Le pari risqué du ministre Routouang

Ce lundi 22 mars, le Tchad a été disqualifié des éliminatoires de la CAN 2021 suite au retrait des pouvoirs de la Fédération par le ministre Routouang. Ce dernier utilise la méthode forte afin de redorer le blason d’un football tchadien en perte de vitesse. Ses ambitions sont louables mais les voies choisies très risquées. Éclairages.

Routouang Mohamed Christian Ndonga, le ministre de la Jeunesse et des Sports, sera, soit celui qui sortira le football tchadien de sa torpeur, soit un parmi tant qui auront contribué à creuser sa tombe, si ce n’est à l’enterrer.

La CAF (Confédération africaine de football – qui s’est choisie un nouveau président en la personne de l’Africain du sud Patrice Motsepe suite à l’AG élective du 12 mars dernier à Rabat (Maroc) et durant laquelle le Tchad a été interdit de vote) a disqualifié notre équipe nationale des éliminatoires pour la CAN 2021 qui se déroulera au Cameroun. Même si nos Saos étaient déjà sportivement éliminés de la course à la qualification dans le groupe A, nous perdons gros avec cette nouvelle mise au ban.

Le 10 mars dernier, le ministère tchadien de la Jeunesse et des Sports avait retiré définitivement la délégation de pouvoirs à la FTFA (Fédération tchadienne de football association). Et on sait que la FIFA et ses associations continentales ont horreur des immixtions politiques dans les affaires du foot. Mais passons sur les faits, que nous connaissons tous, pour nous attarder sur le fond de cette stratégie de la terre brulée et de ses conséquences – bonnes ou mauvaises, seul le temps nous le dira.

Routouang Mohamed Christian Ndonga, ministre de la Jeunesse et des Sport du Tchad depuis le 14 juillet 2020. / Crédit : tchadinfos.com

 

 

 

 

Repartir sur de bonnes bases

Le pari du ministre de la Jeunesse et des Sports est risqué tant les enjeux sont énormes. Ne pas jouer de compétitions internationales pour des équipes fanions (comme pour celles des catégories d’âge d’ailleurs) est synonyme de déficit foncier, comprenez par-là que seule la compétition permet à un sportif de s’améliorer de manière tangible. Déjà suspendues entre 2017 et 2019 nos différentes équipes de foot n’ont jamais retrouvé un niveau qui semblait s’améliorer après la victoire des Saos lors de la coupe de la CEMAC 2014.

Routouang Mohamed Christian Ndonga explique que cette disqualification des éliminatoires de la CAN 2021 (certainement suivie d’une suspension plus large), consécutive à son action coercitive du début du mois est une bonne occasion de faire le ménage et de repartir de sur de bonnes bases. Dans l’idée, cette approche tient la route. Mais voilà, est-ce le rôle d’un ministre de jouer au curateur… surtout que la Fédé de foot n’est pas une entreprise ? Si tant est que la réponse à ma naïve question soit oui, était-ce la bonne manière de procéder ?

Comme diraient les avocats : «Il y a la loi et l’esprit de la loi » (Montesquieu ???). Même si ses prérogatives lui permettent d’agir comme il l’a fait en début de mois, l’approche n’est pas la plus appropriée. Des voies juridiques existent pour démanteler « une mafia », mais ces voies nécessitent beaucoup de temps et une ténacité de tous les instants. Étant donné que le ministre avait face à lui (selon ses propres termes) des mafieux, il aurait dû calquer sa stratégie sur celle d’Eliot Ness, ce célèbre inspecteur du Trésor de l’Etat de l’Illinois qui a fait tomber le parrain Al Capone (non pas pour un trafic quelconque, mais…) pour fraude fiscale, comme si c’était un citoyen ordinaire. Le ministre aurait dû, à l’instar d’Eliot Ness, s’entourer d’un groupe de juristes de confiance spécialisés dans le droit du sport et rester à l’affut de la faute des « mafieux ». Il aurait gagné sa confrontation sans faire de chambardement et sans prendre le risque de faire dépérir le football tchadien.

Pourquoi ne pas avoir réagit tout de suite en faisant des propositions à la CAF?

Surtout que nous avons dans notre manche l’atout Japhet N’Doram dans ce nouveau Comité national provisoire de gestion du football. Avec cette figure reconnue nous avions de quoi négocier une sorte de moratoire. Sa personnalité et ce qu’il représente pour le foot tchadien auraient fait sens auprès de la CAF… qui nous aurait certainement accordé un sursis, voire même accompagné dans cette démarche de reconstruction.

Routouang savait très bien que le retrait de la délégation de pouvoirs à l FTFA se terminerait ainsi…c’est donc à dessein qu’il l’a fait. Mais mesure-t-il les risques de voir mourir le « sport national » ?

La GFA, fédération de foot de la Ghana (une grosse fédération en Afrique avec des structures solides, des joueurs portes-fleurons, des techniciens cotés et un palmarès étoffé) par exemple, s’est démenée (de recours en recours durant des mois) pour éviter une suspension de deux ans qui lui pendait au nez en 2015 suite à une fraude sur l’âge de 10 joueurs alignés lors d’un match éliminatoire pour la CAN U17 contre le Cameroun.

