Investissez les réseaux sociaux !

Les militants et sympathisants du MPS doivent jouer pleinement leur rôle de forces vives du parti au pouvoir sur ce qui est devenu la principale agora politique, les réseaux sociaux. Sur ces plateformes, notre gouvernement est souvent critiqué. Souvent sans fondement. Mais surtout, il est rarement défendu par celles et ceux qui forment cette masse qui donne corps au MPS dans les divers meetings. Investissons Twitter et Facebook car nous devons présenter notre bilan aux Tchadiens.

Entre ceux qui n’attendent qu’un post en faveur de la politique d’Idriss Déby pour vous fusiller du tweet et/ou du Facebook, ceux qui se disent apolitiques, mais n’hésitent pas à liker en loucedé (pensent-ils) les piques que vous recevez sur votre positionnement et enfin ceux qui vous contredisent ou vous soutiennent avec tenue, argutie et méthode, les plateformes sociales tchadiennes regorgent de propos politiques (même quand cela ne paraît pas l’être…). Dans ce maelstrom de messages partisans, il faut savoir faire le tri entre le bon grain et l’ivraie pour pouvoir apprécier. Nous n’allons pas nous adonner à l’exercice amusant mais inutile de lister les internautes par la qualité de leurs postes… mais plutôt de demander à nos amis du MPS d’entrer dans la danse, de prendre leur place sur les RS. Pas pour déverser des propos orduriers : insultes, menaces, attaques ad hominem. Non, au contraire, nous devons vivre sur les réseaux pour dérouler le bilan du quinquénat en cours (défendre la politique du gouvernement et les réalisations de ce dernier) car une évolution notable est à signaler dans de nombreux domaines. Il ne faut pas que les Tchadiens se laissent influencer par les crieurs de tous bords qui sermonnent à longueur de journée que notre président préside en léthargie et que le Tchad est un bateau ivre (même Rimbaud n’oserait point).

Dans la masse d’informations que nous avons à notre disposition, j’ai pris le temps de vous compiler certaines données, avant, dans quelques jours, de commencer des chroniques régulières dans lesquelles nous égrainerons les actions menées depuis 2016 et qui sont incontestablement à l’actif du gouvernement.

De manière triviale, nous avons pris pour exemple le secteur de la Santé.

On pourra toujours dire « ce n’est rien par rapport à ce qui pouvait être réalisé ». Mais le « qui pouvait être réalisé » reste et demeure une vue de l’esprit. Comment voulez-vous opposer une vue de l’esprit à des actions tangibles ?

Partisans et sympathisants du MPS, je vous invite à relever le niveau des réseaux sociaux tchadiens. Prenez de l’altitude, informez-vous, lisez afin de défendre au mieux le bilan notable du quinquennat en cours.

Chérif Adoudou Artine

 

Idris Déby Itno le provincial

Idriss Déby Itno a entamé début novembre des déplacements dans le Tchad profond. A la rencontre des ses compatriotes, le Maréchal du Tchad pourrait initier une nouvelle approche moins centralisée dans sa gestion des affaires publiques.

Le Président de la République Idriss Déby Itno à Moussoro le 20 décembre 2020 / Photo : Direction de la communication Présidence de la République
Le Président de la République Idriss Déby Itno à Moussoro le 20 décembre 2020 / Photo : Direction de la communication Présidence de la République

Loin de l’image de roi paresseux que souhaitent lui coller ses détracteurs, le Président de la République, plus en forme que jamais, a entamé début novembre des visites dans les provinces. Des déplacements qui étaient programmés de longue date, mais décalés à cause des mesures prises dans le cadre de la riposte contre le Coronavirus.

Idriss Déby Itno est plus que jamais dans l’action, au contact des populations. On en veut pour preuve son « coup de gueule » d’Ati lors de sa visite de travail du 7 décembre dernier. Alors qu’un nombre important de personnes faisait le pied de grue devant sa résidence et harcelait le protocole pour le rencontrer, le Maréchal du Tchad, au bout de trois audiences, se serait emporté contre son service protocolaires : « Je ne suis pas venu à Ati pour voir les mêmes têtes qu’à N’Djaména.» Une manière de dire que l’objectif de ces déplacements est de côtoyer « le Tchad profond » et saisir pleinement les situations toutes aussi singulières les unes que les autres en fonction des régions.

