Une double victoire pour IDI

L’élection présidentielle 2021 s’est déroulée dans les règles. Un constat limpide, aux antipodes des vues de l’esprit d’une opposition ne sachant plus où donner de la voix et qui se gargarise d’un taux de participations prétendument ‘’faible’’. Ce dimanche a marqué une double victoire pour Idriss Déby Itno, en attendant une troisième dans les urnes.

Les photos de bureaux de vote, prises à un instant T, sans contexte, sans légende…sans histoire en somme, ont suffi aux détracteurs d’Idriss Déby Itno à dire que l’élection présidentielle a été un flop quant au taux de participation. Ni Kebzabo, ni un autre partisan du « boycotte actif » pour faire en sorte que cette élection n’ait pas lieu n’ont avancé le moindre chiffre. Ils se sont contentés de clichés amateurs, de photo anti-légendées d’urnes brûlées et de supputations nés de leur esprit. Un flash d’une journaliste de RFI dont le contenu allait dans leur sens les a quelque peu conforté dans leurs positions. Mais rien de ce qu’ils avaient planifié ne s’est passé : les Tchadiens ne sont pas descendus dans la rue pour contrarier le vote de la majorité de leurs concitoyens, ce même vote qui a bel est bien eu lieu avec des observateurs du monde entier (Cen-Sad, Ceeac, Union européenne, Onu, etc.) qui ont signalé sa bonne tenue et aucun incident majeur à déplorer.

Le scrutin de dimanche marque par conséquent une double victoire pour Idriss Déby Itno… qui pourrait se muer en triple victoire après la proclamation des résultats de ce premier tour le 25 avril prochain.

La première victoire est que la rhétorique de l’opposition a changé. Elle passe du ‘’non au sixième mandat’’ via le slogan ‘’Wakit tama’’ à une communication sur le taux de participation prétendument ‘’faible’’ d’une élection qu’elle a combattu de toutes ses forces depuis plus d’un mois et qu’elle ne reconnaît pas de facto car elle s’est éliminée elle-même. Une posture qui n’est rien d’autre qu’un repli de circonstance, un cheval de bataille par défaut, une sorte de baroude d’honneur pour éviter de perdre la face (ou du moins ce qu’il en reste). Se gargariser d’un taux de participation dont on ne connaît pas l’ampleur chiffrée est une aberration de plus que nous offre les opposants d’Idriss Déby Itno. Un pas en avant, deux pas en arrière… voilà en résumée l’attitude de l’UNDR, de l’Alliance victoire et du FAR. La victoire du candidat du consensus sur ce terrain est implacable. S’en relèveront-ils ?

Les Tchadiens ne sont pas naïfs

Le respect de l’ordre constitutionnel  enregistré contre ces personnes qui ont appelé nos compatriotes à une quasi insurrection pour empêcher la tenue du scrutin est la seconde victoire des partisans d’un Tchad apaisé. Saleh Kebzabo et consort imaginaient les grandes villes du pays à feu et à sang et des forces de l’ordre débordées par une vague humaine. Rien n’y fit… nos compatriotes ne sont pas si naïfs au point de suivre aveuglément les consignes de ces chefs de partis politiques qui ont expatrié leurs familles depuis belle lurette.

Dans 13 jours, avec les résultats provisoire et enfin le 15 mai avec les résultats définitifs, Idriss Déby Itno entamera un sextennat marqué dans la continuité constitutionnelle. Et nous nous rappellerons, l’histoire se rappellera, que quelques hurluberlus en manque de reconnaissance ont voulu entraver cette continuité.

Chérif Adoudou Artine

D’Am Timan à Mongo, un week-end mené tambour battant

La première étape de la tournée en région du candidat Idriss Déby Itno a été Am Timan. Le lendemain, dimanche, Goz-Beïda a accueilli le grand barnum présidentiel… avant Mongo ce lundi. Voici le journal de campagne des 20 et 21 mars 2021.

A Am Timan, Idriss Déby Itno, la candidat du Consensus à l’élection présidentielle du 11 avril prochain, et son épouse Hinda Déby Itno ont profité du traditionnel bain de foule que leur accordent les populations.

