Les petits candidats : pourquoi y vont-ils ?

Autant le nombre pléthorique de candidatures lors de la consultation électorale présidentielle de 1996 est compréhensible, autant celui (qui n’est pas encore très élevé) de cette année interroge sur le bien fondé de la démarche des « petits ». Pourquoi y vont-ils ?

En 1996, nous avions vu quinze candidats postuler pour l’élection présidentielle. La grande messe qu’a été la Conférence nationale souveraine, les espoirs nés d’une démocratisation avançant à pas de charge et la nouveauté justifiaient en grande partie l’engouement rencontré.

Cinq en plus tard, en 2001, ce sont sept Tchadiens qui ont souhaité accéder à la magistrature suprême.

2006, cinq candidatures (les partis de l’opposition avaient décidé de boycotter l’élection).

2011, la ferveur étant retombée, conjuguée à  un nouveau boycotte des leaders de l’opposition… les électeurs tchadiens n’ont eu le choix qu’entre trois candidats. Idriss Déby Itno (MPS – Mouvement patriotique du salut), Payimi Padacké Albert (RNDT – Rassemblement national des démocrates tchadiens) et Madou Nadji de l’ASRI (Alliance socialiste pour un renouveau intégrale).

Lors de la dernière consultation, 2016, un regain d’intérêt pour cette élection capitale a vu à nouveau le jour avec treize postulants.

Revenons en 2021, combien sont-ils en ce mardi 23 février à avoir émis officiellement le souhait de présider aux destinées du Tchad ?

Le premier d’entre-eux à s’être manifesté est Roumadoungar Félix Nialbé de l’URD (Union pour le renouveau et la démocratie)… depuis, dix autres acteurs politiques ont décidé de s’attaquer à la citadelle rose. S’y attaquer par voie de vote s’entend.

Avant de parler de leurs chances de victoire respectives, parlons de leurs chances de se présenter.

Être investit par son parti ou sa coalition politique  est une chose. Devenir un candidat officiel reconnu par la CENI en est une autre. Ils ne seront pas tous sur la ligne de départ le 11 mars prochain, date officielle du début de la campagne électorale, car il y a des conditions drastiques à respecter. Il faudra passer l’étape Cours Suprême qui en a fait tomber plus d’un, dont le plus illustre est le candidat fédéraliste Yorongar Nguarleji en 2016.

Ces conditions, drastiques donc, sont reprises dans le code électorale du 22 juillet 2019 – loi 033 (des modifications lui ont été apportées à travers la loi 045).

Vous pouvez consulter ce code électoral ici.

Les articles qui définissent les conditions d’éligibilité sont ceux du chapitre II allant de 111 à 113 et du chapitre III allant de 178 à 186.

On constate, en autres, qu’il faut :

Déposer une caution de 10 millions de francs (remboursable uniquement si le candidat obtient 10% des suffrages exprimés lors de l’élection)

Les candidatures doivent être déposées au moins 40 jours avant la date du scrutin. Dans le cas de figure actuel, cela nous donne le dimanche 28 février 2021 comme date butoir.

Le candidat doit résider au Tchad depuis au moins cinq ans

Être Tchadien de père et de mère et ne pas jouir d’une autre nationalité.

La question que je me pose et à laquelle je n’ai pas trouvé de réponse est ‘’faut-il ne jamais avoir eu d’autre nationalité ou alors on peut tout simplement renoncer à son autre nationalité pour être qualifié à la candidature ?’’. Je poserai la question à Kébir Mahamat Abdoulaye.

Un candidat indépendant doit présenter 40 000 (quarante mille) signatures de détenteurs de cartes d’électeurs pour espérer être qualifié.

Qu’en est-il des chances des candidats en lice s’ils parviennent à passer l’étape Cours suprême ?

Ils sont pour l’instant onze à s’être déclarés, onze que l’on peut répartir en quatre catégories :

A. Les DNS (Did no start) pour emprunter au vocabulaire du sport. Ceux qui ne se présenteront pas au final.

Brice Mbaïmon Guedmbaye

Balthazar Aladoum Djarma

Mahamoud Ali Mahamoud

Mahamat Adoum

Yaya Dillo Djérou

B. Les outsiders. Même si ici nous aurons des DNF (Did no finish), ceux qui se désisteront après s’être lancés.

Félix Nialbé

Beassemda Lydie

Théophile Bongoro

Pahimi Padaké Albert

C. Le challenger

Saleh Kebzabo

D. Le favori

Idriss Déby Itno

Pourquoi est-ce que les catégories A et B se présentent, sachant que leurs chances de victoire sont quasi inexistantes ?

Les candidatures de ceux que l’on appelle ‘’les petits candidats’’ sont utiles au jeu démocratique. Au-delà de la fraicheur certaine qu’elles insufflent aux joutes électorales, elles confortent la démocratie dans ce qu’elle a de pluraliste.

