Les petits candidats : pourquoi y vont-ils ?

Autant le nombre pléthorique de candidatures lors de la consultation électorale présidentielle de 1996 est compréhensible, autant celui (qui n’est pas encore très élevé) de cette année interroge sur le bien fondé de la démarche des « petits ». Pourquoi y vont-ils ?

En 1996, nous avions vu quinze candidats postuler pour l’élection présidentielle. La grande messe qu’a été la Conférence nationale souveraine, les espoirs nés d’une démocratisation avançant à pas de charge et la nouveauté justifiaient en grande partie l’engouement rencontré.

Cinq en plus tard, en 2001, ce sont sept Tchadiens qui ont souhaité accéder à la magistrature suprême.

2006, cinq candidatures (les partis de l’opposition avaient décidé de boycotter l’élection).

2011, la ferveur étant retombée, conjuguée à  un nouveau boycotte des leaders de l’opposition… les électeurs tchadiens n’ont eu le choix qu’entre trois candidats. Idriss Déby Itno (MPS – Mouvement patriotique du salut), Payimi Padacké Albert (RNDT – Rassemblement national des démocrates tchadiens) et Madou Nadji de l’ASRI (Alliance socialiste pour un renouveau intégrale).

Lors de la dernière consultation, 2016, un regain d’intérêt pour cette élection capitale a vu à nouveau le jour avec treize postulants.

Revenons en 2021, combien sont-ils en ce mardi 23 février à avoir émis officiellement le souhait de présider aux destinées du Tchad ?

Le premier d’entre-eux à s’être manifesté est Roumadoungar Félix Nialbé de l’URD (Union pour le renouveau et la démocratie)… depuis, dix autres acteurs politiques ont décidé de s’attaquer à la citadelle rose. S’y attaquer par voie de vote s’entend.

Avant de parler de leurs chances de victoire respectives, parlons de leurs chances de se présenter.

Être investit par son parti ou sa coalition politique  est une chose. Devenir un candidat officiel reconnu par la CENI en est une autre. Ils ne seront pas tous sur la ligne de départ le 11 mars prochain, date officielle du début de la campagne électorale, car il y a des conditions drastiques à respecter. Il faudra passer l’étape Cours Suprême qui en a fait tomber plus d’un, dont le plus illustre est le candidat fédéraliste Yorongar Nguarleji en 2016.

Ces conditions, drastiques donc, sont reprises dans le code électorale du 22 juillet 2019 – loi 033 (des modifications lui ont été apportées à travers la loi 045).

Vous pouvez consulter ce code électoral ici.

Les articles qui définissent les conditions d’éligibilité sont ceux du chapitre II allant de 111 à 113 et du chapitre III allant de 178 à 186.

On constate, en autres, qu’il faut :

Déposer une caution de 10 millions de francs (remboursable uniquement si le candidat obtient 10% des suffrages exprimés lors de l’élection)

Les candidatures doivent être déposées au moins 40 jours avant la date du scrutin. Dans le cas de figure actuel, cela nous donne le dimanche 28 février 2021 comme date butoir.

Le candidat doit résider au Tchad depuis au moins cinq ans

Être Tchadien de père et de mère et ne pas jouir d’une autre nationalité.

La question que je me pose et à laquelle je n’ai pas trouvé de réponse est ‘’faut-il ne jamais avoir eu d’autre nationalité ou alors on peut tout simplement renoncer à son autre nationalité pour être qualifié à la candidature ?’’. Je poserai la question à Kébir Mahamat Abdoulaye.

Un candidat indépendant doit présenter 40 000 (quarante mille) signatures de détenteurs de cartes d’électeurs pour espérer être qualifié.

Qu’en est-il des chances des candidats en lice s’ils parviennent à passer l’étape Cours suprême ?

Ils sont pour l’instant onze à s’être déclarés, onze que l’on peut répartir en quatre catégories :

A. Les DNS (Did no start) pour emprunter au vocabulaire du sport. Ceux qui ne se présenteront pas au final.

Brice Mbaïmon Guedmbaye

Balthazar Aladoum Djarma

Mahamoud Ali Mahamoud

Mahamat Adoum

Yaya Dillo Djérou

B. Les outsiders. Même si ici nous aurons des DNF (Did no finish), ceux qui se désisteront après s’être lancés.

Félix Nialbé

Beassemda Lydie

Théophile Bongoro

Pahimi Padaké Albert

C. Le challenger

Saleh Kebzabo

D. Le favori

Idriss Déby Itno

Pourquoi est-ce que les catégories A et B se présentent, sachant que leurs chances de victoire sont quasi inexistantes ?