D’Aboudeïa, d’Abgué, d’Am Habilé, de Djouna, de Mouraye, de Haraze, de Mangueigne, de Daba et bien sûr d’Am Timan, ils étaient plus de quatre mille à accueillir le Président de la République.

Sur la place de l’Indépendance d’Am Timan, Idriss Déby Itno a pris le temps d’expliquer à son auditoire du jour les 16 points de son projet de société pour le Tchad. Mais aussi assurer les habitants du Salamat que leur région ne sera pas en reste dans le développement économique du pays.

« La route Am Timan – Mongo sera achevée quelle que soit la situation (…) la construction de la route Signako – Am timan a déjà démarré et un pont sera construit sur le Bahr Azoum pour accéder aux localités les plus isolées » a-t-il assuré. Et de poursuivre : « Le désenclavement du Salamat, le grenier du Tchad, permettra d’écouler les produits agricoles de la région, de créer de la richesse et sera bénéfique pour tout le pays ».

A partir de là, l’essentiel était dit. Le candidat du consensus a poursuivi son périple électoral, toujours dans la province du Salamat, à Goz Beïda dimanche.

Ce lundi à Mongo, il continuera à battre campagne sur les thèmes qui lui sont chères : paix et sécurité, renforcement de la démocratie et développement.

Le reste des troupes MPS et partis alliés n’étaient pas en reste.

Amina Priscille Longoh. La ministre de la Femme et de la Protection de la petite enfance à Koumra (province du Mandoul) le samedi 20 mars 2021 lors du lancement de la campagne électorale dans la région.

Adoum Fortey et Amina Priscille Longoh ont lancé ce samedi  20 mars la campagne électorale de l’Alliance du Consensus dans leurs provinces respectives : Le Lac et le Mandoul.

Pour sa part part Ali Haroun, chef de mission provinciale pour la ville de N’Djaména a tenu un grand meeting à la place de la Nation à N’Djaména.

Chérif Adoudou Artine

Une implication plus forte dans la campagne pour HIDI

Hinda Déby Itno était sur les routes de province : mardi à Moussoro, mercredi à Ati et jeudi à Abéché pour une campagne électorale de terrain au profit de son époux, le candidat du consensus à la présidentielle du 11 avril prochain, Idriss Déby Itno. Une implication toute nouvelle qui mérite que l’on s’y attarde.

Certes, Hinda Déby Itno a toujours fait campagne pour IDI, à ses côtés. On se souvient tous des images de 2016, campée aux côtés du candidat, ne prenant quasi jamais la parole, applaudissant quand il le fallait… en épouse loyale à son mari.

Nouvelle configuration en cette année 2021. Elle est plus investie, avec une implication de tous les instants et s’apprête, après un triptyque Bahr el-Ghazal, Batha et Ouddaï, à sillonner le sud du Tchad la semaine prochaine.

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Pourquoi Hinda Déby a pris plus de place, plus de responsabilités dans cette campagne électorale que dans la précédente ?

Il y a au moins trois raisons à cela.

1) La confiance de son époux

Une épouse de président qui pratique le terrain à l’intérieur du pays avec ses propres collaborateurs lors de la période sensibilisation qui précède un vote, en féru de politique internationale que je suis, je n’ai pas souvenir d’une telle configuration sur les 20 dernières années.

La personnalité politique à laquelle j’ai pensé immédiatement lorsque j’ai su que la Première dame irait en campagne en solo est Eva Peron, la femme du Président argentin Juan Domingo Peron (à la tête de son pays de 1946 à 1955). Mais on parlera d’Evita un peu plus loin et pour une autre raison.

Graça Machel, la veuve de l’ancien président du Mozambique Samora Machel, est aussi un exemple d’épouse de président ayant eu un rôle politique primordial dans la carrière de son conjoint président. Mais la situation de cette dernière est différente. Celle qui a même occupé un strapontin ministériel (Éducation et Culture) dans un des gouvernements de son mari, l’a soutenu bien avant qu’il ne devienne président. Elle s’était engagée en 1972 dans le maquis du FRELIMO qui luttait pour l’indépendance du pays. C’est là qu’elle a fait la rencontre du leader du mouvement indépendantiste avec lequel elle a convolé en juste noce en 1976.