Que serait-il advenu si les Ghanéens n’avaient pas fait appel aux meilleurs juristes pour défendre leur cas face aux instances du foot ? Pendant deux ans c’était tout une génération qui aurait stagné, des stars dont la valeur marchande aurait baissé… diminuant de la sorte l’intérêt des équipementiers, des sponsors et forcément des budgets. L’équipe nationale, les Black Stars, aurait quasi disparu des radars médiatiques et les clubs ghanéens auraient sombré dans l’anonymat car plus invités dans les compétitions continentales. Voilà ce qu’il serait advenu du football au pays d’Abédi Pelé, Anthony Yeboah (quelle frappe il avait) ou encore plus récemment Michael Essien et Assamoah Gyan, d’un pays quadruple champion d’Afrique, d’un pays quart de finaliste d’une coupe du monde en 2010 et surtout d’un pays dont les clubs (à l’image de l’Ashanti Kotoko de Kumassi) ont écrit les plus belles lignes des compétitions africaines.

Si ce grand pays de football a eu peur de tomber dans les abimes de l’oubli d’une suspension avec la crainte de ne jamais retrouver son niveau d’avant suspension, pourquoi le Tchad prend-t-il ce risque ?

Chérif Adoudou Artine

La condition physique d’IDI

Massenya, Massakory, Mao. Le marathon électoral continue pour Idriss Déby Itno. Le candidat de consensus tient une santé au point qui lui permet d’enchainer les podiums. Le journal de campagne du 25 mars se penche sur la condition physique d’IDI.

Trois villes en deux jours (Massenya, Massakory et Mao mercredi et jeudi) et toujours ce même message de rassemblement, cette même bonhommie vis-à-vis de celles et ceux qui font le déplacement pour l’écouter.

En Arabe local, comme il en a pris l’habitude depuis le 13 mars, Idriss Déby Itno a rappelé à Massakory jeudi matin (le 25 mars) : « Je sais que le 11 avril prochain, femmes et hommes, vous irez voter pour votre unique candidat (…) et comme le Directeur national de campagne l’a précisé, sur le papier ou il y a les dix photos il n’y a qu’une personne qui porte un chapeau – Nadim waït bass inda taguiyé – (c’est à dire lui) ». Et de poursuivre : « Allez de maison en maison, de ferick en ferick, de village en village… Allez montrer à toute la population comment est-ce que l’on doit voter ».

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Quelle est sa routine fitness ?

Il y a un détail (d’importance néanmoins) sur lequel je souhaite m’attarder. Le candidat de l’Alliance du consensus a une santé de fer. Car pour tenir la cadence de cet enchainement de déplacements en province (même s’il voyage en avion et dans des conditions relativement confortables) il faut une condition physique, à défaut d’être olympique, au beau fixe. Et pour un homme qui approche les soixante-dix ans, il est très alerte. Loin des rumeurs qui le disent malade, fatiguée, j’ai même lu boursouflé, Idriss Déby Itno a tout d’un homme en bonne santé.

Je suis bien curieux de connaître sa routine fitness. En tant que militaire de carrière, l’exercice physique devait être une habitude pour lui. Mais depuis ses pénates présidentielles, Idriss Déby Itno prend-t-il encore le temps de faire quelques tractions, quelques pompes, des exercices de gainage et surtout du cardio-training ? Au vu de son aisance sur scène sous des températures dépassant souvent les quarante degrés de moyenne, il n’est pas insensé de penser que notre président pratique une activité physique régulière. D’ailleurs si j’étais en charge de la communication de ce dernier je composerais une des couches de l’image présidentielle sur cette bonne santé. Pour les esprits formatés à une certaine idée de l’hygiène de vie (les esprits des utilisateurs des réseaux sociaux), pour cette tendance #Woke, c’est une image qui ferait parler…en bien. Loin des pitreries gymniques balancer sur les comptes d’un Yoweri Musévéni. Ne pas en faire trop non plus afin de ne pas devenir virale comme l’est actuellement Jo Biden après sa triple chute sur l’escalier d’embarquement d’Air force One il y a quelques jours. Car à force de trop vouloir jouer le jeunisme, à tomber dans la caricature de l’homme à la santé de fer et à tirer sur la corde d’un corps rompu à la vie dure des casernes militaires et des champs de combat on risque la faute d’image. Au sujet du Président américain et de la faute d’image justement, la consultante en marketing Paola Audrey s’est écriée « Mais pourquoi ses communicants le font tout le temps courir ? On sait qu’il a plus de 80 ans et ça ne sert à rien de vouloir vendre une autre image. Les chutes devant Air Force One, c’est totalement de leur faute. »

Non, pour élargir le champ de l’image de notre président je vois autre chose. Autre chose de mieux. Une production calibrée, qui resterait dans le champs de la réalité d’un quasi septuagénaire.

