RCA : le Tchad dément toutes implications

Suite à une mise en scène accusatrice du ministre centrafricain de l’Intérieur en charge de la Sécurité publique tendant à accuser le Tchad, notre gouvernement a réagi en rejetant ces allusions tout en mettant en garde ses ressortissants « contre tous comportements répréhensibles ».

Suite aux affrontements du mercredi 13 janvier à une dizaine de kilomètres de Bangui (capitale centrafricaine) entre les forces régulières et les rebelles de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), les autorités centrafricaines se sont livrés à une mise en scène accusatrice orchestrée par Henri Wanze Linguissara, ministre de l’Intérieur chargé de la sécurité publique de la RCA. Elles ont diffusé « à la télévision et sur leurs sites web officiels des informations alléguant la présence de combattants tchadiens parmi les assaillants laissant penser à l’implication de fait du Tchad. » annonce le gouvernement Tchadien par le biais d’un communiqué rendu public ce jeudi 14 janvier dans la soirée.

Dans cet extrait de la chaîne de télévision Afrique Média, on y voit Henri Wanzet Linguissara et un prétendu rebelle arrêté et présenté à la population centrafricaine (la séquence se déroule entre 26 minutes 12 et 28 minutes 32).

Mise en garde au Tchadiens de RCA

Le Tchad dément toutes implications dans ces évènements et « dénonce avec force ces accusations ». Les autorités de N’Djaména rappellent qu’aucun élément de l’armée tchadienne n’a foulé le sol centrafricain depuis le retrait, en 2014, de l’ANT du contingent de la MISCA (Mission internationale de soutien à la Centrafrique).

Des ressortissants tchadiens ont en effet été enrôlés dans les différentes forces rebelles qui agissent au sud de la frontière tchadienne afin de déstabiliser le pouvoir du président Faustin-Archange Touadéra (réélu le 4 janvier dernier). Le gouvernement « met en garde les Tchadiens vivant en RCA contre toute activités illicites ou comportements répréhensibles susceptibles de mettre en danger leur vie, leurs biens ainsi que les relations entre les deux pays. »

Fidèle à la position du Maréchal du Tchad, Président de la République, Chef de l’État Idriss Déby Itno, qui avait condamné, pas plus tard que le 26 décembre dernier en sa qualité de Président en exercice de la CEN-SAD, « toutes les formes de violences et de déstabilisation » de la RCA, notre gouvernement appelle tous les partenaires de la Centrafrique à œuvrer pour rétablissement du dialogue entre les parties prenantes pour une sortie de crise.

Chérif Adoudou Artine