Une double victoire pour IDI

L’élection présidentielle 2021 s’est déroulée dans les règles. Un constat limpide, aux antipodes des vues de l’esprit d’une opposition ne sachant plus où donner de la voix et qui se gargarise d’un taux de participations prétendument ‘’faible’’. Ce dimanche a marqué une double victoire pour Idriss Déby Itno, en attendant une troisième dans les urnes.

Les photos de bureaux de vote, prises à un instant T, sans contexte, sans légende…sans histoire en somme, ont suffi aux détracteurs d’Idriss Déby Itno à dire que l’élection présidentielle a été un flop quant au taux de participation. Ni Kebzabo, ni un autre partisan du « boycotte actif » pour faire en sorte que cette élection n’ait pas lieu n’ont avancé le moindre chiffre. Ils se sont contentés de clichés amateurs, de photo anti-légendées d’urnes brûlées et de supputations nés de leur esprit. Un flash d’une journaliste de RFI dont le contenu allait dans leur sens les a quelque peu conforté dans leurs positions. Mais rien de ce qu’ils avaient planifié ne s’est passé : les Tchadiens ne sont pas descendus dans la rue pour contrarier le vote de la majorité de leurs concitoyens, ce même vote qui a bel est bien eu lieu avec des observateurs du monde entier (Cen-Sad, Ceeac, Union européenne, Onu, etc.) qui ont signalé sa bonne tenue et aucun incident majeur à déplorer.

Le scrutin de dimanche marque par conséquent une double victoire pour Idriss Déby Itno… qui pourrait se muer en triple victoire après la proclamation des résultats de ce premier tour le 25 avril prochain.

La première victoire est que la rhétorique de l’opposition a changé. Elle passe du ‘’non au sixième mandat’’ via le slogan ‘’Wakit tama’’ à une communication sur le taux de participation prétendument ‘’faible’’ d’une élection qu’elle a combattu de toutes ses forces depuis plus d’un mois et qu’elle ne reconnaît pas de facto car elle s’est éliminée elle-même. Une posture qui n’est rien d’autre qu’un repli de circonstance, un cheval de bataille par défaut, une sorte de baroude d’honneur pour éviter de perdre la face (ou du moins ce qu’il en reste). Se gargariser d’un taux de participation dont on ne connaît pas l’ampleur chiffrée est une aberration de plus que nous offre les opposants d’Idriss Déby Itno. Un pas en avant, deux pas en arrière… voilà en résumée l’attitude de l’UNDR, de l’Alliance victoire et du FAR. La victoire du candidat du consensus sur ce terrain est implacable. S’en relèveront-ils ?

Les Tchadiens ne sont pas naïfs

Le respect de l’ordre constitutionnel  enregistré contre ces personnes qui ont appelé nos compatriotes à une quasi insurrection pour empêcher la tenue du scrutin est la seconde victoire des partisans d’un Tchad apaisé. Saleh Kebzabo et consort imaginaient les grandes villes du pays à feu et à sang et des forces de l’ordre débordées par une vague humaine. Rien n’y fit… nos compatriotes ne sont pas si naïfs au point de suivre aveuglément les consignes de ces chefs de partis politiques qui ont expatrié leurs familles depuis belle lurette.

Dans 13 jours, avec les résultats provisoire et enfin le 15 mai avec les résultats définitifs, Idriss Déby Itno entamera un sextennat marqué dans la continuité constitutionnelle. Et nous nous rappellerons, l’histoire se rappellera, que quelques hurluberlus en manque de reconnaissance ont voulu entraver cette continuité.

Chérif Adoudou Artine

Au tour des bureaux de soutien

Les derniers jours de campagne, se clôturant ce vendredi 9 avril à 23 heures 59,  du candidat Idriss Déby Itno ont été consacrés à la ville N’Djaména. Le Président sortant en a profité pour marquer sa reconnaissance aux bureaux de soutien, la force populaire du mouvement. Ces structures sont-elles une singularité tchadienne ?

Depuis ce lundi 5 avril, le candidat Idriss Déby Itno a rendu visite aux bureaux de soutien à sa réélection. Une semaine qui se terminera par un grand meeting ce vendredi au stade Idriss Mahamat Ouya d’Ardep Djoumal. Ces haltes auprès de ces structures privées qui constituent la principale force populaire du MPS et de ses partis alliés, étaient, certes des obligations, mais aussi une forme de reconnaissance vis-à-vis de celles et ceux qui ont assuré la mobilisation de population depuis le 11 mars dernier.

Ces bureaux sont-ils une singularité tchadienne ?

En soi, je pense que cela n’existe nulle part ailleurs et à ce niveau d’investissement. Jean-Bernard Padaré, responsable de la cellule communication de la Direction nationale de campagne d’Idriss Déby Itno a fait le constat suivant : « Au début de cette campagne électorale, en ma qualité de responsable des actions de communication, lorsque j’allais visiter les installations de ces différents bureaux, que ce soit à N’Djaména ou ailleurs dans le pays, j’ai été frappé par une chose : l’engouement des personnes que nous avons rencontrées. Cette implication dans la campagne est unique en son genre. »

Ces femmes, ces hommes, ces groupements professionnels, ces associations de jeunes sont tous des bénévoles du Mouvement Patriotique du Salut et de la centaine de partis alliés qui forment l’Alliance du consensus. Ils puisent dans leurs fonds personnels pour communiquer sur l’image de notre candidat. « Ces initiatives sont des exemples d’altruisme. Des exemples de militantisme qui feraient pâlir d’envie plus d’un. Nous pouvons nous estimer fiers et chanceux d’avoir une base populaire aussi importante, aussi active et sur laquelle nous pouvons nous appuyer pour relayer nos messages. » poursuit-il.