La scène d’Ati a tout d’un symbole. Lassé par les remontées d’informations souvent contradictoires, Idriss Déby Itno a décidé de mettre les mains dans le cambouis. Un président volontaire, actif, qui se veut être à l’écoute de ses compatriotes. Une attitude qui rappelle un homme d’État populaire (populaire car chaleureux), Jacques Chirac. Alors Président du RPR, l’ancien Maire de Paris disait en 1980, pour être en phase avec la population « il faut savoir taper sur le cul des vaches » et non rester dans les salons feutrés des ministères ou le confort de la capitale. On a vu le Président dans les champs de coton avec les agriculteurs, au contact des éleveurs… échangeant avec les leaders traditionnels.

Auprès de ses compatriotes

C’est ce président volontaire et lucide sur la situation de notre pays que les Tchadiens apprécient et souhaitent voir. Loin des lourdeurs et des process interminables de l’administration.

Est-ce l’amorce d’une nouvelle manière de gouverner ? Une approche plus globale de diriger les affaires du Tchad ?

C’est ce qui semble se profiler. Le Président global de la IVème République était submergé. La principale modification constitutionnelle du second Forum national inclusif le délestera de certaines responsabilités et lui permettra d’être plus souvent sur le terrain, dans les régions, les villages, les féricks…, auprès de ses compatriotes.

Assez de cette gestion purement n’djaménoise ? Projetons-nous…et imaginons une présidence plus girondine que jacobine (une gestion des affaires plus décentralisée que venant uniquement de la capitale). En tant que garant de la cohésion sociale du Tchad, Idriss Déby Itno, avec des déplacements provinciaux plus nombreux, pourrait résoudre certaines situations nées et parfois entretenues par des fonctionnaires qui agissent à dessein. Son autorité, son aura et son charisme seraient comme des boucliers pour des populations rurales souvent flouées.

La question logique qui suit cette proposition est « Qu’en est-il de l’autorité de l’État si le président doit se substituer à un préfet ou à un sous-préfet pour régler certains litiges ? » Ne nous perdons pas en conjectures et surtout ne nous voilons pas la face, l’efficacité de l’appareil d’État (les administrations, la justice, etc.) est aujourd’hui réduite à sa portion la plus congrue. La faute à des administrateurs et à des fonctionnaires véreux qui ont trahi leur engagement de servir le Tchad. Si Idriss Déby Itno, en dépit de cette situation de déliquescence, peut éclaircir l’horizon de nos compatriotes ruraux et leur éviter certaines injustices, qu’il le fasse.

Chérif Adoudou Artine

Le MPS à la croisée des chemins

A l’aune de ses trente années d’existence, qu’il célébrera à Mongo dans la province du Guéra ce mercredi 11 mars 2020, le Mouvement patriotique du Salut doit amorcer sa mue afin d’embrasser un monde qui change pour demeurer le parti de gouvernement qu’il a toujours été.

Ce mercredi 11 mars 2020 le MPS fêtera ses 30 ans d’existence dans la ville de Mongo (Province du Guéra). 30 ans (à dix mois près) de pouvoir qui ont donné au parti de Bamina une étiquette de parti de gouvernement. Trois décennies. Trois périodes :

1990 – 2001, l’apprentissage du multipartisme.

2002-2014, l’ancrage populaire.

2015 à nos jours, à la croisée des chemins.

Penchons-nous sur cette dernière période, celle qui nous concerne.

Mahamat Zene Bada, Secrétaire général du MPS Photo : Vincent Fournier/JA

En confortant Mahamat Zene Bada lors du congrès extraordinaire de novembre 2019, le principal partie politique tchadien s’est rassuré en s’appuyant sur ses bases. Le Secrétaire Général étant un homme sur lequel peut s’appuyer le Président de la République Idriss Déby Itno pour resserrer les rangs et afin de mettre de l’ordre dans la maison en ces temps de tiraillements internes, de fronde sociale (jeunes, étudiants, fonctionnaires, corps judiciaire), de repli identitaire (une petite heure sur Facebook permet de s’en rendre compte), le tout conjugué à une relance économique en filigrane qui n’a pas encore de réels effets sur la population.

Le citoyen est un JRI 2.0

Mais au-delà de rassembler ses troupes, le MPS doit embrasser, faire siens les changements d’une époque, celle de la troisième révolution anthropologique de l’histoire de l’humanité. Au contraire de la deuxième révolution anthropologique (l’imprimerie au 15ème siècle), qui s’est déroulée dans une Europe triomphante ; celle que nous vivons n’est pas limité dans un espace géographique. Les schémas démocratiques qui ont rythmé la vie des démocraties occidentales volent en éclat, car le citoyen n’est plus celui à qui ont sert une dose d’information deux fois par jour et qui, dans la plupart des cas, s’en contente. Le citoyen d’aujourd’hui, qu’il soit Américain, Africain, Tchadien, est un JRI (Journaliste reporter d’images) d’un nouveau genre ayant en permanence une bibliothèque entre les mains, difficile donc de la gruger. Difficile également de le faire taire car il évolue en communauté. Bridez-en un, ce sont cent autres qui prendront le relais ; des homonuméricus comme aimait les appeler le philosophe Michel Serres.

