IDI ne fait pas dans la dentelle

Premier meeting pour Idriss Déby Itno et premier bain de foule pour le favori de cette élection présidentielle. Dans un discours au ton offensif, le Président sortant a fait passer un message clair à ses opposants : il n’est pas prêt de céder son fauteuil. Voici le journal de campagne du 13 mars…

Les 47 degrés projetés par le soleil accablant de N’Djaména n’auront pu dissuader une foule bariolée de jaune, de bleu…, flanquée des différentes effigies des bureaux de soutien de converger vers le stade Idriss Mahamat Ouya, dans la quartier d’Ardep Djoumal à N’Djaména. Les travées et la pelouse artificielle de cette enceinte sportive de 12 000 places étaient bondées ce samedi après-midi pour le premier meeting de campagne d’Idriss Déby Itno, candidat de l’Alliance du consensus (MPS et 103 partis alliés). Dans cette forêt de visages suants, au-delà de la ferveur populaire et de la harangue partisane (parfois guerrière de certains ‘’motivés’’) ont ressentait une vrai ambiance de fête. Une sorte de kermesse géante au milieu des calicots vantant le champion des lieux.

Qu’est venu chercher cette assistance sous cette chaleur ?

Elle est venue écouter avant tout un leader. Un homme qui incarne le pouvoir et la stabilité. Ousman, vingtenaire à l’allure sportive vêtu d’un t-shirt vert-pomme explique pour quelles raisons lui et ses amis ont fait le déplacement depuis Diguel pour cette première rencontre populaire d’IDI : ‘’Quand je vois les autres pays de la région, je suis content d’avoir IDI à la tête de notre pays. Comment voulez-vous que nous puissions parler d’avenir si nous n’avons pas la sécurité dans notre pays. Je suis venu soutenir Déby car je suis fier de ce qu’il fait.’’

Loin des 100 000 tchadiens qui ne cessent de déconstruire son image de chef sur les réseaux sociaux (c’est leur droit), le Tchad réel était ce samedi allé à la rencontre de son Président. Un Président à qui on peut reprocher des choses, mais un Président qui rassérène les Tchadiens du Tchad… même ceux qui le houspillent à longueur de Tweet, de post Facebook et de live Zoom.

Ces Tchadiens de la vie réelle sont aussi venus écouter un discours offensif prononcé par Idriss Déby Itno pour signifier à qui veut l’entendre qu’il ne cèdera pas son fauteuil de président à des ‘’pleureuses’’ qui solliciteraient l’aide des occidentaux pour le faire partir. Dans son kaftani blanc et très alerte physiquement face à ce mur de partisans, le Maréchal du Tchad n’a pas fait dans la dentelle en s’adressant à ses adversaires politiques.

Wakit tama

Dans le même temps, une marche organisée (et interdite par le ministère de l’Intérieur) par une coordination des actions citoyennes composée d’organisations de la société civile, des partis politiques et des syndicats (13 entités en tout) et appelée ‘’Wakit Tama’’ a bravé les interdits officiels mais n’a pas réuni beaucoup de monde.

Quid de la suspension de Brice Mbaïmon ?

Le candidat du MPTR (Mouvement des patriotes tchadiens pour la République), Brice Mbaïmon Guedmbaye avait annoncé ce vendredi 12 mars la suspension de sa campagne. Il reproche à la CENI (Commission électorale nationale indépendante) son apathie vis à vis de ‘’la prise d’assaut par le parti au pouvoir et ses alliés’’ des espaces d’affichage et exige en sus que ‘’tous les candidats (ndlr : bénéficient) d’une couverture sécuritaire, au même titre que le candidat Idriss Déby Itno (…) et que la CENI rétablisse l’équilibre de la parité majorité-opposition actuellement dominée par les membres du MPS et ses alliés.’’

Le candidat est dans l’attente d’une réponse à ses exigences.

Chérif Adoudou Artine