Safagri 2020, une autre ambition

La ministre de la Production, de l’Irrigation et des Équipements Agricoles, Mme Ruth Madjidian Padja, le Secrétaire Général du Comité Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse au Sahel (CILSS), Djimet Adoum et le Président de la Chambre de Commerce, d’Industrie, d’Agriculture, des Mines et d’Artisanat (CCIAMA), Amir Adoudou Artine ont annoncé ce vendredi 31 janvier que le second Salon Africain de l’Agriculture (SAFAGRI) se déroulera bien à N’Djaména.

Photo : Neil Palmer (CIAT) / Flickr CC

Les trois têtes de proue du comité d’organisation du SAFAGRI (Salon Africain de l’Agriculture), Mme Ruth Madjidian Padja (gouvernement), Djimet Adoum (CILSS) et Amir Adoudou Artine (CCIAMA) ont annoncé ce vendredi 31 janvier à N’Djaména les dates de la rencontre des agriculteurs africains. Elle devrait se tenir du 10 au 19 avril 2020 dans la capitale tchadienne.

L’utilisation du conditionnel prévaut car selon les explication de Djimet Adoum, Secrétaire général du Comité Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse au Sahel CILSS  : « Il faut encore confirmer ces dates avec les plus hautes autorités du pays ». La concordance de calendrier sera compliqué à trouver étant donné que l’édition 2020 sera couplée au sommet des Premières dames des pays du Sahel.

Au titre des ambitions, le moins que l’on puisse dire est qu’elles sont très élevées. L’objectif à long terme du SAFAGRI est « d’avoir la présence des 54 pays africains à terme, car nous souhaitons que le SAFAGRI soit l’évènement de référence pour le secteur agricole en Afrique » a expliqué Amir Adoudou Artine. Mais en attendant cette unanimité continentale, « on souhaite au moins avoir le présence du Nigéria voisin » qui est un des grands acteurs de l’économie africaine a complété Djimet Adoum.

Ces velléités d’expansion sont en accord avec un des deux thèmes choisis cette année : « Préparer l’entrée en vigueur de la ZLECA (Zone de libre échange continentale africaine)« . En effet, la participation active du Nigéria au SAFAGRI 2020 et aux suivantes éditions donnerait une exposition médiatique nécessaire à ces rencontres encore trop francophones, lui accorderait cette crédibilité dont elle aura besoin pour se pérenniser et enfin serait (avec la présence du Nigéria) un terrain idéal de discussions sur le développement du futur proche de la ZLECA.

La ZLECA, qui en ce début d’année 2020, compte 29 pays ratificateurs sur 54 possibles. L’intégration économique de l’Afrique est en avance sur sa feuille de route car les observateurs avaient annoncé que la période de ratification par tous les signataires prendrait au moins 3 ans. Voici qu’en moins d’un an, plus de 50% des Etats ont validé le principe.

Le second thème est moins politique (ou plus d’ordre structurel), il s’agit de la « Stratégie de financement des chaînes de valeurs ». Il rejoint indirectement les débats à mener sur la ZLECA, car qui dit maîtrise de la chaîne de valeurs, dit compétitivité. Et c’est une lapalissade que d’affirmer que nos acteurs africains en manquent cruellement… Ce qui fait dire à certains spécialistes, tel que l’agro-économiste Jacques Berthelot, que la ZLECA ne fera que creuser le fossé qui existe entre les multinationales et les acteurs africains (de l’agriculture et du négoce).

Voilà ce qu’écrivait Berthelot dans un court rapport intitulé La folie suicidaire de la ZLECA et publié sur le site de l’association humanitaire SOL- Alternative Agroécologique et Solidaire le 7 novembre 2016.

« Loin de favoriser l’intégration régionale du continent [la ZLEC] ne pourra que le désintégrer fortement en ouvrant largement les portes aux firmes multinationales qui sont déjà largement présentes dans la plupart des pays et qui concentreront leurs activités dans ceux qui sont les plus compétitifs en exportant vers les autres. »

Les enjeux des débats sur la préparation de l’entrée en vigueur de la ZLEC prévus lors du prochain SAFAGRI revêtent une dimension qui va bien au-delà de l’unique secteur agricole.