Il ne faut donc pas que le MPS soit en déphasage avec cette nouvelle norme. Le parti doit, au delà d’une réflexion profonde sur son discours traditionnel, sur ses thèmes de prédilections (paix et unité) se détacher des recettes qui ont fait son succès et qui, sans doute, en apporteront d’autres. La dialectique du MPS doit désormais passer par des choix politiques de séduction afin de ne pas être en déphasage avec ce qui se passe dans les rues de N’Djaména, de Moundou, de Faya, etc.

Des politiques audacieuses

L’homogénéité du Bureau politique national (BPN), même si sa représentation féminine augmente, n’augure pas de grands changements. Mais le chambardement n’est pas pour tout de suite. Comme signalé plus haut, Il faut solidifier les bases. Mai parallèlement le MPS doit se doter de cercles de réflexions composés d’une ossature différente de son bureau politique. Un apport d’idées et de solutions issues d’horizons hétérogènes. Si cette voie de consultations n’est pas empruntée, le MPS laissera le terrain aux autres, ceux-là même qui promettent monts et merveilles sans avoir le gouvernail du pays. Le MPS quant à lui, gouvernera, certes, mais ne sera pas ce parti représentatif du pouvoir qu’il a entre les mains. Pour refléter l’image du grand parti qu’il est, la formation politique d’Idriss Déby Itno doit parler au Millennials, adopter leur langage, répondre à leurs attentes (formation et emploi). En somme leur offrir des perspectives en adoptant des politiques audacieuses. Loin du dogmatisme, Loin des idéologies. Loin des clivages partisans. Mais juste du pragmatisme et du bon sens (politique ?).

Mahamat Zene Bada, en animal politique aguerri (que l’on compare souvent à un cygne qui renait de ses cendres), en fin stratège, en leader éclairé doit s’ouvrir, consulter, offrir de nouvelles perspectives (à son parti et à ses concitoyens).

Aujourd’hui, à l’aune de son 30ème anniversaire, le MPS est à la croisée des chemins. A lui de choisir la voie de l’inclusion sociale à travers des plans taillés sur mesure pour 70% de la population. Alors, la rue tchadienne, si frondeuse, toujours acerbe, en permanence critique, fera elle-même la promotion du bilan social du MPS dans quelques années.

Chérif Adoudou Artine, leader numérique autoproclamé

A l’action !

« Au service de la jeunesse tchadienne »

Profession de foi politique de Chérif Adoudou Artine

Au delà de la critique ex nihilo, qui est très souvent improductive, il y a l’action.

Le quadragénaire tchadien que je suis s’est posé la question de savoir comment passer du statut de simple observateur critique à celui de citoyen engagé pour son pays.

La réponse a été limpide. Elle est devant moi.

A l’instar de mon défunt père, Adoudou Artine Adil, et de mon frère, Amir Adoudou Artine, qui à travers leurs activités dans le monde des affaires et de la politique ont marqué leurs communautés, leur entourage professionnel et leurs familles, je me dois, si je veux agir, leur emboiter le pas. Durant 50 ans pour Adoudou Artine Adil et depuis plus de 15 ans pour Amir Adoudou Artine, ils ont sillonné le Tchad, ils ont côtoyé leurs compatriotes et ont essayé d’apporter des réponses aux attentes sociales, culturelles et économiques des femmes et des hommes qu’ils rencontraient. J’ai eu la chance de côtoyer au plus près ces deux hommes volontaires, visionnaires, travailleurs et patriotes. Leur exemple ne peut qu’être une inspiration.

Mon engagement politique n’est pas que militant. Il s’agit d’un engagement citoyen à travers la politique dans le sens ou je partage les attentes de mes compatriotes. En tant que Tchadien, leurs doutes et leurs espérances sont aussi les miens.

Je m’engage en politique pour apporter mon point de vue, ma vision et ma capacité de travail pour l’épanouissent de tous les Tchadiens en me fondant sur les préceptes d’une social-démocratie africaine.

Le Tchad appartient aux jeunes

Je souhaite qu’au Mouvement Patriotique du Salut (MPS) nous réapprenions à parler à la jeunesse tchadienne afin de lui céder cette place prioritaire qu’est la sienne. Elle le mérite par sa vivacité, par son énergie, par son ingéniosité, par sa résilience à toute épreuve et surtout par son poids démographique. Nos compatriotes âgés de moins de 35 ans représentent 80,3% de la population tchadienne estimée en 2017 à 15 016 773*.

