Brice Mbaïmon : de l’enseignement à la politique, il n’y a qu’un pas

Portrait de campagne 1/10
Ils étaient 10 sur la ligne de départ. Ils ne sont plus que 6 officiellement encore en lice pour l’élection présidentielle 2021.
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Brice Mbaïmon Guedmbaye, de l’enseignement à la politique, il n’y a qu’un pas.

Le candidat du MPTR (Mouvement des patriotes tchadiens pour la République) s’est construit une certaine notoriété dans landernau politique tchadien. Brice Mbaïmon Guedmbaye était déjà candidat à une élection présidentielle il y a 5 ans. Il avait défrayé la chronique en claquant la porte du FONAC (le Front de l’opposition nouvelle pour l’alternance et le changement), le 03 août 2016 précisément, à quelques jours de l’investiture d’Idriss Déby Itno. Si certains l’ont accusé de s’adonner à des calculs politiques pour avoir les faveurs d’IDI, Brice Mbaïmon Guedmbaye s’est toujours défendu de cela : « Vous savez, nous avons accepté de siéger au FONAC pour des raisons de lutte commune. Mais, subitement, le premier coup de massue  que nous avons reçu, c’est de la CPDC, dont le porte-parole a changé le sens d’idées pour s’attaquer à ma personne. (…) Comme nous ne remarquons rien comme réaction des membres de la CPDC, qui sont aussi du FONAC, le MPTR et moi- même décidons à partir de ce jour de mettre momentanément en veilleuse  notre participation à ce regroupement » expliquait-il à l’époque, faisant montre de son tempérament et de son esprit d’indépendance lors de cet épisode.

Pour rappel le FONAC était une coalition de partis politiques qui s’opposait à la réélection d’Idriss Déby Itno en 2016…jusqu’à menacer de composer son propre gouvernement.

« L’espace médiatique pris d’assaut »

Le temps a passé, mais ce natif de Moundou semble toujours avoir autant de tempérament. Après juste 48 heures de campagne électorale, cet enseignant de carrière a suspendu la sienne (de campagne électorale) car il estime que la CENI (Commission électorale nationale indépendante) est laxiste en ce qui concerne les règles sur la présence médiatique des différents candidats. Il se plaint de  ‘’la prise d’assaut par le parti au pouvoir et ses alliés’’ des espaces d’affichage et exige en sus que ‘’tous les candidats (ndlr : bénéficient) d’une couverture sécuritaire, au même titre que le candidat Idriss Déby Itno (…) et que la CENI rétablisse l’équilibre de la parité majorité-opposition actuellement dominée par les membres du MPS et ses alliés.’’ Il est toujours dans l’attente d’une réponse à ses exigences.

Enseignant chevronné et politicien de conviction

Brice Mbaïmon Guedmbaye,  né le 13 novembre 1976, est professeur de Français, titulaire d’une Maîtrise en Lettres comparées de l’Université Léopold Sedar Senghor d’Alexandrie en Égypte. C’est dans cette même université de la deuxième ville d’Égypte que Brice Mbaïmon a obtenu un Master en Gestion du système éducatif (2017).

Actuellement Chef de Division des évaluations et de l’orientation scolaire à la Délégation régionale de l’éducation nationale pour la commune de N’Djamena, le candidat du MPTR peut se targuer d’une belle expérience du système éducatif tchadien : Professeur suppléant chargé de cours au Collège Notre Dame de Moundou, Professeur de français aux collèges Mixte Solidarité de Diguel Est, etc. L’homme bénéficie selon certains d’une bonne cote de popularité auprès des jeunes. Un atout politique indéniable dans un pays dominé démographiquement par les générations Y et Z.

Sur sa place en politique, un journal tchadien le décrit comme un homme de conviction : « L’engagement politique du président fondateur du MPTR ne date pas d’aujourd’hui. Considéré comme faisant partie de la « vraie opposition », Brice Mbaïmon Guedmbaye était d’abord Secrétaire général du Parti Social-Démocrate Tchadien (PSDT) avant de créer son propre parti, le MPTR. Aussi, en matière de leadership, Brice Mbaïmon Guedmbaye s’est distingué depuis sa jeunesse où il a dirigé plusieurs associations. Il a été notamment président de la Chambre des délégués des étudiants tchadiens au sein de l’Union nationale des étudiants tchadiens (UNET), Coordonnateur de la Jeunesse étudiante chrétienne (JEC) et  président de l’Amical des élèves et étudiants du Logone occidental (AEELOG). »

Alors que les choses sérieuses ne font que commencer dans cette joute électorale présidentielle, ce mari et père de six enfants, s’est déclassé lui-même en suspendant sa campagne. Une manière détournée pour faire entendre sa voix et faire parler de lui ?

Chérif Adoudou Artine 

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