Pour mieux comprendre ce phénomène tchadien, il faut remonter aux sources de ce qu’est le militantisme. Une définition lexicale nous explique que c’est « L’ensemble des engagements collectifs à une cause de nature morale, religieuse, sociale, politique, associative ou syndicale (…) mais son usage au vingtième siècle dérive pour décrire l’expression organisée d’une protestation d’un groupe social. » François Maurillac nous apprend également que « L’origine du mot militant dans un sens moral et religieux se trouvait dans l’expression « Église militante », qui désignait les fidèles sur terre, par opposition à l’Église triomphante (au ciel), et à l’Église souffrante (au purgatoire). Le mot désigne ainsi en premier lieu les membres de la milice du Christ. »

Idéaux politiques et esprit de corps

Si on devait se trouver des sources d’inspiration (des sortes de miroirs en terme de militantisme) de ce que sont les bureaux de soutien actuels au Tchad, on se réfèrerait à la notion d’engagement et de sacrifice comme le prônait la formation politique au pouvoir en Tanzanie, le Chama Cha Mapinduzi (‘’Parti de la révolution’’ en langue Swahili) qui lui aussi a été un parti revendicatif (depuis 1952) avant de devenir un parti de pouvoir en 1977 lors de l’indépendance du pays.

Le militantisme de nos sympathisants est donc un dosage entre la défense des idéaux et l’esprit festif des retrouvailles entre militants. Un côté festif que nous retrouvons également dans nos bureaux de soutien. Ces ambiances au son des rythmes soudanais me font penser forcément (proximité culturelle oblige) au Motamar Al Watani (ancien parti politique soudanais).

Que ce soit le dogmatisme idéologique tanzanien ou la ferveur populaire/festive toute soudanaise, ils symbolisent tout deux notre pays, une sorte de trait d’union entre les différentes culture d’Afrique. Et ce, même en politique.

Chérif Adoudou Artine

 

 

Une implication plus forte dans la campagne pour HIDI

Hinda Déby Itno était sur les routes de province : mardi à Moussoro, mercredi à Ati et jeudi à Abéché pour une campagne électorale de terrain au profit de son époux, le candidat du consensus à la présidentielle du 11 avril prochain, Idriss Déby Itno. Une implication toute nouvelle qui mérite que l’on s’y attarde.

Certes, Hinda Déby Itno a toujours fait campagne pour IDI, à ses côtés. On se souvient tous des images de 2016, campée aux côtés du candidat, ne prenant quasi jamais la parole, applaudissant quand il le fallait… en épouse loyale à son mari.

Nouvelle configuration en cette année 2021. Elle est plus investie, avec une implication de tous les instants et s’apprête, après un triptyque Bahr el-Ghazal, Batha et Ouddaï, à sillonner le sud du Tchad la semaine prochaine.

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Pourquoi Hinda Déby a pris plus de place, plus de responsabilités dans cette campagne électorale que dans la précédente ?

Il y a au moins trois raisons à cela.

1) La confiance de son époux

Une épouse de président qui pratique le terrain à l’intérieur du pays avec ses propres collaborateurs lors de la période sensibilisation qui précède un vote, en féru de politique internationale que je suis, je n’ai pas souvenir d’une telle configuration sur les 20 dernières années.

La personnalité politique à laquelle j’ai pensé immédiatement lorsque j’ai su que la Première dame irait en campagne en solo est Eva Peron, la femme du Président argentin Juan Domingo Peron (à la tête de son pays de 1946 à 1955). Mais on parlera d’Evita un peu plus loin et pour une autre raison.

Graça Machel, la veuve de l’ancien président du Mozambique Samora Machel, est aussi un exemple d’épouse de président ayant eu un rôle politique primordial dans la carrière de son conjoint président. Mais la situation de cette dernière est différente. Celle qui a même occupé un strapontin ministériel (Éducation et Culture) dans un des gouvernements de son mari, l’a soutenu bien avant qu’il ne devienne président. Elle s’était engagée en 1972 dans le maquis du FRELIMO qui luttait pour l’indépendance du pays. C’est là qu’elle a fait la rencontre du leader du mouvement indépendantiste avec lequel elle a convolé en juste noce en 1976.

Les épouses de Président ont toujours tenu des rôles spécifiques, souvent de second plan, même si médiatisés, mais rarement (ou si peu de fois) dans l’arène politique. Même la très charismatique Hillary Rodham-Clinton (ayant pourtant de réelles ambitions politiques) n’a pas été plus qu’une ‘’Firs Lady’’ de représentation durant les huit années de présidence de Bill Clinton entre 1992 et 2000. Hinda Déby Itno tient aujourd’hui un rôle éminemment politique. Elle était, devant les populations du Bahr el-Gazhal, du Batha et du Ouddaï, l’alter égo militant d’un Mahamat-Zene Bada ou d’un Jean-Bernard Padaré défendant le bilan de son candidat et appelant les électeurs à lui accorder leur voix. Sans une confiance profonde dans le couple présidentiel, ce cas de figure n’aurait jamais été possible.

2) Le miroir de la femme dans la société tchadienne

Le président sortant a, à mainte fois, rappelé sa volonté de renforcer sa politique du genre afin de rendre tangible à terme ce fameux quota de 30% de présence féminine dans l’administration publique et les nominations politiques. Même si cette volonté est forte, les effectifs ne suivent pas toujours afin d’atteindre ce tiers de représentativité. L’implication toute nouvelle de Hinda Déby Itno dans la sphère politique/militante est un signal fort lancé à l’attention des femmes. HIDI doit jouer sa partition de Role-Model pour que les filles et les jeunes femmes tchadiennes voient en elle une personne à laquelle elles peuvent s’identifier, loin de l’image de la femme reléguée à un rôle de ménagère ou de représentation, voire même d’un statut de femme trophée. La Première dame assume le costume de VRP de luxe dans la volonté présidentielle d’émancipation des femmes. Simone de Beauvoir, féministe de la première heure, disait « On ne naît pas femme, on le devient » du fait de la société. Hinda Déby Itno, dans sa toute nouvelle posture de femme de front, pourrait paraphraser la philosophe française en disant « On ne nait pas émancipée, on le devient ».

3) Ses réseaux associatifs et caritatifs sont utiles

La comparaison entre Eva Peron et Hinda Déby Itno tient tout son sens lorsqu’on parle de la Fondation Grand Cœur.

 

 

Février 1946, le colonel Juan Domingo Peron, alors vice-président, bat campagne pour accéder à la Présidence de la République argentine. Il était accompagné dans ses déplacements par son épouse, Maria Eva Duarté Peron, comédienne de son état, mais surtout femme de conviction. Ces voyages électoraux en couple étaient à l’époque un fait inédit dans un pays où les femmes n’avaient pas encore le droit de vote.

Bernard Meyer-Stabley, qui a rédigé en 2017 une biographie sur Eva Peron, L’Argentine adulée et décriée, aux éditions de La Boîte A Pandore, décrivait en trois points les caractéristiques de cette femme qui, pour son époque, détonnait. Trois points qui ont servi à l’élection de son mari et ensuite à la gestion du pouvoir.

  1. Ses réseaux féminins

Eva Peron a mobilisé un grand nombre de femmes autour de l’idéologie péroniste… Le Président élu leur a octroyé quelques années plus tard le droit de vote.

  1. Sa fondation caritative

« Elle avait mis en place (à travers la Fondation Eva Peron), entre Peron et le peuple, un système propre à donner au péronisme un visage généreux et humain, ce dont une bureaucratie impersonnelle aurait été incapable. »

  1. Ses relations avec les milieux syndicaux ont permis d’instaurer une sorte de paix sociale avec le monde ouvrier, qui était pourtant opposé à Juan Peron, issu de l’armée.

A la lecture de ces trois caractéristiques, le rapprochement avec Hinda Déby Itno sonne comme une évidence. A l’exception des réseaux syndicaux, l’épouse du Président Idriss Déby Itno jouit d’une certaine stature au sein de l’intelligentsia féminine tchadienne et vient en aide aux couches  les plus défavorisées de la société à travers la Fondation Grand Cœur. A cela, conjuguons cette nouvelle implication politique.

Hinda Déby Itno n’a pas encore atteint cette relation quasi fusionnelle qu’avait Eva Peron avec son peuple (qui l’a désignée de manière officieuse  »chef spirituel de la nation argentine »), mais au vu de ces actions humanitaires et de celles menées dans le cadre de la promotion des femmes, elle est un acteur incontournable sur l’échiquier du pouvoir. Et depuis le début de cette campagne électorale, elle est en plus devenue une personnalité politique de premier rang.

Chérif Adoudou Artine

Tout commence par des boycottes

Journal de campagne / J1&2

Officiellement lancée ce jeudi 11 mars, la campagne électorale pour la présidentielle du 11 avril 2021 a été précédée par une actualité très dense qui aura laissé très peu de place aux débats…

Nous y sommes ! La campagne électorale en vue de l’élection présidentielle du 11 avril 2021 a été officiellement lancée ce jeudi 11 mars. Elle durera un mois, pour se clôturer donc le 09 avril.

Le chronogramme du processus électoral de la CENI (Commission électorale nationale indépendante) programme (fort logiquement) un second tour éventuel le 23 mai. La campagne préparatoire à cette finale est prévue entre le 16 et le 21 mai 2021.

Les semaines qui ont précédé cette campagne électorale du 1er tour ont été quelque peu mouvementées. Entre les évènements tragiques du 28 février, les tentatives désespérées de Succès Masra pour participer à la course présidentielle, les retraits en dernière minute de trois candidats (+ un autre ce vendredi 12 mars) ou encore ces lancinantes menaces de grèves (suivies de grèves) lancées par les cellules syndicales, l’actualité liée directement ou indirectement à cette consultation a été dense… ne laissant que très peu de place au débats de rigueur pour une telle période.

Est-ce à dire que nous nous apprêtons à vivre une campagne creuse, sans fond, sans propositions, sans vision ?

A l’exception du candidat de l’Alliance du consensus (MPS et partis alliés), Idriss Déby Itno, qui propose un programme politique  qui s’appuie sur 70 engagements, ailleurs c’est le grand vide. Même cette fameuse UNDR, présentée par d’aucuns comme le parti politique ‘’de la pensée’’ et même si son candidat s’est retiré, n’a rien proposé sur le fond. Rien qui puisse ouvrir la voie au moindre débat. Le cheval de bataille du parti orange demeure la diatribe ad hominem sur la personne d’Idriss Déby Itno. Un peu léger tout cela.

Un boulevard…

Ce manque de propositions concrètes est peut-être la réelle cause du boycotte de Saleh Kebzabo. Cette stratégie de la chaise vide est pour beaucoup un mystère. A quoi sert-elle, si ce n’est à laisser un boulevard au Président de la République sortant pour sa réélection ?

