihda

C’est par le Mayo-Kebi Ouest que cette deuxième partie de campagne électorale a débuté ce lundi 29 mars. Plus précisément à Pala. Hinda Déby Itno, désormais partie intégrante du dispositif de sensibilisation et par ailleurs ‘’envoyée spéciale’’ du candidat Idriss Déby Itno, a tenu un meeting dans le stade du chef-lieu de la province. Multipliant les promesses, elle a porté la voix du Président de la République et appelé les électeurs a à allé retirer leurs cartes d’électeurs et ainsi faciliter la victoire contre l’abstention tout en rappelant : « Il ne faut pas écouter les sirènes de la division, les gens en mal de popularité qui se cachent pour dire que le Mayo Kebbi Ouest est leur fief »

Pourquoi viser le taux de participation ?

Saleh Kebzabo, présenté comme le principal opposant à la candidature d’IDI, s’étant retiré, il laissait le champ libre au Président sortant pour une victoire quasi assurée. Mais Idriss Déby Itno et son camp, ne voulant pas que l’opposition puisse se targuer, en cas d’abstention élevée, d’avoir convaincu les Tchadiens d’ignorer l’élection présidentielle et de minorer, voire de rendre illégitime la victoire annoncée mettront un point d’honneur à faire en sorte que les bureaux de vote soient le plus fréquentés possible le 11 avril, jour de l’élection, et ainsi conforter le processus électoral en cours.

Lors de l’élection présidentielle de 2016, le taux de participation était de 76,11 % du corps électoral. Le pari pour IDI et sa DNC est donc de faire au moins aussi bien en cette année 2021.

Rappel des chiffres clés de la dernière consultation présidentielle

Nombre d’inscrits sur les listes électorales :

6 260 000 personnes (contre 7 324 000 en 2021)

Taux de participation :

76,11 % (soit 4 764 486 personnes)

Résultats :

Idriss Déby Itno (MPS + Alliés) a obtenu 61,56 % des voix exprimées

Saleh Kebzabo (UNDR) a obtenu 12,77 %

Laoukein Kourayo Médard (CTPD) a obtenu 10,61 %

Jospeh Djimrangar Dadnadji (CAP-SUR) a obtenu 5,04

Delwa Kassiré Koumakoye a obtenu 1,99 %

Malloum Yoboïdé a obtenu 1,81 %

Mahamat Ahmat Al Habo a obtenu 1,58 %

Abdoulaye Mbodou Mbami a obtenu 1,44 %

Clément Djimet Bagaou a obtenu 1,36 %

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La tendance pour une participation importante est en train de se dessiner. La mobilisation de ce mardi 30 mars aux alentours de midi dans les tribunes du stade de Doba (province du Logone oriental) pour le deuxième meeting méridional du candidat du consensus présage d’une belle victoire à venir.

Chérif Adoudou Artine

 

Une parenthèse dans la campagne

IDI a troqué sa casquette de candidat pour visser celle de Président de la République ce samedi 27 mars en effectuant un déplacement au Nigeria. Pendant ce temps la ville de Bol, dans la province du Lac, recevait son « envoyée spéciale ».

Candidat bien sûr, mais Président de la république avant tout. Idriss Déby Itno a ôté, le temps d’un déplacement à Abuja (au Nigeria) ce samedi 27 mars 2021, sa casquette de candidat du consensus. Loin des villes de provinces qu’il sillonne depuis plus de deux semaines dans le cadre de la campagne électorale en vue des élection du 11 avril prochain, le Président de la République est allé parler de relations bilatérales avec son homologue nigérian, Muhammadu Buhari. Échanges commerciaux, libre circulation des personnes, liaisons aériennes, interconnexion électrique, renforcement de la stratégique de lutte antiterroriste, etc. Autant de sujets pour « relancer les relations entre le Tchad et son grand voisin ».