Les candidatures de ceux que l’on appelle ‘’les petits candidats’’ sont utiles au jeu démocratique. Au-delà de la fraicheur certaine qu’elles insufflent aux joutes électorales, elles confortent la démocratie dans ce qu’elle a de pluraliste.

Exister sur l’échiquier politique

Autre avantage pour les petits partis ? Un grand quotidien régional français avait posé la question au chercheur Bruno Cautrès du CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po – Paris) : «Certains petits candidats veulent se visibiliser (ndlr : durant cette période qui donne la chance à tous les candidats de parler à la télévision). Cela incite effectivement des petits mouvements politiques, des petits candidats à vouloir percer le mur de l’anonymat et vouloir profiter du tremplin de l’élection présidentielle. Parfois, à leurs dépens et à leurs risques et périls. » (…) si le candidat n’atteint pas « les 5 % lui permettant d’être remboursé de ses frais de campagne. Ce fut le cas de Philipe de Villiers, qui y a laissé une partie de sa fortune personnelle. C’est toujours dangereux pour un petit candidat qui arriverait à récolter les 500 signatures de ne pas avoir l’appui d’un grand parti politique derrière.»

Chérif Adoudou Artine

Diplomatie : une marque Tchad forte

Le Tchad s’inscrit pleinement et de façon respectable sur la carte diplomatique mondiale et plus particulièrement en Afrique. Capitaliser sur les progrès des années 2016-2020, poursuivre les réformes et autres innovations permettra de construire une marque Tchad forte, ancrée sur l’échiquier de la coopération et du développement international. En augmentant le budget alloué aux Affaires étrangères de 37% en 4 ans, le Tchad s’engage dans la bonne voie.

Grâce à la combinaison des facteurs paix, stabilité et mise en exploitation des ressources naturelles, valorisées au travers d’une diplomatie hautement active à double volet (politique et militaire), l’image du Tchad a évolué de façon positive au cours de ces dernières années permettant ainsi au pays de trouver sa place au sein du concert des nations.

La nouvelle efficacité de la Diplomatie Tchadienne a permis de nombreuse évolutions :

Le Tchad est aujourd’hui une terre d’accueil

Avec la Jordanie, le Tchad figure parmi les pays au monde qui accueillent et protègent le plus de déplacés liés aux conflits militaires dans le monde. Les personnes ayant trouvé refuge au Tchad proviennent principalement du Soudan, de la RCA, du Nigeria et du Niger. L’Organisation des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) estime le nombre de réfugiés à 409 264, répartis sur 19 camps dans 13 villages et deux centres urbains (à N’Djaména et Bongor).

Réfugiés arrivant au Tchad en 2016. Le Tchad accueille plus de 400 000 réfugiés et demandeurs d’asile, ce qui fait de lui un des pays les plus généreux en la matière. Des budgets spéciaux ont été mis en place pour la CNARR (Commission nationale d’accueil et d’insertion des réfugiés et des rapatriés), entité sous tutelle du ministère de l’Intérieur. Photo : AFP

Pour répondre à cette situation de crise humanitaire, le gouvernement du Tchad alloue d’importantes ressources budgétaires étatiques et mobilise des financements des partenaires internationaux pour assurer l’insertion et la bonne cohabitation des réfugiés avec les populations autochtones.

Le Tchad est un médiateur de paix

Avec ses voisins en proie à des conflits militaires internes, le Tchad soucieux d’une paix régionale met en œuvre sa diplomatie en assumant son leadership dans les médiations pour le retour de la paix et la stabilité en Lybie, au Soudan et en République Centrafricaine. L’envoi fréquent de missions et la réception d’émissaires de ces pays témoignent de cette dynamique.

Le Tchad est un partenaire privilégié de coopération

Pour des motifs de coopération multiples (sécurité, migrations, climat, approvisionnement en matière premières, etc.), de nouvelles institutions diplomatiques s’installent dans le pays. Il s’agit entre autres des missions diplomatiques de Grande Bretagne, des Pays Bas, de l’antenne locale de l’ambassade d’Italie à Yaoundé, etc.

Notre pays a par ailleurs ratifié la quasi-totalité des résolutions des Nations Unies, de l’UA et des organisations régionales :

  • Adhésion du pays aux ODD des UN

  • Signature de l’accord de Paris sur le climat

  • Signature de l’accord de la Zone de Libre Échange Continental Africain ZLECA

  • Signature de la suppression des Visas entre les pays de la CEMAC

  • Adhésion et la ratification par le Tchad de la Convention sur la protection physique des Matières Nucléaires et son amendement

Le renforcement institutionnel du Ministère des affaires étrangères

Le gouvernement Tchadien a entrepris de renforcer les capacités du Ministère des affaires étrangères. Le budget consacré à l’action diplomatique du Tchad hors présidence de la république s’est accru considérablement passant de 13,39 milliards de FCFA en 2016 pour s’établir à 17,76 milliards de FCFA en 2020 correspondant ainsi à une croissance moyenne sur la période de 37,1%. Le ministère se verra livré sous peu, une infrastructure digne de son importance stratégique pour le développement du Pays.