Exister sur l’échiquier politique

Autre avantage pour les petits partis ? Un grand quotidien régional français avait posé la question au chercheur Bruno Cautrès du CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po – Paris) : «Certains petits candidats veulent se visibiliser (ndlr : durant cette période qui donne la chance à tous les candidats de parler à la télévision). Cela incite effectivement des petits mouvements politiques, des petits candidats à vouloir percer le mur de l’anonymat et vouloir profiter du tremplin de l’élection présidentielle. Parfois, à leurs dépens et à leurs risques et périls. » (…) si le candidat n’atteint pas « les 5 % lui permettant d’être remboursé de ses frais de campagne. Ce fut le cas de Philipe de Villiers, qui y a laissé une partie de sa fortune personnelle. C’est toujours dangereux pour un petit candidat qui arriverait à récolter les 500 signatures de ne pas avoir l’appui d’un grand parti politique derrière.»

Chérif Adoudou Artine

La Santé est un levier de développement

Malgré les achoppements budgétaires consécutifs à  la crise, la politique sociale d’Idriss Déby Itno est restée au centre des préoccupation du gouvernement… Par ailleurs, la nouvelle approche de valorisation de gestion des ressources du pays, perçoit la population comme étant un actif, plutôt qu’une charge de gestion.

Avec un taux de croissance démographique de 3,5% annuel, une moyenne de 7,8 enfants par femmes, le Tchad est l’un des pays à la plus forte croissance de population au monde. En un peu plus de 20 ans, cette dernière a plus que doublé, passant d’un peu plus de 6 millions d’habitants à près de 16 millions d’habitants. Cette hausse a pour conséquence une augmentation des besoins de prise en charge dans tous les domaines : éducation, logement, alimentation, sécurité et bien sûr en soins de santé. Tout cela est du ressort de l’État, qui a au cours de ces 10 dernières années, multiplier les efforts pour garantir l’effectivité de ces droits fondamentaux à sa population.

Abdoulaye Sabre Fadoul, le ministre de la Santé publique et de la Solidarité nationale. Depuis sa prise fonction au sein de ce ministère il a dû composer entre la gestion générale du système et l’urgence lié à la pandémie du Coronavirus. Il s’est adjoint un Secrétaire d’Etat, Djidi Ali Sougoudi (médecin de formation), afin de répondre de la manière la plus efficiente aux enjeux du moment et à ceux à plus long terme. Photo : TchadInfos

Par-delà le fait de réaliser des progrès pour garantir l’effectivité de ces droits, les interventions étatiques se sont inscrites dans une stratégie globale de développement du pays. Ainsi, pour ce qui est de l’accessibilité et la qualité des soins pour les populations, le crédo d’intervention a eu pour but de faire de la santé, un levier de développement du capital humain.  Ce, afin d’en tirer pleinement profit pour l’émergence socioéconomique du pays. En effet, le gouvernement dans une nouvelle approche de valorisation de gestion des ressources du pays, perçoit la population comme étant un actif, plutôt qu’une charge de gestion.  Il a pleinement conscience, qu’une population en bonne santé est gage de productivité dans les différents secteurs d’activités (primaire, secondaire, tertiaire). En sus, un système de santé performant est synonyme de maîtrise budgétaire des dépenses publiques de santé qui revêt une importance capitale dans un contexte de rareté des ressources liée à la contraction économique globale qui plombe les budgets de l’Etat depuis 206.

Le Président de la République, le Maréchal Idriss Déby Itno a placé son mandat sous le signe du SOCIAL. Cependant, le contexte économique peu favorable a affecté les engagements sociaux qu’il s’est fixés. Mais malgré ce contexte difficile, la santé est restée une priorité gouvernementale. L’architecture du système a connu une réforme et un renforcement de ses capacités. La politique de santé en vigueur a pris en compte les caractéristiques sociodémographiques du pays, priorisant les pathologies faisant le plus de victimes et nécessitant le plus d’interventions. Par exemple, l’amélioration de la santé de la reproduction, la lutte contre de grandes endémie telles le paludisme et le VIH-Sida ont connus d’importants progrès en termes d’allocation de moyens (mise en place d’infrastructures, de formation et de recrutement de personnels, etc.). La construction de l’Hôpital de la Mère de l’Enfant, la mise en service de l’Hôpital de la Renaissance qui permet de réduire les évacuations sanitaires des agents de l’Etat, le maintien des mesures telles que la gratuité des soins d’urgences témoignent de l’importance que lui accorde le gouvernement.

En matière santé, bien qu’il faille poursuivre les efforts, il y a au Tchad, une amélioration continue des indicateurs (nombre de médecins par habitants, baisse de la mortalité, etc).  L’adoption de la loi sur la couverture maladie universelle présage d’un meilleur avenir pour la prise en charge des patients. Par ailleurs, l’intégration de la thématique de la solidarité nationale au Département de la Santé traduit l’importance stratégique qu’occupe ce département dans la Politique Sociale du Maréchal du Tchad.

