Quid du Conseil de transition

L’annonce du décès du Président de la République Idriss Déby Itno ce mardi 20 avril 2021 ouvre un nouveau chapitre de l’histoire du Tchad. Avec en préambule à cette nouvelle page, un Conseil de transition prévu pour 18 mois. Comment présidera-t-il aux destinées du pays et quelles sont les urgences qui l’attendent ?

Selon le message lu sur les ondes de Télé Tchad ce mardi 20 avril 2021 vers 11 heures, la constitution de la République du Tchad promulguée en décembre 2020 est dissoute. Plus d’Assemblée nationale donc et encore moins de gouvernement. A la place, un Conseil militaire de transition est mis en place pour une période de transition de 18 mois et sera dirigé selon les informations reçues par Mahamat Idriss Déby, un des fils du défunt président.

Comment ce conseil présidera aux destinées du Tchad ?

A l’instar de l’organe mis en place au Mali aux lendemains des évènements du 18 août 2020, le Conseil de transition qui a pris la parole ce mardi 20 avril 2021 sera pour les 18 prochains mois l’organe législatif du Tchad. « Ce conseil fonctionnera comme une Assemblée nationale, conformément aux dispositions de la Constitution » expliquait pour le cas malien le Professeur en Droit public de l’université de Bamako, Souleymane Dé.

Au vu des images de la télévision nationale, le Conseil de transition est actuellement composé uniquement de militaires. Il pourrait s’enrichir dans les jours à venir pour être plus représentatif de la société tchadienne.

Ce Conseil nommera certainement, dans une troisième phase, un gouvernement de transition mais devra au préalable se doter d’un cadre d’action (une charte de transition) qui reprendra les principales missions et objectifs de cette nouvelle assemblée.

Quelles sont les urgences qui attendent le Conseil de transition ?

  • Sécurité

Les cendres des affrontements contre les rebelles du FACT sont encore fumantes… La priorité des priorités pour la poignée de personnes qui dirigera le Tchad sera d’assurer la sécurité des Tchadiens et l’intégrité du territoire national face aux résurgences éventuelles de rebellions, face aux terroristes de Boko Haram ou contre tout autre danger.

  • Les relations internationales

Le second défi qui se pose au Conseil de transition est la reconnaissance internationale. Il devra donner des gages à ses partenaires internationaux sur les raisons d’un tel organe, sur ses intentions (à travers une charte qui, plus elle sera précise, plus elle sera convaincante) et sa finalité.

  • Rétablir l’ordre constitutionnel

La parenthèse constitutionnelle annoncée de 18 mois doit servir au Conseil de transition à préparer une nouvelle loi fondamentale (ou à défaut rétablir dans les meilleurs des cas celle qui a été suspendu) pour permettre au pays de se projeter et espérer qu’il entre dans une nouvelle phase afin de marquer une réelle transition. Ces 18 mois doivent servir à apporter toutes les réponses, sans rien occulter. Il n’y a pas une minute à perdre à ce niveau.

  • Assurer la continuité de l’État

La campagne électorale a quelque peu occulté les dossiers sur lesquels le gouvernement travaillait. Santé, éducation, coopération, … tant qu’un gouvernement ne sera pas nommé, le statuquo sera le seul mot avec lequel on pourra désigner les actions du Conseil.

  • Les relations avec les partis politiques et la société civile

Le Conseil de transition devra composer avec ces acteurs en place. Certains membres politiques et civile seront intégrés à ce Conseil de transition.

La grande question qui se pose est ‘’Quelle sera la teneur des relations du Conseil de transition avec le MPS ?’’. Sera-t-il considéré comme un allier naturel ou alors relégué au même titre que les autres partis de l’échiquier politique ?

Chérif Adoudou Artine

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *