Réunis fin décembre autour du Président la République, les membres du nouveau bureau politique du MPS ont reçu les ultimes conseils et les dernières consignes avant les élections législatives et régionales prévues au courant de cette année 2020. 

Les élections législatives sont bel et bien dans les tuyaux. La réunion privée entre le Président de la République et les 131 membres du bureau politique du MPS (Mouvement patriotique du salut) de ce samedi 28 décembre 2019 en est, si besoin en était, la preuve.

Telle une dernière Cène, les acteurs de l’organe « législatif » du MPS ont reçu les derniers conseils et les ultimes consignes du chef. Cette probable dernière rencontre avant les échéances électorales n’était pas du tout religieuse (pas christique donc), elle était politique.

Le Président de la République tout d’abord, et le Secrétaire Général du MPS ensuite ont donné le ton pour les semaines à venir.

Le patron de la mouvance présidentielle a fixé le cap et en phase avec ses propos du 3 novembre dernier lors du 8ème congrès extraordinaire du MPS, il appelle ses troupes à resserrer les rangs et à prendre les échéances électorales à venir avec le plus grand sérieux afin de ne pas se faire surprendre.

Aujourd’hui majoritaire, le MPS doit garder à l’esprit que la victoire n’est pas acquise.

La composition de l’actuelle Assemblée nationale

Le MPS totalise 110 sièges sur 188. En plus des 6 occupés par son allié, le RDNT (Rassemblement national de démocrates tchadiens), la majorité présidentielle  pèse 61,7% des voix. La majorité des 2/3 (66%) n’est pas atteinte mais la mouvance « baministe » a toujours pu compter sur les votes des indépendants qui ont tous une forte tendance MPS.

La composition de l'actuelle Assemblée nationale avec une majorité PS

Panorama des forces en présence.

Les dangers de perdre cette confortable majorité, même s’ils existent, ne sont pas si effrayants que ça quand on regarde l’adversité qu’il y a en face.

Le principal parti d’opposition, l’UNDR (Union nationale pour la démocratie et le renouveau) de Saleh Kebzabo, ne pourra faire mieux que ses 11 sièges actuels. Tout simplement car il n’a aucune assise régionale en dehors de ses « fiefs » traditionnels. Les défaites à répétition semblent avoir essoufflées cette formation qui n’arrive pas à se renouveler, à trouver un nouveau leadership, à se trouver une nouvelle identité gagnante.

Même cas de figure pour les deux autres partis d’opposition représentés actuellement dans l’hémicycle du palais de la Démocratie de Gassi : l’URD (Union pour le renouveau et la démocratie) de Romadoumngar Félix Nialbé et le FAR (Fédération, Action pour la république) de Ngarlejy Yoroungar. Aucune représentation sur l’ensemble du territoire, ce qui au final, plombera forcément les résultats.

Des candidats indépendants attireront peut-être sur eux la lumière médiatique, mais ne pourront faire vaciller le MPS sur le terrain de la représentativité populaire. Je pense à Succès Masra, le leader de la communauté digitale Les Transformateurs, et quelques unes de ses têtes de proue. Nous pourrons également voir des accords se conclure entre ces derniers et un parti d’opposition pour intégrer quelques noms dans les listes de leurs candidats.

Si les troupes du MPS et leurs alliés sont disciplinés, sérieux dans le travail en amont des différentes campagnes et soudés, ces consultations populaires ne devraient être qu’une simple formalité. Je terminerai en reprenant cette conclusion d’Idriss Deby Itno : “soyez de bons perdants si vous perdez, de bons gagnants si vous gagnez.“.

Chérif Adoudou Artine, leader numérique autoproclamé

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