Chérif newz

Votre condensé d’actualité tchadienne…et plus !

Trafic de drogue au MAE

Au Tchad nous suivrons l’évolution de l’affaire qui secoue le ministère des affaires étrangères et attendons une réaction officielle du ministère. Rappelons que le directeur général du département et six de ses collègues ont été arrêtés dans une histoire de trafic de tramol.

<blockquote class= »twitter-tweet »><p lang= »fr » dir= »ltr »>Des pratiques aussi éhontées, graves et préjudiciables si avérées étaient absolument inimaginables au MAE que je connaissais sous les ministres <a href= »https://twitter.com/Allammia?ref_src=twsrc%5Etfw »>@Allammia</a> et <a href= »https://twitter.com/MoussaFakiMht?ref_src=twsrc%5Etfw »>@MoussaFakiMht</a>. Que s’est-il réellement passé au quartier général de la diplomatie tchadienne? Je suis inconsolable. <a href= »https://twitter.com/hashtag/Tchad?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw »>#Tchad</a> <a href= »https://t.co/0N9JvwTAOy »>https://t.co/0N9JvwTAOy</a></p>&mdash; Hassan Bouyebri (@HassanBouyebri) <a href= »https://twitter.com/HassanBouyebri/status/1146848114998988800?ref_src=twsrc%5Etfw »>July 4, 2019</a></blockquote> <script async src= »https://platform.twitter.com/widgets.js » charset= »utf-8″></script>

Pour le reste de l’actualité tchadienne et comme le chantait Renaud, « s’il y a quelque chose, on vous le dira »

CAN 2019

Les 8èmes de finale de la coupe d’Afrique des nations débutent ce vendredi 5 juillet. Voici le tableau du deuxième tour :

Etats Unis

Une première dans la célébration du 4 juillet aux Etats-Unis. Donald Trump a organisé un défilé militaire. Ce qui constitue un virage radical pour le D-Day, qui traditionnellement est une célébration apolitique.

Le défilé du 14 juillet à Paris, en 2017, placé sous le signe de l’amitié franco-américaine qui a inspiré Donald trump. (photo : AFP)

Arabie Saoudite

La rapeuse et spécialiste du twerk, Nicki Minaj sera en concert dans la ville saoudienne de Jeddah le 18 juillet prochain dans le cadre du festival « Jeddah Season » (qui sera même retransmis sur MTV). Le prince héritier Mohamed Ben Salman adopte là une stratégie d’ouverture visant les millennials de son pays qui représentent 60% de la population du pays.

Excellente journée à toutes et à tous.

Cherif Adoudou Artine, leader numérique autoproclamé

L'essentiel de l'actualité intéressante du 5 juillet en un clin d'oeil...

« GO back to Africa », la campagne qui détourne les clichés négatif sur l’Afrique.

L’article que vous allez lire est une introduction rédigée par Patrick Ndungidi, rédacteur pour Forbes Afrique. Il y décrit une campagne de communication primée qui détourne le coté péjoratif d’une expression pour en faire un appel au voyage.

La campagne «Go Back To Africa» transforme une expression péjorative en slogan marketing.

La campagne a remporté le grand prix de la catégorie « Créative Data », lors du festival international de la créativité « Cannes Lions », organisé à Cannes fin juin. Conçue par « Black & Abroad », une société basée à Atlanta (USA) et spécialisée dans les expériences de voyage pour les Noirs, la campagne utilise positivement l’expression «Go back to Africa» (souvent utilisée de manière négative et raciste) pour montrer la diversité, la beauté et la richesse de l’Afrique. Selon la plate-forme d’écoute sociale NetBase, l’expression «Go Back To Africa» est utilisée en ligne, de manière raciste, plus de 4500 fois par mois. Ainsi, expliquent ses initiateurs, l’un des objectifs de la campagne est d’effacer le côté péjoratif de l’expression et de réduire son impact négatif contribuant ainsi à changer le récit négatif sur l’Afrique.

Vu de l’application « Go back to Africa »
Un appel au voyage et à la découverte
Merchandising et testimoniaux font partie de la panoplie.