Chérif Adoudou Artine

Les porte-étendards de la diplomatie tchadienne

Le Tchad est un vivier de compétences. Grâce aux succès diplomatiques enregistrés par les gouvernements successifs, ce vivier est désormais reconnu et dirige des institutions et des missions internationales. Voici ces figures de proue…

Depuis près d’une dizaine d’années, la diplomatie offensive qu’a mené le Tchad partout en Afrique (en tant que force d’interposition ou en tant que médiateur) a apporté des solutions aux différentes crises qui secouaient notre continent. Au-delà de ces actes au service de l’Afrique, cette diplomatie triomphante a également permis aux Tchadiens d’accéder à des fonctions auxquelles ils ne s’intéressaient guère ou qui leur semblaient inatteignables.

A défaut de truster les sièges d’organisations régionales ou internationales et des missions ponctuelles, ils sont aujourd’hui un certain nombre à porter l’étendard du Tchad.

Les figures de proue de ces éminences grises tchadiennes qui dirigent à l’international…

Infographie cherifadoudou.com

Chérif Adoudou Artine

 

Tchad, RCA, Soudan… destin commun

Attaqué tour à tour par ses voisins pour son implication prétendue dans des violences survenues à Bangui (capitale centrafricaine) et El-Geneina (ville soudanaise frontalière du Tchad), le Tchad, en bon voisin, a toujours répondu avec beaucoup de modération.

Idriss Déby Itno, Président de la République et Mahamat Hamdane Dagalo  »Himiti », Vice-Président du Conseil souverain du Soudan à N’Djaména le 16 janvier 2021. L’échange entre les deux hommes a porté essentiellement sur les questions de paix et de sécurité. Photo : Direction Générale de la Présidence de la République.

Le Tchad serait-il victime de sa quiétude ? Victime de ce calme relatif qui règne au sein de ses frontières ? Au point que ses voisins veuillent l’entraîner dans violences qui lui sont étrangères ?

Comment pourrait-il en être autrement au vu des accusations infondées de ces derniers jours ?

Centrafricains et Soudanais n’ont pas hésité à clouer le Tchad au pilori, le faisant passer pour une des causes de leurs manquements quant à la sécurisation de leurs territoires respectifs. A travers des stratagèmes guignolesques pour les premiers et des interventions dans la presse international sur un ton suranné pour les seconds, nos voisins n’ont pas hésité à accuser ouvertement notre pays, faisant ainsi fi de la théorie diplomatique dite ‘’du bon voisinage’’ (Good Neighbor Policy), un des volets de la politique étrangère de l’ancien Président des États-Unis Franklin-Delano Roosvelt.

Rappel des faits…

Au lendemain des affrontements du mercredi 13 janvier à une dizaine de kilomètres de Bangui (capitale centrafricaine) entre les forces régulières et les rebelles de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), Henri Wanzet Linguissara, le ministre en charge de la sécurité publique de nos voisins du sud, a accusé, dans une mise en scène à la télévision, des Tchadiens (à défaut de dire le Tchad) d’être à l’origine de cet affrontement.

Notre gouvernement n’a pas manqué de démentir ces allégations par le biais d’un communiqué en date du 14 janvier 2021.

Destin commun

Du côté de nos voisins de l’est, c’est le gouverneur de l’État fédéral soudanais du Darfour-Ouest, Mohammed Abdalla al-Douma, qui a affirmé dimanche 17 janvier 2021 sur Al Jazeera que « les groupes armés qui ont provoqué le chaos dans l’État sont venus (…) du Tchad ».  Des affrontements intercommunautaires ont eu lieu le 16 janvier à El-Geneina, ville frontalière au Tchad.

Nouvelle accusation, nouvelle réponse de nos autorités…par le biais cette fois-ci du général Brahim Seïd Mahamat, gouverneur de la région du Ouaddaï, avec donc, un nouveau démenti.

Ce qui est à souligner dans ces deux épisodes est que nos autorités ont à chaque fois calmé le jeu en rappelant leur position : toujours encline à encourager les efforts pour la paix dans la région. Dans son communiqué du 14 janvier, le porte-parole du gouvernement tchadien écrivait que ‘’le Tchad condamne toutes les violences et tentatives de déstabilisation de la RCA (…) et appelle tous les partenaires de la Centrafrique à œuvrer pour le rétablissement du dialogue entre les parties prenantes pour une sortie de crise.’’

Le Président de la république, Idriss Déby Itno en personne, recevant ce lundi 25 janvier à N’Djaména Laurent Ngon-Baba, Président de l’Assemblée nationale centrafricaine, n’a pas manqué de rappeler que Le Tchad et la Centrafrique « ont un destin commun ».

Chérif Adoudou Artine