Investissez les réseaux sociaux !

Les militants et sympathisants du MPS doivent jouer pleinement leur rôle de forces vives du parti au pouvoir sur ce qui est devenu la principale agora politique, les réseaux sociaux. Sur ces plateformes, notre gouvernement est souvent critiqué. Souvent sans fondement. Mais surtout, il est rarement défendu par celles et ceux qui forment cette masse qui donne corps au MPS dans les divers meetings. Investissons Twitter et Facebook car nous devons présenter notre bilan aux Tchadiens.

Entre ceux qui n’attendent qu’un post en faveur de la politique d’Idriss Déby pour vous fusiller du tweet et/ou du Facebook, ceux qui se disent apolitiques, mais n’hésitent pas à liker en loucedé (pensent-ils) les piques que vous recevez sur votre positionnement et enfin ceux qui vous contredisent ou vous soutiennent avec tenue, argutie et méthode, les plateformes sociales tchadiennes regorgent de propos politiques (même quand cela ne paraît pas l’être…). Dans ce maelstrom de messages partisans, il faut savoir faire le tri entre le bon grain et l’ivraie pour pouvoir apprécier. Nous n’allons pas nous adonner à l’exercice amusant mais inutile de lister les internautes par la qualité de leurs postes… mais plutôt de demander à nos amis du MPS d’entrer dans la danse, de prendre leur place sur les RS. Pas pour déverser des propos orduriers : insultes, menaces, attaques ad hominem. Non, au contraire, nous devons vivre sur les réseaux pour dérouler le bilan du quinquénat en cours (défendre la politique du gouvernement et les réalisations de ce dernier) car une évolution notable est à signaler dans de nombreux domaines. Il ne faut pas que les Tchadiens se laissent influencer par les crieurs de tous bords qui sermonnent à longueur de journée que notre président préside en léthargie et que le Tchad est un bateau ivre (même Rimbaud n’oserait point).

Dans la masse d’informations que nous avons à notre disposition, j’ai pris le temps de vous compiler certaines données, avant, dans quelques jours, de commencer des chroniques régulières dans lesquelles nous égrainerons les actions menées depuis 2016 et qui sont incontestablement à l’actif du gouvernement.

De manière triviale, nous avons pris pour exemple le secteur de la Santé.

On pourra toujours dire « ce n’est rien par rapport à ce qui pouvait être réalisé ». Mais le « qui pouvait être réalisé » reste et demeure une vue de l’esprit. Comment voulez-vous opposer une vue de l’esprit à des actions tangibles ?

Partisans et sympathisants du MPS, je vous invite à relever le niveau des réseaux sociaux tchadiens. Prenez de l’altitude, informez-vous, lisez afin de défendre au mieux le bilan notable du quinquennat en cours.

Chérif Adoudou Artine

 

Idris Déby Itno le provincial

Idriss Déby Itno a entamé début novembre des déplacements dans le Tchad profond. A la rencontre des ses compatriotes, le Maréchal du Tchad pourrait initier une nouvelle approche moins centralisée dans sa gestion des affaires publiques.

Le Président de la République Idriss Déby Itno à Moussoro le 20 décembre 2020 / Photo : Direction de la communication Présidence de la République
Le Président de la République Idriss Déby Itno à Moussoro le 20 décembre 2020 / Photo : Direction de la communication Présidence de la République

Loin de l’image de roi paresseux que souhaitent lui coller ses détracteurs, le Président de la République, plus en forme que jamais, a entamé début novembre des visites dans les provinces. Des déplacements qui étaient programmés de longue date, mais décalés à cause des mesures prises dans le cadre de la riposte contre le Coronavirus.

Idriss Déby Itno est plus que jamais dans l’action, au contact des populations. On en veut pour preuve son « coup de gueule » d’Ati lors de sa visite de travail du 7 décembre dernier. Alors qu’un nombre important de personnes faisait le pied de grue devant sa résidence et harcelait le protocole pour le rencontrer, le Maréchal du Tchad, au bout de trois audiences, se serait emporté contre son service protocolaires : « Je ne suis pas venu à Ati pour voir les mêmes têtes qu’à N’Djaména.» Une manière de dire que l’objectif de ces déplacements est de côtoyer « le Tchad profond » et saisir pleinement les situations toutes aussi singulières les unes que les autres en fonction des régions.