Le boycotte est utile lorsqu’il entraîne une série d’évènements en chaine (souvent négatifs aux dépens de la personne, du groupe ou du parti politique ciblé). Quand, par exemple, H&M ridiculise un enfant noir dans une de ses publicités, les consommateurs boycottent cette enseigne pour qu’un coût (coup) économique se fasse sentir dans les bilans de cette dernière. Quand une puissance sportive telle que les États-Unis d’Amérique boycottent des olympiades, la qualité du spectacle et la valeur des médailles remportées par les autres sont amoindries. Suivant cette logique, Saleh Kebzabo et ses 12,77% (473 074 personnes) de voix de préférence réalisés lors de la dernière présidentielle sont quantité négligeable en rapport au corps électoral de 2021 (composé de 7 288 203 personnes). Car même si son électorat dans sa totalité décidait de le suivre en ne participant pas au vote du 11 avril, cela ne pèserait pas bien lourd dans le résultat final, ni même dans le taux de participation. Ce boycotte n’est rien d’autre qu’une fuite en avant. Un refus de descendre dans l’arène lors des joutes électorales !

Ils se mettent hors-jeu

Mme Lydie Beassoumda (PDI), Pahimi Padacké Albert (RNDT – Le Réveil), Romdoumgar Nialbe Felix (URD), Alladoum Baltazar Djarma (ASTRE),Brice Guedmbaye (Candidat du MPTR) – qui a suspendu sa campagne électorale car il n’est pas en phase avec la chronologie des présence médiatiques proposée par a CENI – et Idriss Déby Itno (Candidat de l’Alliance) honorent le scrutin présidentiel (plus largement le processus électoral dans son ensemble) et par la même occasion les électeurs tchadiens.

Ces 6 candidats donnent corps à un chronogramme qui, au-delà de l’échéance présidentielle, nous conduira à des élections législatives que les Tchadiens attendent depuis 2015 (les dernières consultations de la sorte datant de 2011). Le 08 septembre prochain, une sorte de clap de départ sera donné pour les élections de nos députés avec la convocation du corps électoral. Du 02 au 22 octobre 2021 les candidats mèneront campagne et enfin le 24 octobre se tiendra le scrutin législatif à un tour.

Lorsqu’il s’agira de se positionner pour ces consultations d’octobre, quelles seront les positions respectives des quatre non-partants d’avril ?

Saleh Kebzabo sera-t-il toujours aussi irascible ? Théophile Bongoro (avec l’Alliance victoire ou avec le PRET), Ngarledji Yorongar (avec le FAR) et Madjitoloum Yombombe Theophile (UTPC) présenteront ils des candidats ?

En balayant d’un revers de bras le processus électoral en cours avec ces boycottes de la présidentielle, UNDR, Alliance Victoire, FAR et UTPC se mettent de facto eux-mêmes hors-jeu lorsqu’il s’agira de désigner les représentants du peuple à l’Assemblée nationale à l’automne prochain. La cohérence des positions en politique est chose capitale… qu’en sera-t-il pour ces trois dans six mois ?

Chérif Adoudou Artine

 

Virez Déby et vous perdrez le Tchad

En 2021, enlevez Déby du pouvoir et ce pays deviendra invivable.  Pourquoi ? En 2021, il y a zéro alternative à Idriss Déby Itno et ce pour des raisons profondes : le Tchad n’est pas le Burkina (cf. 2014), le Tchad est un pays aux spécificités complexes. Le gouverner n’a rien d’une romance.

Virez Déby du pouvoir et c’est le Tchad que vous perdrez. Cette phrase en choquera certains. En énervera d’autres. Me vouera même aux gémonies pour une autre frange. Mais telle est ma conviction.

Regard rétrospectif pour que mes lecteurs comprennent pourquoi je pense cela.

1991, le Président somalien Mohammed Siyaad Barré, qui tenait le pays d’une poigne de fer depuis 1969, a été chassé du pouvoir par ses opposants politiques. Dès lors, comme l’explique le journaliste Stephen Smith, ‘’le pays est tombé sous la gouverne de seigneurs de guerre sans idéologie, ni agendas politiques’’. Durant des années, des Somaliens éberlués et le monde ont assisté au morcellement d’un pays à l’histoire riche et au potentiel aurifère énorme que se sont disputés Portugais, Italiens ou encore Anglais lors de la conquête coloniale. Cette guerre avec en toile de fond l’opposition sanglante entre Ali Mahdi Mohamed (qui a succédé à Syaad Barré) et les factions armées du Général Mohamed Farrah Aïdid était en fait ‘’une rivalité entre clans’’, deux clans qui ont pris en otage tout un peuple durant plus d’une décennie jusqu’à ce que le pouvoir tombe en 2006 entre les mains de forces armées islamistes, l’Union des tribunaux islamiques. (UTB). Quelques présidents se sont succédés (la fameuse alternance) à la tête d’un pouvoir affaiblie et d’un pays morcelé.

2011, Nicolas Sarkozy et son ami Britannique Tony Blair ont décidé, ‘’pour répondre à l’appel de la rue libyenne’’ d’éliminer Mouhammar Khadafi, tout puissant guide la révolution depuis son putsch militaire contre le roi Idriss Ier en 1969. Il avait promis de ‘’reverdir le désert’’, à défaut d’y être arrivé, il a procuré à ses compatriote, après 20 ans d’une politique économique oscillant entre marxisme et libéralisme, un niveau de vie quasi sans égal dans la région. Mais voilà, depuis que l’OTAN est venue libérer la Libye du joug de Kadhafi,  depuis plus de 10 ans, Benghazi, Missrata ou autre Sebha vivent au son des canons et sous le joug de chefs locaux. Ce pays a implosé, cette Jamahiriya qui finançait l’Afrique est devenue l’antichambre de tous les trafics, le poste relai de toutes les mafias…

Ces résumés des 30 dernières années somaliennes et des 10 dernières années libyennes sont éloquents. La Somalie ressemble en beaucoup de points au Tchad (je n’entrerai pas dans ces aspects ethno-géographiques que je ne maîtrise pas, mais je dirai tout simplement que j’ai connu en Belgique une famille Guédi, des Somaliens, qui avait les traits physiques de la grande famille Guédi que nous connaissons au Tchad (peut-être juste une coïncidence). La Libye est notre voisine. Ceci devrait nous ouvrir les yeux, devrait laisser place en nous à plus de sagesse, plus de prudence sur les voies que nous souhaitons emprunter.

