Sur fond de Covid-19, une stratégie de reprise des cours afin d’assurer une année scolaire complète a été soumise par le ministère en charge de l’Éducation au Comité de gestion de crise sanitaire ce mercredi 3 juin. Pendant ce temps, la tenue (ou pas) des épreuves du bac n’a toujours pas été évoquée.

Le ministère de l’Éducation nationale et de la Promotion civique est en train de se creuser les méninges pour éviter une année blanche. C’est tout à son honneur.

Il defendra sa stratégie face au Comité de crise
Aboubakar Assidik Tchorouma, ministre de l’Education nationale et de la Promotion civique. Crédit : Tchadinfos

Depuis le 19 mars 2020, date du premier cas de coronavirus enregistré au Tchad, des milliers d’élèves sont déscolarisés malgré eux. Cette décision de laisser nos enfants à la maison, même si elle se comprend eu égard à l’urgence sanitaire, était un peu discutable. Ces écoliers que l’on a éloigné de l’école retrouvaient de toute manière à la maison leurs parents…qui eux sont allés sur leur lieu de travail. Même si on dit très souvent que les enfants sont immunisés, cette décision différenciée entre les adultes et leurs rejetons nous a laissé pantois. Presque moqueurs.

Ensuite les responsables de l’école tchadienne ont proposé des solutions de cours en ligne ou télédiffusés. Mais la fracture qui existe au Tchad entre les élèves rendait de facto ces solutions 2.0 discriminantes. Elle n’ont logiquement pas eu l’engouement escompté. Partant de là, chaque école a adopté sa solution.

Si certaines écoles ont pu avancer dans les cours, ce n’est pas le cas partout.

Dans notre pays, une règle stipule qu’il faut 900 heures enseignées pour valider une année scolaire. 675 d’entre elles ont été effectuées au 19 mars dernier, date de la suspension des cours. Le gap de 225 heures devra être comblé si nous ne voulons pas risquer une année blanche. Et afin de ne pas arriver à cette issue, qui serait regrettable à plusieurs titres, les têtes pensantes de l’Éducation nationale proposent quatre scénarii d’évitement…

Ces quatre cas de figure ont été compilés dans un document succinct de 7 pages, intitulé ‘’Scanarii et stratégies de reprise des activités pédagogiques au titre de l’année scolaire 2019-2020’’.

Les trois premiers cas de figure sont principalement des propositions de dates pour la tenue des examens suivants :

  • Les concours d’entrée dans les filières techniques ;
  • Les épreuves du Brevet d’enseignement fondamental ;
  • Le brevet de technicien, celui d’études professionnelles et le diplôme de fin formation professionnelle.

Dans le 1er cas de figure, le début des examens pour les diplômes ou accessions cités est prévu pour le 27 juin 2020.

Le second cas de figure prévoit un début des épreuves le 4 juillet 2020.

Dans les deux cas, les délais de reprise me paraissent très courts.

Le troisième scénario semble plus plausible. Il fixe la date des premières examens au 18 juillet 2020.

A la lecture de ces trois propositions, je me demande si les 225 heures manquantes pourront être enseignées d’ici le 27 juin, le 4 juillet ou le 18 juillet, dates des premiers examens prévus dans le chronogramme du ministère respectivement aux scénarii 1, 2 et 3.

Le quatrième scénario consiste lui a continuer l’année scolaire 2019-2020, quitte à empiéter sur le début de l’année scolaire suivante. Des adaptations seront alors de rigueur pour équilibrer le calendrier en 2021. Les épreuves seront alors étalées entre le 28 octobre et le 28 novembre 2020.

Vu le retard accusé pour présenter ces propositions, vu la démobilisation du corps professoral et vu que la saison des pluies ne tardera pas à pointer son nez, cette quatrième proposition semble être la plus appropriée.

Le ministère a remis officiellement sa copie  ce mercredi 3 juin 2020 au Comité de gestion de crise sanitaire. Ce dernier statuera en adoptant un des quatre schémas ou en rejetant le tout.

Et le baccalauréat dans tout ça me direz-vous ?

Le diplôme phare qui marque la fin des études secondaires ne dépend pas du ministre de l’Éducation nationale et de la promotion civique mais il est géré conjointement par le ministère de l’Enseignement supérieur et l’ONECS, l’Office national des examens et concours du supérieur.

En ce qui concerne le bac, c’est encore le flou.

La rédaction de tchadinfos a souhaité entrer en contact avec ces deux entités afin de savoir quelles dispositions ont été prises pour la tenue des épreuves du bac. Mais voilà, Junior Békoutou, le journaliste en charge des questions d’éducation auprès du site d’information, s’est vu opposer une fin de non-recevoir.

Peut-on considérer ce refus de communiquer comme un aveu d’impréparation des épreuves du bac ?

Est-ce que la stratégie du ministère de l’éducation nationale, qui reste à valider par le comité de crise, est pertinente ?

Et surtout permettra-t-elle de sauver l’année scolaire, d’éviter l’année blanche ?

Des questions, toujours des questions…alors que c’est de réponses qu’ont besoin parents inquiets et élèves abandonnés.

Chérif Adoudou Artine, leader numérique autoproclamé

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