Le MPS, parti frondeur, parti libérateur, parti fondateur doit présenter un plan d’avenir à la jeunesse tchadienne et des politiques adaptées aux mutations que nous vivront. Ce plan doit être réaliste, mesurable et réalisable dans des délais raisonnables. Le MPS en a les moyens car il regorge de ressources qualifiées, expérimentées et connaissant ce pays sur le bout des doigts. Je me joins à ces femmes et à ces hommes pour relever les défis qui nous attendent pour l’avenir de notre population.

Nous devons donc nous adresser aux jeunes de manière franche et dans le respect qui s’impose car ce pays leur appartient. Nous devons par conséquent préparer ce pays pour que leurs rêves voient le jour sur le territoire tchadien, que leur avenir se dessine dans les 1 284 000 km de notre pays. Et non pas à chercher, par dépit, à se construire un avenir ailleurs.

Je souhaite qu’au terme de la décennie 2020 – 2030, quand un jeune tchadien quittera son pays, ce sera pour enrichir ses connaissances académiques, renforcer son réseau professionnel, faire briller l’image du Tchad à l’étranger ou juste pour ses loisirs.

Je m’engage pour une action politique « Au service de la jeunesse tchadienne ».

Chérif Adoudou Artine

 

 

 

 

 

 

*Source : https://fr.countryeconomy.com/demographie/structure-population/tchad

Au revoir 2018, bonjour 2019

L’année 2018 se termine. Que nous a-t-elle réservé de beau au Tchad ? Pas grand chose, elle aura été bien morose. Que ce soit en sport, en culture ou en politique nous n’avons pas eu beaucoup d’occasion de nous réjouir. Malgré cela, il subsiste quelques poches d’espoir pour 2019… et au delà.

Lundi est le dernier jour de l’année 2018. La seule chose qui me vient en tête est « enfin finie » !

Même si le passage à l’année nouvelle n’est que symbolique, je me dis que symboliquement nous allons oublier un cru 2018 très morose.

En remontant le calendrier de l’actualité 2018 au Tchad, il n’y a pas eu beaucoup de faits très réjouissants pour le quidam qui vit à N’Djaména, Moundou, Abéché, Sarh, Faya ou Ati.

Les Sao basket

De temps en temps nos sportifs (de seconde zone aussi, il faut le reconnaître) nous rapportaient quelques breloques ou titres de sous compétitions continentales. Ça concourait à flatter nos petits égos flagorneurs. En 2018, rien. Même Casimir Ninga n’a pas secoué Facebook ces derniers mois. Les joueurs du Sao basket ont néanmoins pris le relais du footballeur après une campagne honorable lors des éliminatoires pour la coupe du monde qui se jouera en 2019 en Chine. Ils sont actuellement 6ième …dans un groupe de 6. Et il parait que ces sportifs ont représenté le pays dans cette phase qualificative grâce à des fonds privés. Et le ministère des Sports dans tout ça ?

Limites artistiques ?

Du côté de la Culture, même son de cloche. On s’est contenté de produire des niaiseries qui n’ont été distribuées nulle part, si ce n’est sur les ondes de nos moribondes stations FM, à l’IFT, au Centre Don Bosco, etc.  Notre fameuse « diversité culturelle » n’inspire pas ceux et celles que l’on qualifie d’artistes. Terme galvaudé. Il y a le très original Afrotronix qui tire son épingle du jeu. Avec lui, quelques uns, dont Tony Ives, Lynci ou Sultan, tentent de faire vivre la musique urbaine tchadienne, mais le public n’accroche pas (pas encore). A qui la faute ? A leurs propres limites artistiques ou à un manque de promotion/mécénat qui leur permettrait de passer un cap ?

Immobilisme

Les politiques, fidèles à eux-mêmes, ont été d’une inefficacité criante. Ceux qui sont en fonction cherchent à tirer à eux la couverture afin de briller aux yeux du Président de la République et ainsi espérer pérenniser leurs strapontins. Les décisions qui permettraient aux Tchadiens de souffler un tant soi peu sont par contre le dernier de leurs soucis. Ils sont en représentation. En permanente recherche de médiatisation. Pour remplir les cases du journal télévisé de Télé Tchad, ils brasent de l’air et récitent des antiennes creuses et éculées. Si cette clique disparaissait de la surface du pays, cela ne changerait rien à notre quotidien, car elle ne pilote pas le Tchad, elle le laisse voguer tel un bateau ivre. Attentisme et immobilisme sont les adjectifs qui qualifient le mieux notre vie politique. La même dialectique vaut pour ceux qui attendent dans l’antichambre du gouvernement (car c’est la finalité) et ceux de l’opposition.