La scène d’Ati a tout d’un symbole. Lassé par les remontées d’informations souvent contradictoires, Idriss Déby Itno a décidé de mettre les mains dans le cambouis. Un président volontaire, actif, qui se veut être à l’écoute de ses compatriotes. Une attitude qui rappelle un homme d’État populaire (populaire car chaleureux), Jacques Chirac. Alors Président du RPR, l’ancien Maire de Paris disait en 1980, pour être en phase avec la population « il faut savoir taper sur le cul des vaches » et non rester dans les salons feutrés des ministères ou le confort de la capitale. On a vu le Président dans les champs de coton avec les agriculteurs, au contact des éleveurs… échangeant avec les leaders traditionnels.

Auprès de ses compatriotes

C’est ce président volontaire et lucide sur la situation de notre pays que les Tchadiens apprécient et souhaitent voir. Loin des lourdeurs et des process interminables de l’administration.

Est-ce l’amorce d’une nouvelle manière de gouverner ? Une approche plus globale de diriger les affaires du Tchad ?

C’est ce qui semble se profiler. Le Président global de la IVème République était submergé. La principale modification constitutionnelle du second Forum national inclusif le délestera de certaines responsabilités et lui permettra d’être plus souvent sur le terrain, dans les régions, les villages, les féricks…, auprès de ses compatriotes.

Assez de cette gestion purement n’djaménoise ? Projetons-nous…et imaginons une présidence plus girondine que jacobine (une gestion des affaires plus décentralisée que venant uniquement de la capitale). En tant que garant de la cohésion sociale du Tchad, Idriss Déby Itno, avec des déplacements provinciaux plus nombreux, pourrait résoudre certaines situations nées et parfois entretenues par des fonctionnaires qui agissent à dessein. Son autorité, son aura et son charisme seraient comme des boucliers pour des populations rurales souvent flouées.

La question logique qui suit cette proposition est « Qu’en est-il de l’autorité de l’État si le président doit se substituer à un préfet ou à un sous-préfet pour régler certains litiges ? » Ne nous perdons pas en conjectures et surtout ne nous voilons pas la face, l’efficacité de l’appareil d’État (les administrations, la justice, etc.) est aujourd’hui réduite à sa portion la plus congrue. La faute à des administrateurs et à des fonctionnaires véreux qui ont trahi leur engagement de servir le Tchad. Si Idriss Déby Itno, en dépit de cette situation de déliquescence, peut éclaircir l’horizon de nos compatriotes ruraux et leur éviter certaines injustices, qu’il le fasse.

Chérif Adoudou Artine

COVID-19 : N’Djaména ferme son aéroport

Les actions de prévention contre le virus corona s’accentuent. Ce lundi en début de soirée, la Présidence la République a annoncée de nouvelles mesures.

Dans un communiqué relayé sur sa page Facebook, la Présidence la République du Tchad a annoncé six nouvelles mesures.

La présidence de la République du Tchad à N’Djaména

Le communiqué en question a été signé par Kalzeubé Payimi Deubet, Minsitre d’Etat, Ministre Secrétaire Général à la Présidence de la République. Il est daté du 14 mars 2020 mais n’a été posté sur la page Facebook de l’institution que ce lundi 16 mars à 19 heures.

Voici les mesures telles que reprises dans le communiqué

1-La fermeture des aéroports du Tchad à toutes les compagnies aériennes à l’exception des cargos pour une période de deux semaines pour compter de jeudi 19 mars 2020 à 00 Heure, Par conséquent, il est demandé à tous les tchadiens résidents à l’étranger et désirant regagner le pays de le faire dans le délai requis. Par contre, les frontières terrestres restent ouvertes en dehors de celles du Soudan et de la République centrafricaine ;
2- Le contrôle sanitaire systématique aux portes des frontières nationales et la mise en quarantaine des cas suspects ;
3-L’interdiction de regroupement de plus de cinquante personnes ainsi que les forums et les grandes rencontres prévus au Tchad et impliquant les étrangers ;
4- La limitation stricte des déplacements en dehors des camps de réfugiés ;
5- Le contrôle sanitaire strict sur toute l’étendue du territoire ;
6-Les responsables administratifs, techniques, traditionnels et religieux sont instruits à l’effet de mener des activités d’information et de sensibilisation auprès de toutes les couches des populations.

