Un congrès et des désaccords

Le Mouvement patriotique du salut (MPS) se retrouvera « bel et bien » en congrès ces 12 et 13 juin 2021, et ce malgré une annulation de ces assises par le Secrétaire général du parti. Ces dissensions au sein du collège des 4 secrétaires généraux mais aussi de tout l’aréopage qui gravite autour du parti est un épisode bénéfique pour une formation politique qui a besoin de se renouveler.

Parfois une bonne bagarre entre amis est préférable aux sourires de façade, à l’hypocrisie ambiante. Je le décrivais en d’autres termes ce lundi dans une de mes habituelles vidéos enregistrées sur le vif.

Soyons lucides, une fois les dissensions actuelles passées, le Mouvement patriotique du salut n’en sortira que plus renforcé… avec des lignes claires et une feuille de route qui le mènera jusqu’à la fin de la transition et à la victoire lors des prochains scrutins électoraux (à la présidentielle, aux législatives, aux municipales et aux régionales). Mais la condition sine qua non pour que ces victoires successives soient une réalité est de resserrer les rangs, se parler sans ambages, mais aussi et surtout définir ce que proposera le parti aux électeurs tchadiens. Un programme moderne, ambitieux et réalisable en phase avec les attentes des Tchadiennes et des Tchadiens, un programme modulable (car le contexte tchadien, sahélien, africain, voire mondial et plus que volatile) pour ne plus subir, mais pour être une sorte d’avant-garde politique fait parti de ces conditions sine qua non vers des succès électoraux.

Mais plus imminent, il y aura la composition du Conseil national de transition dans lequel le MPS devra défendre sa position de parti dominant et ne pas se laisser toiser par une société civile de plus en plus politisée et ne pas se laisser déborder par une opposition politique qui se sent ragaillardie au bénéfice de la transition et qui voit en cette dernière une occasion de bousculer le MPS… voire de le rayer de la carte politique du Tchad en espérant son implosion. Mais tout cela n’arrivera pas. Pour la simple est seule raison que l’héritage du parti de Bamina est au-dessus de toutes les inimités, au -delà de toutes les velléités et dépasse toutes les ambitions personnelles. Il est un legs d’Idriss Déby Itno aux Tchadiens… à nous, sympathisants et militants, d’en faire une formation incontournable en nous éloignant de clientélisme et de cette course effrénée, aveugle à l’enrichissement personnel au détriment de la majorité des Tchadiens. Nous devons jeter les jalons d’un parti qui est dans l’obligation de proposer un projet de société dans lequel chaque ressortissant de ce pays se retrouve, donner de l’espoir et améliorer le quotidien de tous.

Ce congrès est un passage obligé

En résumé le MPS doit grandir idéologiquement, s’ouvrir encore plus au dialogue, s’adapter à l’air du temps et ne plus fluctuer selon les humeurs des uns et des autres.

Nous souhaitons un parti fidèle à ses structures, à ses textes et à ses jurisprudences. Voilà en quoi le 10ème congrès extraordinaire des 12 et 13 juin prochains est une obligation. Comme chaque congrès, celui convoqué par Madjidian Padja Ruth drainera son lot de supputation et de paris sur l’identité de la personne qui dirigera le parti (figurez-vous que même lors du dernier congrès d’investiture du 7 février dernier cette question a été évoquée par certains), notre famille politique étant ce qu’elle est, c’est à dire composée d’une telle diversité qu’il sera toujours difficile lors des assises de ce genre d’éviter de telles questions. Au-delà de cet aspect qui porte sur le leadership, l’objectif de la rencontre du week-end prochain est de redynamiser la machine après la perte de la figure tutélaire qu’a été Idriss Déby Itno. Après le deuil, c’est un passage obligé afin de ne pas s’ankyloser.

Chérif Adoudou Artine

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