Mais au-delà des #Woke, il y a aussi l’image renvoyée à ses populations, souvent rurales, que rencontre le candidat (comme mercredi à Massenya et jeudi à Massakory et Mao). Ces femmes et ses hommes du Tchad profond doivent aussi certainement être impressionnés par la bonne tenue générale et l’énergie déployée par celui qui souhaite les convaincre de cocher sous sa photo le 11 avril, cette seule photo sur laquelle figure une personne avec un chapeau.

Chérif Adoudou Artine

Au nom du père

Portraits de campagne 2/10
Ils étaient 10 sur la ligne de départ. Ils ne sont plus que 6 officiellement encore en lice pour l’élection présidentielle 2021.

Lydie Beassemda

La seule femme candidate à la présidentielle du 11 avril 2021 est une héritière politique. Elle a suivi les pas d’un père qui lui a tout appris et sur lequel elle s’est appuyée pour devenir la femme de conviction qu’elle est. Voici le portrait de campagne de Lydie Beassemda.

On ressent chez cette quadragénaire une sorte de retenue. Une discrétion due certainement à une éducation chrétienne très stricte qui guide ses faits et gestes dans la vie de tous les jours. « On nous a toujours inculqué ces valeurs chrétiennes que sont la crainte de Dieu, l’amour de notre prochain  et la dignité. » Dés les premiers échanges de cet entretien que Lydie Beassemda nous a accordé à son domicile de Gredia sans-fils, dans un quartier populaire de N’Djaména, la seule candidate à l’élection présidentielle nous a parlé de son père, Djébaret Lucien Beassemda. Plus qu’un père, il a été pour elle un guide.

Un fédéraliste

Djébaret Julien Beassemda (décédé en 2018), père de la candidate à l’election présidentielle Lydie Beassemda et fondateur du PDI (Parti pour la démocratie et l’indépendance intégrale)

« C’était un homme juste. Un homme capable d’entrer dans une colère noire quand il était confronté à l’injustice et surtout si ce sont des Tchadiens qui en sont victimes. Il a passé une grande partie de sa vie à défendre les droits des populations et à la gestion non-violente des conflits entre agriculteurs et éleveurs dans la zone soudanienne. » C’est justement cet homme qui a créé le PDI (le Parti pour la démocratie et l’indépendance intégrale) en 1999, formation politique qui se revendique du Fédéralisme, dans lequel Lydie Beassemda a bercé une bonne partie de son enfance et sous les couleurs duquel elle se présente à l’élection présidentielle du 11 avril prochain. « J’ai toujours été attirée par ce que faisait le Président fondateur (c’est ainsi qu’elle désigne son feu père), je l’assistais et étais toujours prête à lui apporter mon aide (…) c’est donc tout naturellement que j’ai accepté de prendre la tête du parti en 2019 après son décès sur venu en 2018. » Lorsqu’on lui demande de manière un peu provocatrice « Vous êtes le pendant féminin de Yorongar alors ? », Lydie Beassemda s’offusque presque en répondant de manière franche : « Notre fédéralisme n’a rien de commun avec celui de Yorongar ».

Entre Universités de N’Djamena, de Ouagadougou, de Niamey ou encore du Québec, on ne compte plus les diplômes et qualifications de Lydie Beassemda. Cette ingénieur en agro-alimentaire et planificatrice en développement compte plus de 20 ans de carrière professionnelle ponctuée d’activité dans le monde associatif. Elle est fondatrice en 2004 de la Mutuelle pour le développement économique de la femme tchadienne (Mudesoft) et de membre fondatrice de la Caisse d’appui aux initiatives de développement (Caid) en 2009. Avant de lancer pleinement dans la politique cette mère de deux enfants a fait ses armes dans ce milieu associatif tchadien si précieux car il est proche des gens et touche au concret.

Engagée dans cette course électorale, la Présidente du PDI veut faire entendre les crédos de son parti qui sont « Justice, solidarité et développement ». Dans un environnement médiatique saturé Lydie Beassemda préfère mener « une campagne de proximité auprès des gens ».

Chérif Adoudou Artine

 

 

 

« Ana ma indi adou fi Guera »

Main tendue aux Tchadiens de l’étranger, réconciliation avec un ex compagnon d’arme et large mobilisation sont les trois points à retenir après le meeting tenu par Idriss Déby Itno à Mongo. Voici le journal de campagne du 22 mars…

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La journée de lundi a été marqué par une scène de pardon. Le canidat Idriss Déby Itno, lors de son meeting électoral à Mongo, a fait preuve de grandeur en accordant son pardon à Ahmat Koussou, qui en juin dernier dans une lettre ouverte se plaignait. L’ancien compagnon d’arme d’Idriss Déby lors de ses années baministes avait fustigé le manque de considération dont sa région (le Guera) et ses ressortissants faisaient preuve.

Faisant feu de tout bois, Idriss Déby Itno a assuré ne plus tenir rigueur à cet ex-générale (ou général comme lui-même l’a désigné ?) : «Il s’appelle Ahmat Koussou, c’est un général qui a travaillé avec moi. On m’a demandé de lui pardonner. Ana saméta lilay wo rassoul lilay. Je n’ai aucun ennemi dans la Guera (Ana ma indi adou fi Guera)». La réconciliation entre les deux hommes s’est conclue par des accolades chaleureuses sous la grande tente qui accueillait une partie des officiels venus assister à cette rencontre.

