IDI ne fait pas dans la dentelle

Premier meeting pour Idriss Déby Itno et premier bain de foule pour le favori de cette élection présidentielle. Dans un discours au ton offensif, le Président sortant a fait passer un message clair à ses opposants : il n’est pas prêt de céder son fauteuil. Voici le journal de campagne du 13 mars…

Les 47 degrés projetés par le soleil accablant de N’Djaména n’auront pu dissuader une foule bariolée de jaune, de bleu…, flanquée des différentes effigies des bureaux de soutien de converger vers le stade Idriss Mahamat Ouya, dans la quartier d’Ardep Djoumal à N’Djaména. Les travées et la pelouse artificielle de cette enceinte sportive de 12 000 places étaient bondées ce samedi après-midi pour le premier meeting de campagne d’Idriss Déby Itno, candidat de l’Alliance du consensus (MPS et 103 partis alliés). Dans cette forêt de visages suants, au-delà de la ferveur populaire et de la harangue partisane (parfois guerrière de certains ‘’motivés’’) ont ressentait une vrai ambiance de fête. Une sorte de kermesse géante au milieu des calicots vantant le champion des lieux.

Qu’est venu chercher cette assistance sous cette chaleur ?

Elle est venue écouter avant tout un leader. Un homme qui incarne le pouvoir et la stabilité. Ousman, vingtenaire à l’allure sportive vêtu d’un t-shirt vert-pomme explique pour quelles raisons lui et ses amis ont fait le déplacement depuis Diguel pour cette première rencontre populaire d’IDI : ‘’Quand je vois les autres pays de la région, je suis content d’avoir IDI à la tête de notre pays. Comment voulez-vous que nous puissions parler d’avenir si nous n’avons pas la sécurité dans notre pays. Je suis venu soutenir Déby car je suis fier de ce qu’il fait.’’

Loin des 100 000 tchadiens qui ne cessent de déconstruire son image de chef sur les réseaux sociaux (c’est leur droit), le Tchad réel était ce samedi allé à la rencontre de son Président. Un Président à qui on peut reprocher des choses, mais un Président qui rassérène les Tchadiens du Tchad… même ceux qui le houspillent à longueur de Tweet, de post Facebook et de live Zoom.

Ces Tchadiens de la vie réelle sont aussi venus écouter un discours offensif prononcé par Idriss Déby Itno pour signifier à qui veut l’entendre qu’il ne cèdera pas son fauteuil de président à des ‘’pleureuses’’ qui solliciteraient l’aide des occidentaux pour le faire partir. Dans son kaftani blanc et très alerte physiquement face à ce mur de partisans, le Maréchal du Tchad n’a pas fait dans la dentelle en s’adressant à ses adversaires politiques.

Wakit tama

Dans le même temps, une marche organisée (et interdite par le ministère de l’Intérieur) par une coordination des actions citoyennes composée d’organisations de la société civile, des partis politiques et des syndicats (13 entités en tout) et appelée ‘’Wakit Tama’’ a bravé les interdits officiels mais n’a pas réuni beaucoup de monde.

Quid de la suspension de Brice Mbaïmon ?

Le candidat du MPTR (Mouvement des patriotes tchadiens pour la République), Brice Mbaïmon Guedmbaye avait annoncé ce vendredi 12 mars la suspension de sa campagne. Il reproche à la CENI (Commission électorale nationale indépendante) son apathie vis à vis de ‘’la prise d’assaut par le parti au pouvoir et ses alliés’’ des espaces d’affichage et exige en sus que ‘’tous les candidats (ndlr : bénéficient) d’une couverture sécuritaire, au même titre que le candidat Idriss Déby Itno (…) et que la CENI rétablisse l’équilibre de la parité majorité-opposition actuellement dominée par les membres du MPS et ses alliés.’’

Le candidat est dans l’attente d’une réponse à ses exigences.

Chérif Adoudou Artine

L’affaire Yaya Dillo « relève du cadre juridique » selon le MAE

Le ministère des Affaires étrangères a transmis ce lundi 1er mars un communiqué aux missions diplomatiques et aux ONG installées au Tchad. L’objectif étant « d’informer sur la situation qui prévaut dans notre capitale » depuis le 28 février 2021 suite à l’affaire Yaya Dillo. Voici les faits décrits par la missive officielle.

24 heures après le communiqué du ministère de la Communication, Porte-parole du gouvernement sur l’affaire Yaya Dillo qui secoue la ville de N’Djaména depuis ce dimanche 28 février 2021, c’est au tour de celui des Affaires étrangères d’en publier un autre… adressé aux chancelleries étrangères et aux ONG installées au Tchad. Ce document relate la version des faits du gouvernement et remonte aux mois de  mai 2020 et de novembre 2020 : «(…)  depuis quelques jours, les autorités judiciaires sont confrontées à une rébellion de Monsieur Yaya Dillo, qui a refusé d’obtempérer aux injonctions de la police venue lui présenter un mandat d’amener. (…) pour avoir refusé de répondre à une convocation de la police judiciaire suite à deux plaintes déposées contre  lui : refus de restituer trois véhicules de service après avoir quitté ses fonctions de représentant  de  la C EMAC et diffamation et insulte à l’égard de l’épouse du Chef de l’Etat »

Ce samedi 27 février 2021 donc, Yaya Dillo Djerou Betchi, qui avait déposé son dossier de candidature pour l’élection présidentielle du 11 avril prochain sous les couleurs du Parti socialiste sans frontière (PSF), avait publié sur sa page Facebook qu’il avait été attaqué par des hommes armés. Le lendemain, il annonçait sur les coups de 5 heures du matin que sa mère et des membres de sa famille ont été tués suite à un assaut de militaires de la DGSSIE.