A toute cette ingénierie Diplomatique dont a fait preuve le gouvernement sous l’égide du Maréchal du Tchad, il convient de souligner que les initiatives prises dans le domaine du développement du tourisme. Le FISCA (Festival International des Cultures Sahariennes) qui mobilise de nombreux participants venus de tous les pays du Sahara et des invités hors Afrique ainsi que  le Treg (Course à pied) qui se déroule dans le Tibesti dans la zone classée patrimoine mondiale de l’UNESCO ont fortement participé à redonner une image positive du Tchad dans le monde.

Capitaliser sur ces progrès et poursuivre les réformes et autres innovations permettra de construire une marque Tchad forte, ancrée sur l’échiquier de la coopération et du développement international.

Chérif Adoudou Artine

Garde à vue, gare à vous !

L’inspection générale d’Etat est en train de traquer la mauvaise gestion de l’argent public. Ses recommandations sont craintes jusqu’aux plus hauts niveaux de l’appareil administratif. Kalzeubé en est la preuve. Retour sur une semaine durant laquelle l’actualité judiciaire a été au centre de toutes les discussions…avec aussi l’affaire Ibédou.

Interpelé le jour de la fête de la liberté et de la démocratie, le ministre d’Etat, ministre Secrétaire Général à la Présidence, Kalzeubé Pahimi Deubet fait les frais d’une enquête menée par l’Inspection générale d’Etat (IGE) sur fond de compensation immobilière. Il est passé en deux jours de la case Présidence à la case prison en passant par la case garde à vue.
L’ancien PM sous écrou, qui sera le suivant ? C’est la question que tout le monde se pose car selon des bruits de couloir « une liste de douze noms » aurait été établie par les équipes dirigées par Ahmat Mahamat Zagalo, Inspecteur général d’Etat à la tête de l’IGE, créée en 2015/16 et rattachée à la Présidence de la République. Héritière de plusieurs organes d’Etat dans le but de « contrôler à posteriori la gestion administrative et matérielle des biens de l’Etat », elle succède dans ce rôle de « tracker » de la mauvaise gestion de l’argent public à la Commission Bartichret (dirigée par le Président de la Cours suprême de l’époque, Ahmed Barticheret) en 2005, au ministère du Contrôle d’Etat (qui a changé de nom à trois reprises) et enfin à la très redoutée Opération Cobra en 2012 après la fusion des ministères du Contrôle d’Etat et de celui de la Justice voulue par Abdoulaye Sabre.
Après le SG de la présidence, des bruits ont couru sur Twitter qu’en à une convocation d’Issa Doubragne, ministre de l’Economie et de la Panification du développement qui a été épinglé par une note de recommandations de cette même IGE en date du 19 novembre courant. Mais cette information a été très vite infirmée, notamment par un fact checking de Tchadinfos.com. Quoi qu’il en soit, nous devrions entendre parler de l’IGE d’ici la fin du mois de décembre. Les réjouissances de fin d’année ne seront pas agréables pour tout le monde.