La communication se termine en précisant qu’aucun cas de coronavirus n’a été enregistré au Tchad jusqu’à présent.

Chérif Adoudou Artine, leader numérique autoproclamé

 

Le MPS à la croisée des chemins

A l’aune de ses trente années d’existence, qu’il célébrera à Mongo dans la province du Guéra ce mercredi 11 mars 2020, le Mouvement patriotique du Salut doit amorcer sa mue afin d’embrasser un monde qui change pour demeurer le parti de gouvernement qu’il a toujours été.

Ce mercredi 11 mars 2020 le MPS fêtera ses 30 ans d’existence dans la ville de Mongo (Province du Guéra). 30 ans (à dix mois près) de pouvoir qui ont donné au parti de Bamina une étiquette de parti de gouvernement. Trois décennies. Trois périodes :

1990 – 2001, l’apprentissage du multipartisme.

2002-2014, l’ancrage populaire.

2015 à nos jours, à la croisée des chemins.

Penchons-nous sur cette dernière période, celle qui nous concerne.

Mahamat Zene Bada, Secrétaire général du MPS Photo : Vincent Fournier/JA

En confortant Mahamat Zene Bada lors du congrès extraordinaire de novembre 2019, le principal partie politique tchadien s’est rassuré en s’appuyant sur ses bases. Le Secrétaire Général étant un homme sur lequel peut s’appuyer le Président de la République Idriss Déby Itno pour resserrer les rangs et afin de mettre de l’ordre dans la maison en ces temps de tiraillements internes, de fronde sociale (jeunes, étudiants, fonctionnaires, corps judiciaire), de repli identitaire (une petite heure sur Facebook permet de s’en rendre compte), le tout conjugué à une relance économique en filigrane qui n’a pas encore de réels effets sur la population.

Le citoyen est un JRI 2.0

Mais au-delà de rassembler ses troupes, le MPS doit embrasser, faire siens les changements d’une époque, celle de la troisième révolution anthropologique de l’histoire de l’humanité. Au contraire de la deuxième révolution anthropologique (l’imprimerie au 15ème siècle), qui s’est déroulée dans une Europe triomphante ; celle que nous vivons n’est pas limité dans un espace géographique. Les schémas démocratiques qui ont rythmé la vie des démocraties occidentales volent en éclat, car le citoyen n’est plus celui à qui ont sert une dose d’information deux fois par jour et qui, dans la plupart des cas, s’en contente. Le citoyen d’aujourd’hui, qu’il soit Américain, Africain, Tchadien, est un JRI (Journaliste reporter d’images) d’un nouveau genre ayant en permanence une bibliothèque entre les mains, difficile donc de la gruger. Difficile également de le faire taire car il évolue en communauté. Bridez-en un, ce sont cent autres qui prendront le relais ; des homonuméricus comme aimait les appeler le philosophe Michel Serres.

Il ne faut donc pas que le MPS soit en déphasage avec cette nouvelle norme. Le parti doit, au delà d’une réflexion profonde sur son discours traditionnel, sur ses thèmes de prédilections (paix et unité) se détacher des recettes qui ont fait son succès et qui, sans doute, en apporteront d’autres. La dialectique du MPS doit désormais passer par des choix politiques de séduction afin de ne pas être en déphasage avec ce qui se passe dans les rues de N’Djaména, de Moundou, de Faya, etc.

Des politiques audacieuses

L’homogénéité du Bureau politique national (BPN), même si sa représentation féminine augmente, n’augure pas de grands changements. Mais le chambardement n’est pas pour tout de suite. Comme signalé plus haut, Il faut solidifier les bases. Mai parallèlement le MPS doit se doter de cercles de réflexions composés d’une ossature différente de son bureau politique. Un apport d’idées et de solutions issues d’horizons hétérogènes. Si cette voie de consultations n’est pas empruntée, le MPS laissera le terrain aux autres, ceux-là même qui promettent monts et merveilles sans avoir le gouvernail du pays. Le MPS quant à lui, gouvernera, certes, mais ne sera pas ce parti représentatif du pouvoir qu’il a entre les mains. Pour refléter l’image du grand parti qu’il est, la formation politique d’Idriss Déby Itno doit parler au Millennials, adopter leur langage, répondre à leurs attentes (formation et emploi). En somme leur offrir des perspectives en adoptant des politiques audacieuses. Loin du dogmatisme, Loin des idéologies. Loin des clivages partisans. Mais juste du pragmatisme et du bon sens (politique ?).