En outre, « Go back to Africa » vise aussi à encourager les afro-américains à visiter l’Afrique. Pour ce faire, Eric Martin et Kent Johnson, co-fondateurs de « Black & Abroad », organisent plusieurs voyages en Afrique par an dans des pays comme le Ghana, le Sénégal et l’Afrique du Sud. Article à lire sur africanshapers ici https://bit.ly/2xy9auE

Patrick Ndungidi

Scandale aux Affaires étrangères

Le Directeur général du département et six de ses collègues et collaborateurs sont incarcérés depuis le vendredi 28 juin à N’Djaména sur fond de trafic de stupéfiants.

Il faut remonter à avril dernier pour mieux comprendre l’histoire. Un Tchadien est arrêté à Cotonou au Bénin alors qu’il convoyait un container rempli de produits psychotrope, plus couramment connus sous le nom de Tramol. Un chargement, qui selon son convoyeur, est destiné à l’Armée nationale tchadienne.

Quelques heures après l’arrestation des sept fonctionnaires, le porte parole de la grande muette dément avoir commandé de telles marchandises.

Cette arrestation crée le branle bas de combat à N’Djaména, où le groupe de sept personnes incarcérés vendredi tente par tous les moyens de faire libérer le compatriote détenu au Bénin.

Les diverses démarches qu’ils ont entamées pour obtenir illicitement des documents pouvant permettre de faire sortir leur ami de prison se sont ébruités, jusqu’à tombé dans l’oreille d’un commandant de gendarmerie, un certain Mahamat Saleh Ali Sakine.

Ce dernier a confié à tchadinfos.com qu’il a mené son enquête, en accord avec sa hiérarchie jusqu’à remonté au ministère des Affaires étrangères.

Deux questions taraudent beaucoup de tchadiens.

Tout d’abord, ils se demandent pourquoi est-ce que le nom du directeur général du ministère est tue par le procureur et les différents médias ? D’autant plus que c’est une personne connue de tous car occupant un post officiel.

La seconde question : est-ce que ce scandale aux Affaires étrangères éclaboussera l’armée tchadienne pour devenir à terme tout simplement un scandale d’état ?

Wait and see…

Chérif Adoudou Artine, leader numérique autoproclamé

Chérif Adoudou Artine

Tchad Forum d’investissements

Parole d’experts sur la portée de la rencontre de N’Djaména !

Quelques « investisseurs » venus de pays arabes et des régions Afrique centrale et Afrique de l’ouest se sont retrouvés à N’Djaména du mercredi 26 au vendredi 28 juin 2019 pour tenter d’apporter des réponses tangibles à « la relance de l’économie tchadienne » en injectant des fonds dans des projets publiques ou privés. Le tout sous l’égide de l’Etat tchadien et de la BADEA (Banque arabe pour le développement économique en Afrique).

Au delà du contenu des négociations en B to G ou en B to B qui s’apparentaient plus, dans la majorité des cas, à des séances de speed dating qu’à autre chose, nous avons voulu confronté l’avis de deux experts. L’un ayant travaillé dans le comité d’organisation du Forum et l’une l’ayant observé depuis Paris. Ils ont des avis divergents sur la réussite future des engagements pris à N’Djaména fin juin.

Voici les deux questions posées à nos experts :

  • Quel regard portez-vous sur l’organisation de ce forum ?
  • Le Forum atteindra-t-il ses objectifs, à savoir relancer l’économie tchadienne ?
Madjissem Beringaye vs Vania Askari

Et vous ? Quels sont vos avis sur cette question, à savoir l’utilité de ces rencontres pour relancer l’économie Tchadienne ? Le débat se poursuit sur Twitter

Chérif Adoudou Artine, leader numérique autoproclamé

CAN 2019 – Le 2nd tour

Le tableau des huitièmes de finale

Le premier tour de la CAN 2019 a rendu son verdict ce mardi soir. Il n’aura servi qu’à éliminer six équipes sur les 24 en lice. Les deux premiers des six groupes étant qualifiés d’office, accompagnés des quatre meilleurs troisièmes.