Captures d’écran

Le lundi 2 décembre 2019, Mahamat-Nour Ahmat Ibédou, Secrétaire général de la Convention tchadienne de défense des droits de l’homme (CTDDH), a aussi été convoqué par la Police judiciaire. Ce jour étant le prolongement du férié de la veille, le diplômé de l’Ecole Nationale du Trésor Public de Noisiel (France) s’est rendu au commissariat le mardi 3 décembre pour répondre aux policiers suite à une plainte pour diffamation déposée par Bakhit Bahar Itno. Ce dernier a été accusé par un communiqué de la CTDDH d’avoir enlevé et torturé un groupe de femmes en novembre dernier.
Une garde à vue plus tard, voilà que le SG de la CTDDH se trouve confronté à une autre accusation beaucoup plus grave : meurtre et de complicité de meurtre. Selon les avocats de ce dernier, les fonctionnaires de police ont voulu lui faire signer une déposition qui n’était pas la sienne. Après 48 h en GAV, il a été transféré à la maison d’arrêt d’Amssinéné dans le nord de N’Djaména.
Des captures d’écran reprenant des échanges entre l’acteur de la société civile et un certain Malick Ibet Ibrahim, accusé du meurtre d’une adolescente en 2015, ont suffit à le garder derrière les barreaux. Dans cet échange ont apprend que M. Ibedou souhaite soustraire M. Ibrahim des mains de la justice tchadienne en lui faisant quitter le Tchad.
Mais qu’en est-il de la véracité de ces copies et de leur contenu ? C’est à ce niveau que toutes les discussions s’arrêtent. Et c’est à ce niveau que toutes les discussions doivent tourner. Pour confondre M. Ibédou il aurait fallu prouver l’authenticité du contenu de ces messages. Cela passe par chercher à savoir si les adresses des deux concernés n’ont pas été piratées ou si ces copies ne sont que l’œuvre d’une personne maîtrisant un tant soit peu un logiciel de graphisme… Il existe une multitude d’outils pour clarifier ce genre de situations. La justice, quant à elle, dispose également de textes qui lui permettent d’envoyer des demandes d’authentification avec expertise très pointue. Et ce, jusqu’à Google.
Les personnes en charge de l’affaire peuvent et doivent passer au crible ces « preuves » afin d’avancer dans cette affaire qui cristallise la société tchadienne.

Cherif Adoudou Artine, leader numérique autoproclamé

CAN 2019 – Le 2nd tour

Le tableau des huitièmes de finale

Le premier tour de la CAN 2019 a rendu son verdict ce mardi soir. Il n’aura servi qu’à éliminer six équipes sur les 24 en lice. Les deux premiers des six groupes étant qualifiés d’office, accompagnés des quatre meilleurs troisièmes.

Dans le groupe A, l’Egypte termine en tête avec 3 victoires pour autant de match. Les Pharaons seront accompagnés au second tour par l’Ouganda et la RDC qualifiée de justesse en qualité de deuxième meilleur troisième. le Zimbabwe reste à quai avec 1 petit point.

Le groupe B a été dominé par les surprenants malgaches. Le Nigéria et la Guinée passent également en huitième. Le Burundi termine lanterne rouge du groupe.

La poule C, sans doute la plus relevée, a vu des Algériens, sûrs de leurs forces, terminés avec un sans faute. Il faudra compter sur les joueurs de Djamel Belmadi pour la victoire finale. Au même titre sans doute que les Sénégalais qui terminent deuxième avec 2 victoires et 1 défaite. Le Kenya et la Tanzanie rentrent à la maison.

La Maroc a dominé le groupe D avec 9 points sur 9. Il termine devant la Côte d’Ivoire (6 points) et et l’Afrique du sud (3 points), tous qualifiés. La Namibie termine dernière avec un zéro pointé.

Maliens et Tunisiens prennent les deux première place dans le groupe E, devant l’Angola et la Mauritanie qui s’arrêtent au premier tour.

Les tenants du titre camerounais terminent deuxième (à égalité de points) avec le Ghana. dans ce groupe F ils seront accompagné par un des petits poucets de la compétition, le Bénin qui accède pour la 1ère fois de son histoire au second tour. Les Bissau-guinéens s’arrêtent à ce stade.

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Chérif Adoudou Artine, leader numérique autoproclamé.

Aux confins du professionnalisme et de la passion…

Entre débats, key-note, campus et rdv pros, suivez-moi aux confins de du professionnalisme et de la passion…

Entre débats, key-notes, campus, rdv pros et la Sunday, je vous raconte mon expérience des Adicomdays 2019 qui se sont déroulés les 22 et 23 mars 2019 à Abidjan. Suivez-moi aux confins du professionnalisme et de la passion…

« Ce type d’évènement permet de crédibiliser notre métier, la marketing digital. » Cette phrase prononcée par Mbépongo Dédy Bilamba, brand manager de KFC Côte d’Ivoire, lors du campus marques qui s’est déroulé samedi 22 au Orange Fab à Abidjan, suffit à elle seule pour justifier l’existence des Adicomdays (Africa Digtal Communication Days). La 3ème édition de ces rencontres africaines s’est tenue les 22 et 23 mars dans la capitale ivoirienne avec aux manettes les co-fondateurs, Kahi Lumumba (de l‘agence Totem Experience) et Sophia El Hajaj-Gnassounou. Tels des métronomes, ils ont proposé une première journée équilibrée et complémentaire sous le thème général « Les communautés (en ligne) prennent le pouvoir ». Les majors d’Internet (Google et Facebook) ont animé dans la matinée des key-notes (mi-stratégie, mi-promotion) avec un intérêt certain pour le continent africain. Twitter et Instagram n’étaient pas en reste avec (aussi) des key-notes qui avaient pour objectif de prouver l’intérêt de ces médias pour le marketing et l’influence.