La version du ministère des Affaires étrangères diffère en tout point de celle décrite par l’ancien Conseiller chargé de mission du Président Idriss Déby Itno entre 2011 et 2016. Voici ce que précise le communiqué après avoir apporté quelques éléments sur une soustraction  à la justice que le ministère qualifie de volontaire (« il s’est alors réfugié dans sa région natale à ]a frontière tchado- soudanaise ») depuis plusieurs  mois : « le 27 février au matin, un mandat d’amener lui a été présenté par la Police, qui a localisé son refuge. Monsieur Yaya Dillo, entouré de cinq (05) hommes armés  de  fusils  de guerre, s’est montré hostile et menaçant. il a alors refusé de déposer les armes et de se laisser interpeler. (…) Face à cette résistance, les officiers de la Police Judiciaire ont jugé utile d’ interrompre leur mission et de quitter les lieux afin de rendre compte à leur hiérarchie. »

Sur la mort de la mère de Yaya Dillo, « une enquête établira les faits »

Le récit du ministère des Affaires étrangères se poursuit : «(…) les autorités judiciaires ont alors instruit la Police de tout faire pour  que  cesse  ce qui  était devenu  une  rébellion  armée  de  fait  dans  la  capitale,  d’autant  plus  que  plusieurs  personnes avaient pu être identifiées dans l’endroit de résidence de Monsieur Yaya Dillo comme détenant  des armes de guerre et déterminés à s’en servir. »

C’est ainsi qu’on en arrive à cette funeste matinée du 28 février 2021 : « Avec des moyens conséquents, les forces de  l’ordre  se  sont  à nouveau présentées au lieu de résidence de Monsieur Yaya Dillo afin de faire  cesser  cette  rébellion armée et de le soumettre à la loi. A l’arrivée des forces de l’ordre le 28 février au matin,  Monsieur  Yaya  Dillo  a  directement ouvert le feu, blessant trois agents des forces de l’ordre,  tout en se  protégeant derrière  le rempart des membres civils de sa famille. Un tir de l’intérieur visant les forces de l’ordre a mortellement atteint la mère de Yaya Dillo. Une enquête établira les faits. Faisant cesser les tirs, les forces de l’ordre se sont retirées. Tous les blessés ont été évacués à l’hôpital. A fin de permettre une reddition sans violence, une médiation a été initiée pendant plusieurs heures avec Monsieur Yaya Dillo qui a finalement refusé de se rendre. »

Le communiqué précis aussi que dans la cohue qui s’est en est suivie « les policiers ont laissé partir plusieurs civils qui fuyaient afin de ne pas faire d’autres victimes collatérales. Monsieur Yaya Dillo s’est alors probablement échappé profitant de se cacher parmi eux. A l’heure, actuelle il n’est plus localisé et a déclaré sur les réseaux sociaux s’être caché ailleurs. »

Cette note du ministère des Affaires étrangères assure par ailleurs que « le Gouvernement tchadien ne peut laisser perdurer cette situation insurrectionnelle menée par un récidiviste qui refuse d’obéir aux lois en vigueur, défie les forces de l’ordre et cherche, vis-à-vis de la communauté et la presse nationales et internationales à légitimer sa situation en se présentant faussement comme une victime et  à provoquer des troubles graves. »

Le communiqué se conclut en regrettant l’instrumentalisation de cette affaire  « par certains acteurs politiques et ceux de la société civile » tout en signifiant qu’elle « relève purement du cadre judiciaire ».

Chérif Adoudou Artine

Les petits candidats : pourquoi y vont-ils ?

Autant le nombre pléthorique de candidatures lors de la consultation électorale présidentielle de 1996 est compréhensible, autant celui (qui n’est pas encore très élevé) de cette année interroge sur le bien fondé de la démarche des « petits ». Pourquoi y vont-ils ?

En 1996, nous avions vu quinze candidats postuler pour l’élection présidentielle. La grande messe qu’a été la Conférence nationale souveraine, les espoirs nés d’une démocratisation avançant à pas de charge et la nouveauté justifiaient en grande partie l’engouement rencontré.

Cinq en plus tard, en 2001, ce sont sept Tchadiens qui ont souhaité accéder à la magistrature suprême.

2006, cinq candidatures (les partis de l’opposition avaient décidé de boycotter l’élection).

