Au nom du père

Portraits de campagne 2/10
Ils étaient 10 sur la ligne de départ. Ils ne sont plus que 6 officiellement encore en lice pour l’élection présidentielle 2021.

Lydie Beassemda

La seule femme candidate à la présidentielle du 11 avril 2021 est une héritière politique. Elle a suivi les pas d’un père qui lui a tout appris et sur lequel elle s’est appuyée pour devenir la femme de conviction qu’elle est. Voici le portrait de campagne de Lydie Beassemda.

On ressent chez cette quadragénaire une sorte de retenue. Une discrétion due certainement à une éducation chrétienne très stricte qui guide ses faits et gestes dans la vie de tous les jours. « On nous a toujours inculqué ces valeurs chrétiennes que sont la crainte de Dieu, l’amour de notre prochain  et la dignité. » Dés les premiers échanges de cet entretien que Lydie Beassemda nous a accordé à son domicile de Gredia sans-fils, dans un quartier populaire de N’Djaména, la seule candidate à l’élection présidentielle nous a parlé de son père, Djébaret Lucien Beassemda. Plus qu’un père, il a été pour elle un guide.

Un fédéraliste

Djébaret Julien Beassemda (décédé en 2018), père de la candidate à l’election présidentielle Lydie Beassemda et fondateur du PDI (Parti pour la démocratie et l’indépendance intégrale)

« C’était un homme juste. Un homme capable d’entrer dans une colère noire quand il était confronté à l’injustice et surtout si ce sont des Tchadiens qui en sont victimes. Il a passé une grande partie de sa vie à défendre les droits des populations et à la gestion non-violente des conflits entre agriculteurs et éleveurs dans la zone soudanienne. » C’est justement cet homme qui a créé le PDI (le Parti pour la démocratie et l’indépendance intégrale) en 1999, formation politique qui se revendique du Fédéralisme, dans lequel Lydie Beassemda a bercé une bonne partie de son enfance et sous les couleurs duquel elle se présente à l’élection présidentielle du 11 avril prochain. « J’ai toujours été attirée par ce que faisait le Président fondateur (c’est ainsi qu’elle désigne son feu père), je l’assistais et étais toujours prête à lui apporter mon aide (…) c’est donc tout naturellement que j’ai accepté de prendre la tête du parti en 2019 après son décès sur venu en 2018. » Lorsqu’on lui demande de manière un peu provocatrice « Vous êtes le pendant féminin de Yorongar alors ? », Lydie Beassemda s’offusque presque en répondant de manière franche : « Notre fédéralisme n’a rien de commun avec celui de Yorongar ».

Entre Universités de N’Djamena, de Ouagadougou, de Niamey ou encore du Québec, on ne compte plus les diplômes et qualifications de Lydie Beassemda. Cette ingénieur en agro-alimentaire et planificatrice en développement compte plus de 20 ans de carrière professionnelle ponctuée d’activité dans le monde associatif. Elle est fondatrice en 2004 de la Mutuelle pour le développement économique de la femme tchadienne (Mudesoft) et de membre fondatrice de la Caisse d’appui aux initiatives de développement (Caid) en 2009. Avant de lancer pleinement dans la politique cette mère de deux enfants a fait ses armes dans ce milieu associatif tchadien si précieux car il est proche des gens et touche au concret.

Engagée dans cette course électorale, la Présidente du PDI veut faire entendre les crédos de son parti qui sont « Justice, solidarité et développement ». Dans un environnement médiatique saturé Lydie Beassemda préfère mener « une campagne de proximité auprès des gens ».

Chérif Adoudou Artine

 

 

 

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