Dans le groupe A, l’Egypte termine en tête avec 3 victoires pour autant de match. Les Pharaons seront accompagnés au second tour par l’Ouganda et la RDC qualifiée de justesse en qualité de deuxième meilleur troisième. le Zimbabwe reste à quai avec 1 petit point.

Le groupe B a été dominé par les surprenants malgaches. Le Nigéria et la Guinée passent également en huitième. Le Burundi termine lanterne rouge du groupe.

La poule C, sans doute la plus relevée, a vu des Algériens, sûrs de leurs forces, terminés avec un sans faute. Il faudra compter sur les joueurs de Djamel Belmadi pour la victoire finale. Au même titre sans doute que les Sénégalais qui terminent deuxième avec 2 victoires et 1 défaite. Le Kenya et la Tanzanie rentrent à la maison.

La Maroc a dominé le groupe D avec 9 points sur 9. Il termine devant la Côte d’Ivoire (6 points) et et l’Afrique du sud (3 points), tous qualifiés. La Namibie termine dernière avec un zéro pointé.

Maliens et Tunisiens prennent les deux première place dans le groupe E, devant l’Angola et la Mauritanie qui s’arrêtent au premier tour.

Les tenants du titre camerounais terminent deuxième (à égalité de points) avec le Ghana. dans ce groupe F ils seront accompagné par un des petits poucets de la compétition, le Bénin qui accède pour la 1ère fois de son histoire au second tour. Les Bissau-guinéens s’arrêtent à ce stade.

tableau-des-huitèmes-1

Chérif Adoudou Artine, leader numérique autoproclamé.

Tigo : le torchon brûle ?

Les salariés tchadiens de Tigo Tchad sont entrés en grève depuis le lundi 25 mars. Ils s’inquiètent pour l’avenir de leurs contrats signés avec leur actuel employeur. Inquiètudes fondées ?  

Ils souhaitent dans tous les cas une garantie avant que le nouveau repreneur, Maroc Telecom, n’arrive.

Revenons à la vente…

Qu’est ce qui a conduit cette vente de Tigo Tchad au leader de la téléphonie au Maroc ?

Décryptage de cherifadoudou.com

Chérif Adoudou Artine, leader numérique autoproclamé

Aux confins du professionnalisme et de la passion…

Entre débats, key-notes, campus, rdv pros et la Sunday, je vous raconte mon expérience des Adicomdays 2019 qui se sont déroulés les 22 et 23 mars 2019 à Abidjan. Suivez-moi aux confins du professionnalisme et de la passion…

« Ce type d’évènement permet de crédibiliser notre métier, la marketing digital. » Cette phrase prononcée par Mbépongo Dédy Bilamba, brand manager de KFC Côte d’Ivoire, lors du campus marques qui s’est déroulé samedi 22 au Orange Fab à Abidjan, suffit à elle seule pour justifier l’existence des Adicomdays (Africa Digtal Communication Days). La 3ème édition de ces rencontres africaines s’est tenue les 22 et 23 mars dans la capitale ivoirienne avec aux manettes les co-fondateurs, Kahi Lumumba (de l‘agence Totem Experience) et Sophia El Hajaj-Gnassounou. Tels des métronomes, ils ont proposé une première journée équilibrée et complémentaire sous le thème général « Les communautés (en ligne) prennent le pouvoir ». Les majors d’Internet (Google et Facebook) ont animé dans la matinée des key-notes (mi-stratégie, mi-promotion) avec un intérêt certain pour le continent africain. Twitter et Instagram n’étaient pas en reste avec (aussi) des key-notes qui avaient pour objectif de prouver l’intérêt de ces médias pour le marketing et l’influence.