2011, la ferveur étant retombée, conjuguée à  un nouveau boycotte des leaders de l’opposition… les électeurs tchadiens n’ont eu le choix qu’entre trois candidats. Idriss Déby Itno (MPS – Mouvement patriotique du salut), Payimi Padacké Albert (RNDT – Rassemblement national des démocrates tchadiens) et Madou Nadji de l’ASRI (Alliance socialiste pour un renouveau intégrale).

Lors de la dernière consultation, 2016, un regain d’intérêt pour cette élection capitale a vu à nouveau le jour avec treize postulants.

Revenons en 2021, combien sont-ils en ce mardi 23 février à avoir émis officiellement le souhait de présider aux destinées du Tchad ?

Le premier d’entre-eux à s’être manifesté est Roumadoungar Félix Nialbé de l’URD (Union pour le renouveau et la démocratie)… depuis, dix autres acteurs politiques ont décidé de s’attaquer à la citadelle rose. S’y attaquer par voie de vote s’entend.

Avant de parler de leurs chances de victoire respectives, parlons de leurs chances de se présenter.

Être investit par son parti ou sa coalition politique  est une chose. Devenir un candidat officiel reconnu par la CENI en est une autre. Ils ne seront pas tous sur la ligne de départ le 11 mars prochain, date officielle du début de la campagne électorale, car il y a des conditions drastiques à respecter. Il faudra passer l’étape Cours Suprême qui en a fait tomber plus d’un, dont le plus illustre est le candidat fédéraliste Yorongar Nguarleji en 2016.

Ces conditions, drastiques donc, sont reprises dans le code électorale du 22 juillet 2019 – loi 033 (des modifications lui ont été apportées à travers la loi 045).

Vous pouvez consulter ce code électoral ici.

Les articles qui définissent les conditions d’éligibilité sont ceux du chapitre II allant de 111 à 113 et du chapitre III allant de 178 à 186.

On constate, en autres, qu’il faut :

Déposer une caution de 10 millions de francs (remboursable uniquement si le candidat obtient 10% des suffrages exprimés lors de l’élection)

Les candidatures doivent être déposées au moins 40 jours avant la date du scrutin. Dans le cas de figure actuel, cela nous donne le dimanche 28 février 2021 comme date butoir.

Le candidat doit résider au Tchad depuis au moins cinq ans

Être Tchadien de père et de mère et ne pas jouir d’une autre nationalité.

La question que je me pose et à laquelle je n’ai pas trouvé de réponse est ‘’faut-il ne jamais avoir eu d’autre nationalité ou alors on peut tout simplement renoncer à son autre nationalité pour être qualifié à la candidature ?’’. Je poserai la question à Kébir Mahamat Abdoulaye.

Un candidat indépendant doit présenter 40 000 (quarante mille) signatures de détenteurs de cartes d’électeurs pour espérer être qualifié.

Qu’en est-il des chances des candidats en lice s’ils parviennent à passer l’étape Cours suprême ?

Ils sont pour l’instant onze à s’être déclarés, onze que l’on peut répartir en quatre catégories :

A. Les DNS (Did no start) pour emprunter au vocabulaire du sport. Ceux qui ne se présenteront pas au final.

Brice Mbaïmon Guedmbaye

Balthazar Aladoum Djarma

Mahamoud Ali Mahamoud

Mahamat Adoum

Yaya Dillo Djérou

B. Les outsiders. Même si ici nous aurons des DNF (Did no finish), ceux qui se désisteront après s’être lancés.

Félix Nialbé

Beassemda Lydie

Théophile Bongoro

Pahimi Padaké Albert

C. Le challenger

Saleh Kebzabo

D. Le favori

Idriss Déby Itno

Pourquoi est-ce que les catégories A et B se présentent, sachant que leurs chances de victoire sont quasi inexistantes ?

Les candidatures de ceux que l’on appelle ‘’les petits candidats’’ sont utiles au jeu démocratique. Au-delà de la fraicheur certaine qu’elles insufflent aux joutes électorales, elles confortent la démocratie dans ce qu’elle a de pluraliste.

Exister sur l’échiquier politique

Autre avantage pour les petits partis ? Un grand quotidien régional français avait posé la question au chercheur Bruno Cautrès du CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po – Paris) : «Certains petits candidats veulent se visibiliser (ndlr : durant cette période qui donne la chance à tous les candidats de parler à la télévision). Cela incite effectivement des petits mouvements politiques, des petits candidats à vouloir percer le mur de l’anonymat et vouloir profiter du tremplin de l’élection présidentielle. Parfois, à leurs dépens et à leurs risques et périls. » (…) si le candidat n’atteint pas « les 5 % lui permettant d’être remboursé de ses frais de campagne. Ce fut le cas de Philipe de Villiers, qui y a laissé une partie de sa fortune personnelle. C’est toujours dangereux pour un petit candidat qui arriverait à récolter les 500 signatures de ne pas avoir l’appui d’un grand parti politique derrière.»