Si on remplaçait le nom France par Tchad dans cet extrait d’Hexagone, écrit et chanté par l’anarchiste Renaud Sechan, serions-nous dans le vrai ?

« Ils s’embrassent au mois de janvier car une nouvelle année commence,

Mais depuis des éternités elle n’a pas vraiment changé la France.

Passent des jours et des semaines, y a que le décore qui évolue.

La mentalité est la même, tous des tocards, tous des faux-culs. »

Il y a deux mondes

Quand je dis que tout est morose, j’exagère. Dans ce spleen ambiant, il y a quand même des lueurs d’espoir. La motivation et l’énergie de certaines personnes pour développer des idées novatrices, monter des start-up dans tous les domaines tout en essayant de se frayer un chemin vers l’autonomie financière constatés dans certains milieux de N’Djaména, donne beaucoup d’espoir. Ce mouvement d’autoentrepreneurs, certes encore très brouillon, sans réelle ligne directrice et disparate, gagne de plus en plus les millennials. Une génération bénie car elle a grandi avec les technologies les plus adaptées à ses besoins, les mieux pensés pour qu’une personne puisse s’épanouir socialement, économiquement et idéologiquement. Ses ainés n’ont jamais connu ces leviers économiques impressionnants. Ses benjamins connaîtront sans doute un outil qui sera édulcorée de son essence ‘‘libertaire’’ tôt ou tard. Ce Tchad là turbine de toute ses forces pour se faire une place dans l’écosystème mondial en cherchant à se mettre à niveau par rapport à ses voisins, qui vivent dans le ‘’village global’’, thèse développée en 1967 par l’économiste Marshall McLuhan et qui prévoyait la mondialisation économique, technologique et médiatique. Ce Tchad de tous les possibles se trouve opposé à un Tchad traditionnel, replié sur lui (régionaliste, ethniciste, voire même clanique), replié sur ces méthodes de gouvernance économique et sociale qui ont fait leur temps et qui ont montré leurs limites. C’est ce que j’appelle le Tchad de l’ancien monde.

Loin de moi l’idée d’opposé ces deux approches, même si je penche pour l’un, plutôt que pour l’autre. Il n’y a dans mon cheminement intellectuel aucun manichéisme, juste un constat. Celui d’un Tchad qui a les ouvert, qui sait, qui veut mais ne peut pas grand chose faute de structures et de moyens financiers. Car il est encore balbutiant. Et d’un Tchad qui peut tout, mais est engoncé dans un système de corruption et de clientélisme duquel il ne peut se départir, de peur de voir sa mécanique de fonctionnement voler en éclat. Rapprocher ces deux Tchad serait-il une bonne idée ? Oui et non ?

Oui car aucun changement notoire ne peut se faire sans les pouvoirs publics, qui décident des politiques et des règlements. Le gouvernement doit tenir compte de ce frétillement économique naissant (formel ou informel) lui donner un cadre légal pour qu’il se développe. La machine administrative occupera alors un rôle de régulateur, percevra ses impôts et se chargera de ses devoirs régaliens. Cette approche libertarienne, le moins d’Etat possible dans les affaires économiques, est, au passage, soutenue par les géants de la Silicone valley. Un exemple à suivre ? Une question qui mérite débat.

Non car si on laisse trop de place à la machine administrative dans cet écosystème, elle le biaiserait par ses vielles méthodes, sa corruption et sa pression fiscale.

Le Giga à 1 500 francs

Si je concluais ce billet sans parler de la baisse du prix d’Internet j’aurais été impardonnable. Fin octobre, Airtel, l’un des deux opérateurs de téléphonie, a décidé de passer de 12 000 francs à 1 500 francs pour 1 Giga. Une véritable révolution. Une sorte d’aumône pour toute la population. Internet, comme je l’écrivais plus haut, est un levier économique sans pareil. Certaines personnes se sont plaint que c’est encore trop cher. Ils ont peut être raison. Mais c’es déjà pas mal.

La question que je me pose par contre est : ‘’S’ils peuvent se permettre de vendre le Giga de connexion à 1 500 francs aujourd’hui, pourquoi l’ont-ils vendu depuis toutes ces années à 12 000 francs ?’’

Tchadiens, je ne vous souhaite pas une bonne année 2019. Mais plutôt beaucoup de courage pour 2019.

Chérif Adoudou Artine, leader numérique autoproclamé