Et si cette visite au Nigeria participait aussi à renforcer l’image du candidat Déby auprès des électeurs. Une approche qui n’est pas à exclure car les relations avec nos voisins et notre « présence » à l’international concourent également au bien être des tchadiens.

Pensez-vous que cette visite nigériane était une parenthèse dans la campagne ou alors une continuité de cette dernière ?

Acte de civisme 

Retirer sa carte d’électeur, un acte citoyen. Nous en parlions dans notre livraison d’hier de manière très administrative et légale (en rapport à la loi électorale). Mais l’envoyée spéciale du candidat du consensus, Hinda Déby Itno, a été plus pragmatique en appelant lors d’un meeting samedi les habitants de Bol (province du Lac) à aller retirer leurs cartes d’électeurs afin de pouvoir voter le 11 avril prochain.

La HAMA sanctionne un journaliste

Wangsou Edouard, journaliste de la chaine de télévision Vision4TV, a été suspendu « de la couverture de la campagne électorale pour la présidentielle du 11 avril 2021 » par la HAMA (Haute autorité des médias et de l’audiovisuel). Le reporter en question avait « à l’issu du meeting de la Première dame organisé le 25 mars 2021 à Massakory (…), apostrophé la Première Dame du Tchad pour lui demander de l’argent en contrepartie de son travail. » La Haute autorité justifie cette décision pour manquement aux règles que doivent respecter les journalistes accrédités pour la couverture de la campagne, à savoir « les exigences d’éthique, de déontologie professionnelle et les principes de neutralité ».

Pour le reste…

De manière générale, la campagne électorale de cette année est un peu morne. A part du côté du MPS et de ses alliés, les six autres candidats se font très discrets.

Pahimi Padacket Albert (RNDP-Le Reveil) tente tant bien que mal d’exister.

Balthazar Alladoum (ASTRE), Félix Nialbé Roumdoungar (URD), Brice Guedmbaye Baïmon (MPTR) et Madjitoloum Yompombé Théophile (UTPC) sont absents des radars médiatiques. Heureusement pour eux, si je peux me permettre, que les règles sur la présence médiatique leur octroie un temps d’antenne sur les médias publics.

Lydie Beassemda (PDI), quant à elle, assuré qu’elle mène une campagne de proximité et que son objectif n’est pas de concurrencer qui que ce soit.

Chérif Adoudou Artine

La carte d’électeur

Le chronogramme de la CENI indiquait cette date du vendredi 26 mars pour la distribution des cartes d’électeurs. Idriss Déby Itno s’est soumis à cet exercice citoyen appelant ses compatriotes à en faire de même. Votre journal de campagne revient sur cette pièce indispensable pour accomplir l’un de ses devoirs civiques : le vote.

« Nous devons avoir la pleine conscience de la portée civique du vote ». C’est en ces termes solennels que le président de la République a commenté « la distribution des cartes d’électeurs » effectuée par la CENI (Commission nationale électorale indépendante) du 26 mars au 11 avril 2021, c’est à dire jusqu’au jour du vote.

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Le code électoral du Tchad du 22 juillet 2019 (modifié par la loi 045 promulguée le 24 décembre 2019) explique le processus de délivrance des cartes d’électeurs dans son chapitre 2 (Des listes électorales) en sa section 5. Trois articles y sont consacrés : les articles 31, 32 et 33.

Capture d’écran de la section 5 chapitre 2 du code électoral du Tchad du 22 juillet 2019, modifié le 24 décembre 2019.

La carte électorale est donc délivrée sur base des listes électorales, qui elles ont été établies en plusieurs étapes durant une période de plus de 6 mois ( du 1er juin 2020 au 12 février 2020). Voir à ce sujet Chronogramme du processus électoral de la CENI.

Les personnes ne figurant pas sur les listes (et qui par conséquent n’auront pas le droit à une carte d’électeur) ont jusqu’à la veille du scrutin pour porter un recours auprès de la CENI (article 23, section 2 – De l’établissement et de la révision des listes électorales –  chapitre 2).

Chérif Adoudou Artine