Chérif Adoudou Artine

Virez Déby et vous perdrez le Tchad

En 2021, enlevez Déby du pouvoir et ce pays deviendra invivable.  Pourquoi ? En 2021, il y a zéro alternative à Idriss Déby Itno et ce pour des raisons profondes : le Tchad n’est pas le Burkina (cf. 2014), le Tchad est un pays aux spécificités complexes. Le gouverner n’a rien d’une romance.

Virez Déby du pouvoir et c’est le Tchad que vous perdrez. Cette phrase en choquera certains. En énervera d’autres. Me vouera même aux gémonies pour une autre frange. Mais telle est ma conviction.

Regard rétrospectif pour que mes lecteurs comprennent pourquoi je pense cela.

1991, le Président somalien Mohammed Siyaad Barré, qui tenait le pays d’une poigne de fer depuis 1969, a été chassé du pouvoir par ses opposants politiques. Dès lors, comme l’explique le journaliste Stephen Smith, ‘’le pays est tombé sous la gouverne de seigneurs de guerre sans idéologie, ni agendas politiques’’. Durant des années, des Somaliens éberlués et le monde ont assisté au morcellement d’un pays à l’histoire riche et au potentiel aurifère énorme que se sont disputés Portugais, Italiens ou encore Anglais lors de la conquête coloniale. Cette guerre avec en toile de fond l’opposition sanglante entre Ali Mahdi Mohamed (qui a succédé à Syaad Barré) et les factions armées du Général Mohamed Farrah Aïdid était en fait ‘’une rivalité entre clans’’, deux clans qui ont pris en otage tout un peuple durant plus d’une décennie jusqu’à ce que le pouvoir tombe en 2006 entre les mains de forces armées islamistes, l’Union des tribunaux islamiques. (UTB). Quelques présidents se sont succédés (la fameuse alternance) à la tête d’un pouvoir affaiblie et d’un pays morcelé.

2011, Nicolas Sarkozy et son ami Britannique Tony Blair ont décidé, ‘’pour répondre à l’appel de la rue libyenne’’ d’éliminer Mouhammar Khadafi, tout puissant guide la révolution depuis son putsch militaire contre le roi Idriss Ier en 1969. Il avait promis de ‘’reverdir le désert’’, à défaut d’y être arrivé, il a procuré à ses compatriote, après 20 ans d’une politique économique oscillant entre marxisme et libéralisme, un niveau de vie quasi sans égal dans la région. Mais voilà, depuis que l’OTAN est venue libérer la Libye du joug de Kadhafi,  depuis plus de 10 ans, Benghazi, Missrata ou autre Sebha vivent au son des canons et sous le joug de chefs locaux. Ce pays a implosé, cette Jamahiriya qui finançait l’Afrique est devenue l’antichambre de tous les trafics, le poste relai de toutes les mafias…

Ces résumés des 30 dernières années somaliennes et des 10 dernières années libyennes sont éloquents. La Somalie ressemble en beaucoup de points au Tchad (je n’entrerai pas dans ces aspects ethno-géographiques que je ne maîtrise pas, mais je dirai tout simplement que j’ai connu en Belgique une famille Guédi, des Somaliens, qui avait les traits physiques de la grande famille Guédi que nous connaissons au Tchad (peut-être juste une coïncidence). La Libye est notre voisine. Ceci devrait nous ouvrir les yeux, devrait laisser place en nous à plus de sagesse, plus de prudence sur les voies que nous souhaitons emprunter.

Cette fougue revendicative est compréhensible, ces aspirations à plus de liberté sont naturelles, cette volonté de changement peut avoir tout son sens s’il y a de réels alternatives. Et non pas juste vouloir ‘’le changement’’ parce qu’il faut changer, juste parce que la rue burkinabé l’a fait en 2014, juste par mimétisme. Dans le cas de figure actuelle nous avons le pragmatisme aguerri d’un vieux politico-militaire que certains de nos compatriotes, loin d’être les plus nombreux, souhaitent faire partir. Pour quelle offre politique en face ?

Il y a ce néophyte rêveur qui romance le Tchad et pense que la gestion du pouvoir dans notre pays est un soap-opera. Un homme qui n’a jamais été ne fut-ce que chef de carré. Un homme, aussi brillant soit-il, qui ne connaît pas la complexité de ce pays, au point de l’imaginer lisse et lisible. C’est tout à son honneur d’offrir du rêve à des jeunes femmes, des jeunes hommes, des enfants qui sont l’avenir du Tchad. Et parce que c’est l’avenir, chaque décideur politique doit y penser au quotidien, agir pour renforcer sa citoyenneté,  assurer son éducation, sa santé et aplanir ses doutes quant à son entrée dans la vie professionnelle.

Mes Tchadiens, sortons du brouhaha qui nous empêche de nous entendre, peut-être même d’entendre les cris de désolation de certains. Respirons un bon coup et pensons à notre avenir immédiat et à celui à plus long terme de nos enfants et de nos jeunes sœurs et frères. Personne ne voudrait les voir vivre en exile ou vivre chez eux en rasant les murs, non pas pour aller à l’école, mais juste pour aller chercher de quoi se mettre sous la dent. Ces scènes de 1979 que nous racontaient nos parents (et pour certains des bribes de souvenirs), je ne les souhaite à aucun tchadien.

