Économie : les secteurs d’investissement prioritaires

Pour opérationnaliser la Vision 2030 du chef de l’Etat Tchadien, douze secteurs prioritaires ont été identifiés. Le pays s’inscrit dans une dynamique de modernisation.

Les investissements dans ces domaines prioritaires sont envisagés dans une logique de diversification et d’industrialisation des filières porteuses par un positionnement sur toutes les chaines de valeurs. Pour stimuler les investissements structurants, le gouvernement entreprend de nouer des Partenariats Publics et Privés (PPP) et de multiplier les sources de financements du pays.

Des projets sont conçus et sont présentés aux différents partenaires lors des différentes rencontres d’affaires pour permettre la signature d’accords permettant leur réalisation effective.

1 L’agriculture

L’agriculture représente un peu plus de 23% du PIB, dont 20% proviennent de la production vivrière et 3% des cultures de rente. Le sous-secteur agricole est un grand pourvoyeur d’emplois ; il occupe les deux tiers (2/3) de la population active du pays dont plus de la moitié est composée de femmes. La production agricole, essentiellement dépendante de la pluviométrie est réalisée par des exploitations familiales. Une variété de produits est fournie par les diverses exploitations sur l’ensemble du territoire :

Les principales cultures vivrières :
  • Les céréales : sorgho, mil, maïs, blé et riz
  • Les oléagineux : arachide, sésame, niébé, pois chiche, soja
  • La culture maraichère : tomate, poivron, ail, oignon, etc.
  • Les fruits : mangue, citron, papaye, goyave, banane, etc.
Les principales cultures de rente :
  • Coton : 4ème producteur africain avec 152 000 tonnes de cotons graines produites en 2016 ;
  • Gomme arabique : 2ème producteur mondial pour la variété KITIR, quantité annuelle de production estimée à 25 000 tonnes ;
  • Karité productivité estimée à 1 390 247 tonnes de noix par an ;
  • Sésame : 17éme producteur au monde et 3ème en Afrique (90 000 tonnes) ;
  • Canne à sucre et tabac ;
  • Oignon et Ail : 24 500 tonnes ;
  • Spiruline : entre 150 à 200 tonnes de poudre de spiruline (« l’algue bleue ») annuellement.

L’analyse de la structure actuelle de l’économie du pays en termes de contribution au PIB, d’emplois et de potentiel de productivité, permet de déduire que l’agriculture peut et doit clairement jouer un rôle crucial pour la promotion de la croissance durable et inclusive.

C’est pourquoi le pays s’inscrit dans une dynamique de modernisation de ce secteur.

2 L’élevage

Le Tchad est le plus grand pays d’élevage de la Communauté Économique et Monétaire d’Afrique Centrale (CEMAC). Son cheptel est évalué à 113 562 111 de têtes, dont :

  • 29,1 millions de bovins,
  • 33,2 millions d’ovins,
  • 36,5 millions de caprins,
  • 7,7 millions de camelins ;
  • 1,2 millions d’équins,
  • 3,4 millions d’arsins ;
  • 35,6 millions de volailles.

Avec ses 84 millions d’hectares de pâturages, 23,3 millions d’hectares de formations arboricoles naturelles et d’écosystèmes d’une diversité biologique exceptionnellement riche, le Tchad dispose d’un potentiel qui ne demande qu’à être exploitée. Son savoir-faire traditionnel dans le domaine de l’élevage est reconnu et la qualité de la viande produite est la plus recherchée dans l’ensemble de la sous-région.

Les Flux monétaires annuels de l’élevage tournent autour de 155 milliards de FCFA, soit 54% des exportations hors pétrole.

Les exportations moyennes sont de 66 805 têtes/an entre 2013 et 2017. Elles se composent de :

  • Bœufs
  • Dromadaires
  • Moutons et chèvres
  • Peaux
  • Cuirs
  • Il y a aussi des exportations occasionnelles de viande fraîche et séchée.

3 La pêche

Notre pays est le premier producteur de poissons d’eau douce de la CEMAC avec          plus de 150 000 tonnes par an. 44% de la production est exportée vers le Cameroun, la République Centrafricaine et le Nigéria. Cette production est issue des divers cours d’eaux de surfaces, fleuves et lacs que compte le pays :

  • Les lacs Tchad, Fitri, Iro ;
  • Les fleuves Logone et Chari ;

Au vu de ces données, la valorisation du potentiel de la pêche représente une réelle opportunité d’investissement et une source de croissance potentielle.

4 L’énergie

La croissance démographique, l’urbanisation croissante des villes, la diversification et l’ambition d’industrialisation économique du pays entrainent une évolution de la demande d’électricité. Cette dynamique constitue une aubaine pour les investissements en matière énergétique.

