Top 5 pour suivre l’actu africaine sur Twitter

Pour suivre l’actualité africaine sereinement et réaliser sa veille média sans être agressé par ce flux d’informations qui inonde nos TL, voici les cinq utilisateurs de twitter à suivre. Avis subjectif, bien évidemment…

On passe beaucoup de temps sur twitter, la Rolls des réseaux sociaux.

Qu’y fait-on ? On s’exprime. On balance au monde (du moins c’est que nous fait croire la landing page du site de micro-blogging) sa vie, sa rage, ses déceptions, ses réussites, ses échecs… et son mytho (très souvent). Mais au-delà de ces envolées twitteriennes, il y a une raison principale pour laquelle nous sommes sur nos TL toutes les 10 minutes. On veut s’informer. Mais cela devient de plus en plus difficile et risqué tant les hoax polluent nos flux d’information.

Pour vous aider à extraire le bon grain de l’ivraie, voici mon top 5 des comptes africains francophones à suivre pour être au fait de l’actualité continentale.

Number 5@dembagueye

Un consultant en communication digitale ne pouvait qu’être dans mon top 5.

Ce n’est pas tant ses RT ou commentaires sur l’actualité africaine qui le placent dans cette short-list, mais plutôt la justesse de ses propos, sa passion professionnelle et ses inspirations. En cela il est un exemple à suivre pour un twitter africain plus apaisé, plus posé et plus réfléchi. Étant dans cet état d’esprit, on ne peut que mieux juger et analyser l’actualité.

Number 4

Jeune Afrique @jeune_afrique

Si le titre papier est devenu un almanach à la solde de celui qui paye le plus, le site Internet et le compte twitter sont incontournables. Même sans la version abonné vous pouvez vous informer de manière factuelle sur l’actualité africaine.

Ses pendants Le Monde Afrique, Le Point Afrique, etc. sont intéressants jusqu’à une certaine limite. Et cette limite c’est d’écrire souvent des papiers, qui se veulent des articles de fond, à partir d’un bureau à Paris.

RFI (@RFI

La radio du monde, comme elle se définit, est un excellent outil pour l’ouverture d’esprit. Rajouter à cela que la qualité technique des émissions est optimale. Personne en Afrique francophone ne peut bouder cette mine de savoir qui à longueur de journée nous abreuve d’infos, de culture, de sports, etc. A nous ensuite de faire le pour et le contre (cette notion de Libre-arbitre chère à Emmanuel Kant).

Le gros plus de RFI par rapport aux autres médias français ? Elle a vraiment des ancrages locaux.

Number 3

@AshleyLelaMAIGA

Le mystère que tout le Mali voudrait percer. Qui est-elle ? Qui est-il ?

Passé ce questionnement sur son sexe, ce sont surtout ses prises de position sur la chaude actualité malienne tout d’abord et africaine ensuite qui attirent l’attention.

Toujours à contre-courant, Ashley tacle sans discernement les djihadistes, le gouvernement, les putschistes, les twittos. Je me souviens d’une passe d’arme entre elle et mon amie Dia Sacko. C’était trash, à la limite de l’indécence de la part d’Ashley qui taxait sa compatriote de tous les noms et de tous les maux. Ce côté borderline est détestable, mais cela fait partie de la ligne éditoriale du twitto le plus énigmatique d’Afrique francophone.

Number 2

@Doubangar

Je la décrivais il y a quelques années comme mon « coach es twitter » car elle est toujours factuelle, posée et aimable… Tout ce qu’il faut pour être un #ItTwitto !

Loin des discours partisans, qui en deviennent parfois manichéens, elle relaie l’actualité africaine indépendamment des pays, des sujets et des angles. Ses interventions « d’ordre privé » sont très rares, son compte étant suivi avec attention par quelques chefs d’État africains, Félicité Doubangar se doit de rester professionnelle en toute circonstance.

La Tchadienne installée en France est la métronome de l’actualité africaine sur twitter.

…and the winner is Puff Mammy !

@PaolaAudrey

En toute objectivité cette fois, cette utilisatrice de Twitter est un Ovni. Elle ne rentre dans aucun cadre, si ce n’est celui de la gouaille, et c’est ce qui fait sa force.

Elle parle de politique, des mutations des sociétés africaines via le prisme de la jeunesse, des technologies et de leur utilisation IRL pour faire bouger les lignes, de musique (surtout Beyoncé et les chanteurs nigérians) et d’empowerment au féminin. Ses tweets sont intelligents, ses réflexions sont souvent basées sur du tangible et surtout elle dégage une énergie communicative.

Je ne vous parle pas de ses live Instagram… tout y passe, sans langue de bois et avec un certain parti pris. Mais ça, elle ne s’en cache pas.

 

Chérif Adoudou Artine, leader numérique autoproclamé

Un talkshow taillé sur mesure

Talents d’Ici, « La première émission tchadienne 100% jeune », a été postée sur You Tube par Naïr Abakar. Ce programme souhaite donner l’occasion aux Tchadiens de s’exprimer sur l’entrepreneuriat, la citoyenneté et la culture .

Ayant grandi devant Antoine de Caunes, Philippe Gildas et les late show américains, je me suis souvent imaginé en anchorman de ces talk show généralistes qui transpirent la culture, l’actualité, le trendy et la déconne.

Dimanche soir je reçois un message WhatsApp de Nair Abakar qui me présente son nouveau projet en ces mots : « C’est une émission 100% tchadienne, 100% jeune, faite par les jeunes et pour les jeunes ».  Notre « serial » entrepreneur a le sens de la répartie.