Les épouses de Président ont toujours tenu des rôles spécifiques, souvent de second plan, même si médiatisés, mais rarement (ou si peu de fois) dans l’arène politique. Même la très charismatique Hillary Rodham-Clinton (ayant pourtant de réelles ambitions politiques) n’a pas été plus qu’une ‘’Firs Lady’’ de représentation durant les huit années de présidence de Bill Clinton entre 1992 et 2000. Hinda Déby Itno tient aujourd’hui un rôle éminemment politique. Elle était, devant les populations du Bahr el-Gazhal, du Batha et du Ouddaï, l’alter égo militant d’un Mahamat-Zene Bada ou d’un Jean-Bernard Padaré défendant le bilan de son candidat et appelant les électeurs à lui accorder leur voix. Sans une confiance profonde dans le couple présidentiel, ce cas de figure n’aurait jamais été possible.

2) Le miroir de la femme dans la société tchadienne

Le président sortant a, à mainte fois, rappelé sa volonté de renforcer sa politique du genre afin de rendre tangible à terme ce fameux quota de 30% de présence féminine dans l’administration publique et les nominations politiques. Même si cette volonté est forte, les effectifs ne suivent pas toujours afin d’atteindre ce tiers de représentativité. L’implication toute nouvelle de Hinda Déby Itno dans la sphère politique/militante est un signal fort lancé à l’attention des femmes. HIDI doit jouer sa partition de Role-Model pour que les filles et les jeunes femmes tchadiennes voient en elle une personne à laquelle elles peuvent s’identifier, loin de l’image de la femme reléguée à un rôle de ménagère ou de représentation, voire même d’un statut de femme trophée. La Première dame assume le costume de VRP de luxe dans la volonté présidentielle d’émancipation des femmes. Simone de Beauvoir, féministe de la première heure, disait « On ne naît pas femme, on le devient » du fait de la société. Hinda Déby Itno, dans sa toute nouvelle posture de femme de front, pourrait paraphraser la philosophe française en disant « On ne nait pas émancipée, on le devient ».

3) Ses réseaux associatifs et caritatifs sont utiles

La comparaison entre Eva Peron et Hinda Déby Itno tient tout son sens lorsqu’on parle de la Fondation Grand Cœur.

 

 

Février 1946, le colonel Juan Domingo Peron, alors vice-président, bat campagne pour accéder à la Présidence de la République argentine. Il était accompagné dans ses déplacements par son épouse, Maria Eva Duarté Peron, comédienne de son état, mais surtout femme de conviction. Ces voyages électoraux en couple étaient à l’époque un fait inédit dans un pays où les femmes n’avaient pas encore le droit de vote.

Bernard Meyer-Stabley, qui a rédigé en 2017 une biographie sur Eva Peron, L’Argentine adulée et décriée, aux éditions de La Boîte A Pandore, décrivait en trois points les caractéristiques de cette femme qui, pour son époque, détonnait. Trois points qui ont servi à l’élection de son mari et ensuite à la gestion du pouvoir.

  1. Ses réseaux féminins

Eva Peron a mobilisé un grand nombre de femmes autour de l’idéologie péroniste… Le Président élu leur a octroyé quelques années plus tard le droit de vote.

  1. Sa fondation caritative

« Elle avait mis en place (à travers la Fondation Eva Peron), entre Peron et le peuple, un système propre à donner au péronisme un visage généreux et humain, ce dont une bureaucratie impersonnelle aurait été incapable. »

  1. Ses relations avec les milieux syndicaux ont permis d’instaurer une sorte de paix sociale avec le monde ouvrier, qui était pourtant opposé à Juan Peron, issu de l’armée.