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La main tendue d’Idriss Déby Itno aux Tchadiens vivant à l’étranger a été le second grand moment de cette étape dans le Guera. Le candidat du consensus a demandé à ses compatriotes de l’étranger de rentrer au Tchad et d’oeuvrer à la construction de la société tchadienne. « J’invite tous nos compatriotes de Libye, du Soudan, des États-Unis…  de partout ailleurs à venir pour nous aider à construire ce pays. Que faites-vous là-bas alors que votre pays a besoin de vous ? » a-t-il scandé.

Pour les reste…

Brice Guedmbaye Baïmon est de retour dans la campagne. Dix jours après avoir suspendu son action dans le cadre de la campagne (pour des raisons de non respect d’équité entre les candidats au sujet de la présence médiatique).

Pahimi Padacké Albert est le seul candidat, avec celui de l’Alliance du consensus, qui semble battre campagne (à N’Djaména du moins) pour le moment. On voit ça et là le long des grandes artères du sud de la ville de N’Djaména ses grandes affiches électorales.

Lydie Beassemda, la seule candidate à l’élection présidentielle, sera l’invitée du Talk-Débat sur tchadinfos.

Chérif Adoudou Artine

D’Am Timan à Mongo, un week-end mené tambour battant

La première étape de la tournée en région du candidat Idriss Déby Itno a été Am Timan. Le lendemain, dimanche, Goz-Beïda a accueilli le grand barnum présidentiel… avant Mongo ce lundi. Voici le journal de campagne des 20 et 21 mars 2021.

A Am Timan, Idriss Déby Itno, la candidat du Consensus à l’élection présidentielle du 11 avril prochain, et son épouse Hinda Déby Itno ont profité du traditionnel bain de foule que leur accordent les populations.

D’Aboudeïa, d’Abgué, d’Am Habilé, de Djouna, de Mouraye, de Haraze, de Mangueigne, de Daba et bien sûr d’Am Timan, ils étaient plus de quatre mille à accueillir le Président de la République.

Sur la place de l’Indépendance d’Am Timan, Idriss Déby Itno a pris le temps d’expliquer à son auditoire du jour les 16 points de son projet de société pour le Tchad. Mais aussi assurer les habitants du Salamat que leur région ne sera pas en reste dans le développement économique du pays.

« La route Am Timan – Mongo sera achevée quelle que soit la situation (…) la construction de la route Signako – Am timan a déjà démarré et un pont sera construit sur le Bahr Azoum pour accéder aux localités les plus isolées » a-t-il assuré. Et de poursuivre : « Le désenclavement du Salamat, le grenier du Tchad, permettra d’écouler les produits agricoles de la région, de créer de la richesse et sera bénéfique pour tout le pays ».

A partir de là, l’essentiel était dit. Le candidat du consensus a poursuivi son périple électoral, toujours dans la province du Salamat, à Goz Beïda dimanche.

Ce lundi à Mongo, il continuera à battre campagne sur les thèmes qui lui sont chères : paix et sécurité, renforcement de la démocratie et développement.

Le reste des troupes MPS et partis alliés n’étaient pas en reste.

Amina Priscille Longoh. La ministre de la Femme et de la Protection de la petite enfance à Koumra (province du Mandoul) le samedi 20 mars 2021 lors du lancement de la campagne électorale dans la région.

Adoum Fortey et Amina Priscille Longoh ont lancé ce samedi  20 mars la campagne électorale de l’Alliance du Consensus dans leurs provinces respectives : Le Lac et le Mandoul.

Pour sa part part Ali Haroun, chef de mission provinciale pour la ville de N’Djaména a tenu un grand meeting à la place de la Nation à N’Djaména.

Chérif Adoudou Artine

Padacké fait un flop

Padacké au IMO, Kebzabo souhaite le retrait des candidats, des Transformateurs rejoignent le MPS et un reporter qui n’a pas bu que de la citronnelle. Voici, le journal de campagne du 19 mars en brèves.

Le grand meeting n’a pas eu lieu

Une grande rencontre politique se préparait ce vendredi 19 mars au stade Idriss Mahamat Ouya de N’Djaména. C’était celui du candidat à l’élection présidentielle Pahimi Padacké Albert du RNDT – Le Réveil.

 

 

 

 

 

 

De grand meeting, nous sommes passé à simple meeting, car les électeurs (et même les chalands occasionnels) n’ont pas répondu à l’appel du début de campagne électorale de l’ancien Premier ministre (de février 2016 à mai 2018). L’enceinte sportive censée faire le plein était quasiment vide et sonnait creux.

L’ancien député a vu trop grand, grand comme ses ambitions de victoire dans l’élection du 11 avril prochain.