Car quand on s’attarde sur sa courte mais riche trajectoire professionnelle, ce golden-boy tchadien du marketing social a toujours su, tel un funambule, surfer sur un fil conducteur de mots forts, c’est ça avoir le sens de la formule. Utiliser des mots simples, mais qui touchent une cible en quête de #RoleModel. Oui, #RoleModel, Costume de leader d’opinion que je pensais un peu trop grand pour lui à l’époque, mais qu’il a pourtant su tailler à sa mesure ; et ce depuis sa première grosse opération, le Salon international de l’étudiant africain en 2016.

Le format en question

Le programme concocté par Tiya Productions s’intitule Talents d’Ici. Un plateau très coloré qui reçoit des « jeunes » pour parler d’entrepreneuriat, de citoyenneté et de culture…avec une tranche humoristique sur la fin. Talents d’ici est un concept sur mesure pour donner un résonance supplémentaire aux actions citoyennes que l’actuel directeur général adjoint de l’Adetic (Agence de développement des technologies de l’information et de la communication) mène depuis quelques années avec sa plateforme « Citoyens sans frontières ».

Petite parenthèse

Jeune. Je déteste ce vocable car il inclus tout. Je pose la question à Naïr : « Est-ce que quand tu parles de jeunes tu as la même définition que les Editions du Lombard qui présentaient le magazine Tintin comme « le journal des jeunes de 7 à 77 ans », ou alors il y a une barrière d’âge. Si barrière d’âge il y a, quelle est-elle ? »

Marius Ab’ras, l’animateur du talk, est égale à lui-même : dynamique, chambreur et exubérant. Il donne un vrai ton, une signature singulière à l’émission. Mais est-ce que ce sera suffisant ? Car je trouve le format 20 minutes beaucoup trop long pour une émission entertainment sur le net.

Vingt minutes en télé pour un programme du genre c’est parfait. Mais 20 minutes pour un talkshow généraliste sur le net, c’est une éternité.

Quelle solution proposes-tu Chérif ?

Le format court, plus approprié à Internet. A l’exemple de Tarmac, un média culturel lancé par la chaîne belge RTBF, Talents d’Ici pourrait proposer des capsules courtes et ainsi assurer une périodicité plus récurrente afin d’occuper le terrain, générer du clic et au final gagner de l’argent.

La page d’accueil Instagram de Tarmac.be

Naïr Abakar souhaite se servir de cette première édition pour trouver des diffuseurs télé. On pense biens sûr à Télé Tchad et à Electron TV. Mais il ne faut pas se limiter au Tchad. Car je suis persuadé que si le concept est un affiné, un chouia recentré « Afrique » et bien marqueté, il pourrait intéresser des chaînes telles que A+ ou TV5 Monde Afrique.

Chérif Adoudou Artine, leader numérique autoproclamé

 

Télé Tchad, la charrue avant les boeufs

Pour les dirigeants de l’audiovisuel public tchadien, il est plus important de gagner en audience plutôt que de chercher à soigner la qualité de ses programmes. C’est la conclusion que je tire suite à la migration de Télé Tchad de NileSat à Eutelsat le 15 septembre dernier.

Télé Tchad a migré de NileSat à Eutelsat (et son prtenaire Paradise Telecom) le 15 septembre 2018. Selon les informations officielles, toute la superficie du territoire tchadien sera couverte et les personnes ne résidant pas au Tchad ne seront plus obligées de passer par le décodeur Canal + pour ‘’profiter’’ des programmes de Télé Tchad.

« Une innovation pour être en phase avec le nouveau bâtiment de l’audiovisuel public tchadien » selon les explications de Boukar Sanda, directeur général de la Télé et de la radio nationales.

Innover c’est bien. Mais le bon sens voudrait qu’on commence par le commencement. C’est à dire travailler pour enrichir, tant qualitativement que quantitativement, le grille des programmes. L’audience viendra alors automatiquement. Quelle que soit votre zone de diffusion, l’audience ne sera pas au rendez-vous si vous lui proposez une grille aux carences abyssales. Agir comme l’ont fait les dirigeants de Télé Tchad dans cette opération de migration est tout simplement un manque de discernement et une méconnaissance des priorités d’une chaîne de télévision. Avant d’inviter quelqu’un chez moi (audience), je m’assure que tout est bien rangé, bien propre (grille de programmes)

Télé Tchad est-il un mauvais payeur ?

Quelles ont été les motivations des instances dirigeantes de l’audiovisuel public tchadien pour abandonner NileSat, avec lequel ils travaillent depuis les débuts de la présence de Télé Tchad sur le satellite, et se précipiter vers l’opérateur de satellitaire commercial européen ? Est-ce, comme on a pu l’entendre, à cause d’une enveloppe d’impayés trop importante ?

Si tel est le cas, ce serait une faute professionnelle. Et surtout une fuite en avant : comme dirait mon défunt père « Djari hanna ligdaba, hadda gisséyar ». Juste pour dire que cela ne résout en rien le problème. Il resurgira un jour ou l’autre. Pire, si nous avons réellement laissé des ardoises auprès de de la société de satellite égyptienne, nous serons étiquetés de mauvais payeur, d’organisme qui ne respecte pas ses engagements contractuels, de profiteurs.

Mais tout cela, nos nouveaux partenaires devraient le savoir. Malgré cela, ils ont accepté de signer avec nous. Ces multinationales travaillent avec des juristes spécialisés dans la rédaction de contrats très complexes. J’ai assisté il y a trois semaines à une formation, qui ciblait les directions juridiques des banques, sur les différents types de contrat. J’ai pu apprendre qu’il y a autant de formes de contrat que de situations possibles. Des contrats tous aussi complexes les uns que les autres.

Dans ces conditions, je m’attends au pire. A quelles sauce serons-nous manger dans quelques années, quand notre enveloppe d’impayés gonflera à nouveau ?

Chérif ADOUDOU ARTINE, leader numérique autoproclamé