Des débats se sont ensuite tenus entre différents acteurs africains. Nous sommes passés du global au local en somme… avec Steve Wallace, en charge de la communication digitale à la présidence du Bénin, Mounia Tokpanou, campaign manager de Air France West Africa, Dédy Bilamba, brand manager de KFC Côte d’ivoire et le community manager Chedjou Kadem. Ils ont partagé leurs expériences respectives de marques. Le moins que l’on puisse dire est que le contexte et l’adaptation à ce dernier est primordiale pour « créer, animer et engager une communauté en ligne. »

Mon coup de cœur

Y a-t-il opposition entre médias traditionnels et pure players ? Ou comment passer de médias traditionnels à pure players. Ce débat a été riche et instructif. Habib Bamba, directeur de la transformation, du digital et des médias d’Orange Côte d’ivoire, a expliqué l’intérêt qu’une marque telle qu’Orange a à développer des outils et des produits digitaux. « Cela fait partie de notre ADN » a-t-il expliqué si ma mémoire ne me fait pas défaut. David Gueye, directeur adjoint du numérique de TV5 Monde, qui présentait les enjeux de l’application mobile de la chaine internationale, était dans ce débat l’exemple tangible d’un média traditionnel qui a enclenché sa mue numérique. Comme quoi rien n’est figé… et surtout rien n’est opposé. Cela va dans le sens de l’exemple donné par Philippe Perdrix, dirigeant de l’agence de Relations presse 35° Nord, quand il a évoqué le journal l’Equipe qui a vu ses ventes physiques fidélisées grâce à l’application mise en ligne et ses articles vendus à l’unité.

Un échanges entre professionnels qui a tenu toutes ses promesses à travers les arguments des uns et des autres. Conclusions ? Aucune opposition entre ‘’brick and mortar’’ et ‘’pure players’’. Tout n’est qu’une question de complémentarité et de stratégies.

Cette séquence qui aura durée plus d’une heure sur une question de fond dans l’évolution des médias, avec des intervenants de haut vol, devant 600 personnes intéressées, voire passionnées et des partenaires de poids est ce qui caractérise (et devra caractériser dans les années à venir) les Adicomdays et qui fera qu’ils s’ancrent comme l’évènement incontournable des professionnels africains de la communication et du marketing. Un must, car je ne pense pas qu’un tel label existe en Afrique francophone (et ailleurs ?)…

J’ai raté la Sunday

Samedi, les campus qui complétaient les Adicomdays 2019 ont apporté encore plus de coffre à nos rencontres abidjanaises. Simultanément sur trois sites, les organisateurs ont proposé un campus marques (le plus couru) au Orange Fab, un campus étudiants (sans doute le plus utile des trois, car destiné aux futurs professionnels) qui s’est déroulé au CME Bingerville de la Compagnie ivoirienne d’électricité et enfin un campus influenceurs au sein de l’impressionnant et tout neuf Orange digital academy.

Je souhaitais participer aux Adicomdays par curiosité mais aussi pour m’imprégner de ce qui se fait de mieux en la matière, pour profiter des meilleurs insights et pour réseauter. A tous les niveaux, j’ai été servi ! Tout d’abord par Abidjan qui, comparée à nos villes du Sahel, est un autre monde. Ce n’est pas Paris, ce n’est pas Londres…mais c’est Abidjan. Et c’est suffisant. Car cette ville respire. A travers ses médias (de plus en plus nombreux) et son show bizz, par sa géographie caractérisée par ces lacets d’eau qui l’entrecoupent de partout et surtout par « cette gentillesse toute ouest-africaine » comme l’a décrite une amie. Ensuite j’ai pu rencontrer des profils aussi nombreux que différents : des corporates, des indépendants, des débutants, des curieux, des artistes, … « Aucune connexion n’est de trop !» ponctuait une de mes rencontres au moment où nous échangions nos cartes de visites.

J’ai malheureusement raté la Sunday, une fête à ciel ouvert qui se déroule de 15h à 22h et qui réunit les millennials branchés d’Abidjan. Et pour cause, j’avais un lunch avec la queen des médias sociaux, Paola Audrey et deux rendez-vous avec des graphistes dans la soirée. Le travail a pris le dessus sur le reste. L’année prochaine peut-être pour la Sunday.