Des débats se sont ensuite tenus entre différents acteurs africains. Nous sommes passés du global au local en somme… avec Steve Wallace, en charge de la communication digitale à la présidence du Bénin, Mounia Tokpanou, campaign manager de Air France West Africa, Dédy Bilamba, brand manager de KFC Côte d’ivoire et le community manager Chedjou Kadem. Ils ont partagé leurs expériences respectives de marques. Le moins que l’on puisse dire est que le contexte et l’adaptation à ce dernier est primordiale pour « créer, animer et engager une communauté en ligne. »

Mon coup de cœur

Y a-t-il opposition entre médias traditionnels et pure players ? Ou comment passer de médias traditionnels à pure players. Ce débat a été riche et instructif. Habib Bamba, directeur de la transformation, du digital et des médias d’Orange Côte d’ivoire, a expliqué l’intérêt qu’une marque telle qu’Orange a à développer des outils et des produits digitaux. « Cela fait partie de notre ADN » a-t-il expliqué si ma mémoire ne me fait pas défaut. David Gueye, directeur adjoint du numérique de TV5 Monde, qui présentait les enjeux de l’application mobile de la chaine internationale, était dans ce débat l’exemple tangible d’un média traditionnel qui a enclenché sa mue numérique. Comme quoi rien n’est figé… et surtout rien n’est opposé. Cela va dans le sens de l’exemple donné par Philippe Perdrix, dirigeant de l’agence de Relations presse 35° Nord, quand il a évoqué le journal l’Equipe qui a vu ses ventes physiques fidélisées grâce à l’application mise en ligne et ses articles vendus à l’unité.

Un échanges entre professionnels qui a tenu toutes ses promesses à travers les arguments des uns et des autres. Conclusions ? Aucune opposition entre ‘’brick and mortar’’ et ‘’pure players’’. Tout n’est qu’une question de complémentarité et de stratégies.

Cette séquence qui aura durée plus d’une heure sur une question de fond dans l’évolution des médias, avec des intervenants de haut vol, devant 600 personnes intéressées, voire passionnées et des partenaires de poids est ce qui caractérise (et devra caractériser dans les années à venir) les Adicomdays et qui fera qu’ils s’ancrent comme l’évènement incontournable des professionnels africains de la communication et du marketing. Un must, car je ne pense pas qu’un tel label existe en Afrique francophone (et ailleurs ?)…

J’ai raté la Sunday

Samedi, les campus qui complétaient les Adicomdays 2019 ont apporté encore plus de coffre à nos rencontres abidjanaises. Simultanément sur trois sites, les organisateurs ont proposé un campus marques (le plus couru) au Orange Fab, un campus étudiants (sans doute le plus utile des trois, car destiné aux futurs professionnels) qui s’est déroulé au CME Bingerville de la Compagnie ivoirienne d’électricité et enfin un campus influenceurs au sein de l’impressionnant et tout neuf Orange digital academy.

Je souhaitais participer aux Adicomdays par curiosité mais aussi pour m’imprégner de ce qui se fait de mieux en la matière, pour profiter des meilleurs insights et pour réseauter. A tous les niveaux, j’ai été servi ! Tout d’abord par Abidjan qui, comparée à nos villes du Sahel, est un autre monde. Ce n’est pas Paris, ce n’est pas Londres…mais c’est Abidjan. Et c’est suffisant. Car cette ville respire. A travers ses médias (de plus en plus nombreux) et son show bizz, par sa géographie caractérisée par ces lacets d’eau qui l’entrecoupent de partout et surtout par « cette gentillesse toute ouest-africaine » comme l’a décrite une amie. Ensuite j’ai pu rencontrer des profils aussi nombreux que différents : des corporates, des indépendants, des débutants, des curieux, des artistes, … « Aucune connexion n’est de trop !» ponctuait une de mes rencontres au moment où nous échangions nos cartes de visites.

J’ai malheureusement raté la Sunday, une fête à ciel ouvert qui se déroule de 15h à 22h et qui réunit les millennials branchés d’Abidjan. Et pour cause, j’avais un lunch avec la queen des médias sociaux, Paola Audrey et deux rendez-vous avec des graphistes dans la soirée. Le travail a pris le dessus sur le reste. L’année prochaine peut-être pour la Sunday.

