Pour les dirigeants de l’audiovisuel public tchadien, il est plus important de gagner en audience plutôt que de chercher à soigner la qualité de ses programmes. C’est la conclusion que je tire suite à la migration de Télé Tchad de NileSat à Eutelsat le 15 septembre dernier.

Télé Tchad a migré de NileSat à Eutelsat (et son prtenaire Paradise Telecom) le 15 septembre 2018. Selon les informations officielles, toute la superficie du territoire tchadien sera couverte et les personnes ne résidant pas au Tchad ne seront plus obligées de passer par le décodeur Canal + pour ‘’profiter’’ des programmes de Télé Tchad.

« Une innovation pour être en phase avec le nouveau bâtiment de l’audiovisuel public tchadien » selon les explications de Boukar Sanda, directeur général de la Télé et de la radio nationales.

Innover c’est bien. Mais le bon sens voudrait qu’on commence par le commencement. C’est à dire travailler pour enrichir, tant qualitativement que quantitativement, le grille des programmes. L’audience viendra alors automatiquement. Quelle que soit votre zone de diffusion, l’audience ne sera pas au rendez-vous si vous lui proposez une grille aux carences abyssales. Agir comme l’ont fait les dirigeants de Télé Tchad dans cette opération de migration est tout simplement un manque de discernement et une méconnaissance des priorités d’une chaîne de télévision. Avant d’inviter quelqu’un chez moi (audience), je m’assure que tout est bien rangé, bien propre (grille de programmes)

Télé Tchad est-il un mauvais payeur ?

Quelles ont été les motivations des instances dirigeantes de l’audiovisuel public tchadien pour abandonner NileSat, avec lequel ils travaillent depuis les débuts de la présence de Télé Tchad sur le satellite, et se précipiter vers l’opérateur de satellitaire commercial européen ? Est-ce, comme on a pu l’entendre, à cause d’une enveloppe d’impayés trop importante ?

Si tel est le cas, ce serait une faute professionnelle. Et surtout une fuite en avant : comme dirait mon défunt père « Djari hanna ligdaba, hadda gisséyar ». Juste pour dire que cela ne résout en rien le problème. Il resurgira un jour ou l’autre. Pire, si nous avons réellement laissé des ardoises auprès de de la société de satellite égyptienne, nous serons étiquetés de mauvais payeur, d’organisme qui ne respecte pas ses engagements contractuels, de profiteurs.

Mais tout cela, nos nouveaux partenaires devraient le savoir. Malgré cela, ils ont accepté de signer avec nous. Ces multinationales travaillent avec des juristes spécialisés dans la rédaction de contrats très complexes. J’ai assisté il y a trois semaines à une formation, qui ciblait les directions juridiques des banques, sur les différents types de contrat. J’ai pu apprendre qu’il y a autant de formes de contrat que de situations possibles. Des contrats tous aussi complexes les uns que les autres.

Dans ces conditions, je m’attends au pire. A quelles sauce serons-nous manger dans quelques années, quand notre enveloppe d’impayés gonflera à nouveau ?

Chérif ADOUDOU ARTINE, leader numérique autoproclamé

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