Dans son allocution aux rares sympathisants venus l’écouter, PPA, l’homme de la situation (comme le désignent certaines de ses affiches), a fustigé le manque d’équilibre dans cette période pré-électorale « car un seul parti, le MPS, monopolise cette campagne. »

En outre, Tchadinfos.com rapporte que « Pahimi Padacké Albert a promis à l’endroit de la jeunesse tchadienne, une troisième langue aux côtés du Français et l’Arabe. Pour lui, la jeunesse a besoin de l’anglais pour pouvoir saisir d’autres opportunités de travail afin de réduire le chômage. Il promet d’introduire l’anglais dès l’année prochaine s’il est élu Président de la République du Tchad. »

…et de manière brève :
Saleh Kebzabo s’adresse aux candidats à la présidentielle

Après avoir appelé à une marche ce samedi 20 mars dans les rues de N’Djaména, Saleh Kebzabo, le leader de l’UNDR qui s’est retiré de la cours à l’élection, demande aux autres candidats d’en faire de même.

Des Transformateurs rejoignent les rangs du MPS

Une centaine de membres des Transformateurs a rejoint officiellement les rangs du MPS (Mouvement Patriotique du Salut) ce vendredi dans l’après-midi. Sous appellation générique « Jeunes indignés du mouvement des Transformateurs », ces transfuges expliquent, par la voix de leur porte-parole, Yaya Barkaï, ce qui a motivé leur choix de quitter Les Transformateurs : « Par ignorance, nous avons cédé à l’instrumentalisation de Masra Succès. Mais aujourd’hui nous avons compris que ce dernier n’a que pour seule mission de remettre en cause la paix et la stabilité acquise. »

Pour sourire

Ce journaliste couvrant l’arrivée de Hinda Déby Itno à Abéché (ou Amdjarass, on ne sait plus) dans la province du Ouaddaï (en est-il sûr ?) était très motivé dans son face caméra. Épique !

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Une implication plus forte dans la campagne pour HIDI

Hinda Déby Itno était sur les routes de province : mardi à Moussoro, mercredi à Ati et jeudi à Abéché pour une campagne électorale de terrain au profit de son époux, le candidat du consensus à la présidentielle du 11 avril prochain, Idriss Déby Itno. Une implication toute nouvelle qui mérite que l’on s’y attarde.

Certes, Hinda Déby Itno a toujours fait campagne pour IDI, à ses côtés. On se souvient tous des images de 2016, campée aux côtés du candidat, ne prenant quasi jamais la parole, applaudissant quand il le fallait… en épouse loyale à son mari.

Nouvelle configuration en cette année 2021. Elle est plus investie, avec une implication de tous les instants et s’apprête, après un triptyque Bahr el-Ghazal, Batha et Ouddaï, à sillonner le sud du Tchad la semaine prochaine.

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Pourquoi Hinda Déby a pris plus de place, plus de responsabilités dans cette campagne électorale que dans la précédente ?

Il y a au moins trois raisons à cela.

1) La confiance de son époux

Une épouse de président qui pratique le terrain à l’intérieur du pays avec ses propres collaborateurs lors de la période sensibilisation qui précède un vote, en féru de politique internationale que je suis, je n’ai pas souvenir d’une telle configuration sur les 20 dernières années.

La personnalité politique à laquelle j’ai pensé immédiatement lorsque j’ai su que la Première dame irait en campagne en solo est Eva Peron, la femme du Président argentin Juan Domingo Peron (à la tête de son pays de 1946 à 1955). Mais on parlera d’Evita un peu plus loin et pour une autre raison.

Graça Machel, la veuve de l’ancien président du Mozambique Samora Machel, est aussi un exemple d’épouse de président ayant eu un rôle politique primordial dans la carrière de son conjoint président. Mais la situation de cette dernière est différente. Celle qui a même occupé un strapontin ministériel (Éducation et Culture) dans un des gouvernements de son mari, l’a soutenu bien avant qu’il ne devienne président. Elle s’était engagée en 1972 dans le maquis du FRELIMO qui luttait pour l’indépendance du pays. C’est là qu’elle a fait la rencontre du leader du mouvement indépendantiste avec lequel elle a convolé en juste noce en 1976.

Les épouses de Président ont toujours tenu des rôles spécifiques, souvent de second plan, même si médiatisés, mais rarement (ou si peu de fois) dans l’arène politique. Même la très charismatique Hillary Rodham-Clinton (ayant pourtant de réelles ambitions politiques) n’a pas été plus qu’une ‘’Firs Lady’’ de représentation durant les huit années de présidence de Bill Clinton entre 1992 et 2000. Hinda Déby Itno tient aujourd’hui un rôle éminemment politique. Elle était, devant les populations du Bahr el-Gazhal, du Batha et du Ouddaï, l’alter égo militant d’un Mahamat-Zene Bada ou d’un Jean-Bernard Padaré défendant le bilan de son candidat et appelant les électeurs à lui accorder leur voix. Sans une confiance profonde dans le couple présidentiel, ce cas de figure n’aurait jamais été possible.