En bonus

Il y a eu vendredi soir les Adicom awards, qui récompensaient les meilleurs influenceurs dans sept catégories (tech, voyage. Impact social, food, humour, beauté et jeune talent).  Je vais me prendre au jeu et décerner moi aussi mes awards (les Chérif’s adicom awards ?) des meilleurs speakers :

Numéro 3 :

Adrian Ciesielsky de l’agence Ad-Dynamo pour son campus sur Twitter, mais aussi pour ses basket brandéees avec l’oiseau bleu.

 

 

 

 

 

 

Numéro 2 :

Christian Dzellat de NOFI (Noir et fier) pour sa gouaille et son côté militant qui dénotait quelque peut dans cette atmosphère très professionnelle où tout le monde se congratulait.

 

 

 

 

Numéro 1:

Nicolas Kern, influence marketing expert, pour sa brillante key-note sur « Comment générer de l’influence via Instagram. »

 

 

 

 

 

 

Et vous participants des Adicomdays 2019, qui avez-vous préféré, à part Sophia et Kahi ?

Chérif Adoudou Artine, leader numérique autoproclamé

Affaire de l’étudiant tchadien détenu en Inde. Suite…

 » (…) nous n’allons pas nous décourager. Nous allons appuyer les efforts appropriés visant à trouver une solution au cas de notre compatriote. »

Chérif Mahamat Zene,

ministre des Affaires étrangères du Tchad

Compte Facebook de Béchir Issa Hamidi

Le Ministre des Affaires Étrangères, de l’Intégration Africaine, de la Coopération Internationale et de la Diaspora, Chérif Mahamat Zene s’est prononcé sur cette affaire au cours d’un entretien accordé à la Presse nationale, ce midi (ndlr lundi 21 janvier 2019)

« L’étudiant tchadien YOUSSOUF ALLAMINE TAHIR a été arrêté le 05 février 2015 à la frontière entre l’Inde et le Népal. Informé, le Consul honoraire du Tchad à New Delhi a contacté par une note le Ministère indien des Affaires étrangères le 9 mars 2015 et a demandé la libération et le rapatriement de l’étudiant au Tchad. Le 10 mars, le Ministère indien des Affaires étrangères a contacté, à son tour, le gouvernement de l’état fédéré d’Uttar Pradesh qui lui a fait savoir que le cas de l’étudiant tchadien relève de la justice de cet Etat, puisque plusieurs chefs d’accusation, notamment falsification et détention de faux documents pèsent sur lui. Ces éléments ont été portés à l’attention du Consulat le 27 mars 2015 par le Ministère indien. Lire la suite ici (compte Facebook de Bechir Issa Hamidi).

Chérif Adoudou Artine, leader numérique autoproclamé

TIC et politique ne font pas bon ménage ?

Qui sera le prochain ministre des TIC au Tchad ? La personnalité qui succèdera  à Mme Alix Naimbaye devra comprendre les codes et les enjeux de l’économie numérique et les appliquer dans un contexte difficile, tant sociologiquement que structurellement. Elle devra avoir le #mindset approprié.

La ministre en charge des Postes et des Nouvelles technologies de l’information et de la communication a été limogée ce vendredi 11 janvier 2019. Le fauteuil est par conséquent vacant. Le (la) prochain(e) ministre devra dépoussiérer ce département. Oui dépoussiérer, déjà ! Car malgré son jeune âge (dans son intitulé actuelle et sa fonction novatrice), ce ministère traine avec lui une grande partie de ce que le Tchad compte d’anachronismes. Créé à l’occasion du remaniement du 21 janvier 2013, le ministère aura connu trois ministres. Le premier d’entre eux a été Daoussa Déby. Il y a eu ensuite Mahamat Louani Goadi et Mahamat Allahou Taher. Mme Madeleine Alingué, actuellement sur le strapontin de la Culture, a assuré la fonction jusqu’au 8 mai 2018. Mme Alixe Naïmbaye étant la dernière occupante de la fonction. On attend le (la) suivant(e)…

Le ministère des Postes et des Nouvelles technologies de l’information et de la communication doit se dépoussiérer. Tout d’abord il doit se débarrasser de son appellation surannée. Pourquoi en 2018 parle-t-on encore de ‘’nouvelles’’ technologies de l’information et de la communication ? Elles étaient nouvelles il y a 15 ans. Le monde aujourd’hui utilise l’acronyme TIC en Français ou les initiales IT en Anglais. Tout simplement parce que ces technologies font partie intégrante de notre quotidien. En l’état, son intitulé n’exige rien de lui. C’est le ministère des Postes. C’est le ministère des NTIC. C’est peu être ça la cause de cet immobilisme de façade : un état d’esprit.

