Tchad, RCA, Soudan… destin commun

Attaqué tour à tour par ses voisins pour son implication prétendue dans des violences survenues à Bangui (capitale centrafricaine) et El-Geneina (ville soudanaise frontalière du Tchad), le Tchad, en bon voisin, a toujours répondu avec beaucoup de modération.

Idriss Déby Itno, Président de la République et Mahamat Hamdane Dagalo  »Himiti », Vice-Président du Conseil souverain du Soudan à N’Djaména le 16 janvier 2021. L’échange entre les deux hommes a porté essentiellement sur les questions de paix et de sécurité. Photo : Direction Générale de la Présidence de la République.

Le Tchad serait-il victime de sa quiétude ? Victime de ce calme relatif qui règne au sein de ses frontières ? Au point que ses voisins veuillent l’entraîner dans violences qui lui sont étrangères ?

Comment pourrait-il en être autrement au vu des accusations infondées de ces derniers jours ?

Centrafricains et Soudanais n’ont pas hésité à clouer le Tchad au pilori, le faisant passer pour une des causes de leurs manquements quant à la sécurisation de leurs territoires respectifs. A travers des stratagèmes guignolesques pour les premiers et des interventions dans la presse international sur un ton suranné pour les seconds, nos voisins n’ont pas hésité à accuser ouvertement notre pays, faisant ainsi fi de la théorie diplomatique dite ‘’du bon voisinage’’ (Good Neighbor Policy), un des volets de la politique étrangère de l’ancien Président des États-Unis Franklin-Delano Roosvelt.

Rappel des faits…

Au lendemain des affrontements du mercredi 13 janvier à une dizaine de kilomètres de Bangui (capitale centrafricaine) entre les forces régulières et les rebelles de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), Henri Wanzet Linguissara, le ministre en charge de la sécurité publique de nos voisins du sud, a accusé, dans une mise en scène à la télévision, des Tchadiens (à défaut de dire le Tchad) d’être à l’origine de cet affrontement.

Notre gouvernement n’a pas manqué de démentir ces allégations par le biais d’un communiqué en date du 14 janvier 2021.

Destin commun

Du côté de nos voisins de l’est, c’est le gouverneur de l’État fédéral soudanais du Darfour-Ouest, Mohammed Abdalla al-Douma, qui a affirmé dimanche 17 janvier 2021 sur Al Jazeera que « les groupes armés qui ont provoqué le chaos dans l’État sont venus (…) du Tchad ».  Des affrontements intercommunautaires ont eu lieu le 16 janvier à El-Geneina, ville frontalière au Tchad.

Nouvelle accusation, nouvelle réponse de nos autorités…par le biais cette fois-ci du général Brahim Seïd Mahamat, gouverneur de la région du Ouaddaï, avec donc, un nouveau démenti.

Ce qui est à souligner dans ces deux épisodes est que nos autorités ont à chaque fois calmé le jeu en rappelant leur position : toujours encline à encourager les efforts pour la paix dans la région. Dans son communiqué du 14 janvier, le porte-parole du gouvernement tchadien écrivait que ‘’le Tchad condamne toutes les violences et tentatives de déstabilisation de la RCA (…) et appelle tous les partenaires de la Centrafrique à œuvrer pour le rétablissement du dialogue entre les parties prenantes pour une sortie de crise.’’

Le Président de la république, Idriss Déby Itno en personne, recevant ce lundi 25 janvier à N’Djaména Laurent Ngon-Baba, Président de l’Assemblée nationale centrafricaine, n’a pas manqué de rappeler que Le Tchad et la Centrafrique « ont un destin commun ».

Chérif Adoudou Artine