En bonus

Il y a eu vendredi soir les Adicom awards, qui récompensaient les meilleurs influenceurs dans sept catégories (tech, voyage. Impact social, food, humour, beauté et jeune talent).  Je vais me prendre au jeu et décerner moi aussi mes awards (les Chérif’s adicom awards ?) des meilleurs speakers :

Numéro 3 :

Adrian Ciesielsky de l’agence Ad-Dynamo pour son campus sur Twitter, mais aussi pour ses basket brandéees avec l’oiseau bleu.

 

 

 

 

 

 

Numéro 2 :

Christian Dzellat de NOFI (Noir et fier) pour sa gouaille et son côté militant qui dénotait quelque peut dans cette atmosphère très professionnelle où tout le monde se congratulait.

 

 

 

 

Numéro 1:

Nicolas Kern, influence marketing expert, pour sa brillante key-note sur « Comment générer de l’influence via Instagram. »

 

 

 

 

 

 

Et vous participants des Adicomdays 2019, qui avez-vous préféré, à part Sophia et Kahi ?

Chérif Adoudou Artine, leader numérique autoproclamé

Affaire de l’étudiant tchadien détenu en Inde. Suite…

 » (…) nous n’allons pas nous décourager. Nous allons appuyer les efforts appropriés visant à trouver une solution au cas de notre compatriote. »

Chérif Mahamat Zene,

ministre des Affaires étrangères du Tchad

Compte Facebook de Béchir Issa Hamidi

Le Ministre des Affaires Étrangères, de l’Intégration Africaine, de la Coopération Internationale et de la Diaspora, Chérif Mahamat Zene s’est prononcé sur cette affaire au cours d’un entretien accordé à la Presse nationale, ce midi (ndlr lundi 21 janvier 2019)

« L’étudiant tchadien YOUSSOUF ALLAMINE TAHIR a été arrêté le 05 février 2015 à la frontière entre l’Inde et le Népal. Informé, le Consul honoraire du Tchad à New Delhi a contacté par une note le Ministère indien des Affaires étrangères le 9 mars 2015 et a demandé la libération et le rapatriement de l’étudiant au Tchad. Le 10 mars, le Ministère indien des Affaires étrangères a contacté, à son tour, le gouvernement de l’état fédéré d’Uttar Pradesh qui lui a fait savoir que le cas de l’étudiant tchadien relève de la justice de cet Etat, puisque plusieurs chefs d’accusation, notamment falsification et détention de faux documents pèsent sur lui. Ces éléments ont été portés à l’attention du Consulat le 27 mars 2015 par le Ministère indien. Lire la suite ici (compte Facebook de Bechir Issa Hamidi).

Chérif Adoudou Artine, leader numérique autoproclamé

Qui m’accompagne aux Adicomdays 2019 ?

Les professionnels africains du marketing digital se retrouveront à Abidjan pour les Adicomdays 2019 (Africa Digital Communication Days) les 22 et 23 mars pour humer les dernières tendances du secteur, trouver les meilleurs insights et resauter.

Les Adicomdays (Africa Digital Communication Days) se présentent comme le rendez-vous incontournable de la communication digitale en Afrique. Organisées par l’agence Totem (spécialisée dans l’Influence marketing et le Brand content) depuis 2017, la troisième édition se déroulera les 22 et 23 ars prochains à Abidjan. La première s’étant tenue à Paris, la seconde déjà à Abdijan.

La ville d'Abidjan est magnifiée
L’affiche officielle des Adicomdays 2018
Les influenceurs au détriment des pros ?

Cet événement, que j’estime clé pour l’identité numérique africaine, regroupera plus de 400 participants, des professionnels du marketing issus des plus grande sociétés ‘’Brick and Mortar’’, mais aussi, et c’est évident, de ‘’Pure Player’’. Le parterre des intervenants était particulièrement riche, impressionnant (autant qualitativement que quantitativement) lors des deux précédentes éditions. Parallèlement il y aura également des influenceurs net. Ceux que je ne désigne pas comme des professionnels du marketing, mais plutôt comme des acteurs de ce marketing digital.

En échangeant avec les organisateurs via leurs réseaux sociaux, j’ai pu partager une de mes observations en ce qui concerne le traitement médiatique de l’évènement. J’estimais que les Adicomdays donnaient plus d’importance aux influenceurs (certes tous talentueux dans ce qu’ils font) au détriment des professionnels. Sans doute une envie compréhensible de créer de l’engouement autour de ces personnalités. Mais la médiatisation à tout prix n’est-elle pas un piège ? En adoptant cette voie, les Adicomdays entreraient plus dans la sphère de l’Entertainment que dans celui des rencontres professionnelles.  On perdrait alors cette essence qui pourrait faire de ce rendez-vous annuel un must de marketing digital, non pas seulement en Afrique, mais dans le monde.