Un état d’esprit

Ce département de l’exécutif qui a hébergé depuis 6 ans cinq ministres doit ensuite transformer La Poste, ou ce qu’il en reste. Transformer cette institution ‘’argentivore’’ que nous traînons comme un boulet accroché à la cheville du condamné. Ailleurs dans le monde, les postes sont des entreprises innovantes et prospères. Elle se sont adaptées aux mutation de l’économie. Que dis-je, des économies qui l’entourent. Elles scrutent la libéralisation des secteurs d’activité et les investissent. Les voilà qui deviennent des VMO en téléphonie, des banques de dépôt…tout en gardant et en adaptant à l’ère du numérique leur cœur de métier.

Maîtrisez les enjeux de l’économie numérique

Au Rwanda, au Mali, au Niger, au Bénin ou encore au Gabon pour ne citer que ceux la, ce département est appelé ministère de l’économie numérique. C’est tellement plus smart, tellement plus explicite. Car ne nous trompons pas, l’économie numérique n’est pas juste la vente de connexions Internet et de communications téléphoniques comme pourraient le faire croire les actions très limitées de nos instances dirigeantes. Selon une définition de l’ACSEL (Association pour le commerce et les services en ligne), ‘’L’économie numérique comprend le secteur des télécommunications, de l’audiovisuel, du logiciel, de l’Internet et les secteurs qui les utilisent en tant que cœur ou support de leur activité. Toutes les activités qui utilisent un support numérique sont donc concernées. L’économie numérique résulte de l’interaction d’un grand nombre d’intervenants. Il s’agit d’un système intégré où la tâche de chacun participe au système global.’’ Le champ d’application de cette économie (scindée en deux secteurs : les servies TIC et les industries TIC) est donc quasi infini. « « La numérisation, qui permet de très forts gains de productivité dans le stockage, le traitement et la transmission d’informations (…) se traduit par un développement très rapide avec moins d’intermédiation’’ explique un article du site spécialisé frenchweb.fr citant l’étude ‘’Digital dividends’’ publié par le Banque mondiale en janvier 2016. Le poids moyen de l’économie numérique dans les pays de l’OCDE représentait en 2016, 6% du PIB. Ce qui, de prime abord, semble faible. Mais, toujours selon Frenchweb : ‘‘ (…) Si l’on arrive à évaluer la pénétration d’Internet, on ne mesure pas encore les bénéfices indirects du digital, que les auteurs de l’étude appellent les « dividendes digitaux ». Ces externalités positives existent pourtant. Du numérique découle par exemple : le gain de temps, une meilleure expérience-client, un accès à un savoir plus large. Ces bénéfices sont difficiles à quantifier.’’

Des obstacles

Le succès rwandais, plus proche que nous de part son histoire récente, dans les TIC le rapproche des données citées en infra. Sans vouloir tomber dans la caricature, nous devons calquer nos politiques de développement de l’économie numérique sur celles appliquées depuis une décennie par le pays des milles collines.

En ce qui concerne le Tchad, le chantier est énorme. Cela semble même infaisable vue l’état de délabrement des structures d’Etat. Une approche trop théorique serait un échec car le projet sera confronté de nombreuses pierres d’achoppement.