Le développement d’un mix énergétique avec le solaire, l’éolien, la biomasse sont des alternatives envisagées pour atteindre l’indépendance énergétique.

5 Les infrastructures

Développer les infrastructures, c’est garantir une croissance intégrée qui profite à tous. Les besoins en infrastructures de transport (aérien, chemin de fer, route, fluvial) et d’irrigation sont importants.

6 L’urbanisation et l’assainissement

La forte croissance démographique couplée à l’exode rural augmentent la pression sur les centres urbains. Les principaux centres se retrouvent ainsi face à un déficit important de services de base. Les difficultés liées à l’assainissement, l’hygiène et la salubrité publique sont perceptibles. Environ 12% seulement de la population de N’Djamena a accès au réseau public de distribution d’eau potable.

Pour faire face à ces défis, le gouvernement, dans le cadre du Plan National 2017-2021, s’est fixé plusieurs objectifs. Il envisage d’organiser et d’aménager les espaces urbains, en vue d’assurer le bien-être des populations. Cela passera par la maitrise du foncier urbain, l’assainissement, la collecte et le traitement des déchets, l’adduction d’eau potable et l’accès au logement ainsi que le développement des services urbains (transport, loisirs, espaces verts…).

Les besoins actuels de logements au niveau national sont estimés à plus de 350 000 unités. Ceci représente en moyenne un besoin annuel de 21 000 unités et le chiffre est en progression.

La réponse à ces énormes besoins constitue une mine d’opportunités d’investissements.

7 Les mines et les carrières

Secteur embryonnaire à productions artisanales, les récentes découvertes de réserves prouvées d’or et leur exploitation ont accéléré la mise en place d’une Société Nationale des Mines et Géologie (SONAMIG) en charge de la structuration et du développement du secteur. Avec l’adoption du code minier, la mise en valeur industrielle de la filière va fortement contribuer à la diversification de l’économie et à la création de la richesse nationale.

8 Les pétrole et les hydrocarbures

L’économie tchadienne dépend fortement du pétrole, qui représentait à peu près 89% des exportations en 2018. Il est essentiellement exploité dans la zone méridionale du pays. Des réserves pétrolières sur d’autres sites restent à confirmer et certaines n’attendent que leur exploitation.

Le Tchad s’organise pour renforcer ce secteur stratégique en intégrant sa chaîne de valeur.

9 Le tourisme

Le Tchad ambitionne de devenir une destination touristique continentale de choix. A cet effet, il a mis en place des infrastructures pour le tourisme des affaires avec la construction de complexes hôteliers haut de gamme.

Des évènements qui permettent de valoriser la diversité culturelle et le patrimoine artistique national (Festival Dary, le Festival International des Cultures Sahariennes, etc.) ont été institutionnalisés.

Le pays entend augmenter la contribution du tourisme à la formation du PIB en renforçant ses infrastructures, son capital humain ; en mettant en place des mécanismes et structures/institutions de valorisation de son patrimoine culturel ; en valorisant ses sites touristiques par un aménagement des parcours.

Cette démarche constitue une opportunité pour les investisseurs et tous les acteurs de la chaîne de valeur de l’industrie touristique.

10 Les technologies de l’information et de la communication

En raison de leurs liens directs avec presque tous les segments de l’économie, les technologies de l’information et de la communication sont un intrant clé de la croissance. Décidé à faire de l’économie numérique un véritable catalyseur des autres secteurs d’activité, le gouvernement s’engage à améliorer l’accès de ce secteur. Des projets de raccord à la fibre optique sont en cours de réalisation (Soudan et Cameroun). La très prochaine mise en service de cette fibre optique va ouvrir des possibilités de développement d’activités dans le domaine des technologies de l’information et dans toute l’économie nationale.

11 Les banques et la microfinance

La diversification et la formalisation des activités productrices au Tchad doivent nécessairement s’accompagner d’un développement de l’écosystème financier. De nouvelles structures devront s’implanter pour financer l’économie : cela est d’autant plus opportun que les améliorations du climat des affaires apportent une

sécurité aux investissements et le taux de bancarisation encore faible du pays laisse une marge de croissance pour les acteurs.

12 L’éducation et la santé

Au Tchad, l’accroissement de la population va s’accompagner d’une augmentation des besoins en termes de services éducatifs, de services de santé et d’un agrandissement du marché en lien avec ces derniers.

Toute cette nouvelle dynamique présage une augmentation du poids des services dans l’économie et constitue de ce fait une aubaine pour les investisseurs en quête de nouveaux débouchés.

Chérif Adoudou Artine

 

 

 

 

 

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