Mahamat Zene Bada, en animal politique aguerri (que l’on compare souvent à un cygne qui renait de ses cendres), en fin stratège, en leader éclairé doit s’ouvrir, consulter, offrir de nouvelles perspectives (à son parti et à ses concitoyens).

Aujourd’hui, à l’aune de son 30ème anniversaire, le MPS est à la croisée des chemins. A lui de choisir la voie de l’inclusion sociale à travers des plans taillés sur mesure pour 70% de la population. Alors, la rue tchadienne, si frondeuse, toujours acerbe, en permanence critique, fera elle-même la promotion du bilan social du MPS dans quelques années.

Chérif Adoudou Artine, leader numérique autoproclamé

Safagri 2020, une autre ambition

La ministre de la Production, de l’Irrigation et des Équipements Agricoles, Mme Ruth Madjidian Padja, le Secrétaire Général du Comité Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse au Sahel (CILSS), Djimet Adoum et le Président de la Chambre de Commerce, d’Industrie, d’Agriculture, des Mines et d’Artisanat (CCIAMA), Amir Adoudou Artine ont annoncé ce vendredi 31 janvier que le second Salon Africain de l’Agriculture (SAFAGRI) se déroulera bien à N’Djaména.

Photo : Neil Palmer (CIAT) / Flickr CC

Les trois têtes de proue du comité d’organisation du SAFAGRI (Salon Africain de l’Agriculture), Mme Ruth Madjidian Padja (gouvernement), Djimet Adoum (CILSS) et Amir Adoudou Artine (CCIAMA) ont annoncé ce vendredi 31 janvier à N’Djaména les dates de la rencontre des agriculteurs africains. Elle devrait se tenir du 10 au 19 avril 2020 dans la capitale tchadienne.

L’utilisation du conditionnel prévaut car selon les explication de Djimet Adoum, Secrétaire général du Comité Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse au Sahel CILSS  : « Il faut encore confirmer ces dates avec les plus hautes autorités du pays ». La concordance de calendrier sera compliqué à trouver étant donné que l’édition 2020 sera couplée au sommet des Premières dames des pays du Sahel.

Au titre des ambitions, le moins que l’on puisse dire est qu’elles sont très élevées. L’objectif à long terme du SAFAGRI est « d’avoir la présence des 54 pays africains à terme, car nous souhaitons que le SAFAGRI soit l’évènement de référence pour le secteur agricole en Afrique » a expliqué Amir Adoudou Artine. Mais en attendant cette unanimité continentale, « on souhaite au moins avoir le présence du Nigéria voisin » qui est un des grands acteurs de l’économie africaine a complété Djimet Adoum.

Ces velléités d’expansion sont en accord avec un des deux thèmes choisis cette année : « Préparer l’entrée en vigueur de la ZLECA (Zone de libre échange continentale africaine)« . En effet, la participation active du Nigéria au SAFAGRI 2020 et aux suivantes éditions donnerait une exposition médiatique nécessaire à ces rencontres encore trop francophones, lui accorderait cette crédibilité dont elle aura besoin pour se pérenniser et enfin serait (avec la présence du Nigéria) un terrain idéal de discussions sur le développement du futur proche de la ZLECA.

La ZLECA, qui en ce début d’année 2020, compte 29 pays ratificateurs sur 54 possibles. L’intégration économique de l’Afrique est en avance sur sa feuille de route car les observateurs avaient annoncé que la période de ratification par tous les signataires prendrait au moins 3 ans. Voici qu’en moins d’un an, plus de 50% des Etats ont validé le principe.

Le second thème est moins politique (ou plus d’ordre structurel), il s’agit de la « Stratégie de financement des chaînes de valeurs ». Il rejoint indirectement les débats à mener sur la ZLECA, car qui dit maîtrise de la chaîne de valeurs, dit compétitivité. Et c’est une lapalissade que d’affirmer que nos acteurs africains en manquent cruellement… Ce qui fait dire à certains spécialistes, tel que l’agro-économiste Jacques Berthelot, que la ZLECA ne fera que creuser le fossé qui existe entre les multinationales et les acteurs africains (de l’agriculture et du négoce).