Des obstacles sociologiques tout d’abord :

  • Les Tchadiens, dans leur majorité, ne sont pas imprégnés de culture digitale ;
  • La peur de l’inconnue si ces technologies (nouvelles pour le coup) ne sont pas apportées de manière appropriée ;
  • Les niveaux d’éducation disparates – il y a les citadins et les ruraux, les diplômés du supérieur, les semi-lettrés/illettrés – qui compliqueraient (mais ce n’est pas rédhibitoire pour son développement) l’action en amont qui est celle du plaidoyer auprès de la population.

Des obstacles structurels et humains ensuite :

  • Le Tchad part de zéro, les préalables au développement de l’économie numérique sont inexistants ;
  • Les intérêts particuliers et la corruption qui freinent les prises de décision qui à terme profiteront à tous.

Une approche trop technique serait donc suicidaire. Optons alors pour une approche plus pratique avec comme cible principale l’utilisateur le moins enclin actuellement à utiliser les TIC. Car l’objectif finale n’est pas seulement de se doter d’infrastructures, mais que le maximum de Tchadiens puisse les utiliser et en profiter. De plus l’’expérience nous montre que l’adaptation aux outils connectés est très rapide. Parallèlement à cela, l’enseignement fondamental devra être le laboratoire par excellence pour les TIC. Ces deux approches ne signifient pas que les autres pans de l’économie traditionnelle doivent être oubliés.

Cette approche est basée sur le long terme. Travailler sur au moins une décennie pour bénéficier des premières retombées.

L’économie numérique est un état d’esprit et sa gestion au sein de l’exécutif ne peut pas, ne doit pas être confiée à un politique pur jus. Mais plutôt a un profile de personne agile qui connaît ses codes, qui les comprend, les décrypte et les appliquent en fonction de ses réalités de terrain. Une personne avec une stratégie à long terme en somme !

Chérif Adoudou Artine, leader numérique autoproclamé

Youssouf croupit en prison depuis 4 ans

Youssouf Mahamat Allamine a été arrêté dans la ville indienne de Maharajan en février 2015 à cause d’un titre de séjour apocryphe. Il est derrière les barreaux depuis cette date. Toutes les tentatives menées par son père, Mahamat Allamine Tahier, ont été jusqu’à la veines. Il s’exprime pour la première fois sur le combat qu’il mène afin de faire libérer son fils.
Affiche éditée par les amis et soutiens de Youssouf Mht Allamine

Avant de suivre l’interview que nous a accordée Mahamat Allamine Tahier, père de Youssouf Mahamat Allamine incarcéré depuis le 06 février 2015 à Maharajan en Inde, nous souhaitons préciser quelques détails de cette affaires qui a complètement perturbé la vie de toute une famille.

Né le 02 août 1992, Youssouf Mahamat Allamine obtient un visa d’étude pour poursuivre son cursus dans une école supérieure de Bangalore (dans le sud de l’Inde) en 2011. Le jeune homme est décrit par ses proches comme une personne calme et pieuse. Au troisième trimestre 2014, il obtient une licence en Relations Internationales, mais séjourne quelques mois en Inde. Il décide de regagner les Tchad au début de l’année 2015 en transitant par l’Arabie Saoudite pour le pélerinage de la Oumra.

C’est lors d’un contrôle de police dans la ville de Maharajan, à l’extrême sud de l’Inde, qu’il est arrêté car son titre de séjour et son visa pour le royaume wahhabite sont jugés comme des faux. En compagnie de huit autres étudiants africains, il se retrouve derrière les barreaux avec une condamnation de 5 ans sans appel.

A-t-il été jugé ? A cette question son père répond que cela a été une comparution immédiate.

Courrier transmis par le Ministère des Affaires étrangères au Consul honoraire du Tchad en Inde pour intervention.

 

Le fils et le père

 Avec beaucoup de dignité, il revient sur ces quatre dernières années durant lesquelles son seul objectif était de faire revenir son fils au Tchad. Dans cet entretien, il se livre à coeur ouvert et appelle toutes les bonnes volontés, parmi lesquelles le Président de la République du Tchad et la Fondation Grand Coeur, à lui venir en aide pour la libération de son fils.

Chérif Adoudou Artine, leader numérique autoproclamé

(avec Mahamat Haroun Saleh)