Chérif Adoudou Artine, leader numérique autoproclamé

Google : une capitalisation boursière à 1 000 milliards

A l’instar d’Amazon, Apple et Microsoft, Alphabet, la maison mère de Google, atteindra officiellement les 1 000 milliards de dollars de capitalisation boursière le 03 février prochain, date de l’annonce de ses résultats 2019.

Siège de Google à Mountaine View en Californie.

Avant de lire l’article de Siècle digital, essayons de comprendre ce qu’est une capitalisation boursière.

La capitalisation boursière correspond au prix qu’il faudrait payer s’il était possible de racheter toutes les actions d’une société à leur cours de marché actuel. Cependant ce prix dépend du volume de demande pour cette action. Ainsi lorsqu’un investisseur désire acquérir une grande quantité d’actions d’une société et a fortiori 100 %, il doit généralement payer plus que le cours du marché pour inciter les actionnaires actuels à lui vendre leurs actions.

Si l’on se fie à cette définition Wikipedia, c’est la demande qui fixe ce montant de capitalisation boursière. Si une demande effective de rachat d’Alphabet arrivait aujourd’hui sur la table de Sundar Pichai, PDG du groupe installé à Mountain View.

Les GAFAM sont les cinq sociétés les plus importantes des États-Unis, seul Facebook est à la traîne avec une capitalisation boursière tout de même raisonnable de 631 milliards de dollars. Lire la suite de l’article de Siècle Digital ici…

Cherif Adoudou Artine, leader numérique autoproclamé

Le MPS et les quatre éléments

Une organisation populaire qui souhaite dynamiser, moderniser et rendre plus bankable son image auprès d’une cible très large doit axer sa réflexion sur quatre éléments majeures de ce qui fait une bonne stratégie.

Voici quelques recommandations sur ce que pourrait entamer le MPS. Non pas que ce soit la panacée en la matière, mais ces pistes de réflexion serviront à dégager une ligne stratégique claire (avec ses codes, ses rythmes, ses moments, etc).

les digressions du planner stratégique

Quels sont ces quatre éléments RE-fondateurs ?

Le logo

Le cœur de l’identité visuelle du parti ne peut changer. Ne doit changer. Car il constitue son ADN depuis 1990. Il est connu dans tous les recoins (même les plus isolés) du pays.

Une légère évolution ? Je serais tenté de dire oui. Mais en fait, non. Sauf événement imprévisible, le logo du MPS restera tel quel. On ne badine pas avec un tel capital image.

Le positionnement

Tout d’abord il faut être prêt à moderniser (je n’utilise pas expressément le mot changement, qui peut souvent être perçu comme une agression face aux habitudes tenaces) l’ensemble de sa structure. Cela doit intervenir dans un cadre général. On ne modernise pas son image si les méthodes organisationnelles et de travail ne sont pas en phase. Il en va de même pour un changement de modus operandi qui ne serait pas accompagné par une image en cohérence.

logo pour la campagne
Exemple : logo unique qui serait utilisé par tous les candidats du parti et donnerait une unicité qui reflète la cohésion .

Ces modifications cosmétiques sont le point de départ pour un positionnement affiné, dans le sens marketing du terme.

Le(s) message(s)

Il faut les renouveler, les réinventer afin de parler aux différentes cibles. La qualité d’un message mainstream, au delà de l’information qu’il véhicule, est sa ‘duplicabilité’ : langue, support, période, contexte, média. Il doit répondre à cette équation complexe.

Les outils de communication

Peaufiner sa stratégie hybride est indispensable pour qui veut communiquer aujourd’hui (et demain).

Les rassemblements populaires et l’objet publicitaire Au MPS on connaît ! Pas besoins de révolutionner grand chose à ce niveau. Même si en se donnant un peu la peine, on peut apporter de la plus-value à certaines réunions afin d’enrichir la panoplie d’outils de com’ dont doit se doter le parti (voir par ailleurs).

Les supports imprimés. Il faut les uniformiser, afin de les rendre cohérents entre eux et ainsi optimiser la portée des messages et de leur enracinement dans les esprits.

Les médias. En période de campagne, le parti utilise principalement la radio, la télévision et l’affichage. Mais est-ce qu’un parti ne doit vivre que durant ces périodes ?

Médias électroniques. C’est le point faible du parti qui devra se doter d’une vrai plateforme digital responsive si elle veut toucher toutes ses cibles.

Le numérique et le traditionnel devront être complémentaires, afin de ne pas couper l’univers médiatique du parti en deux. C’est dans cette subtilité que réside un plan juste en communication hybride.