Voilà ce qu’écrivait Berthelot dans un court rapport intitulé La folie suicidaire de la ZLECA et publié sur le site de l’association humanitaire SOL- Alternative Agroécologique et Solidaire le 7 novembre 2016.

« Loin de favoriser l’intégration régionale du continent [la ZLEC] ne pourra que le désintégrer fortement en ouvrant largement les portes aux firmes multinationales qui sont déjà largement présentes dans la plupart des pays et qui concentreront leurs activités dans ceux qui sont les plus compétitifs en exportant vers les autres. »

Les enjeux des débats sur la préparation de l’entrée en vigueur de la ZLEC prévus lors du prochain SAFAGRI revêtent une dimension qui va bien au-delà de l’unique secteur agricole.

Chérif Adoudou Artine, leader numérique autoproclamé

Le MPS et les quatre éléments

Une organisation populaire qui souhaite dynamiser, moderniser et rendre plus bankable son image auprès d’une cible très large doit axer sa réflexion sur quatre éléments majeures de ce qui fait une bonne stratégie.

Voici quelques recommandations sur ce que pourrait entamer le MPS. Non pas que ce soit la panacée en la matière, mais ces pistes de réflexion serviront à dégager une ligne stratégique claire (avec ses codes, ses rythmes, ses moments, etc).

les digressions du planner stratégique

Quels sont ces quatre éléments RE-fondateurs ?

Le logo

Le cœur de l’identité visuelle du parti ne peut changer. Ne doit changer. Car il constitue son ADN depuis 1990. Il est connu dans tous les recoins (même les plus isolés) du pays.

Une légère évolution ? Je serais tenté de dire oui. Mais en fait, non. Sauf événement imprévisible, le logo du MPS restera tel quel. On ne badine pas avec un tel capital image.

Le positionnement

Tout d’abord il faut être prêt à moderniser (je n’utilise pas expressément le mot changement, qui peut souvent être perçu comme une agression face aux habitudes tenaces) l’ensemble de sa structure. Cela doit intervenir dans un cadre général. On ne modernise pas son image si les méthodes organisationnelles et de travail ne sont pas en phase. Il en va de même pour un changement de modus operandi qui ne serait pas accompagné par une image en cohérence.

logo pour la campagne
Exemple : logo unique qui serait utilisé par tous les candidats du parti et donnerait une unicité qui reflète la cohésion .

Ces modifications cosmétiques sont le point de départ pour un positionnement affiné, dans le sens marketing du terme.

Le(s) message(s)

Il faut les renouveler, les réinventer afin de parler aux différentes cibles. La qualité d’un message mainstream, au delà de l’information qu’il véhicule, est sa ‘duplicabilité’ : langue, support, période, contexte, média. Il doit répondre à cette équation complexe.

Les outils de communication

Peaufiner sa stratégie hybride est indispensable pour qui veut communiquer aujourd’hui (et demain).

Les rassemblements populaires et l’objet publicitaire Au MPS on connaît ! Pas besoins de révolutionner grand chose à ce niveau. Même si en se donnant un peu la peine, on peut apporter de la plus-value à certaines réunions afin d’enrichir la panoplie d’outils de com’ dont doit se doter le parti (voir par ailleurs).

Les supports imprimés. Il faut les uniformiser, afin de les rendre cohérents entre eux et ainsi optimiser la portée des messages et de leur enracinement dans les esprits.

Les médias. En période de campagne, le parti utilise principalement la radio, la télévision et l’affichage. Mais est-ce qu’un parti ne doit vivre que durant ces périodes ?

Médias électroniques. C’est le point faible du parti qui devra se doter d’une vrai plateforme digital responsive si elle veut toucher toutes ses cibles.

Le numérique et le traditionnel devront être complémentaires, afin de ne pas couper l’univers médiatique du parti en deux. C’est dans cette subtilité que réside un plan juste en communication hybride.

Au final, la combinaison de ces quatre éléments participe à construire une stratégie formalisée (une vision partagée et un regard apprêté pour le court, le moyen et le long terme).

