Comment parler de politique, de crise sociale, de problèmes économiques, de faillite de l’appareil justice sans être critique ou amère, et par la même occasion, mettre en porte-à-faux le média qui publie ces critiques ? Impossible dans ce Tchad désormais dominé par les inquisiteurs de la parole. A. Sabre l’a bien compris et c’est pour cette raison que son intervention du week-end dernier n’a pas la consistance qu’elle aurait dû avoir.
Car oui, il faut se l’avouer, les censeurs sont légions dans ce pays (avec en tête cette fameuse HAMA, qui s’est bâti une réputation de coupeuse de têtes journalistiques). Ces censeurs sont prompts à entacher des réputations, à interpréter des propos, à rapporter des faits fallacieux en ne laissant que très peu de place à l’analyse outre mesure.
C’est en partie ce que voulait éviter Abdoulaye Sabre Fadoul dans son message Facebook du samedi 29 avril.
Que lui se prononce sur ce qu’il se passe dans notre pays est une excellente chose. Qu’une personne de sa stature parle tout haut et exprime le malaise de ses compatriotes est une caisse de résonance presque inattendue dans ce contexte inquisiteur où tout le monde craint pour ses petits intérêts.
Mais qu’Abdoulaye Sabre dénonce les faits en évitant d’indexer le premier responsable du pays est inacceptable. Tout au long de son message il semble exempter Mahamat Idriss Déby.
« Sciemment »
Non Abdoulaye Sabre, vous savez comme moi, comme nous, comme tous les Tchadiens que le Président de transition est un homme sain d’esprit, qu’il possède toutes ses facultés intellectuelles et que par conséquent il ne peut se laisser (et ne doit pas) se laisser berner par un entourage qui l’induirait en erreur. Si tel est le cas, il n’est pas à la hauteur de la fonction qu’il occupe.
Lorsque vous utilisez Abdoulaye Sabre la locution adverbiale « Par mégarde », vous cautionner les erreurs commises car comment peut-on être à la tête d’un pays et laisser pourrir une situation par inattention ? C’est la une faute grave. Et pour cette raison je n’aurais pas écrit « Par mégarde », mais j’aurais utilisé l’adverbe « sciemment ».
Chérif Adoudou Artine