En 2008, les rebelles ont eu le dessus sur le Président Idriss Déby Itno dans l’est du pays, puis à Massaguet…jusqu’à l’acculé à Djambal Bahr, dans son palais présidentiel. C’est la mésentente (résultat de la soif immédiate pour le pouvoir) qui a fait rebrousser chemin à ces ‘’hommes épris de liberté’’ (eux aussi). Si le Président de la République avait cédé aux sirènes françaises qui lui conseillaient de lâcher le pouvoir, les factions qui s’étaient coalisées contre lui auraient transformé N’Djaména, dans un premier temps, et le reste du Tchad, ensuite, en un champ de bataille qui aurait rappelé aux plus âgés l’année 1979.

Nous souhaitons que les choses évoluent ? Elles évolueront, laissons-les évoluer…à leur rythme. Ne cherchons pas à aller trop vite car, comme ma  défunte mère le disait avec beaucoup de sagesse : ‘’Tidorou’l zayd, tamchou tago fil sadayid’’

Chérif Adoudou Artine

La Santé est un levier de développement

Malgré les achoppements budgétaires consécutifs à  la crise, la politique sociale d’Idriss Déby Itno est restée au centre des préoccupation du gouvernement… Par ailleurs, la nouvelle approche de valorisation de gestion des ressources du pays, perçoit la population comme étant un actif, plutôt qu’une charge de gestion.

Avec un taux de croissance démographique de 3,5% annuel, une moyenne de 7,8 enfants par femmes, le Tchad est l’un des pays à la plus forte croissance de population au monde. En un peu plus de 20 ans, cette dernière a plus que doublé, passant d’un peu plus de 6 millions d’habitants à près de 16 millions d’habitants. Cette hausse a pour conséquence une augmentation des besoins de prise en charge dans tous les domaines : éducation, logement, alimentation, sécurité et bien sûr en soins de santé. Tout cela est du ressort de l’État, qui a au cours de ces 10 dernières années, multiplier les efforts pour garantir l’effectivité de ces droits fondamentaux à sa population.

Abdoulaye Sabre Fadoul, le ministre de la Santé publique et de la Solidarité nationale. Depuis sa prise fonction au sein de ce ministère il a dû composer entre la gestion générale du système et l’urgence lié à la pandémie du Coronavirus. Il s’est adjoint un Secrétaire d’Etat, Djidi Ali Sougoudi (médecin de formation), afin de répondre de la manière la plus efficiente aux enjeux du moment et à ceux à plus long terme. Photo : TchadInfos

Par-delà le fait de réaliser des progrès pour garantir l’effectivité de ces droits, les interventions étatiques se sont inscrites dans une stratégie globale de développement du pays. Ainsi, pour ce qui est de l’accessibilité et la qualité des soins pour les populations, le crédo d’intervention a eu pour but de faire de la santé, un levier de développement du capital humain.  Ce, afin d’en tirer pleinement profit pour l’émergence socioéconomique du pays. En effet, le gouvernement dans une nouvelle approche de valorisation de gestion des ressources du pays, perçoit la population comme étant un actif, plutôt qu’une charge de gestion.  Il a pleinement conscience, qu’une population en bonne santé est gage de productivité dans les différents secteurs d’activités (primaire, secondaire, tertiaire). En sus, un système de santé performant est synonyme de maîtrise budgétaire des dépenses publiques de santé qui revêt une importance capitale dans un contexte de rareté des ressources liée à la contraction économique globale qui plombe les budgets de l’Etat depuis 206.

Le Président de la République, le Maréchal Idriss Déby Itno a placé son mandat sous le signe du SOCIAL. Cependant, le contexte économique peu favorable a affecté les engagements sociaux qu’il s’est fixés. Mais malgré ce contexte difficile, la santé est restée une priorité gouvernementale. L’architecture du système a connu une réforme et un renforcement de ses capacités. La politique de santé en vigueur a pris en compte les caractéristiques sociodémographiques du pays, priorisant les pathologies faisant le plus de victimes et nécessitant le plus d’interventions. Par exemple, l’amélioration de la santé de la reproduction, la lutte contre de grandes endémie telles le paludisme et le VIH-Sida ont connus d’importants progrès en termes d’allocation de moyens (mise en place d’infrastructures, de formation et de recrutement de personnels, etc.). La construction de l’Hôpital de la Mère de l’Enfant, la mise en service de l’Hôpital de la Renaissance qui permet de réduire les évacuations sanitaires des agents de l’Etat, le maintien des mesures telles que la gratuité des soins d’urgences témoignent de l’importance que lui accorde le gouvernement.

En matière santé, bien qu’il faille poursuivre les efforts, il y a au Tchad, une amélioration continue des indicateurs (nombre de médecins par habitants, baisse de la mortalité, etc).  L’adoption de la loi sur la couverture maladie universelle présage d’un meilleur avenir pour la prise en charge des patients. Par ailleurs, l’intégration de la thématique de la solidarité nationale au Département de la Santé traduit l’importance stratégique qu’occupe ce département dans la Politique Sociale du Maréchal du Tchad.