Le Tchad étant au centre des enjeux sécuritaires dans le Sahel et le Président Déby un acteur principal de ces enjeux, les élections à venir, ainsi que les mois qui les précèdent, seront plus médiatisés que jamais . Il faut donc que le MPS se dote des meilleurs atouts pour confirmer son rang de parti central mais également refléter une image moderne et organisée de la politique tchadienne. Oui, l’image. Toujours l’image.

Chérif Adoudou Artine, leader numérique autoproclamé

Le MPS en ordre de marche

Réunis fin décembre autour du Président la République, les membres du nouveau bureau politique du MPS ont reçu les ultimes conseils et les dernières consignes avant les élections législatives et régionales prévues au courant de cette année 2020. 

Les élections législatives sont bel et bien dans les tuyaux. La réunion privée entre le Président de la République et les 131 membres du bureau politique du MPS (Mouvement patriotique du salut) de ce samedi 28 décembre 2019 en est, si besoin en était, la preuve.

Telle une dernière Cène, les acteurs de l’organe « législatif » du MPS ont reçu les derniers conseils et les ultimes consignes du chef. Cette probable dernière rencontre avant les échéances électorales n’était pas du tout religieuse (pas christique donc), elle était politique.

Le Président de la République tout d’abord, et le Secrétaire Général du MPS ensuite ont donné le ton pour les semaines à venir.

Le patron de la mouvance présidentielle a fixé le cap et en phase avec ses propos du 3 novembre dernier lors du 8ème congrès extraordinaire du MPS, il appelle ses troupes à resserrer les rangs et à prendre les échéances électorales à venir avec le plus grand sérieux afin de ne pas se faire surprendre.

Aujourd’hui majoritaire, le MPS doit garder à l’esprit que la victoire n’est pas acquise.

La composition de l’actuelle Assemblée nationale

Le MPS totalise 110 sièges sur 188. En plus des 6 occupés par son allié, le RDNT (Rassemblement national de démocrates tchadiens), la majorité présidentielle  pèse 61,7% des voix. La majorité des 2/3 (66%) n’est pas atteinte mais la mouvance « baministe » a toujours pu compter sur les votes des indépendants qui ont tous une forte tendance MPS.

La composition de l'actuelle Assemblée nationale avec une majorité PS

Panorama des forces en présence.

Les dangers de perdre cette confortable majorité, même s’ils existent, ne sont pas si effrayants que ça quand on regarde l’adversité qu’il y a en face.

Le principal parti d’opposition, l’UNDR (Union nationale pour la démocratie et le renouveau) de Saleh Kebzabo, ne pourra faire mieux que ses 11 sièges actuels. Tout simplement car il n’a aucune assise régionale en dehors de ses « fiefs » traditionnels. Les défaites à répétition semblent avoir essoufflées cette formation qui n’arrive pas à se renouveler, à trouver un nouveau leadership, à se trouver une nouvelle identité gagnante.

Même cas de figure pour les deux autres partis d’opposition représentés actuellement dans l’hémicycle du palais de la Démocratie de Gassi : l’URD (Union pour le renouveau et la démocratie) de Romadoumngar Félix Nialbé et le FAR (Fédération, Action pour la république) de Ngarlejy Yoroungar. Aucune représentation sur l’ensemble du territoire, ce qui au final, plombera forcément les résultats.

Des candidats indépendants attireront peut-être sur eux la lumière médiatique, mais ne pourront faire vaciller le MPS sur le terrain de la représentativité populaire. Je pense à Succès Masra, le leader de la communauté digitale Les Transformateurs, et quelques unes de ses têtes de proue. Nous pourrons également voir des accords se conclure entre ces derniers et un parti d’opposition pour intégrer quelques noms dans les listes de leurs candidats.

Si les troupes du MPS et leurs alliés sont disciplinés, sérieux dans le travail en amont des différentes campagnes et soudés, ces consultations populaires ne devraient être qu’une simple formalité. Je terminerai en reprenant cette conclusion d’Idriss Deby Itno : “soyez de bons perdants si vous perdez, de bons gagnants si vous gagnez.“.

Chérif Adoudou Artine, leader numérique autoproclamé

Garde à vue, gare à vous !

L’inspection générale d’Etat est en train de traquer la mauvaise gestion de l’argent public. Ses recommandations sont craintes jusqu’aux plus hauts niveaux de l’appareil administratif. Kalzeubé en est la preuve. Retour sur une semaine durant laquelle l’actualité judiciaire a été au centre de toutes les discussions…avec aussi l’affaire Ibédou.

