La scène politique de ce début de transition

Que dire de la scène politique tchadienne de ce début de transition ?

– Un ami (enfin, je suppose) : Chérif, tu n’écris plus. Qu’est-ce qui se passe ?

– Moi : J’aime écrire sur la politique. Donner mon avis. Prendre position. Mais pour l’instant, il n’y a pas grand chose à dire. Il faut surtout observer. L’échiquier que nous connaissions et auquel nous nous sommes habitués est entrain de disparaitre. Le landernau politique laissé par Idriss Déby Itno ne survivra pas à la perte de son chef d’orchestre. IDI dominait la vie politique et les autres le suivaient. Il imprimait son rythme et les autres (politiciens sérieux comme simples paltoquets) ne pouvaient qu’entrer dans la danse. Il dictait les agendas et ses adversaires en prenaient acte.

Mais malgré le décès de ce dernier, il demeure quelque chose de cette scène politique. Elle ne disparaitra pas subrepticement. Ce sera par étape… une sorte d’écrémage idéologique (non pas idéologique, pas ça. Pas encore !). Ce sera un écrémage à travers des alliances circonstanciées plutôt, guidées par les intérêts (sonnants et trébuchants parfois, à d’autres fins dans certains autres cas). Nous verrons bien où nous en serons dans quelques mois. Peut-être après ce dialogue inclusif tant voulu, tant attendu et certainement fantasmé.

Ce dialogue inscrit dans le rapport de l’Union africaine qui nous oblige à certaines choses sera le concert de la cacophonie… et si nous ne prenons pas garde et que le cahier des charges de cette Conférence nationale souveraine à rabais n’est pas précis, nous allons nous retrouver avec tout ce que le Tchad compte de pacifistes, d’intellectuels… mais aussi de loufoques, de séparatistes, d’aigris, etc. Ce sera la kermesse de la médiocrité, du houspillement et tout autres règlements de compte verbaux. Ni Ali Abdérahman Haggar, ni Acheikh Ibn Oumar n’y pourront quelque chose. Si nous ne prenons pas garde et que nous prenons les choses à la légère.

Je disais donc que l’échiquier politique actuel ne ressemblera en rien à ce que nous avons connu. Une fois les ondées de juin, juillet et août passées, nous y verront peut-être un peu plus clair. Mais même à ce moment, ce sera encore trop tôt car les réelles enjeux de la politique (à savoir la pratique du pouvoir, qui passe au Tchad avant le projet et l’élection (qui normalement doit y conduire)) n’arriveront qu’à l’horizon du second semestre 2022. A l’heure actuelle, écrire, soutenir une personnalité, un groupe de personnes ou un parti politique serait vide de sens. Une incongruité que je n’oserai !

Viendra le temps ou l’on reprendra notre plume pour proposer et assumer nos prises de position dans un espace Facebook devenu de plus en plus rance, un espace d’expression où les méchants, les médisants et les crapules de toutes sortes font flores à coup de hoax auprès de lecteurs perdus.

– L’ami supposé : D’accord, je comprend mieux ton silence.

Chérif Adoudou Artine

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