Chérif Adoudou Artine

Les porte-étendards de la diplomatie tchadienne

Le Tchad est un vivier de compétences. Grâce aux succès diplomatiques enregistrés par les gouvernements successifs, ce vivier est désormais reconnu et dirige des institutions et des missions internationales. Voici ces figures de proue…

Depuis près d’une dizaine d’années, la diplomatie offensive qu’a mené le Tchad partout en Afrique (en tant que force d’interposition ou en tant que médiateur) a apporté des solutions aux différentes crises qui secouaient notre continent. Au-delà de ces actes au service de l’Afrique, cette diplomatie triomphante a également permis aux Tchadiens d’accéder à des fonctions auxquelles ils ne s’intéressaient guère ou qui leur semblaient inatteignables.

A défaut de truster les sièges d’organisations régionales ou internationales et des missions ponctuelles, ils sont aujourd’hui un certain nombre à porter l’étendard du Tchad.

Les figures de proue de ces éminences grises tchadiennes qui dirigent à l’international…

Infographie cherifadoudou.com

Chérif Adoudou Artine

 

Diplomatie : une marque Tchad forte

Le Tchad s’inscrit pleinement et de façon respectable sur la carte diplomatique mondiale et plus particulièrement en Afrique. Capitaliser sur les progrès des années 2016-2020, poursuivre les réformes et autres innovations permettra de construire une marque Tchad forte, ancrée sur l’échiquier de la coopération et du développement international. En augmentant le budget alloué aux Affaires étrangères de 37% en 4 ans, le Tchad s’engage dans la bonne voie.

Grâce à la combinaison des facteurs paix, stabilité et mise en exploitation des ressources naturelles, valorisées au travers d’une diplomatie hautement active à double volet (politique et militaire), l’image du Tchad a évolué de façon positive au cours de ces dernières années permettant ainsi au pays de trouver sa place au sein du concert des nations.

La nouvelle efficacité de la Diplomatie Tchadienne a permis de nombreuse évolutions :

Le Tchad est aujourd’hui une terre d’accueil

Avec la Jordanie, le Tchad figure parmi les pays au monde qui accueillent et protègent le plus de déplacés liés aux conflits militaires dans le monde. Les personnes ayant trouvé refuge au Tchad proviennent principalement du Soudan, de la RCA, du Nigeria et du Niger. L’Organisation des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) estime le nombre de réfugiés à 409 264, répartis sur 19 camps dans 13 villages et deux centres urbains (à N’Djaména et Bongor).

Réfugiés arrivant au Tchad en 2016. Le Tchad accueille plus de 400 000 réfugiés et demandeurs d’asile, ce qui fait de lui un des pays les plus généreux en la matière. Des budgets spéciaux ont été mis en place pour la CNARR (Commission nationale d’accueil et d’insertion des réfugiés et des rapatriés), entité sous tutelle du ministère de l’Intérieur. Photo : AFP

Pour répondre à cette situation de crise humanitaire, le gouvernement du Tchad alloue d’importantes ressources budgétaires étatiques et mobilise des financements des partenaires internationaux pour assurer l’insertion et la bonne cohabitation des réfugiés avec les populations autochtones.

Le Tchad est un médiateur de paix

Avec ses voisins en proie à des conflits militaires internes, le Tchad soucieux d’une paix régionale met en œuvre sa diplomatie en assumant son leadership dans les médiations pour le retour de la paix et la stabilité en Lybie, au Soudan et en République Centrafricaine. L’envoi fréquent de missions et la réception d’émissaires de ces pays témoignent de cette dynamique.

Le Tchad est un partenaire privilégié de coopération

Pour des motifs de coopération multiples (sécurité, migrations, climat, approvisionnement en matière premières, etc.), de nouvelles institutions diplomatiques s’installent dans le pays. Il s’agit entre autres des missions diplomatiques de Grande Bretagne, des Pays Bas, de l’antenne locale de l’ambassade d’Italie à Yaoundé, etc.

Notre pays a par ailleurs ratifié la quasi-totalité des résolutions des Nations Unies, de l’UA et des organisations régionales :

  • Adhésion du pays aux ODD des UN

  • Signature de l’accord de Paris sur le climat

  • Signature de l’accord de la Zone de Libre Échange Continental Africain ZLECA

  • Signature de la suppression des Visas entre les pays de la CEMAC

  • Adhésion et la ratification par le Tchad de la Convention sur la protection physique des Matières Nucléaires et son amendement

Le renforcement institutionnel du Ministère des affaires étrangères

Le gouvernement Tchadien a entrepris de renforcer les capacités du Ministère des affaires étrangères. Le budget consacré à l’action diplomatique du Tchad hors présidence de la république s’est accru considérablement passant de 13,39 milliards de FCFA en 2016 pour s’établir à 17,76 milliards de FCFA en 2020 correspondant ainsi à une croissance moyenne sur la période de 37,1%. Le ministère se verra livré sous peu, une infrastructure digne de son importance stratégique pour le développement du Pays.