Interpelé le jour de la fête de la liberté et de la démocratie, le ministre d’Etat, ministre Secrétaire Général à la Présidence, Kalzeubé Pahimi Deubet fait les frais d’une enquête menée par l’Inspection générale d’Etat (IGE) sur fond de compensation immobilière. Il est passé en deux jours de la case Présidence à la case prison en passant par la case garde à vue.
L’ancien PM sous écrou, qui sera le suivant ? C’est la question que tout le monde se pose car selon des bruits de couloir « une liste de douze noms » aurait été établie par les équipes dirigées par Ahmat Mahamat Zagalo, Inspecteur général d’Etat à la tête de l’IGE, créée en 2015/16 et rattachée à la Présidence de la République. Héritière de plusieurs organes d’Etat dans le but de « contrôler à posteriori la gestion administrative et matérielle des biens de l’Etat », elle succède dans ce rôle de « tracker » de la mauvaise gestion de l’argent public à la Commission Bartichret (dirigée par le Président de la Cours suprême de l’époque, Ahmed Barticheret) en 2005, au ministère du Contrôle d’Etat (qui a changé de nom à trois reprises) et enfin à la très redoutée Opération Cobra en 2012 après la fusion des ministères du Contrôle d’Etat et de celui de la Justice voulue par Abdoulaye Sabre.
Après le SG de la présidence, des bruits ont couru sur Twitter qu’en à une convocation d’Issa Doubragne, ministre de l’Economie et de la Panification du développement qui a été épinglé par une note de recommandations de cette même IGE en date du 19 novembre courant. Mais cette information a été très vite infirmée, notamment par un fact checking de Tchadinfos.com. Quoi qu’il en soit, nous devrions entendre parler de l’IGE d’ici la fin du mois de décembre. Les réjouissances de fin d’année ne seront pas agréables pour tout le monde.

Captures d’écran

Le lundi 2 décembre 2019, Mahamat-Nour Ahmat Ibédou, Secrétaire général de la Convention tchadienne de défense des droits de l’homme (CTDDH), a aussi été convoqué par la Police judiciaire. Ce jour étant le prolongement du férié de la veille, le diplômé de l’Ecole Nationale du Trésor Public de Noisiel (France) s’est rendu au commissariat le mardi 3 décembre pour répondre aux policiers suite à une plainte pour diffamation déposée par Bakhit Bahar Itno. Ce dernier a été accusé par un communiqué de la CTDDH d’avoir enlevé et torturé un groupe de femmes en novembre dernier.
Une garde à vue plus tard, voilà que le SG de la CTDDH se trouve confronté à une autre accusation beaucoup plus grave : meurtre et de complicité de meurtre. Selon les avocats de ce dernier, les fonctionnaires de police ont voulu lui faire signer une déposition qui n’était pas la sienne. Après 48 h en GAV, il a été transféré à la maison d’arrêt d’Amssinéné dans le nord de N’Djaména.
Des captures d’écran reprenant des échanges entre l’acteur de la société civile et un certain Malick Ibet Ibrahim, accusé du meurtre d’une adolescente en 2015, ont suffit à le garder derrière les barreaux. Dans cet échange ont apprend que M. Ibedou souhaite soustraire M. Ibrahim des mains de la justice tchadienne en lui faisant quitter le Tchad.
Mais qu’en est-il de la véracité de ces copies et de leur contenu ? C’est à ce niveau que toutes les discussions s’arrêtent. Et c’est à ce niveau que toutes les discussions doivent tourner. Pour confondre M. Ibédou il aurait fallu prouver l’authenticité du contenu de ces messages. Cela passe par chercher à savoir si les adresses des deux concernés n’ont pas été piratées ou si ces copies ne sont que l’œuvre d’une personne maîtrisant un tant soit peu un logiciel de graphisme… Il existe une multitude d’outils pour clarifier ce genre de situations. La justice, quant à elle, dispose également de textes qui lui permettent d’envoyer des demandes d’authentification avec expertise très pointue. Et ce, jusqu’à Google.
Les personnes en charge de l’affaire peuvent et doivent passer au crible ces « preuves » afin d’avancer dans cette affaire qui cristallise la société tchadienne.

Cherif Adoudou Artine, leader numérique autoproclamé