La condition physique d’IDI

Massenya, Massakory, Mao. Le marathon électoral continue pour Idriss Déby Itno. Le candidat de consensus tient une santé au point qui lui permet d’enchainer les podiums. Le journal de campagne du 25 mars se penche sur la condition physique d’IDI.

Trois villes en deux jours (Massenya, Massakory et Mao mercredi et jeudi) et toujours ce même message de rassemblement, cette même bonhommie vis-à-vis de celles et ceux qui font le déplacement pour l’écouter.

En Arabe local, comme il en a pris l’habitude depuis le 13 mars, Idriss Déby Itno a rappelé à Massakory jeudi matin (le 25 mars) : « Je sais que le 11 avril prochain, femmes et hommes, vous irez voter pour votre unique candidat (…) et comme le Directeur national de campagne l’a précisé, sur le papier ou il y a les dix photos il n’y a qu’une personne qui porte un chapeau – Nadim waït bass inda taguiyé – (c’est à dire lui) ». Et de poursuivre : « Allez de maison en maison, de ferick en ferick, de village en village… Allez montrer à toute la population comment est-ce que l’on doit voter ».

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Quelle est sa routine fitness ?

Il y a un détail (d’importance néanmoins) sur lequel je souhaite m’attarder. Le candidat de l’Alliance du consensus a une santé de fer. Car pour tenir la cadence de cet enchainement de déplacements en province (même s’il voyage en avion et dans des conditions relativement confortables) il faut une condition physique, à défaut d’être olympique, au beau fixe. Et pour un homme qui approche les soixante-dix ans, il est très alerte. Loin des rumeurs qui le disent malade, fatiguée, j’ai même lu boursouflé, Idriss Déby Itno a tout d’un homme en bonne santé.

Je suis bien curieux de connaître sa routine fitness. En tant que militaire de carrière, l’exercice physique devait être une habitude pour lui. Mais depuis ses pénates présidentielles, Idriss Déby Itno prend-t-il encore le temps de faire quelques tractions, quelques pompes, des exercices de gainage et surtout du cardio-training ? Au vu de son aisance sur scène sous des températures dépassant souvent les quarante degrés de moyenne, il n’est pas insensé de penser que notre président pratique une activité physique régulière. D’ailleurs si j’étais en charge de la communication de ce dernier je composerais une des couches de l’image présidentielle sur cette bonne santé. Pour les esprits formatés à une certaine idée de l’hygiène de vie (les esprits des utilisateurs des réseaux sociaux), pour cette tendance #Woke, c’est une image qui ferait parler…en bien. Loin des pitreries gymniques balancer sur les comptes d’un Yoweri Musévéni. Ne pas en faire trop non plus afin de ne pas devenir virale comme l’est actuellement Jo Biden après sa triple chute sur l’escalier d’embarquement d’Air force One il y a quelques jours. Car à force de trop vouloir jouer le jeunisme, à tomber dans la caricature de l’homme à la santé de fer et à tirer sur la corde d’un corps rompu à la vie dure des casernes militaires et des champs de combat on risque la faute d’image. Au sujet du Président américain et de la faute d’image justement, la consultante en marketing Paola Audrey s’est écriée « Mais pourquoi ses communicants le font tout le temps courir ? On sait qu’il a plus de 80 ans et ça ne sert à rien de vouloir vendre une autre image. Les chutes devant Air Force One, c’est totalement de leur faute. »

Non, pour élargir le champ de l’image de notre président je vois autre chose. Autre chose de mieux. Une production calibrée, qui resterait dans le champs de la réalité d’un quasi septuagénaire.

Mais au-delà des #Woke, il y a aussi l’image renvoyée à ses populations, souvent rurales, que rencontre le candidat (comme mercredi à Massenya et jeudi à Massakory et Mao). Ces femmes et ses hommes du Tchad profond doivent aussi certainement être impressionnés par la bonne tenue générale et l’énergie déployée par celui qui souhaite les convaincre de cocher sous sa photo le 11 avril, cette seule photo sur laquelle figure une personne avec un chapeau.

Chérif Adoudou Artine

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