2) Le miroir de la femme dans la société tchadienne

Le président sortant a, à mainte fois, rappelé sa volonté de renforcer sa politique du genre afin de rendre tangible à terme ce fameux quota de 30% de présence féminine dans l’administration publique et les nominations politiques. Même si cette volonté est forte, les effectifs ne suivent pas toujours afin d’atteindre ce tiers de représentativité. L’implication toute nouvelle de Hinda Déby Itno dans la sphère politique/militante est un signal fort lancé à l’attention des femmes. HIDI doit jouer sa partition de Role-Model pour que les filles et les jeunes femmes tchadiennes voient en elle une personne à laquelle elles peuvent s’identifier, loin de l’image de la femme reléguée à un rôle de ménagère ou de représentation, voire même d’un statut de femme trophée. La Première dame assume le costume de VRP de luxe dans la volonté présidentielle d’émancipation des femmes. Simone de Beauvoir, féministe de la première heure, disait « On ne naît pas femme, on le devient » du fait de la société. Hinda Déby Itno, dans sa toute nouvelle posture de femme de front, pourrait paraphraser la philosophe française en disant « On ne nait pas émancipée, on le devient ».

3) Ses réseaux associatifs et caritatifs sont utiles

La comparaison entre Eva Peron et Hinda Déby Itno tient tout son sens lorsqu’on parle de la Fondation Grand Cœur.

 

 

Février 1946, le colonel Juan Domingo Peron, alors vice-président, bat campagne pour accéder à la Présidence de la République argentine. Il était accompagné dans ses déplacements par son épouse, Maria Eva Duarté Peron, comédienne de son état, mais surtout femme de conviction. Ces voyages électoraux en couple étaient à l’époque un fait inédit dans un pays où les femmes n’avaient pas encore le droit de vote.

Bernard Meyer-Stabley, qui a rédigé en 2017 une biographie sur Eva Peron, L’Argentine adulée et décriée, aux éditions de La Boîte A Pandore, décrivait en trois points les caractéristiques de cette femme qui, pour son époque, détonnait. Trois points qui ont servi à l’élection de son mari et ensuite à la gestion du pouvoir.

  1. Ses réseaux féminins

Eva Peron a mobilisé un grand nombre de femmes autour de l’idéologie péroniste… Le Président élu leur a octroyé quelques années plus tard le droit de vote.

  1. Sa fondation caritative

« Elle avait mis en place (à travers la Fondation Eva Peron), entre Peron et le peuple, un système propre à donner au péronisme un visage généreux et humain, ce dont une bureaucratie impersonnelle aurait été incapable. »

  1. Ses relations avec les milieux syndicaux ont permis d’instaurer une sorte de paix sociale avec le monde ouvrier, qui était pourtant opposé à Juan Peron, issu de l’armée.

A la lecture de ces trois caractéristiques, le rapprochement avec Hinda Déby Itno sonne comme une évidence. A l’exception des réseaux syndicaux, l’épouse du Président Idriss Déby Itno jouit d’une certaine stature au sein de l’intelligentsia féminine tchadienne et vient en aide aux couches  les plus défavorisées de la société à travers la Fondation Grand Cœur. A cela, conjuguons cette nouvelle implication politique.

Hinda Déby Itno n’a pas encore atteint cette relation quasi fusionnelle qu’avait Eva Peron avec son peuple (qui l’a désignée de manière officieuse  »chef spirituel de la nation argentine »), mais au vu de ces actions humanitaires et de celles menées dans le cadre de la promotion des femmes, elle est un acteur incontournable sur l’échiquier du pouvoir. Et depuis le début de cette campagne électorale, elle est en plus devenue une personnalité politique de premier rang.

Chérif Adoudou Artine

Hinda Déby Itno : « Cochez sous la photo et non sur la photo »

A Moussouro, Ati et Abéché (ce jeudi 18 mars), Mme Hinda Déby Itno était sur les routes pour la campagne électorale de son époux-candidat. « Il m’a demandé d’aller le représenter » dit-elle… Ce à quoi elle a répondu favorablement, avec entrain et didactisme. Voici le journal de campagne du 17 mars…

Moussoro mardi, Ati mercredi et Abéché ce jeudi. Le périple en trois étapes de Mme Hinda Déby Itno, Première dame de la République du Tchad, a soulevé la ferveur populaire et procuré de belles images de fête pour alimenter les albums de cette campagne qui en est à son septième jour.

Hinda Déby Itno, Première Dame de la république du Tchad. A son arrivée à Ati (province du Batha) ce mercredi 17 mars 2021 dans le cadre de la campagne électorale du candidat Idriss Déby Itno. (Crédit photo : DNC)

 

 

 

 

En déplacement électoral pour son époux-candidat, Idriss Déby Itno, la Première dame a plus que joué son rôle en tenant un discours précis aux personnes qui sont venus l’écouter. Elle leur a rappelé quelques enjeux fondamentaux du scrutin du 11 avril prochain.

Dans un Arabe local à la portée de tous, notre ‘’First Lady’’ a expliqué pourquoi voter pour la réélection du Candidat de l’Alliance du Consensus : « Idriss Déby est une personne qui a l’amour de sa patrie. (…) Nous voulons tous que la paix perdure au Tchad. Si nous regardons aujourd’hui autour de nous, nous constatons que tous nos voisins sont dans des conflits. En Libye, au Soudan, en RCA… même le lac Tchad n’est pas épargné avec les problèmes liés à Boko Haram. Le Tchad est comme un enclos de paix entouré de flammes. Idriss Déby souhaite vraiment préserver cette paix.’’

