Les agendas se bousculent

72 heures après l’annonce du décès du Président de la République Idriss Déby Itno et l’instauration d’un Conseil militaire de transition, passage en revue des positions des différents acteurs de la scène militaire, politique, de la société civile et des partenaires internationaux du Tchad

Alors que le CMT (Comité militaire de transition) a rendu public ce mercredi 22 avril sa Charte de transition (document qui fera office de loi fondamentale durant les 18 mois transitifs), les acteurs politiques, syndicaux et ceux de la société civile ont pris position sur la situation qui prévaut actuellement et s’organisent en conséquent.

Les partenaires internationaux du Tchad aussi, la France en tête, se positionnent vis-à-vis de cette période transitoire qui sera dirigée par 15 généraux. Et le moins que l’on puisse dire est que les agendas des un et des autres ne sont pas les mêmes, un casse-tête avec laquelle devra composer Mahamt Idriss Déby, Président du CMT.

Les militaires – « Le rôle de l’armée est de soutenir le peuple »

Dans un entretien accordé au média allemand dw.com, le général Idriss Abdéraman Dicko, s’exprimant au nom d’un « groupe d’officiers retranchés à Farcha« , affirme que les militaires ne sont pas d’accord avec le CMT. Cet officier, ancien rebelle du RAFD et fonction au sein des forces de l’Union africaine au Darfour, précise : « Le rôle de l’armée est de soutenir le peuple tchadien. Si le peuple dit non à une mascarade ou à un petit coup d’État, nous allons revenir vers le peuple tchadien pour que nous soyons ensemble », tout en appelant « au retour à l’ordre constitutionnel. »

Les politiques – « Condamnation du coup d’État institutionnel »

Après des interventions à la radio ou sur les réseaux sociaux ayant plus trait à des hommages au défunt président, les politiques tchadiens se sont exprimés ce mercredi 21 avril 2021 à travers une « Déclaration des partis politiques de l’opposition démocratique » aux accents de mise en garde. En 7 points, ces partis politiques condamnent ce qu’ils qualifient de « coup d’État institutionnel » .

Les syndicats – « Une transition civile »

L’UST (Union des syndicats du Tchad) principale cellule syndicale du pays, a réunie mercredi son bureau exécutif afin d’arrêter une position officielle vis-à-vis de la situation exceptionnelle que connait le Tchad. Gounoung Vaima Gan-fare, secrétaire général du bureau exécutif de l’UST, affirme que la cellule « condamne catégoriquement la prise de pouvoir par les armes et la confiscation du pouvoir par les armes et demande que l’ordre constitutionnel soit rétabli avec une transition dirigée par un civil. »

En outre, l’UST « demande aux travailleurs d’observer un arrêt de travail jusqu’à ce que la situation soit clarifiée. »

A l’international – La France « prend acte »

Dés l’officialisation du décès du Maréchal Idriss Déby Itno la France, à travers un communiqué de l’Élysée, a présenté ses condoléances en précisant : « la France perd un ami courageux« . Elle « prend acte de la transition en cours » et « exprime son ferme attachement à la stabilité et à l’intégrité territoriale du Tchad » tout en insistant sur une « transition pacifique ».

Du côté de l’Union Africaine, même si Moussa Faki (Président de la Commission africaine) s’est entretenu avec le nouvel homme fort de N’Djaména, aucun commentaire sur le CMT, la transition et les institutions.

Mahamat Idriss Déby rassure

Le président du CMT, Mahamat Idriss Deby a commencé à rencontrer toute la classe politique et les organisation de la société civile tchadienne. Il leur demande de soutenir le Conseil militaire de transition pour parvenir à la réussite de la transition.

Par ailleurs, il promet qu’au terme de la transition, « le pays sera doté de nouvelles institutions et que des élections libres, transparentes et démocratiques seront organisées pour remettre le pouvoir au civil. »

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