Cette fougue revendicative est compréhensible, ces aspirations à plus de liberté sont naturelles, cette volonté de changement peut avoir tout son sens s’il y a de réels alternatives. Et non pas juste vouloir ‘’le changement’’ parce qu’il faut changer, juste parce que la rue burkinabé l’a fait en 2014, juste par mimétisme. Dans le cas de figure actuelle nous avons le pragmatisme aguerri d’un vieux politico-militaire que certains de nos compatriotes, loin d’être les plus nombreux, souhaitent faire partir. Pour quelle offre politique en face ?

Il y a ce néophyte rêveur qui romance le Tchad et pense que la gestion du pouvoir dans notre pays est un soap-opera. Un homme qui n’a jamais été ne fut-ce que chef de carré. Un homme, aussi brillant soit-il, qui ne connaît pas la complexité de ce pays, au point de l’imaginer lisse et lisible. C’est tout à son honneur d’offrir du rêve à des jeunes femmes, des jeunes hommes, des enfants qui sont l’avenir du Tchad. Et parce que c’est l’avenir, chaque décideur politique doit y penser au quotidien, agir pour renforcer sa citoyenneté,  assurer son éducation, sa santé et aplanir ses doutes quant à son entrée dans la vie professionnelle.

Mes Tchadiens, sortons du brouhaha qui nous empêche de nous entendre, peut-être même d’entendre les cris de désolation de certains. Respirons un bon coup et pensons à notre avenir immédiat et à celui à plus long terme de nos enfants et de nos jeunes sœurs et frères. Personne ne voudrait les voir vivre en exile ou vivre chez eux en rasant les murs, non pas pour aller à l’école, mais juste pour aller chercher de quoi se mettre sous la dent. Ces scènes de 1979 que nous racontaient nos parents (et pour certains des bribes de souvenirs), je ne les souhaite à aucun tchadien.

En 2008, les rebelles ont eu le dessus sur le Président Idriss Déby Itno dans l’est du pays, puis à Massaguet…jusqu’à l’acculé à Djambal Bahr, dans son palais présidentiel. C’est la mésentente (résultat de la soif immédiate pour le pouvoir) qui a fait rebrousser chemin à ces ‘’hommes épris de liberté’’ (eux aussi). Si le Président de la République avait cédé aux sirènes françaises qui lui conseillaient de lâcher le pouvoir, les factions qui s’étaient coalisées contre lui auraient transformé N’Djaména, dans un premier temps, et le reste du Tchad, ensuite, en un champ de bataille qui aurait rappelé aux plus âgés l’année 1979.

Nous souhaitons que les choses évoluent ? Elles évolueront, laissons-les évoluer…à leur rythme. Ne cherchons pas à aller trop vite car, comme ma  défunte mère le disait avec beaucoup de sagesse : ‘’Tidorou’l zayd, tamchou tago fil sadayid’’

Chérif Adoudou Artine

Diplomatie : une marque Tchad forte

Le Tchad s’inscrit pleinement et de façon respectable sur la carte diplomatique mondiale et plus particulièrement en Afrique. Capitaliser sur les progrès des années 2016-2020, poursuivre les réformes et autres innovations permettra de construire une marque Tchad forte, ancrée sur l’échiquier de la coopération et du développement international. En augmentant le budget alloué aux Affaires étrangères de 37% en 4 ans, le Tchad s’engage dans la bonne voie.

Grâce à la combinaison des facteurs paix, stabilité et mise en exploitation des ressources naturelles, valorisées au travers d’une diplomatie hautement active à double volet (politique et militaire), l’image du Tchad a évolué de façon positive au cours de ces dernières années permettant ainsi au pays de trouver sa place au sein du concert des nations.

La nouvelle efficacité de la Diplomatie Tchadienne a permis de nombreuse évolutions :

Le Tchad est aujourd’hui une terre d’accueil

Avec la Jordanie, le Tchad figure parmi les pays au monde qui accueillent et protègent le plus de déplacés liés aux conflits militaires dans le monde. Les personnes ayant trouvé refuge au Tchad proviennent principalement du Soudan, de la RCA, du Nigeria et du Niger. L’Organisation des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) estime le nombre de réfugiés à 409 264, répartis sur 19 camps dans 13 villages et deux centres urbains (à N’Djaména et Bongor).

Réfugiés arrivant au Tchad en 2016. Le Tchad accueille plus de 400 000 réfugiés et demandeurs d’asile, ce qui fait de lui un des pays les plus généreux en la matière. Des budgets spéciaux ont été mis en place pour la CNARR (Commission nationale d’accueil et d’insertion des réfugiés et des rapatriés), entité sous tutelle du ministère de l’Intérieur. Photo : AFP

Pour répondre à cette situation de crise humanitaire, le gouvernement du Tchad alloue d’importantes ressources budgétaires étatiques et mobilise des financements des partenaires internationaux pour assurer l’insertion et la bonne cohabitation des réfugiés avec les populations autochtones.

Le Tchad est un médiateur de paix

Avec ses voisins en proie à des conflits militaires internes, le Tchad soucieux d’une paix régionale met en œuvre sa diplomatie en assumant son leadership dans les médiations pour le retour de la paix et la stabilité en Lybie, au Soudan et en République Centrafricaine. L’envoi fréquent de missions et la réception d’émissaires de ces pays témoignent de cette dynamique.