Dans la continuité de cette prise de parole face à la population du Barh el-Ghazal, Mme Hinda Déby Itno n’a pas manqué de rappeler les engagements pris par le Candidat IDI : « Il a des projets pour les femmes, des projets pour les jeunes, des projets pour les étudiants. »

Un discours didactique

La visiteuse du jour s’est aussi voulue didactique en expliquant les modalités du vote aux femmes et aux hommes venus l’écouter. Se servant d’un spécimen du bulletin de vote qui reprend les photos des dix candidats initialement retenus par la Cours suprême, elle demande à tous, et particulièrement aux éleveurs, de cocher sous la photo d’Idriss Déby Itno. « Ne cochez pas sur la photo, mais plutôt sous la photo. Si vous coché sur la photo c’est comme si vous n’aviez pas voté. Je vous demande mes sœurs et frères d’aller expliquer cela autour de vous. Aux 181 536 électeurs du Bhar el-Ghazal».

« Nous sommes venus solliciter vos votes pour le candidat du Consensus. C’est à dire le candidat du MPS, mais aussi celui de plus de 100 autres partis politiques (…) Nous sommes venus solliciter vos voix pour l’homme qu’il faut pour ce pays. »

La tournée électorale fera une halte ce jeudi à Abéché.

Chérif Adoudou Artine

IDI calme le jeu

La nouvelle a eu certainement l’effet escompté. Celui de la surprise. Le Président de la République a reçu ce mardi 16 mars un des opposants les plus actifs de la scène politico-associative tchadienne, Succès Masra. Que peut-on tirer comme leçons de cette rencontre ? Voici le journal de campagne du 16 mars 2021.

Aussi surprenante soit-elle, la rencontre de ce mardi 16 mars dans l’après-midi entre le Président de la République, Idriss Déby Itno et Succès Masra est un signal positif pour la vie politique tchadienne et un pas de plus vers la normalisation des relations entre les différents acteurs politiques tchadiens.

Oui surprenante ! Il y a juste 15 jours, Succès Masra demandait à corps et à cris «la démission » d’un Président « devenu comme fou ». Et ce même Président n’accordait (selon les dires) aucun crédit ni estime au mouvement des Transformateurs.

Mais la tectonique politique étant ce qu’elle est, les lignes ont vite bougé.

Le maître du temps

Sans rentrer dans cette rhétorique politicarde qui pose la question de savoir à qui profite la rencontre, je retiens qu’Idriss Déby Itno est le maître des horloges. Il dicte son timing…et par la même occasion le rythme auquel les choses évolueront (ou non). C’est en mars 2021, en plein campagne électorale, alors que la Cours suprême a mis hors-jeu Succès Masra et les Transformateurs et qu’il s’apprête à enquiller un sixième plébiscite à l’élection présidentielle qu’Idriss Déby Itno daigne répondre favorablement à une demande d’audience formulée depuis 2019.

Le candidat de l’Alliance du consensus est conscient que le temps est précieux en cette année électorale. Il a donc logiquement proposé à ces invités de lui soumettre par écrit leur exigences quant au dialogue inclusif qu’ils souhaitent. Les propositions viendront très vite… Idriss Déby les traitera à son rythme. De la sorte il pacifie la rue et les réseaux sociaux tchadiens. Il calme le jeu et s’assure presque une campagne électorale apaisée.

Haro sur la vielle opposition

Le duo formé par  Slibad (le vieux sage rusé) et Piel (le jeune perdu dans une planète lointaine) dans l’œuvre animée de René Lalou, Les Maîtres du temps, est à mes yeux la parfaite illustration de cet attelage qui, si Déby le souhaite, sera celui qui animera la vie politique tchadienne des prochaines années. Car à l’instar de mon Amine Idriss, je pense qu’en accordant cet entretien aux trois représentants des Transformateurs ce mardi, Idriss Déby Itno a tiré un trait sur la vielle opposition (Kebzabo, Yorongar, Laoukein, etc.). En ayant cet acte magnanime, il joue son rôle, celui qui prépare l’avenir de son propre camp. Non pas que Succès Masra soit son successeur, mais par cette entreprise politique savamment menée, il alerte ses troupes sur l’impérieuse nécessité de s’organiser, de faire ressortir certaines (nouvelles) individualités afin d’endiguer toutes velléités d’oppositions sérieuses.

Loin de la rhétorique politicarde (restons constants dans notre analyse), Succès Masra peut être satisfait d’une certaine manière au sortir de cet entretien. Il gagne enfin cette respectabilité, cette reconnaissance qu’il recherchait depuis son entrée sur la scène politico-associative tchadienne en 2018. Grace à ce « seing » présidentiel, il peut se targuer aujourd’hui de représenter cette nouvelle génération de Tchadiens en politique. Mais le « Tea Time Break » de ce mardi peut également coûter cher à Succès Masra dans son propre camp. Au sein d’une grande partie de cette équipe hétéroclite « gagnée ces derniers temps par la lassitude », cette visite passe très mal et n’est pas appréciée par tous… elle serait même perçue comme une sorte de trahison vis-à-vis des engagements et du sacrifice de beaucoup de sympathisants.