Retour sur investissement

Le programme 2019 n’étant pas encore disponible, intéressons-nous au menu qui était proposé l’an dernier pour se faire une idée de ce qui nous attend dans deux mois. En 2018, les intervenants ont parlé de social média, de brand content et ont partagé les dernières pratiques du (des ?) secteur(s). Dans ce maelstrom de sujets, les KPI et le ROI ont été au centre des discussions. Le site internet des Adicomdays annonçait la couleur en écrivant : «l’ensemble des sujets étudiés sera à travers le prisme du retour sur investissement» car le thème était « Comment optimiser le retour sur investissement de sa communication digitale en Afrique ? ». Le planner stratégique en manque de débats et de challenge que je suis aurait trouvé de quoi se réjouir.

J’aime beaucoup le concept et le fait de rencontrer des femmes et des hommes aguerris aux dernières techniques du marketing m’emballe vraiment. C’est pour cela que je compte me rendre à Abidjan fin mars 2019 pour humer les tendances du marketing en Afrique et profiter des insights, du réseautage et des échanges humains que peuvent offrir les Adicomsdays. Par la même occasion je représenterai le Tchad au sein du microcosme continental, en compagnie certainement de la brillante Sandrine Naguertiga…et peut être d’autres.

Les Adicomdays (www.adicomdays.com) se tiendront les 22 et 23 mars 2019 à Abidjan en Côte d’Ivoire.

Chérif Adoudou Artine, leader numérique autoproclamé

Un salon africain de l’agriculture au Tchad en mars.

N’Djaména accueillera du 12 au 15 mars 2019 le 1er Salon africain de l’agriculture (SAFAGRI) organisé conjointement par le CILSS (Commission inter-états de lutte contre la sécheresse au Sahel) et la République du Tchad.

La note conceptuelle du Salon africain de l’agriculture (SAFAGRI) exprime comme motivation principale, la convergence de toute une batterie de programmes, projets ou politiques existants vers les objectifs de l’Agenda 20163.

Cette feuille de route, adoptée en janvier 2015 à Addis Abéba lors du sommet des Chefs d’Etats de l’Union africaine, est une sorte de vision et plan d’action pour faire de l’Afrique un continent prospère et pacifique : « Une plateforme qui oriente le continent afin de consolider les progrès en cours et d’exploiter stratégiquement les possibilités qui s’offrent à court et à moyen termes, pour assurer une transformation socio-économique positive dans les cinquante années à venir.» explique le site internet aux accents écologistes mediaterre.org.

Afin donc d’aligner toutes les initiatives régionales existantes au calendrier de l’UA, le CILSS s’est investit pour lever toutes les entraves à un développement du secteur agricole africain encore trop souvent soumis aux aléas économiques, climatiques et sécuritaires. Le comite siégeant à Ouagadougou lance donc le SAFAGRI, « une vitrine d’échanges à l’échelle continentale en mars 2019 à N’Djaména, en marge de (ses) instances statutaires.

Le salon tentera de stimuler « les politiques nationales et régionales de transformation des chaines de valeur agricole » partout en Afrique.

Ses objectifs factuels sont les suivants :

  • Créer un cadre d’échanges et de partage d’expérience entre différents acteurs;
  • Mettre en réseau les différents acteurs de l’agriculture africaine afin de renforcer l’intégration et contribuer à la fluidification des échanges commerciaux;
  • Contribuer à réduire les barrières aux transactions régionales;
  • Contribuer à améliorer la santé humaine en incitant à la consommation de produits locaux et sains;
  • Exposer des produits de l’agriculture africaine;
  • Organiser des panels de discussions pour échanger sur des thèmes visant à la promotion de l’agriculture africaine.

L’aspect organisation du SAFAGRI sera cogéré.

Au niveau régional :  par le CILSS, à partir de son siège au Burkina Faso, avec un président de comité d’organisation en la personne de Mohammed Abdellah Ebe (au quotidien directeur général de l’institut du Sahel, un des organes spécialisés du CILSS).

Au niveau local : par le ministère de la Production, de l’Irrigation et des Equipements agricoles avec une coordination nationale.

 

Chérif Adoudou Artine, leader numérique autoproclamé

50 chiffres à connaître sur les RS en 2019

Chaque année, nous publions un récapitulatif des statistiques des réseaux sociaux. Facebook, Instagram, Snapchat, Twitter, LinkedIn… cet article permet de visualiser les forces en présence et les dynamiques des réseaux sociaux. Au cours de l’année, pour accéder aux chiffres régulièrement mis à jour, rendez-vous sur cette page : Chiffres réseaux sociaux – 2018.