Au final, la combinaison de ces quatre éléments participe à construire une stratégie formalisée (une vision partagée et un regard apprêté pour le court, le moyen et le long terme).

Le Tchad étant au centre des enjeux sécuritaires dans le Sahel et le Président Déby un acteur principal de ces enjeux, les élections à venir, ainsi que les mois qui les précèdent, seront plus médiatisés que jamais . Il faut donc que le MPS se dote des meilleurs atouts pour confirmer son rang de parti central mais également refléter une image moderne et organisée de la politique tchadienne. Oui, l’image. Toujours l’image.

Chérif Adoudou Artine, leader numérique autoproclamé

Le MPS en ordre de marche

Réunis fin décembre autour du Président la République, les membres du nouveau bureau politique du MPS ont reçu les ultimes conseils et les dernières consignes avant les élections législatives et régionales prévues au courant de cette année 2020. 

Les élections législatives sont bel et bien dans les tuyaux. La réunion privée entre le Président de la République et les 131 membres du bureau politique du MPS (Mouvement patriotique du salut) de ce samedi 28 décembre 2019 en est, si besoin en était, la preuve.

Telle une dernière Cène, les acteurs de l’organe « législatif » du MPS ont reçu les derniers conseils et les ultimes consignes du chef. Cette probable dernière rencontre avant les échéances électorales n’était pas du tout religieuse (pas christique donc), elle était politique.

Le Président de la République tout d’abord, et le Secrétaire Général du MPS ensuite ont donné le ton pour les semaines à venir.

Le patron de la mouvance présidentielle a fixé le cap et en phase avec ses propos du 3 novembre dernier lors du 8ème congrès extraordinaire du MPS, il appelle ses troupes à resserrer les rangs et à prendre les échéances électorales à venir avec le plus grand sérieux afin de ne pas se faire surprendre.

Aujourd’hui majoritaire, le MPS doit garder à l’esprit que la victoire n’est pas acquise.

La composition de l’actuelle Assemblée nationale

Le MPS totalise 110 sièges sur 188. En plus des 6 occupés par son allié, le RDNT (Rassemblement national de démocrates tchadiens), la majorité présidentielle  pèse 61,7% des voix. La majorité des 2/3 (66%) n’est pas atteinte mais la mouvance « baministe » a toujours pu compter sur les votes des indépendants qui ont tous une forte tendance MPS.

La composition de l'actuelle Assemblée nationale avec une majorité PS

Panorama des forces en présence.

Les dangers de perdre cette confortable majorité, même s’ils existent, ne sont pas si effrayants que ça quand on regarde l’adversité qu’il y a en face.

Le principal parti d’opposition, l’UNDR (Union nationale pour la démocratie et le renouveau) de Saleh Kebzabo, ne pourra faire mieux que ses 11 sièges actuels. Tout simplement car il n’a aucune assise régionale en dehors de ses « fiefs » traditionnels. Les défaites à répétition semblent avoir essoufflées cette formation qui n’arrive pas à se renouveler, à trouver un nouveau leadership, à se trouver une nouvelle identité gagnante.

Même cas de figure pour les deux autres partis d’opposition représentés actuellement dans l’hémicycle du palais de la Démocratie de Gassi : l’URD (Union pour le renouveau et la démocratie) de Romadoumngar Félix Nialbé et le FAR (Fédération, Action pour la république) de Ngarlejy Yoroungar. Aucune représentation sur l’ensemble du territoire, ce qui au final, plombera forcément les résultats.

Des candidats indépendants attireront peut-être sur eux la lumière médiatique, mais ne pourront faire vaciller le MPS sur le terrain de la représentativité populaire. Je pense à Succès Masra, le leader de la communauté digitale Les Transformateurs, et quelques unes de ses têtes de proue. Nous pourrons également voir des accords se conclure entre ces derniers et un parti d’opposition pour intégrer quelques noms dans les listes de leurs candidats.

Si les troupes du MPS et leurs alliés sont disciplinés, sérieux dans le travail en amont des différentes campagnes et soudés, ces consultations populaires ne devraient être qu’une simple formalité. Je terminerai en reprenant cette conclusion d’Idriss Deby Itno : “soyez de bons perdants si vous perdez, de bons gagnants si vous gagnez.“.

Chérif Adoudou Artine, leader numérique autoproclamé