Le Tchad est un partenaire privilégié de coopération

Pour des motifs de coopération multiples (sécurité, migrations, climat, approvisionnement en matière premières, etc.), de nouvelles institutions diplomatiques s’installent dans le pays. Il s’agit entre autres des missions diplomatiques de Grande Bretagne, des Pays Bas, de l’antenne locale de l’ambassade d’Italie à Yaoundé, etc.

Notre pays a par ailleurs ratifié la quasi-totalité des résolutions des Nations Unies, de l’UA et des organisations régionales :

  • Adhésion du pays aux ODD des UN

  • Signature de l’accord de Paris sur le climat

  • Signature de l’accord de la Zone de Libre Échange Continental Africain ZLECA

  • Signature de la suppression des Visas entre les pays de la CEMAC

  • Adhésion et la ratification par le Tchad de la Convention sur la protection physique des Matières Nucléaires et son amendement

Le renforcement institutionnel du Ministère des affaires étrangères

Le gouvernement Tchadien a entrepris de renforcer les capacités du Ministère des affaires étrangères. Le budget consacré à l’action diplomatique du Tchad hors présidence de la république s’est accru considérablement passant de 13,39 milliards de FCFA en 2016 pour s’établir à 17,76 milliards de FCFA en 2020 correspondant ainsi à une croissance moyenne sur la période de 37,1%. Le ministère se verra livré sous peu, une infrastructure digne de son importance stratégique pour le développement du Pays.

A toute cette ingénierie Diplomatique dont a fait preuve le gouvernement sous l’égide du Maréchal du Tchad, il convient de souligner que les initiatives prises dans le domaine du développement du tourisme. Le FISCA (Festival International des Cultures Sahariennes) qui mobilise de nombreux participants venus de tous les pays du Sahara et des invités hors Afrique ainsi que  le Treg (Course à pied) qui se déroule dans le Tibesti dans la zone classée patrimoine mondiale de l’UNESCO ont fortement participé à redonner une image positive du Tchad dans le monde.

Capitaliser sur ces progrès et poursuivre les réformes et autres innovations permettra de construire une marque Tchad forte, ancrée sur l’échiquier de la coopération et du développement international.

Chérif Adoudou Artine

Le potentiel de diversification économique du Tchad

Fortement dépendante des exportations de brut, le choc pétrolier externe de 2014 à fortement affecté la croissance économique du Tchad. Recettes publiques en baisse et dette intérieure en augmentation ont obligé le gouvernement à agir dans les sens de la diversification économique.

Au cours de ces 5 dernières années, des concertations avec l’ensemble des parties prenantes ont été organisées. Il y a eu notamment la Semaine nationale de réflexion pour la relance économique tenue sous l’égide de la Chambre de Commerce, de l’industrie, de l’Agriculture et de l’Artisanat (CCIAMA) et dont les recommandations ont permis de fortes avancées en matière d’ingénierie institutionnelle et d’ingénierie juridique pour amélioration du climat des affaires.

Dr Issa Doubragne, ministre de l’Economie, de la Planification du développement et de la Coopération internationale.
Dr Issa Doubragne, ministre de l’Économie, de la Planification du développement et de la Coopération internationale. Il mène un travail de fond auprès des partenaires du Tchad afin d’installer un climat de confiance. Photo : Tchadinfos

La stratégie de diversification du pays, s’appuie sur les potentialités sectorielles et filières dont dispose le pays. C’est à partir de l’existant et des marges de croissance de cet existant que se mettent en place les nouvelles pistes d’activités économiques du pays. Cette démarche est d’autant plus pertinente que le pays dispose d’immenses potentialités. La mise en valeur de ces potentialités permettra de façon certaine d’assurer l’essor de son économie et conduira le pays à poursuivre sa dynamique de développement.

Un marché à conquérir

Le Tchad est pourvu d’un potentiel naturel quasi unique : population jeune et situation géographique conjuguées à la marge de progression d’un tissu économique à industrialiser font de notre pays une des destination les plus priées pour les investisseurs – publics comme privés.

Une situation géographique unique

De part cette situation géographique unique, le Tchad est le véritable cœur du continent africain. Une position hautement stratégique pour les investissements. Pour quiconque souhaite créer des liens et développer des affaires, s’implanter à l’épicentre du continent est la meilleure option pour se rapprocher des différents marchés continentaux et conquérir une clientèle en forte croissance avec un pouvoir d’achat en augmentation.

Le Tchad fait partie de la Communauté Économique des États d’Afrique Centrale (CEEAC). Ce grand espace économique sous régional avec sa population de plus de 130 millions d’habitants, constitue un marché à conquérir.

En outre, le pays vient d’adhérer à la nouvelle Zone de Libre Échange Continental (ZLEC) d’Afrique, un espace commercial qui va représenter le troisième marché mondial de consommation derrière la Chine et l’Inde mais devant les 28 Pays de l’UE.

Enfin, le pays appartient à une zone monétaire régionale unique, la zone Franc CFA. Cette appartenance est un facteur de stabilité économique et financière.

Une population jeune et dynamique

Le gouvernement fait de l’investissement dans la jeunesse une de ses priorités afin de tirer profit à terme du dividende démographique. En outre, la population du Tchad est extrêmement jeune, plus de 45% des tchadiens ont moins de 15 ans. Cette jeunesse constitue un réservoir de main d’œuvre et un marché de consommation.