Les chiffres clés des réseaux sociaux en 2019

Selon les derniers chiffres compilés par l’agence We Are Social et Hootsuite (octobre 2018), nous sommes 7,6 milliards d’habitants sur Terre. On dénombre :

lire suite ici 

Festival Dary

Le concept j’adore!

En pratique j’abhorre !

Le Festival Dary tombera le rideau ce mercredi 2 janvier. Un espace de rencontre qui a accompagné vers 2019 les Ndjaménois durant la dernière décade de décembre. Entre danses, concerts et brochettes, retour sur un concept unique, mais aux procédés iniques*.

  • *Comprenez « iniques » dans le sens de « injustifiés ».

Je n’aurais dû être que dithyrambique vis à vis du Festival Dary, qui se tient depuis le samedi 22 décembre 2018 à la Place de la Nation à N’Djaména. Car c’est un espace de distraction grand public qui n’est que trop rare au Tchad, un pays où l’Entertainment est le dernier des soucis actuellement. Et pourtant, c’est en temps de crise que nos dirigeants devraient s’appuyer sur la célèbre sentence accordée au Xème siècle par le poète Juvénal à l’empereur romain Néron pour qualifier sa politique d’évergétisme*, Panem et circenses (traduit par ‘’Du pain et des jeux’’) pour distraire et tenir la plèbe loin des affaires de l’Etat. Je suis d’avis pour qu’on renouvelle cet exercice tous les trimestres. Dans les trois grandes villes du Tchad. Non pas par cynisme politique, comme a pu le faire l’empereur romain qui régna de l’an 54 à l’an 68 de notre ère, mais juste pour permettre aux Tchadiens de se distraire simplement et à moindre coût.

Avec ce festival qui met en avant la diversité culturelle tchadienne, on s’y rapproche. Des prix abordables, des animations pour les petits et les grands, des danses traditionnelles, des concerts quotidiens et de la restauration pour toutes les bourses. Equation parfaite pour une fête populaire et familiale réussie. Sur la forme c’est parfait. Dans les faits cela se passe relativement bien depuis le début. Mais sur le fond, c’est un peu plus compliqué et moins reluisant.

La première de mes deux critiques porte sur le fait que ce festival « offert » aux Tchadiens par la République soit financé en grande partie par des sponsors privés (l’Office national de promotion du tourisme et de l’artisanat (ONPTA) a, selon mes informations, contracté un emprunt à hauteur de 200 millions à une banque). Plus qu’une critique, c’est un constat amer de la déliquescence de notre pays. Nous vivons sous perfusion. Une perfusion alimentée en amont de la chaîne par ces machins de Washington qui nous saignent à blanc (FMI et BM). Sous perfusion ensuite des partenaires « traditionnels », qui font tout ce qu’ils peuvent pour nous maintenir dans cette situation. Si tout cela ne suffisait pas, voila que des entreprises de téléphonie ou de services bancaires nous servent la soupe pour faire danser notre population. Ou s’arrêtera la chute ? Arriverons-nous dans les abysses qu’a connu la Colombie des années 1990, quand les cartels de la drogue étaient les principaux pourvoyeurs de fonds des municipalités ? Au secours, mon pays coule.

Ma seconde critique réside dans un questionnement sur le dessein réel des organisateurs. Le Festival Dary est-il une entreprise à but lucratif ? Les organisateurs doivent-ils espérer générer un profit ou doivent-ils juste se soucier que la fête se déroule dans les meilleures conditions ? Ayant integré à titre bénévole l’équipe d’organisation pour apporter mon aide, j’ai eu le sentiment profond que le festival n’est rien d’autre qu’une « entreprise à but lucratif ». Mes idéaux déclinés en en infra tombent à l’eau. Naïf que je suis. Le Festival Dary n’est donc pas organisé pour faire danser le Tchadien. Non, c’est une occasion de plus de se sucrer sur son dos. Je ne suis pas juriste et je ne connais pas les textes qui régissent l’ONPTA. Mais est-ce que je me trompe en pensant que la vocation première de cet office n’est pas de mettre en place un business ? Qu’il tâche d’abord de s’acquitter des ses prérogatives initiales par des voies plus orthodoxes avant de vouloir révolutionner la roue. Si des sociétés d’Event ou de Spectacles avaient initié ce genre de festival, j’aurais compris. Et elles auraient été dans leur droit de générer du profit. Pas l’ONPTA ! Nous sommes dans un mélange de genres, comme d’habitude dans ce pays.

Chérif Adoudou Artine, leader numérique autoproclamé

 

*L'évergétisme consiste pour un notable, à faire profiter ses concitoyens de sa richesse