A la lecture de ces trois caractéristiques, le rapprochement avec Hinda Déby Itno sonne comme une évidence. A l’exception des réseaux syndicaux, l’épouse du Président Idriss Déby Itno jouit d’une certaine stature au sein de l’intelligentsia féminine tchadienne et vient en aide aux couches  les plus défavorisées de la société à travers la Fondation Grand Cœur. A cela, conjuguons cette nouvelle implication politique.

Hinda Déby Itno n’a pas encore atteint cette relation quasi fusionnelle qu’avait Eva Peron avec son peuple (qui l’a désignée de manière officieuse  »chef spirituel de la nation argentine »), mais au vu de ces actions humanitaires et de celles menées dans le cadre de la promotion des femmes, elle est un acteur incontournable sur l’échiquier du pouvoir. Et depuis le début de cette campagne électorale, elle est en plus devenue une personnalité politique de premier rang.

Chérif Adoudou Artine

Hinda Déby Itno : « Cochez sous la photo et non sur la photo »

A Moussouro, Ati et Abéché (ce jeudi 18 mars), Mme Hinda Déby Itno était sur les routes pour la campagne électorale de son époux-candidat. « Il m’a demandé d’aller le représenter » dit-elle… Ce à quoi elle a répondu favorablement, avec entrain et didactisme. Voici le journal de campagne du 17 mars…

Moussoro mardi, Ati mercredi et Abéché ce jeudi. Le périple en trois étapes de Mme Hinda Déby Itno, Première dame de la République du Tchad, a soulevé la ferveur populaire et procuré de belles images de fête pour alimenter les albums de cette campagne qui en est à son septième jour.

Hinda Déby Itno, Première Dame de la république du Tchad. A son arrivée à Ati (province du Batha) ce mercredi 17 mars 2021 dans le cadre de la campagne électorale du candidat Idriss Déby Itno. (Crédit photo : DNC)

 

 

 

 

En déplacement électoral pour son époux-candidat, Idriss Déby Itno, la Première dame a plus que joué son rôle en tenant un discours précis aux personnes qui sont venus l’écouter. Elle leur a rappelé quelques enjeux fondamentaux du scrutin du 11 avril prochain.

Dans un Arabe local à la portée de tous, notre ‘’First Lady’’ a expliqué pourquoi voter pour la réélection du Candidat de l’Alliance du Consensus : « Idriss Déby est une personne qui a l’amour de sa patrie. (…) Nous voulons tous que la paix perdure au Tchad. Si nous regardons aujourd’hui autour de nous, nous constatons que tous nos voisins sont dans des conflits. En Libye, au Soudan, en RCA… même le lac Tchad n’est pas épargné avec les problèmes liés à Boko Haram. Le Tchad est comme un enclos de paix entouré de flammes. Idriss Déby souhaite vraiment préserver cette paix.’’

Dans la continuité de cette prise de parole face à la population du Barh el-Ghazal, Mme Hinda Déby Itno n’a pas manqué de rappeler les engagements pris par le Candidat IDI : « Il a des projets pour les femmes, des projets pour les jeunes, des projets pour les étudiants. »

Un discours didactique

La visiteuse du jour s’est aussi voulue didactique en expliquant les modalités du vote aux femmes et aux hommes venus l’écouter. Se servant d’un spécimen du bulletin de vote qui reprend les photos des dix candidats initialement retenus par la Cours suprême, elle demande à tous, et particulièrement aux éleveurs, de cocher sous la photo d’Idriss Déby Itno. « Ne cochez pas sur la photo, mais plutôt sous la photo. Si vous coché sur la photo c’est comme si vous n’aviez pas voté. Je vous demande mes sœurs et frères d’aller expliquer cela autour de vous. Aux 181 536 électeurs du Bhar el-Ghazal».

« Nous sommes venus solliciter vos votes pour le candidat du Consensus. C’est à dire le candidat du MPS, mais aussi celui de plus de 100 autres partis politiques (…) Nous sommes venus solliciter vos voix pour l’homme qu’il faut pour ce pays. »

La tournée électorale fera une halte ce jeudi à Abéché.

Chérif Adoudou Artine