Un pays à bâtir

La Vision 2030 dénommée « le Tchad que nous voulons » impose la mise en œuvre d’importantes infrastructures socio-économiques dans les domaines de l’énergie, des transports, de l’assainissement, de l’urbanisme, de l’habitat, des technologies de l’information, des communications, etc. Ce sont autant d’opportunités à saisir.

Un réservoir de ressources à exploiter

Le Tchad est, en plus des atouts cités en infra, un énorme ‘’silo’’ de richesses, allant du pétrole, aux minerais en passant par un cheptel qualifié de plus important au monde.

Pétrole

L’exploitation du pétrole a permis au Tchad d’amorcer son développement. D’importantes réserves restent encore non exploitées. Aussi, il importe pour le pays de poursuivre le développement de cette filière stratégique en s’inscrivant dans les chaines de valeur.

Énergie renouvelable

Avec un ensoleillement de 12 mois sur 12 (Nombre d’heures d’ensoleillement/an variant de 2 850 heures au sud à 3 750 heures au nord), traversé par des vents à forte puissance (Vitesse moyenne des vents variant de 2,5 m/s à 5 m/s du sud au nord) ; le photovoltaïque et l’éolien représentent des opportunités pour le développement de l’énergie verte. Réaliser des investissements sur ces sources d’énergie va permettre au pays de répondre à ses besoins énergétiques et accélérer à son développement industriel.

Minerais

Les minerais comme l’or, l’argent, le natron etc. sont exploités de manière artisanale. La mise en valeur de ces gisements constitue une aubaine pour les investisseurs et contribuera à accroitre la richesse.

Terres arables et ressources hydrauliques

Malgré une inégalité de répartition de la pluviométrie sur l’ensemble du territoire, le Tchad est un pays doté d’un réel potentiel de développement agricole en friche.

Le pays dispose de :

  • Plus de 39 hectares de terres arables, sous exploitées

  • 5,6 millions hectares de plaines aménageables

  • 5,6 millions de terres irrigables, dont 335 000 ha sont facilement irrigables ;

  • 263 à 455 milliards de m3 de ressources en eaux souterraines exploitables par an ;

  • Le « bassin du Lac Tchad », deux fleuves, le Logone et le Chari alimentant le Lac Tchad ;

  • 23,3 millions hectares de formations arboricoles naturelles et un écosystème naturel diversifié ;

Histoire, culture et biodiversité

De par sa position de carrefour continental, le Tchad connecte différents pôles géographiques de l’Afrique. Ce positionnement inédit est à l’origine de sa diversité culturelle. Le pays dispose d’un riche environnement naturel (relief, climat, faune, flore) qui bénéficie d’une bonne politique de protection. L’ensemble de ces facteurs fait du pays une niche touristique à très fort potentiel. On peut y développer de l’écotourisme et procéder à l’exploitation durable des ressources environnementales …

Les découvertes archéologiques de Toumaï, le plus ancien hominidé, les récentes exhumations de vestiges de SAO, le lac Tchad, les lacs d’Ounianga classés patrimoine mondial de l’UNESCO, Les oasis du Tibesti, les parcs de Zakouma et de Manda, le Guelta d’Archei et bien d’autres merveilles historiques et sites naturels du pays sont autant d’atouts permettant de bâtir et de faire croître une véritable industrie touristique dans cet îlot de paix régionale.

Chérif Adoudou Artine

COVID-19 : des mesures salutaires

A la cacophonie de ces derniers jours, le ministre de la Santé publique a répondu ce lundi matin en apportant des précisions qui pourtant figuraient sur le décret du 31 décembre 2020. Le gouvernement, en instaurant un confinement de la ville de N’Djaména (et non celui de ses habitants) en autres décisions, s’est montré proactif face à la recrudescence du virus et sa mutation, le tout afin de limiter une propagation de la maladie et de sauver des vies.

« Il vaut mieux une semaine de confinement que des mois de regret » ai-je pu lire sur un post Facebook ce samedi après-midi. Certainement une des rares réactions posées et distanciées par rapport à la décision du gouvernement tchadien de ramener l’heure du couvre-feu de 21 heures à 18 heures, de fermer les frontières terrestres à partir du 1er janvier 2021 et de boucler les frontières aériennes à compter du 4 janvier. Une certaine confusion a fait suite à la publication de ce décret, créant bon nombre de palabres dans les chaumières. Certains se demandaient si les mesures étaient effectives dès le vendredi 1er ou le jour suivant. Même cas de figure pour la fermeture de l’aéroport.

Le document officiel précise que les décisions en question sont limitées dans le temps et dans l’espace afin de limiter la propagation de la maladie et sauver des vies. En sus, il dit aussi que la ville de N’Djaména est confinée et non sa population –  les délimitations de la capitale sont également reprises dans ‘’l’édit’’ du 31 décembre. Abdoulaye Sabre Fadoul, ministre de la Santé publique et de la Solidarité nationale, n’a pas manqué de le rappeler ce lundi 4 janvier lors d’une conférence de presse très attendue après les approximations du week-end.

Le défaut du cycle de l’information au Tchad est que le citoyen lambda a pris l’habitude de s’informer par voie de décrets et plus rarement via les organes d’information ad hoc. Ces derniers sont (devront être) le relais logique entre les autorités et la population afin de vulgariser, expliquer, voir décrypter ces textes purement administratifs tournés parfois dans un Français…pas abordable pour la majorité. Mais rien n’y fait, chacun y va de son poste de décret et de son explication (de sa compréhension des textes…).

Vous savez, si à la Maison Blanche il y a un point presse quotidien pour les journalistes accrédités, ce n’est pas pour rien… C’est pour éviter au maximum les interprétations et leurs pendants : les spéculations, les récupérations, etc.

