L’Afrique, par la voix et les clics de sa jeunesse, soutient le mouvement militant #BlackLivesMatter. Par solidarité, par empathie, par indignation. Mais elle oublie au passage de s’indigner contre son propre racisme endogène et les dérives de ses forces de l’ordre. Et si les leaders de la jeunesse africaine se servaient des leçons apprises de ce mouvement outre Atlantique pour s’organiser afin de sensibiliser sur certains de ses propres maux ?

Le mouvement citoyen #NoLimit pronait le  »Vivre ensemble ». Une initiative à encourager pour lancer un mouvement militant pour lutter contre les violences policières et le racisme endogène ? Crédit : Toumaï Web Média

Mardi matin lorsque je me suis connecté à mon Instagram j’ai cru durant une petite heure que la carte mère de mon téléphone était abîmée. Tous les postes étaient noirs. Noirs avec de temps en temps des slogans. J’ai donc désinstallé mon application et les installer à nouveau quelques instants après… réflexe bidon pour remettre les choses à flot en fait.

Et puis en lisant un article sur mashable.com

J’ai appris que ces carrés noirs étaient le résultat du BlackOutTuesday. Un boycotte assez particulier initié ce mardi 2 juin 2020 notamment par Jamila Thomas, directrice marketing d’Atlantic Record (maison de disque américaine) sur les réseaux sociaux et les plateformes de streaming. Cette action, comme beaucoup d’autres, dénonce le racisme contre la communauté noire aux États-Unis.

Ce #BlackOutTuesday est une émanation du plus ancien et plus vaste #BlackLivesMatter.

Tandis que les émeutes et les protestations occupent la Une des journaux du monde entier, la jeunesse africaine s’est elle aussi immiscée dans le mouvement en relayant les messages pour un plus grand respect de la vie des afro-américains et tout en s’employant à adopter les codes du boycotte. La solidarité, l’empathie, l’indignation… c’est tout a fait normal.

Mais au-delà des symboles et du fait que la mort de Georges Floyd nous touche tous, je souhaite que ce mouvement puisse aider à mettre en lumière certains maux qui minent les sociétés africaines en général et tchadienne en particulier. Car je pense qu’il est nécessaire de le rappeler, le mouvement militant américain Blaclk Lives Matter se mobilise contre la violence et le racisme contre les afro-américains aux Etats-Unis. Et non contre les violences et les différentes formes de racisme endogènes perpétrées par des noir d’Afrique à l’encontre d’autres noirs d’Afrique. Et par recentrage… non pas des actes perpétrés par des noirs du Tchad à l’encontre d’autres noirs du Tchad. Vous voyez ou je veux en venir ?

Insultes ethniques

Les protestations qui se tiennent actuellement aux USA coïncident avec un micro événement qui ne concerne que les internautes tchadiens : un déferlement de haine par postes Facebook interposés basé sur les origines ethniques. Une attitude qui dénote avec les scènes d’union de blancs, de noirs, de latinos, d’Amérindiens que l’on a vu sur nos chaînes de télé ou nos feed réseaux sociaux. Et pourtant bon nombre de jeunes tchadiens prônent les valeurs d’unité, de respect et d’ouverture du hashtag #BlackLivesMatter.

Le deuxième fait important du mouvement de contestation américaine est le clouage au pilori de sa police. Dans le même esprit, nos jeunes du continent et nos jeunes tchadiens ont embrassé et relayé ces dénonciations. Tout en oubliant de le faire pour les forces de l’ordre qui sont aux coins des rues de N’Djaména, de Kinshassa, de Lagos ou d’Abidjan. Ces hommes en uniformes qui rackettent, qui torturent et qui se comportent comme de petits dictateurs face à une population désarmée.

J’interpelle par conséquent tous les leaders de la jeunesse tchadienne pour lancer un mouvement militant apolitique avec pour seul objectif de lutter contre les dérives policières et le tribalisme. #OthersChadiansLivesMatter La vie des autres tchadiens (autres que nous) comptent.

Qu’attendez-vous pour lancer avec autant d’énergie que celle dont vous avez fait preuve pour soutenir le hashtag américain, notre propre hashtag revendicatif ?

Chérif Adoudou Artine, leader numérique autoproclamé

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