A toute cette ingénierie Diplomatique dont a fait preuve le gouvernement sous l’égide du Maréchal du Tchad, il convient de souligner que les initiatives prises dans le domaine du développement du tourisme. Le FISCA (Festival International des Cultures Sahariennes) qui mobilise de nombreux participants venus de tous les pays du Sahara et des invités hors Afrique ainsi que  le Treg (Course à pied) qui se déroule dans le Tibesti dans la zone classée patrimoine mondiale de l’UNESCO ont fortement participé à redonner une image positive du Tchad dans le monde.

Capitaliser sur ces progrès et poursuivre les réformes et autres innovations permettra de construire une marque Tchad forte, ancrée sur l’échiquier de la coopération et du développement international.

Chérif Adoudou Artine

La diplomatie tchadienne doit se muer en tremplin pour le développement  économique

Volant depuis 2013 de succès militaires en succès diplomatiques, le Tchad a réussi à faire émerger des personnalités qui dirigent aujourd’hui des institutions internationales. Les bases sont désormais solides pour que notre diplomatie traditionnelle se mue, tout du moins en partie, en diplomatie commerciale.

Dans un contexte international marqué par une crise sanitaire et économique qui a ralenti la croissance mondiale, bousculé quelque peu par les rivalités entre les super puissances  mondiales (USA, CHINE), modifié en partie par l’intérêt nouveau des puissances émergentes (Chine, Turquie, Russie, Inde) pour l’Afrique et dans un contexte régional rythmé par des crises sécuritaires successives dans le Sahel, la diplomatie tchadienne a fait preuve d’une grande efficacité pour permettre au pays d’être résilient et de maintenir le cap des changements structurels engagés  par le chef de l’État.

Faisant sienne la maxime ‘’Penser global, agir local.’’, le gouvernement du Tchad a, entre 2016 et 2020, entrepris des réformes tant au niveau national, à l’exemple des investissements pour le renforcement des capacités institutionnelles, qu’au niveau de ses engagements internationaux (par exemple  en procédant à une ratification accélérée des engagements, accords, et résolutions pris dans le cadre des échanges bilatéraux et des négociations multilatérales). L’objectif est de consolider son statut d’interlocuteur privilégié obtenu par les résultats de ses engagements dans les processus de maintien de la paix en Afrique, et dans la promotion des initiatives d’intégrations régionales, de coopération par la mutualisation des moyens pour faire face aux multiples défis auxquels sont confrontés les pays africains.

Ces engagements tous azimut de N’Djaména dans les affaires du continent se reflètent aujourd’hui par la promotion de cadres diplomatiques tchadiens au sein des grandes institutions internationales et à la tête des missions de grandes envergures (UA, CEMAC, CEEAC, OCI, MINUSMA, etc.).

Ceci témoigne également de la reconnaissance des compétences du Tchad dans le pilotage des solutions à grands enjeux sur le continent.

La réception très prochaine du futur siège du Ministère des Affaires Étrangères va, avec la poursuite des réformes du département ministériel, sans aucun doute servir de tremplin à la poursuite du progrès économique et social du Tchad.

Le chantier du futur siège du ministère des Affaires étrangères à N’Djaména. Il devrait bientôt accueillir les services de ce département ministériel qui doit faire sa mue pour répondre aux enjeux économiques et commerciaux des années à venir. Photo : ETGEI Tunisie

Vers une diplomatie économique

Tous ces résultats doivent être maintenant, comme diraient les spécialistes de l’industrialisation, transformés. Pour cela, les autorités de N’Djaména doivent diriger leurs efforts vers l’économie, le commerce et les intérêts du secteur privé tchadien en intégrant de nouveaux acteurs dans le dispositif diplomatique. Au-delà des succès cités en infra, notre pays doit capitaliser sur cette montée en puissance pour faciliter son développement économique. Bien que distincte de la diplomatie commerciale ayant cours dans les missions diplomatiques ou à l’occasion des déplacements du Chef de l’Etat, il y a la diplomatie économique. Une acception définit comme une ‘’diplomatie qui utilise les ressources économiques – tant les récompenses que les sanctions – dans l’optique de la poursuite d’objectifs particuliers de politique extérieure’’ telle qu’expliquée par Romain Gelin dans Diplomatie économique : qu’est-ce que c’est ?, essai édité chez Gressa en 2016.

Les désignations qui recouvrent cette diplomatie alternative sont nombreuses et complexes à comprendre.

Au Tchad ce travail de diplomatie économique est du ressort unique du ministère de l’Économie, de la Planification du développement et de la Coopération internationale. Pour des raisons pratiques, on pourrait revoir les attributions du Ministère des Affaires étrangères, qui disposent déjà de la logistique et de l’intendance nécessaires pour déployer ‘’une force de vente’’ à travers les chancelleries de par le monde, et l’y associer de manière plus profonde, plus structurée.

Loin de vouloir réinventer la roue, il serait judicieux de na pas laisser toute cette charge de la diplomatie économique au seul ‘’ministère du Plan’’, qui devrait être soutenu par les autres départements ministériels dans cette mission. La solution idoine serait ainsi la création d’une agence ad-hoc regroupant les Affaires étrangères, le Plan et le Développement du commerce… une sorte de synergie dans laquelle chacun des départements aurait son apport, son rôle et ses objectifs.

