Le Tchad redéploie des troupes dans la zone des trois frontières

Lors de la 7ème session ordinaire du G5 Sahel, qui s’est tenue à N’Djaména ce lundi 15 février 2021, le Tchad a annoncé l’envoi de plus d’un millier d’hommes dans la partie du Sahel la plus menacée par les djihadistes. Notre pays assume sa place de leader régional alors que le Président Déby prend la présidence tournante de l’organisation.

Le Tchad est plus que jamais le maître du jeu dans la lutte contre les extrémismes violents au Sahel. Alors que s’ouvrait le 7ème sommet ordinaire du G5 Sahel (en prélude à la session de travail à huis-clos des chef d’état ce lundi 15 janvier) et que le Maréchal Idriss Déby Itno assure la présidence tournante de l’organisation, notre pays a envoyé 1 200 éléments de l’ANT dans la zone dite des trois frontières (aux confins du Burkina Faso, du Mali et du Niger) dans le cadre de la Force Conjointe – G5 Sahel (FCG5S), le pendant militaire de la coalition G5 Sahel.

L’annonce a été faite par Idriss Déby Itno aux Chefs d’État réunis lors des travaux à huis-clos qui ont suivis la plénière d’ouverture. L’hôte de la réunion n’a pas manqué de souligner en filigrane l’importance du renforcement des effectifs dans son discours de clôture prononcé après le passage de relais entre le président mauritanien Mohamed Ould El Ghazaounai et lui-même : ‘’En matière de lutte contre le terrorisme, notre stratégie militaire gagnera en efficacité si la Force Conjointe du G5 Sahel et les Forces armées des pays du Sahel montent en puissance. (…) C’est pourquoi, il est impératif que nous consolidions le dispositif sécuritaire afin de l’adapter à la dimension de la menace. »

Mais le Président tchadien est allé plus loin en évoquant les questions de financement et l’importance des partenaires dans le renforcement du G5 Sahel : ‘’La situation socio-économique de nos pays n’est pas très reluisante, et ne nous permet pas de faire face seuls efficacement aux grands défis actuels.  Le poids de la dette se fait sentir avec acuité et plombe déjà nos efforts de développement. L’exécution de nos Plans de Développement peine à atteindre les taux de réalisation escomptés, faute de financements conséquents.(…) C’est le lieu de saluer et remercier l’engagement de tous nos partenaires internationaux qui œuvrent au  renforcement des capacités opérationnelles de nos forces armées nationales et celles de la Force conjointe du G5 Sahel, à travers l’envoi des contingents armés et la logistique. »`

Cet envoi de troupes entre dans ce qui est devenu aujourd’hui une habitude pour le Tchad. En 2013 déjà, notre armée est allée renforcer l’opération Serval déployée par les Français au Mali sous le couvert de l’ONU dans le cadre de la Mission de soutien au Mali (MISMA) et par la suite Mission multinationale intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Les FATIM (Forces armées tchadiennes au Mali) ont fait montre de leur bravoures, de leur mobilité, de leur maîtrise. Un savoir-faire qui leur a permis de débusquer leurs ennemis dans des lieux où leurs compagnons d’armes maliens et français n’osaient pas entrer. On se souvient de cette fameuse bataille de Tigharghar dans la chaine de montagne de l’Adrar des Ifogas (nord-est du Mali). Les forces tchadiennes, commandées par le général Oumar Bikimo, ont décimé les colonnes d’Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et Ansar al-dine en 45 jours (18 février au 31 mars).

Les premiers éléments des FATIM (500 sur 2000 hommes) sont rentrés courant 2013 à N’Djaména. Ils ont été accueillis avec tous les honneurs par le Général Idriss Déby Itno et la population tchadienne.

Chérif Adoudou Artine