Information transmise vs Information comprise

Le gouvernement est proactif

Quant aux raisons du durcissement des mesures de riposte sanitaire décidées la veille du Nouvel An par le Maréchal du Tchad, elles répondent à une anticipation afin d’éviter le pire. En mars dernier, lorsque le premier cas de coronavirus avait été enregistré au Tchad, la réaction quasi immédiate du Président de la république et de son gouvernement a permis de répondre de la meilleure des manières à la propagation de cette maladie que certains de nos compatriotes négligeaient, minimisant ainsi les pertes humaines.

La mutation du COVID19 étant encore une grande inconnue, il ne s’agissait pas de tergiverser, d’attendre ou d’observer ailleurs…mais plutôt d’être proactif car personne ne sait ce qu’il en sera dans une semaine, dans un mois, dans trois mois…

Le variant anglais du COVID 19 (que l’on désigne par Variant VOC) a été enregistré depuis le mois de septembre 2020 en Grande Bretagne et depuis début décembre 2020 en Afrique du sud. Pour éviter tous risques, notre pays a décidé ce 29 décembre 2020 d’interdire l’entrée sur son territoire aux voyageurs en provenance de ces deux pays.

Le variant a été isolé majoritairement chez des personnes jeunes

Ce variant est-il plus dangereux ? Le site futura-sciences.com répond à cette question en restant très prudent : « Avant toute chose, il faut garder à l’esprit que les virus mutent à chaque fois qu’ils se répliquent. (…) La mutation est un processus biologique normal. Néanmoins, certaines mutations confèrent des avantages au virus. Dans le cas de VUI 202012/01 (le nouveau coronavirus ndlr), les informations sont encore limitées et de l’ordre de l’hypothèse, mais il est possible que les mutations aient augmenté la transmissibilité du virus. (Sa dangerosité) serait 0,4 fois supérieure, selon les modélisations d’un groupe de scientifiques, le Nervtag (New and Emerging Respiratory Virus Threats). À noter que ce variant a été isolé majoritairement chez des personnes jeunes, âgées de moins de 60 ans, qui sont moins à risque de faire des formes graves. »

Il est donc préférable de prévenir que de guérir…

Bonne année à tous.

Chérif Adoudou Artine

 

A l’action !

« Au service de la jeunesse tchadienne »

Profession de foi politique de Chérif Adoudou Artine

Au delà de la critique ex nihilo, qui est très souvent improductive, il y a l’action.

Le quadragénaire tchadien que je suis s’est posé la question de savoir comment passer du statut de simple observateur critique à celui de citoyen engagé pour son pays.

La réponse a été limpide. Elle est devant moi.

A l’instar de mon défunt père, Adoudou Artine Adil, et de mon frère, Amir Adoudou Artine, qui à travers leurs activités dans le monde des affaires et de la politique ont marqué leurs communautés, leur entourage professionnel et leurs familles, je me dois, si je veux agir, leur emboiter le pas. Durant 50 ans pour Adoudou Artine Adil et depuis plus de 15 ans pour Amir Adoudou Artine, ils ont sillonné le Tchad, ils ont côtoyé leurs compatriotes et ont essayé d’apporter des réponses aux attentes sociales, culturelles et économiques des femmes et des hommes qu’ils rencontraient. J’ai eu la chance de côtoyer au plus près ces deux hommes volontaires, visionnaires, travailleurs et patriotes. Leur exemple ne peut qu’être une inspiration.

Mon engagement politique n’est pas que militant. Il s’agit d’un engagement citoyen à travers la politique dans le sens ou je partage les attentes de mes compatriotes. En tant que Tchadien, leurs doutes et leurs espérances sont aussi les miens.

Je m’engage en politique pour apporter mon point de vue, ma vision et ma capacité de travail pour l’épanouissent de tous les Tchadiens en me fondant sur les préceptes d’une social-démocratie africaine.

Le Tchad appartient aux jeunes

Je souhaite qu’au Mouvement Patriotique du Salut (MPS) nous réapprenions à parler à la jeunesse tchadienne afin de lui céder cette place prioritaire qu’est la sienne. Elle le mérite par sa vivacité, par son énergie, par son ingéniosité, par sa résilience à toute épreuve et surtout par son poids démographique. Nos compatriotes âgés de moins de 35 ans représentent 80,3% de la population tchadienne estimée en 2017 à 15 016 773*.

Le MPS, parti frondeur, parti libérateur, parti fondateur doit présenter un plan d’avenir à la jeunesse tchadienne et des politiques adaptées aux mutations que nous vivront. Ce plan doit être réaliste, mesurable et réalisable dans des délais raisonnables. Le MPS en a les moyens car il regorge de ressources qualifiées, expérimentées et connaissant ce pays sur le bout des doigts. Je me joins à ces femmes et à ces hommes pour relever les défis qui nous attendent pour l’avenir de notre population.

Nous devons donc nous adresser aux jeunes de manière franche et dans le respect qui s’impose car ce pays leur appartient. Nous devons par conséquent préparer ce pays pour que leurs rêves voient le jour sur le territoire tchadien, que leur avenir se dessine dans les 1 284 000 km de notre pays. Et non pas à chercher, par dépit, à se construire un avenir ailleurs.

Je souhaite qu’au terme de la décennie 2020 – 2030, quand un jeune tchadien quittera son pays, ce sera pour enrichir ses connaissances académiques, renforcer son réseau professionnel, faire briller l’image du Tchad à l’étranger ou juste pour ses loisirs.

Je m’engage pour une action politique « Au service de la jeunesse tchadienne ».

Chérif Adoudou Artine

 

 

 

 

 

 

*Source : https://fr.countryeconomy.com/demographie/structure-population/tchad