Les résultats attendus pour une telle démarche sont bien évidemment la création de richesses (PIB) et son corollaire, la création d’emplois.

Si notre diplomatie arrive à performer sur ce terrain de l’économie et du commerce autant qu’elle le fait pour placer nos éminences grises à la tête des institutions internationales, elle aurait alors atteint un niveau de réussite qui ouvre des portes sans limites.

Chérif Adoudou Artine

Tchad, RCA, Soudan… destin commun

Attaqué tour à tour par ses voisins pour son implication prétendue dans des violences survenues à Bangui (capitale centrafricaine) et El-Geneina (ville soudanaise frontalière du Tchad), le Tchad, en bon voisin, a toujours répondu avec beaucoup de modération.

Idriss Déby Itno, Président de la République et Mahamat Hamdane Dagalo  »Himiti », Vice-Président du Conseil souverain du Soudan à N’Djaména le 16 janvier 2021. L’échange entre les deux hommes a porté essentiellement sur les questions de paix et de sécurité. Photo : Direction Générale de la Présidence de la République.

Le Tchad serait-il victime de sa quiétude ? Victime de ce calme relatif qui règne au sein de ses frontières ? Au point que ses voisins veuillent l’entraîner dans violences qui lui sont étrangères ?

Comment pourrait-il en être autrement au vu des accusations infondées de ces derniers jours ?

Centrafricains et Soudanais n’ont pas hésité à clouer le Tchad au pilori, le faisant passer pour une des causes de leurs manquements quant à la sécurisation de leurs territoires respectifs. A travers des stratagèmes guignolesques pour les premiers et des interventions dans la presse international sur un ton suranné pour les seconds, nos voisins n’ont pas hésité à accuser ouvertement notre pays, faisant ainsi fi de la théorie diplomatique dite ‘’du bon voisinage’’ (Good Neighbor Policy), un des volets de la politique étrangère de l’ancien Président des États-Unis Franklin-Delano Roosvelt.

Rappel des faits…

Au lendemain des affrontements du mercredi 13 janvier à une dizaine de kilomètres de Bangui (capitale centrafricaine) entre les forces régulières et les rebelles de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), Henri Wanzet Linguissara, le ministre en charge de la sécurité publique de nos voisins du sud, a accusé, dans une mise en scène à la télévision, des Tchadiens (à défaut de dire le Tchad) d’être à l’origine de cet affrontement.

Notre gouvernement n’a pas manqué de démentir ces allégations par le biais d’un communiqué en date du 14 janvier 2021.

Destin commun

Du côté de nos voisins de l’est, c’est le gouverneur de l’État fédéral soudanais du Darfour-Ouest, Mohammed Abdalla al-Douma, qui a affirmé dimanche 17 janvier 2021 sur Al Jazeera que « les groupes armés qui ont provoqué le chaos dans l’État sont venus (…) du Tchad ».  Des affrontements intercommunautaires ont eu lieu le 16 janvier à El-Geneina, ville frontalière au Tchad.

Nouvelle accusation, nouvelle réponse de nos autorités…par le biais cette fois-ci du général Brahim Seïd Mahamat, gouverneur de la région du Ouaddaï, avec donc, un nouveau démenti.

Ce qui est à souligner dans ces deux épisodes est que nos autorités ont à chaque fois calmé le jeu en rappelant leur position : toujours encline à encourager les efforts pour la paix dans la région. Dans son communiqué du 14 janvier, le porte-parole du gouvernement tchadien écrivait que ‘’le Tchad condamne toutes les violences et tentatives de déstabilisation de la RCA (…) et appelle tous les partenaires de la Centrafrique à œuvrer pour le rétablissement du dialogue entre les parties prenantes pour une sortie de crise.’’

Le Président de la république, Idriss Déby Itno en personne, recevant ce lundi 25 janvier à N’Djaména Laurent Ngon-Baba, Président de l’Assemblée nationale centrafricaine, n’a pas manqué de rappeler que Le Tchad et la Centrafrique « ont un destin commun ».

Chérif Adoudou Artine

Infographie : regard sur 5 des secteurs prioritaires

Pour opérationnaliser la Vision 2030 du chef de l’État Tchadien, douze secteurs prioritaires ont été identifiés. Regard sur cinq d’entre-eux…

Les investissements dans ces domaines prioritaires sont envisagés dans une logique de diversification et d’industrialisation des filières porteuses par un positionnement sur toutes les chaines de valeurs. Pour stimuler les investissements structurants, le gouvernement entreprend de nouer des Partenariats Publics et Privés (PPP) et de multiplier les sources de financements du pays.

Les 12 secteurs d’investissement prioritaires.

Des projets sont conçus et sont présentés aux différents partenaires lors des différentes rencontres d’affaires pour permettre la signature d’accords permettant leur réalisation effective.

Infographie

Chérif Adoudou Artine