Chérif Adoudou Artine

Brice Mbaïmon : de l’enseignement à la politique, il n’y a qu’un pas

Portrait de campagne 1/10
Ils étaient 10 sur la ligne de départ. Ils ne sont plus que 6 officiellement encore en lice pour l’élection présidentielle 2021.
cherifadoudou.com vous les présente...

Brice Mbaïmon Guedmbaye, de l’enseignement à la politique, il n’y a qu’un pas.

Le candidat du MPTR (Mouvement des patriotes tchadiens pour la République) s’est construit une certaine notoriété dans landernau politique tchadien. Brice Mbaïmon Guedmbaye était déjà candidat à une élection présidentielle il y a 5 ans. Il avait défrayé la chronique en claquant la porte du FONAC (le Front de l’opposition nouvelle pour l’alternance et le changement), le 03 août 2016 précisément, à quelques jours de l’investiture d’Idriss Déby Itno. Si certains l’ont accusé de s’adonner à des calculs politiques pour avoir les faveurs d’IDI, Brice Mbaïmon Guedmbaye s’est toujours défendu de cela : « Vous savez, nous avons accepté de siéger au FONAC pour des raisons de lutte commune. Mais, subitement, le premier coup de massue  que nous avons reçu, c’est de la CPDC, dont le porte-parole a changé le sens d’idées pour s’attaquer à ma personne. (…) Comme nous ne remarquons rien comme réaction des membres de la CPDC, qui sont aussi du FONAC, le MPTR et moi- même décidons à partir de ce jour de mettre momentanément en veilleuse  notre participation à ce regroupement » expliquait-il à l’époque, faisant montre de son tempérament et de son esprit d’indépendance lors de cet épisode.

Pour rappel le FONAC était une coalition de partis politiques qui s’opposait à la réélection d’Idriss Déby Itno en 2016…jusqu’à menacer de composer son propre gouvernement.

« L’espace médiatique pris d’assaut »

Le temps a passé, mais ce natif de Moundou semble toujours avoir autant de tempérament. Après juste 48 heures de campagne électorale, cet enseignant de carrière a suspendu la sienne (de campagne électorale) car il estime que la CENI (Commission électorale nationale indépendante) est laxiste en ce qui concerne les règles sur la présence médiatique des différents candidats. Il se plaint de  ‘’la prise d’assaut par le parti au pouvoir et ses alliés’’ des espaces d’affichage et exige en sus que ‘’tous les candidats (ndlr : bénéficient) d’une couverture sécuritaire, au même titre que le candidat Idriss Déby Itno (…) et que la CENI rétablisse l’équilibre de la parité majorité-opposition actuellement dominée par les membres du MPS et ses alliés.’’ Il est toujours dans l’attente d’une réponse à ses exigences.

Enseignant chevronné et politicien de conviction

Brice Mbaïmon Guedmbaye,  né le 13 novembre 1976, est professeur de Français, titulaire d’une Maîtrise en Lettres comparées de l’Université Léopold Sedar Senghor d’Alexandrie en Égypte. C’est dans cette même université de la deuxième ville d’Égypte que Brice Mbaïmon a obtenu un Master en Gestion du système éducatif (2017).

Actuellement Chef de Division des évaluations et de l’orientation scolaire à la Délégation régionale de l’éducation nationale pour la commune de N’Djamena, le candidat du MPTR peut se targuer d’une belle expérience du système éducatif tchadien : Professeur suppléant chargé de cours au Collège Notre Dame de Moundou, Professeur de français aux collèges Mixte Solidarité de Diguel Est, etc. L’homme bénéficie selon certains d’une bonne cote de popularité auprès des jeunes. Un atout politique indéniable dans un pays dominé démographiquement par les générations Y et Z.

Sur sa place en politique, un journal tchadien le décrit comme un homme de conviction : « L’engagement politique du président fondateur du MPTR ne date pas d’aujourd’hui. Considéré comme faisant partie de la « vraie opposition », Brice Mbaïmon Guedmbaye était d’abord Secrétaire général du Parti Social-Démocrate Tchadien (PSDT) avant de créer son propre parti, le MPTR. Aussi, en matière de leadership, Brice Mbaïmon Guedmbaye s’est distingué depuis sa jeunesse où il a dirigé plusieurs associations. Il a été notamment président de la Chambre des délégués des étudiants tchadiens au sein de l’Union nationale des étudiants tchadiens (UNET), Coordonnateur de la Jeunesse étudiante chrétienne (JEC) et  président de l’Amical des élèves et étudiants du Logone occidental (AEELOG). »

Alors que les choses sérieuses ne font que commencer dans cette joute électorale présidentielle, ce mari et père de six enfants, s’est déclassé lui-même en suspendant sa campagne. Une manière détournée pour faire entendre sa voix et faire parler de lui ?

Chérif Adoudou Artine